La Voix De Sidi Bel Abbes

Le tatouage n’est pas une mode…Nos grand’mères étaient tatouées aussi nos mères.

Le tatouage n’est pas une mode récente comme certains jeunes le croyaient mais c’est une pratique très ancienne, nos ancêtres algériens ont bien connu cette pratique et la majorité des femmes algériennes appartenant aux générations révolues c’est-à-dire nos mères et grand-mères étaient tatouées.
Ma chère mère a des tatouages, au front entre les yeux et sur le dos de la main gauche. Un jour, je lui ai posé des questions à propos de ses tatouages…
Pourquoi sa génération et celle de sa mère portaient des tatouages ?
Elle me disait que c’était l’apparition soudaine d’une mode, c’était pour la beauté qu’on faisait ça, une femme embellissait par un ornement ou une fleur au poignet c’est semblable à une parure en or aujourd’hui.
A quel âge la femme était-t-elle tatouée ? Il n’y avait pas un âge précis, m’a répondu ! Mais la plupart pensait à l’embellissement par le tatouage quand elles sont jeunes filles.
Mais la question qui m’intriguais le plus, qui c’étaient ces tatoueurs?
Elle m’a répondu : les Amriettes ou les femmes des AMR qui pratiquaient le tatouage et qui avaient l’accès à nos foyers.

Qui sont-ils les AMR ?
Une tribu nomade, à caractère magique, semblable aux Tziganes de l’europe, les hommes exerçaient la profession de maquignons ou rien et les femmes de tatoueuses et/ou de devineresse (Guezanates) en lisant le destin de quelqu’un sur le creux de sa main.
Les Amrs habitaient des tentes et se déplaçaient dans toute la région de l’Oranie sur des chariots attelés par des chevaux et vivaient en quémandant.
Ma mère me racontait que les Amrs venaient chaque année camper sur un terrain vague à la périphérie du village Errih(quartier populaire de Sidi Bel Abbés ) là où se trouve actuellement le Sorecor ,leurs chariots délimitaient une ronde autour de leurs tentes ,deux tentes ou trois tentes, les chevaux malingres enchainés à des oliviers du terrain, les chiens effrayant aboyaient sans répit sur les passants, le soir on voyait de loin une nappe de fumée ascendante témoignant que leur marmite est sur le feu. Le matin les femmes des Amr empruntaient les ruelles des quartiers arabes et de porte à porte en proposant leurs services de tatouage ou de chiromancie contre quelque kilos de denrée (farine, semoule …), une volaille ou un lapereau.

Une légende dit que :
Les Amr auraient été maudits par Sidi Ahmed Ben Youcef, un célèbre saint de Miliana, qui leur aurait dit (ila tat’albou tsibou, ou ila tfal’hou tkhibou c’est-à-dire : si vous mendiez on vous donnera, mais si vous cultivez, vous serez déçus).
Après l’indépendance cette catégorie de population s’est intégrée au sein de la société et on entendait plus parler d’elle.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=17674

Posté par le Oct 26 2012. inséré dans ACTUALITE, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

10 Commentaires pour “Le tatouage n’est pas une mode…Nos grand’mères étaient tatouées aussi nos mères.”

  1. chaibdraa tani djamel

    Belle photo de cette belle dame avec ce regard qui ressemble à nos méres et à nos grands méres (allah yarhamhoum) et celles qui sont en vie allah ychafihoum et je présente mes meilleurs voeux à l »occasion de l »aid el adha à toute l’équipe du VSBA et à tout nos fréres musulmans du monde entier

  2. DOUAR Hadj Benamar

    Aid mabrouk à toute l’équipe du journal,aux lecteurs (trices) aux bélabbèsiens et aux algeriens.

  3. OMAR

    C’ETAIT UNE PERIODE OU LE TATOUAGE REMPLACAIT LE MAQUILLAGE QUI N’EXISTAIT PAS . ACTUELLEMENT AVEC LA DISPONIBILITE DU MAQUILLAGE LE TATOUAGE A DISPARU CHEZ LES FEMMES. MAINTENANT CEUX SONT LES JEUNES HOMMES QUI PRATIQUENT LE TATOUAGE QUI EST A LA MODE CERTAINS DISENT QUE LE TATOUAGE EST HARAM ET JE NE SAIS PAS POURQUOI ?

