La Voix De Sidi Bel Abbes

Le Titanic, l’an 100.

Il y a moins d’une heure, j’ai rencontré monsieur Adda Boudjelal Toufik que je n’avais pas vu depuis plusieurs mois. Et au menu de notre brève discussion entrecoupées par un salut à Hadj Abdi El Djilali, Abbes Magherbi et autres qui sortaient d’une réunion du siège du bâtonnat dans le cadre de la préparation du match de solidarité pour Benkaddour Mustapha dit Marlon, le nom de Hadj Abdel Hamid, notre ami et frère collaborateur de notre journal, mais aussi écrivain qu’il le veuille ou pas au vu de son récent ouvrage « Dar Schlomo , un été 62 » et autres contributions, fut évoqué…j’avais prié mon ami Adda Boudjelal de lui passer le bonjour. Et dès ma consultation du courrier interne du site, j’ai du lire d’abord un message interne de notre ami en question précédé par un message courtois d’usage et de cette nouvelle contribution intitulée « Le Titanic, l’an 100 » que nous vous présentons ce soir.

Par : Kadiri.M

C’est le centenaire de la naissance du Titanic et celui de sa mort pour son «maiden voyage», la première traversée de l’atlantique, « from Southampton to New York in April 1912 », si mes souvenirs du texte de notre prof d’anglais du lycée El Haouès, Monsieur Bernard, ne me démentent pas car The Titanic est un sujet incontournable de tout programme de la langue de Shakespeare. Monsieur Bernard était « un seigneur de la terre ». Irrité, un jour, par le manque d’assiduité de ses élèves, il avertit : Vous avez intérêt à travailler car vous êtes tous des fils de paysans ! Alors que nous étions, au lycée, « fils de la terre » à quatre vingt dix neuf et demi pour cent, toute la classe se leva dans un tollé général pour exprimer son mécontentement au gentil professeur. Etonné par la violente réaction qu’il ne comprenait pas, Monsieur Bernard continua : « Bon Dieu, je suis moi-même un fils de paysan et fier de l’être et si je n’avais pas réussi à mes études, je serais resté une bouche à nourrir pour mon pauvre père ! ». Cette parenthèse bernardienne fermée, revenons à bord du Titanic,les femmes et les enfants d’abord, après vous messieurs mais, tout compte fait ,après avoir mûrement réfléchi moi je préfère renoncer au voyage et rester sur le quai pour vous agiter un mouchoir et vous dire Bye, Bye ! Pourquoi l’Europe pleure telle, encore aujourd’hui, le millier, et demi, de morts de ce naufrage , martyrs de la vanité de  « l’insinkable »( « qui ne peut couler ») paquebot , alors qu’elle ne retient, fièrement, que la gloire des batailles des «Alliés », comme celle d’Angleterre, de la Grande Guerre et de la Seconde , mondiales qui ont suivi, oubliant presque le drame des dizaines de millions de morts, les millions de déportés et de gazés…Que représente le Titanic, ce vaisseau « civil » de la glorieuse Marine, instrument de grandeur et de maîtrise des océans du monde pour les empires coloniaux en voie de décadence, sinon le défi perdu de ce siècle. Bientôt, ce sera l’intervention étrangère, celle de l’Amérique, qui sauvera les populations d’Europe avec la Libération et la Renaissance moderne grâce aux sacs de « riz » du Plan Marshall pour le vieux continent exsangue. Le Titanic symbolise la vision européenne du monde de ce siècle, le vingtième, un monde à deux vitesses de croisière qui commence bien mal, mais aussi l’espoir de l’Amérique de la Liberté pour les « sujets » pauvres de l’Europe archaïque, exclus du vieux continent, lassés des riches monarchies dépravées, en quête de mouvement vers l’autre rive. Ainsi, le Titanic est à la fois le paquebot de la croisière de luxe des gens du Nord et le boat-people des Sudistes. God save the Queen but America will save the world ! A bord du Titanic, deux mondes se côtoient sans rien partager. Le riche et le pauvre , les passagers des cabines de première classe à proximité du somptueux pont, chercheurs d’exotisme américain de la Louisiane et du Nevada, et la deuxième classe , au dessous, près de la cale, des laissés pour compte, chercheurs de l’or de la liberté « citoyenne » et du Nouveau Monde meilleur . Il y avait tout à bord du Titanic, le Nord et le Sud et même une présence « islamique » avec un somptueux recueil de « Roubaïate » de Omar Khayyam. Mais le monde du vingtième siècle, si mal engagé, ne pouvait gagner la rive atlantique du bonheur et le bateau si injuste ne pouvait arriver à bon port. C’est peut-être la leçon du Titanic, encore valable de nos jours ! Un G8, un G20 ou même un G40 ne suffiront sûrement pas, même avec des Accords de Lomé qui leurrent la conscience ; un partage de tout, mondialisé, est nécessaire, les richesses naturelles du Sud et celles, développées, du Nord. Pour le bien-être de la planète, c’est-à-dire celui de l’humanité. Alors, plus jamais un bombardement « atlantique » ne sera nécessaire aux Nordistes pour partager les ressources du Sud, ni un visa aux Sudistes pour circuler au Nord, et la race des Harraga, ces êtres venus de la planète Terre qui s’immolent par le feu et ceux qui « grillent » par « trig el ouahda » maritime pour s’immoler par l’eau, sera éteinte, inchallah ! Imagine all the people…without…But you may say I’m a dreamer !

