La Voix De Sidi Bel Abbes

« Le crime nucléaire de la France coloniale : Pour que les peuples du monde soient témoins », (1ère Partie).Une interview du Dr A. Mansouri par Mme H.C. pour La Voix De Sidi Bel Abbes .

« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches« 

Victor HUGO

—–Nul besoin de disposer d’une imagination féconde pour mesurer les conséquences sanitaires et les atteintes à l’environnement provoquées par les explosions nucléaires coloniales au Sahara algérien. Nul besoin d’être un génie en nucléaire pour comprendre la grosse supercherie des « essais » militaires  « sans danger  » ou particulièrement « propres » pour reprendre l’expression officielle de la France. Si les explosions nucléaires avaient été si peu dangereuses pourquoi les faire à des milliers de kilomètres de la France ?

       C’est un vrai désastre humain et écologique qui, 59 ans après, continue de générer des maladies, notamment des cancers radio-induits, dont souffrent quotidiennement les victimes dans la dénégation totale de reconnaissance des effets fatals des radiations sur leur santé et sur l’environnement.

Ces oubliés abandonnés à leur sort se souviennent sous le sceau du silence et endurent tous les types de douleur avant que plusieurs d’entre eux ne meurent chaque année. Ils réclament à ce jour une réparation du préjudice subi, une prise en charge médicale, le droit à l’indemnisation et la levée du secret défense qui les empêche de parvenir aux preuves tangibles de leur contamination et celle de l’environnement. De plus, les lieux du crime contre l’humanité ne sont toujours pas réhabilités et donc, ne sont pas sécurisés, exposant ainsi les populations sédentaires et nomades aux dangers perpétuels de la radioactivité…Quelle tragédie !

Je ne pense pas que les responsables Algériens de l’époque, mesuraient réellement les dangers et les dégâts que pouvaient engendrer de telles explosions. Maintenant que le mal est fait, il faut venir en aide à ces personnes malades, les dédommager et être sensible à leurs souffrances, c’est le moins que l’on puisse faire !!!

    En tout cas, ce dossier ouvert depuis 1996, n’est pas encore prêt d’être clos…et c’est Monsieur Mansouri Ammar, un éminent Maître de Recherche en génie nucléaire au centre de recherche nucléaire d’Alger qui a contribué à l’organisation de dizaines de séminaires scientifiques et historiques à l’échelle nationale et internationale.

Mansouri Ammar, Maître de Recherche en génie nucléaire au centre de recherche nucléaire d’Alger

Il a publié plusieurs articles et dossiers dans certaines revues nationales, notamment le dossier des »Explosions nucléaires françaises dans le Sahara algérien » et a également participé à la réalisation de plusieurs films documentaires sur les multiples crimes du colonialisme français. Il est président de l’association Algérienne des sciences et technologies nucléaires A2N, et s’intéresse en même temps à l’écriture de l’histoire nationale, au niveau du centre d’études et de recherche sur le mouvement national et la révolution du 1er novembre 1954, qui a bien voulu nous accorder cette interview afin d’informer les lecteurs de La Voix De Sidi Bel Abbés sur les épisodes effroyables du drame humain et environnemental causé par les explosions nucléaires françaises au Sahara Algérien.

Mme H.C: Salam M. Mansouri ! Un proverbe étrange dit: « jamais deux sans trois », cette fois-ci, voudriez-vous révéler aux lecteurs de La Voix De Sidi Bel Abbes , le nombre d’explosions nucléaires que la France coloniale a effectué sur le territoire algérien entre 1960 et 1966, et quelle est leur puissance… ?

-M. Mansouri : Salam Madame ! Effectivement, c’est la troisième fois qu’on se retrouve, et  c’est un grand plaisir que de pouvoir m’adresser  aux lecteurs de La Voix De Sidi Bel Abbes aujourd’hui.

En réponse à votre question , je dirais que notre pays a été le théâtre de cinquante sept (57) explosions, essais et expériences nucléaires au niveau du Sahara entre le 13 février 1960 et le 16 février 1966 réalisés dans 03 sites différents au niveau de 02 centres : le Centre Saharien des Expérimentations Militaires (CSEM) et le Centre d’Expérimentations Militaires des Oasis (CEMO). Ainsi, à Hammoudia, à 40 km au sud de Reggane, ont eu lieu 4 explosions atmosphériques et 35 « essais complémentaires », dans la montagne du Taourirt Tan Afella ( In Ekker) à 50 km au nord d’In Amguel, ont été réalisés 13 explosions souterraines en tunnel et à Tan Ataram, à 30 km à l’Ouest d’In Ekker, ont eu lieu 05 « expériences de sécurité » à l’air libre (opération Pollen). Ces tirs à l’air libre portaient sur la physique des aérosols de plutonium. Les zones de tirs sont encore contaminées.