    • Bouchentouf

      Salem Si Douar et Aïd Moubarak à vous ainsi qu’à tous nos amis de ce journal, en priant Allah de nous accorder sa miséricorde et sa bonté divine. Amine!
      Merci aussi de nous faire revivre le temps où existaient encore ces baladins venus d’ailleurs et de nulle part. Le printemps, on voyait les B’ni Ameur ou les H’Miane selon les avis partagés, apparaître par enchantement en bordure du village, leurs tentes de bures dressés en camp retranché, leurs moutons par millier enfermés dans des enclos de fortune. Leurs ânes, grison docile vaquaient en toute liberté en exhibant leurs énormes sexes, indifférent au regard gêné des hommes qui les pourchassaient à coup de pierre tout en les injuriant avec obscénité. Leurs enfants décrottés au crâne rasé, avaient les traits creusés et une houppette de cheveux tressés à la manière des mogols. Avec leurs pommettes coupantes, leurs touffes de poils ébouriffés au menton, ces claque-dents ne présentaient rien d’intéressant. Farouches comme des simples esprits, ils vaquaient engoncés dans des pantalons bouffants, et portaient des sandales rustiques en peau de chèvres, une simple lamelle retenue par des lacets en alfa. Ils se déplaçaient en se dandinant comme des oies gavées, gênés par la forme sommaire des semelles. Une démarche ridicule, provoquant la moquerie des villageois qui n’appréciaient guère la présence de ces intrus aux yeux fixes et maladroits. L’occasion aussi d’affronter ces étrangers, ces pathos qui venaient piller nos maigres pâturages et nager dans notre « guelta », échauffourées mémorables où les adultes se mêlaient à notre bande de gamins écervelés à coup de matraque, dans un tohubohu indescriptible que les gendarmes avaient de la peine à maîtriser. Les nomades ne restaient pas très longtemps au même endroit. Ils disparaissaient incognito, laissant derrière eux la trace indélébile des crottes de leurs animaux, des cendres de leur âtre virtuel où se consumaient encore des braises fumantes. On ne savait jamais d’où ils venaient, ni vers quels autres cieux ils allaient. Leur vie valsait au rythme des saisons entre différentes régions aussi inhospitalières les unes que les autres. Ils déambulaient à la recherche de pâturage verdoyant où poser leur campement dérisoire. Le nomade a été crée du vent affirmait une tradition, comme le vent il avait besoin d’espace et de liberté, mais comme le vent il était capricieux et imprévisible comme l’étaient aussi leurs femmes, dignes cartomanciennes qui entraient facilement dans les maisons pour lire entre les mains ou pour tatouer les plus ambitieuses dont la beauté se mesurait aux signes mystérieux qui cachaient leurs visages. Elles usaient et abusaient de leur pouvoir enchanteur pour lutter contre le mauvais sort avec toutes sortes d’amulettes et de talismans afin de plumer les plus naïves dont ma mère du reste, qui ne se séparait jamais de ces soi-disant porte-bonheurs enroulés autour de sa ceinture en laine. Salutations.

      • DOUAR Hadj Benamar

        Mr Bouchetouf je te souhaite une bonne fete de l’aid .
        Comme d’habitude vous nous épatez à chaque intervention vous avez donnez une description conforme à ces nomades qu’on appelait Hmianes,mais il ya une nuance entre les beni ameurs que nous sommes issus et les tziganes amr, les hmianes ont été venus du sahara .
        cordiales salutations.

    • Benhaddou Boubakar

      salam si omar: aidak moubarak: le tatouage est « haram » selon la charia,et ce n’est pas certains qui disent que c’est haram,le prophete sala allaho 3alayhi wa salam a dit: la3ana allaho elwachima wa elmoustawchima » donc acte; cordialement

  4. Mohammed.G...

    Bien que la pratique du tatouage existe depuis des milliers d’années,je ne trouve aucune attraction,même si nos grand’mères trouvaient cela un embellissement !!
    Dieu, Sobhanou, nous a créé saint d’esprit et de corps,mais voilà que certaines êtres humains,de nos jours, ont fait de cette pratique une mode avec des technologies modernes jusqu’à insérer toutes les couleurs et se faire tatouer sur ‘toutes’ les parties du corps!!
    La problématique ne se limite pas au tatouage,par contre au détatouage,une fois la personne décide de s’en débarrasser .On procède,actuellement,au moyen de détatouge laser (s’il existe chez nous) qui est coûteux et douloureux ,sans compter les séquelles sur la peau qui peuvent surgirent !!!
    Bonne journée!!!

  5. hanene

    je crois que vous devriez dire a tonton nour med que du méchoui , il ne reste plus rien, car j’avais prédit le melfouf comme délai de parution des photos et je suis encre patiente..a bientot

  6. CHAIB DRAA TANI DJAMEL

    il y a méme une chanson du cheikh BLAOUI EL HOUARI « YA EL OUACHEM »

  7. nabila t sba

    BONJOUR moi je viens de savoir de nouvelles choses sur le tatouage et le théme est bien interréssant.Continuez doct

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