La Voix De Sidi Bel Abbes

Le nom,le surnom et le pseudonyme… par Dr DOUAR Hadj Benamar

Dans notre société, comme on le savait , chaque individu est possesseur d’un nom patronymique et d’un ou de plusieurs prénoms mais seulement une minorité parmi nous possède un troisième élément d’identité qui est le surnom ( الكنية )ou le sobriquet ( النبز ).

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Contrairement aux prénoms qui sont choisis précieusement à la naissance par les parents et inscrits obligatoirement à l’état civil pour l’identification personnelle, le surnom est donné spontanément à n’importe quel âge par l’entourage : amis, voisins et même les parents.
Un surnom peut être accepté par son porteur que parfois avec le temps on oubliera facilement son nom de naissance, comme il peut être intolérable quant il est donné par dérision ou moquerie fondée sur un défaut de corps ou d’esprit et dans ce cas son porteur sera furieux contre celui qui le prononçait publiquement ,ce genre de sobriquet est interdit par notre religion.ولا تنابزوا بالالقاب
Dés fois on se retrouve sans réplique lorsqu’on demandait comment un tel surnom a été né et quelle est sa signification ? comme exemple il y a TRAMPOSSO , FREFRA ,KALDO,BEJIJOU… mais la plus part surgissait soit après un événement ,un fait drôle ou bien tout simplement selon la couleur de la peau ou des cheveux : LAKHAL,ROUKHO , LABRAS ,selon la ville ou la région natale : SAHRAOUI, MAGHRABI, CHAOUI, KBAILI, selon la taille : TOUIL, KSSIR ,BOUFOU etc..Un mot mal placé ou mal articulé prononcé par une personne deviendra facilement son surnom qui lui restera collé durant toute sa vie et même après sa mort il s’éternise et sera transmis à sa progéniture : x fils de y.
Dans mon entourage ,je cite un type ,sexagénaire de nos jours, son vrai nom Abdelkader et on le surnomme Finette Ghar Ghar ,dans sa jeunesse il avait une chienne appelée Finette ,un jour , en se baladant dans les champs accompagné de ses copains , il trouva un trou (Ghar) probablement de rat ,il héla sa chienne : Finette Finette Ghar Ghar en répétant cet appel plusieurs fois. Une autre histoire pour un autre sexagénaire qu’on surnomme Miloud Tihya ,en 1962 quand les Algériens sortaient dans les rues pour fêter notre indépendance en criant vive l’Algérie ,le pauvre Miloud cria sans pause :Tihia djazair avec ( i ) au lieu de Tahia .Mais attention Miloud et Abdelkader se troubleront s’ils entendaient leur surnoms et pourront se mettre en colère…et la liste est longue.
L’artiste soit chanteur ou acteur qui, lui-même ou par la connivence de son manager, sélectionne un 2ème nom durant la première étape de son parcours professionnel dont ses fans ignoraient totalement son vrai nom : MAMI, RIMITTI ,Djilali Ain Tedeles ,Houari Dauphin …ces surnoms font le titre de leur célébrités.
Sans omettre les Moudjahidines et les Chouhadas de la guerre de libération qui avaient tous des surnoms ou le nom du maquis,indispensable pour leur sécurité ,le moudjahed restait anonyme par l’ennemi qui cherchait un nom introuvable dans ses registres et meme par son entourage qui ignorait qu’une telle famille avait un fils dans le maquis : Zabana ,Si el Houes,Si Abdelkrim , Houari Boumediene ……
Actuellement avec l’avènement de l’internet, un autre élément vient de s’ajouter à l’identité de la personne qui reste inconnue pour son interlocuteur ,c’est le pseudonyme,un faux nom, par lequel on peut se communiquer mutuellement même devenir amis sans se connaitre personnellement ,ni le visage ni le sexe.
En fin peut -on parler de son surnom sans complexe ? Peut-on le faire sans crainte quand on est déguisé virtuellement par un pseudo?

