La Voix De Sidi Bel Abbes

Le patrimoine de proximité : une école bien entretenue et encore fonctionnelle depuis 1901/Par Dr Douar

Dans le cadre de la santé au milieu scolaire, l’école de M’hadid fut ma dernière virée pour un programme de vaccination. Bref, ce qui mérite à faire couler un peu d’encre, ce n’est pas mon train-train quotidien mais c’est bien l’école de ce petit bourg, M’hadid qui se trouve à 8 Km vers l’est de Sidi Bel Abbes, l’un des plus anciens douars de la région, ses premiers autochtones sont issus de la tribu des Hazej qui occupait les plaines de Tessala et de Sarno. L’école est aussi ancienne que le bourg, sa construction remonte à 1901 et les quatre chiffres de cette date à grand caractère sont bien apparents sur son fronton. Bien sur l’école a connu depuis l’indépendance des extensions dont l’ajout de quelques nouvelles classes mais la séculaire et l’unique classe qui faisait jadis avec le bureau du directeur tout l’établissement, garde toujours ses tuiles inséparables et imperméables et ses murs solides et indestructibles. Elle continue à accueillir sur ses pupitres les enfants du douar comme elle avait accueilli autrefois notre héros le chahid Boumelik Abdelkader qui est natif de Mhadid.

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Posté par le Mar 12 2015. inséré dans ACTUALITE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

7 Commentaires pour “Le patrimoine de proximité : une école bien entretenue et encore fonctionnelle depuis 1901/Par Dr Douar”

  1. oulhissane

    Mon ancienne école, qui porte une date ultérieure à celle-ci, a été tout simplement  » partagée » entre d’autres services administratifs.
    La classe de CM1 qui donnait sur la cour, s’est vue transformée en bureau de recouvrement d’une société nationale, avec une porte qui ouvre sur la rue.
    D’autres écoles, dans d’autres endroits, connurent le même sort.
    Je me demande parfois : Où se situe la vétusté ?

  2. OUERRAD en squatteur

    Le patrimoine doit etre conserve , malheureusement tous ceux qui ont pris la destinee du bled sont des ignards , et ne connaissent rien de l histoire de grand pays l ALGERIE .
    Faut il demander aux chinois de nous renover notre patrimoine saccage par des bons a rien .

  3. BENATTOU

    Doc Douar il ne suffit pas de bâtir une école ,il faut prévoir son entretien et c’est
    l’essentiel .Merci pour l’information et les photos.

  4. Amirouche

    Douar
    Que les autres écoles prennent exemple de l’école de M’hadid ………
    J’ai bien aimé avoir plus de détails sur la tribu des Hazej ,descend t-elle de la tribu des Beni Amer ?

    Merci docteur

  5. fils de Dachra

    @ Dr. Douar
    Merci pour nous rappeler notre enfance liée à l’école. Mon école s’appelait: L’École de la gare c’est une école indigéne. Il n’y avait que des enfants indigénes sauf un seul enfant français fils du directeur d’école. Je me souviens de mon premier jour d’école. C’était magique! Pour la première fois je suis sorti de notre douar pour aller au village et à l’école. J’avais , comme la plupart de mes camarades, la tête rasée avec au sommet une houppe de cheveux (Gotaya) longue et colorée au hénné. Mes cheveux me descendaient jusqu’aux épaules. Pour l’occasion mon père m’acheta un pantalon  »arabe » et des espadrilles blanches . A mon arrivée à l’école j’ai vu beaucoup d’enfants qui couraient dans tous les sens et qui criaient et riaient. J’avais le pressentiment d’être dans un rêve. Puis le directeur vint nous mettre en colonnes par deux: Chaque colonne avait un maître qui la dirigeait immédiatement vers une classe. Le premier jour le maître nous montra des battons de craie de différentes couleurs et écrivit: Il fit un dessin et nous dit que cela s’appelait  »A ». Le maitre parlait en français une langue que nous ne comprenions pas: Chez-nous on parlait notre langue l’arabe. Notre langue à l’époque n’était pas enseignée à l’école.
    Puis le temps passa et je réussi mon examen de 6em . Je ne savais même pas qu’il existait un collège aprés l’école. Tout ce que je savais c’est qu’il fallait obtenir son certificat puis aller travailler chez les colons comme ouvrier agricol. Je rejoignis le collège grâce à une bourse. J’ai passé 7 longues années au collège en internat. C’est la que j’ai appris à manger avec un couteau et une fourchette, à avoir un lit avec des draps etc… Puis vint le temps de l’Université et le diplôme d’ingénieur et enfin le doctorat et mon titre de Maître de recherches. Malgré tous le fait que j’ai connu les plus prestigieux établissements de recherche, je n’ai jamais oublié mon école indigène et mon Maître avec sa blouse noire en face du tableau.
    Merci Dr. Douar pour nous rappeler certains souvenir d’outres tombes.

    • Douar

      Merci à vous aussi « fils de Dechra » pour votre magnifique récit qui réveillera certainement chez bcp de nos ainés des souvenirs semblables… Sur, il trouvera une place sur mon blog.

  6. oulhissane

    Fils de Dachra, bonsoir…

    Très belle évocation du passé. Apprendre une langue étrangère sans avoir aucun support chez soi, aucun soutien pédagogique, était vraiment un défi difficile à relever.
    J’aurais aimé connaître l’époque de votre scolarité, et des différentes étapes de votre parcours scolaire, pour avoir une idée complète.
    Merci pour ce témoignage qui a suscité en moi beaucoup d’émotions.

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