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Posté par le Jan 7 2012. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

15 Commentaires pour “Le Titanic, l’an 100.”

  1. ARBI ZAZOU SL

    bojour si abdelhamid .Vous étiez un peu absent dans les papier qu »on a admiré . Vous revenez avec le Titanic un beau texte .BONNE JOURNEE

    • elhadj abdelhamid

      Mon cher Arbi Zazou,
      Bonne journée aussi et bonne année
      Même si le Titanic, lui , n’est jamais revenu à son port, moi je n’ai pas quitté le navire de La Voix mais des contraintes professionnelles (exercice + préparation de la retraite) m’absorbent beaucoup de temps.
      Je suis heureux de constater que je puisse manquer à des amis qui m’estiment beaucoup, même pour une absence conjoncturelle.
      A bientôt

  2. Biladouna

    A proclamer qu’il était le plus grand, le plus Beau
    Le Titanic a provoqué la colère du Créateur
    Qui a fait sombrer l’insubmersible Paquebot
    En mettant sur sa route un funeste Terreur
    Surgie de nulle part, une montagne dérivait dans L’eau
    S’apprêtant à rappeler à l’homme sa coupable Candeur
    Pour lui préparer une tombe liquide et faire regretter ses Mots
    Et à le punir sans pitié pour sa folie des grandeurs
    Le bûcher des vanités a perdu bien de sots dans les flots
    Qui pensaient domestiquer les forces de la nature sans pudeur.
    Les entrailles fécondes de la déraison servirent de tombeau
    Aux pauvres à la recherche d’un rêve et aux puissants crâneurs!

  3. Biladouna

    lire une funeste svp

  4. Biladouna

    Dans la course au toujours plus, à l’ostentation, c’est une métaphore du modèle capitalistes avec la ségrégation entre classes nanties et pauvres qui est illustrée.
    Dans le Titanic la hiérarchie des classes est signifiée par une sémantique sans concession: première classe ,sous-sols etc…
    Ce furent les pauvres qui ont payé le plus grand tribut et la règle d’or de la marine, les femmes et les enfants d’abord largement bafouée
    Bonne journée mes amis.

  5. abbassi

    un tres beau message a décoder .Sacre abdelhamid

  6. P.I.R

    Chers lecteurs, j’ai l’honneur de vous anoncer aujourd’hui que le P.I.R est arrivé.
    Le P.I.R est l’acronyme du Mouvement lié à une lecture anti-coloniale de l’histoire: Parti des Indigènes de la République.
    Il développe une reflexion sociologique pour débusquer tous les mécanismes de domination et lutte pour endiguer la pensée unique et la manipulation.
    Depuis deux décénnies,la rente victimaire de la Shoah est passée au stade industriel et elle est au centre de la guerre idéologique que mêne Israel pour asseoir la légétimité de la domination coloniale et s’affranchir du droit international.
    Cette rente est également au coeur des recompositions mémorielles et identitaires initiées par les puissances impérialistes dans le cadre de guerres au moyen-Orient et à nos portes.
    Aujourdh’ui, si l’arrogance avait un nom, elle s’appelerait Juppé ( le repris de justice pour malversations) qui trace sans vergogne les ‘lignes rouges’ à ne pas dépasser à des états souverains et qui ont conquis une vraie alternance de pouvoir.
    Il audite nos representants comme des maîtres d’école et nous , nous avons du mal à revivre ce rapport néo-colonial.
    Vive La Voix de SBA, la voix à suivre!

  7. monsieur ouhibi reda

    Trop de passions et trop de politique politicienne dans cet hexagone Francaisoules versions accumulée sur le passé colonial qui les hante et tente c vrai monsieur de s »en debarrasser merci monsieur de ce drapeau rouge que vous brandissez dans ce journal le notre.

  8. monsieur feraoun

    je troiuve que la& contribution est superbe un trésriche texte plein de codes a dechiffrer laborieusement dans ce nouveau millénaire du retour des hégémonies et des néo colononisateurs

  9. CITE POLICE

    notre écrivain abdelhamid fait un retour TITANESQUE

  10. Cheniti Ghalem

    Sacré El Hadj Abdelhamid!…Tu es ‘unsinkable’ car tu ressors des choses et des souvenirs qu’on croyait oubliés à jamais.au fait,si je me permets,on a étudiait le texte sur le Titanic avec mr Lucien BIC en 3ème l’ année du B.E.G.

    • elhadj abdelhamid

      Mon cher Ghalem,
      Tu sais que nous avons un capital ( un pool ) de neurones, des cellules qui, lorsqu’elles se perdent, ne se renouvellent pas , je dois en avoir perdu beaucoup pour attribuer le Titanic à Bernard et non à son César, Bic . Merci du réglage opportun.

      On s’amusait beaucoup en cours d’Anglais avec les number one is a……., number two is a….., number three is a bee…., number eight is a snake…
      Mais Hachemane m’avait un jour dérouté sur un texte de Jérome K.Jérome. il avait prétendu que Jérome K. Jérome était Jobrane Khalil Jobrane.
      Je l’ai cru, mais avec le temps, le doute s’est installé .
      Cher Ghalem, le Lycée ElHaouès avait un standing  » universitaire  » grâce à des hommes de la trempe de Mesli , Ezzine , Bekkadji, Zebantout , Mansouri… et les autres ( Allah yerham men meta oual baraka fi men baka).
      Nous leur devons beaucoup , il ne faut pas les oublier ( même si on a perdu beaucoup de neurones.
      A bientôt et bonne année à tous , inchallah!

  11. Cheniti Ghalem

    Errata:on a étudié et non étudiait

  12. Humour Halal

    Titanic…grâce au viagra!

  13. bettayeb mahfoud

    Vous etes a feliciter pour cette contribution en attendant de lire votre ouvrage edité en France.,d’aprées ce qu ‘on a lu dans ce journal .

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