Dr Douar Hadj Benamar le 02-09-2012.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=69754

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5 Commentaires pour “Le nom,le surnom et le pseudonyme… par Dr DOUAR Hadj Benamar”

  1. Amirouche

    Ah ! les sobriquets, malgré que je ne les utilise plus depuis longtemps par respect à la personne, nous pouvons tous reconnaitre qu’ils étaient légion durant toute notre enfance et jeunesse. On ne se rendait pas compte qu’ils pouvaient avoir une incidence sur le développement psychologique d’un enfant qui louche, du chétif car il était malade ou comme on dit « Hadeke 3oudehe » ou tout simplement parce qu’il a une grosse tête(car saîda) ou un gros nez ( bounif ).
    Lors d’une discussion, j’ai demandé à un ami les nouvelles de Mohamed, il m’avait dit lequel des Mohamed ? Mohamed « la guigne » ou Mohamed « el boufo » !. C’est pour vous dire que malgré qu’ils soient presque sexagénaires, les deux Mohamed trainent toujours avec leurs surnoms comme des boulets.
    Je me permets comme même de citer quelques sobriquets des enfants de mon quartier que je trouvais rigolo, leur passant le bonjour s’ils se reconnaitront et en leur disant « sans rancune » mes amis et anciens voisins.
    Le premier qui me vient à l’esprit est un voisin formidable qui était grand et mince, il ressemblait vachement à Andy. « Hello Andy! how are you khayi ?, y a un bail que je ne t’ai pas vu, es-tu toujours à Bouzidia ?», de même, je passe le bonjour à notre « Chlaygui », toi qui ne savais pas tirer un ballon, à « Koubisso » qui avait un trouble de sa vision, au très intelligent « Boukhnouna » qui est aujourd’hui un grand Doc à l’université, à « Colombo », à « Tchato », à « Noufikha », à « El gourdo », et à « El merhoum » qui est toujours vivant et en bonne santé…ainsi qu’aux autres(que j’ai oublié) et qui seront bien contents de ne pas être cités.
    Je les salue tous et leur dis que nous avons tous un défaut physique mais le plus important c’est d’avoir une bonne attitude comportementale. N’est-ce pas si « Roukho » ? (rires)
    Salam

  2. Amirouche

    « …Tout doit périr, sauf Son Visage … »
    Allah le Très-Grand a dit vrai .

  3. Imène

    Azzul tlm…
    Les sobriquets – surtout les malveillants -ont la vie dure ! C’est pour ça qu’il faut – tout le temps – surveiller sa langue ( la tourner 7 ,10 fois ) avant d’affubler quelqu’un d’un surnom ridicule ou dégradant parceque il va le traîner toute sa vie et le transmettre à sa progéniture , on dira c’est le fils ( ou la fille ) de …comme expliqué dans le récit .et la notion de « ettanabouz bi el alkab  » prend tout son sens ..Allah soubhanou dit « Ô vous qui avez cru! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe: ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes: celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que «perversion» lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas… Ceux-là sont les injustes. » Sourate al Houjourat, v.11.
    Il ya des sobriquets tout à fait inoffensifs , ( relatifs à la région , el 3omrani , el k’baili , el annabi , l’algérois ..) d’autres trés mignons qu’on donne aux enfants : Mimi , Nounou , Dodi ( même ceux là , une fois grands souhaitent que le surnom reste dans la famille , entre les intimes )
    Non , vraiment il faut trés attention ! Des petits riens -juste pour rire – qui font trés mal ! slm !

  4. Hamza

    Salam, Si Amirouche je croix que je me rappel de chalaygui ,ta oublié Zouaoui Ringo parce qu’ il avais un chapeau de coboy et été blanc à la colonie de Tassala,
    nous à Toba y avait Nigrou..pipà..foklaja ..klehleh…koufyou ..zbelbel…dahlis ..largo..c était normale un jour j ai demandé des nouvelles de Abdel kader et me dit qui..? Je répond NEMSE il y avait son petit frère dans le groupe c était génant il a pas aimé j ai du m éxpliqué je cherché les mots . j ai oublié moi c été sarawale mais ca n’a pas duré tout le monde m appelle
    Hamza

  5. Amirouche

    « C’ÉTAIT UN COLONISE, QUI S’ÉTAIT BATTU AU COTE DE SON COLONISATEUR POUR L’AIDER A SE DÉCOLONISER… ET UNE FOIS LA GUERRE FINIE, IL EST REVENU A LA CASE DÉPART… »

    Avec Fellag, le rire s’invente dans l’histoire…

     » Il court après son histoire – et du coup après la nôtre, celle des relations entre la France et l’Algérie. Fellag revient au Théâtre du Rond-Point, à Paris, avec un spectacle vraiment drôle, qui fait beaucoup du bien par les temps qui courent.

    Il faut le dire et le répéter : Fellag n’a rien à voir avec ces « humoristes » qui usinent le rire à coups de rouages grossiers, et l’indexent le plus souvent sur l’exclusion de l’autre – plus fragile est cet autre, plus on s’acharne sur lui. Fellag, c’est d’abord la qualité d’un regard, qui fait entrer le rire dans une catégorie autrement sophistiquée, où tout le monde en prend pour son grade, mais avec un humour plein de poésie, de sens de l’absurde et surtout de tendresse sur une humanité qui, qu’elle le veuille ou non, est condamnée au vivre-ensemble. Depuis vingt ans, il a peaufiné un vrai talent de conteur et de comédien, de Djurdjurassique Bled à Petits chocs des civilisations, en passant par Le Dernier Chameau et Tous les Algériens sont des mécaniciens.
    Ce sont tous ces spectacles, justement, qui forment la matière de ce Bled Runner qui en reprend les moments forts, en les revisitant aujourd’hui. Ils forment, réunis ainsi, un formidable panorama d’une histoire franco-algérienne qui est à la fois celle, singulière, de Fellag et celle, beaucoup plus large, dont nous héritons aujourd’hui, avec toutes ses conséquences.
    Mais sur scène, cela n’a rien de théorique : c’est irrésistiblement drôle. C’est Fellag, toujours élégant avec sa chemise à pois et ses bretelles de Charlot algérien, racontant comment les premiers Français qu’il a vus de sa vie, attendus comme des messies dans son petit village de Kabylie, étaient noirs – un bataillon de tirailleurs sénégalais – et musulmans.
    C’est lui, encore, convoquant, en une scène d’anthologie, toute une assemblée de femmes alors qu’il est seul en scène. C’était pendant la guerre, son père était combattant du FLN, et il avait acheté un énorme poste de radio. « C’était le deuxième objet moderne, après la gégène, à avoir fait son apparition dans notre contrée », constate Fellag. Le père, lui, avait fait la guerre de 1939-1945. « C’était un colonisé, qui s’était battu au côté de son colonisateur pour l’aider à se décoloniser… Et une fois la guerre finie, il est revenu à la case départ, au lieu d’aller à la Caisse d’épargne. »

    Mais quand le père n’était pas là, la mère et ses amies utilisaient le poste pour faire des fêtes endiablées dans la cour de la maison, à coup d’anisette mystérieusement alcoolisée. Et puis c’est l’indépendance.  » 5 juillet 1962. Après sept ans de guerre, l’indépendance est arrivée…Ou bien elle est partie? je m’en souviens plus… » C’est l’école où, après « nos ancêtres les Gaulois », arrivent des professeurs venus d’Égypte, qui imposent un arabe littéraire que personne ne parle.  » La plupart d’entre eux faisaient partie des frères musulmans. Le président égyptien était bien content de s’en débarrasser en si grand nombre et à si bon compte. »
    C’est encore l’ennui de la jeunesse dans un pays où elle n’a rien d’autre à faire que de « tenir les murs », la découverte du cinéma, et l’envie de partir…Et c’est enfin la « décennie noire » pendant laquelle Fellag était une des premières cibles….
    C’est bien par la douceur absurde que Fellag traite les blessures de l’histoire…L’enfant du bled.  »
    Le Monde. Dimanche 5 et lundi 06/03/2017

    Khayicalement

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