Ces différentes explosions, essais et expériences nucléaires avaient une puissance totale dépassant largement 600 kT de TNT (40 fois la bombe larguée sur Hiroshima les 6 août 1945) avec une dispersion d’une quantité importante  de Plutonium sur des milliers d’hectares, et ceci, d’après les archives françaises qui ont pu voir le jour. Mais en réalité, les données réelles techniques, scientifiques et militaires demeureront « secret défense » pour toujours et leurs archives ne seront à jamais déclassifiées(?). Militaires français et habitants algériens furent donc irradiés suite à l’échec de 4 explosions souterraines, et aux traînées radioactives des 4 explosions aériennes dont le vent saharien dispersera les particules nocives.

Montagne Tan Affela-In Ekker

 

Tunnel pour explosion souterraine – Tan Affela

Tan Affela-Taouriret-Base vie avancée

Tan Afella, In Ecker: la montagne qui a servi
aux 13 explosions souterraines menace ruine!

In Amguel: Base vie

Reggane-CSEM

 

 

 

 

 

Et si vous nous disiez quelle est l’explosion nucléaire qui a causé le plus de dégâts sur l’homme et l’environnement… ??

-Dans ce cadre, il s’agit d’une part, de l’accident de la première explosion nucléaire atmosphérique « Gerboise Bleue » à Hammoudia (Reggane) le 13 février 1960, d’une puissance dépassant 70 kT de TNT, selon les déclarations de la France .

Le tir a eu lieu en présence de M. Pierre Guillaumat, ministre responsable de l’énergie nucléaire. Le professeur Yves Rocard a révélé que: Les pilotes français qui suivirent le nuage de Reggane le virent s’en aller jusqu’en Libye. D’après Maurice Jacquinun, un avion ‘ Vautour’ a traversé la queue du nuage radioactif, le pilote serait décédé environ quatre mois après la mission . Et d’autre part,  l’accident nucléaire de l’explosion souterraine du 1er mai 1962, à Taouriret Tan Afella (In Ekker) d’une puissance supérieure à 150 kT.

Cette explosion a eu lieu en présence de Pierre MESMER, Ministre des armées, et de Gaston Palewski, Ministre d’État chargé de la Recherche scientifique et des questions atomiques et spatiales, en plus de deux milles personnes (!?)

Malheureusement, ces deux explosions nucléaires ont causé non seulement des dégâts environnementaux et sanitaires au niveau du Sahara algérien mais aussi au niveau de plusieurs pays africains, au nombre de 26 (voir la carte des retombées du tir Béryl), qui étaient sur le trajet des nuages radioactifs respectifs. En un mot, ce sont les mêmes conséquences qu’a provoquées l’accident de Tchernobyl sur la santé humaine et sur l’environnement de plusieurs pays européens….

Par ailleurs, les retombées radioactives des différentes explosions nucléaires atmosphériques françaises au Sahara algérien ont été enregistrées jusqu’à plus de 3000 km (N’Djamena, Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, Khartoum, etc.).

En ce qui concerne l’accident nucléaire de « Béryl », une étude effectuée fin 1965 évalue l’activité résiduelle approximativement à 5.000 Ci fixés sur 10.000 tonnes de laves ou de scories dont environ 25 Ci de plutonium. Les résultats de l’analyse d’échantillons de lave publiés dans le rapport de l’AIEA en 2005, ceux publiés en 2008 dans le journal Applied Radiation and Isotope et ceux obtenus par les laboratoires du CRIIRAD en 2009, montrent clairement que les conséquences radiologiques de l’accident de Béryl constituent, jusqu’à ce jour, un danger potentiel, notamment la coulée de lave.

Zones de retombées de « Gerboise bleue » le 13 février 1960, 26 pays africains exposés!!! Selon la carte de l’armée française de 1960, déclassifiée le 4 avril 2013 et publiée le 14 février 2014)

Parcours du nuage radioactif de l’accident nucléaire de « Béryl » le 1er mai 1962 
selon le désir des apprentis sorciers français!!!

Reggane: avant les explosions nucléaires

Accident du Béryl 1/5/1962.

Accident nucléaire de « Béryl » 1er mai 1962: le sauve qui peut!

Reggane-plateau: base vie

Hammoudia 13 Février 1960: La tour et la rampe
pour monter la bombe

Hammoudia – Reggane: les préparatifs pour les explosions atmosphériques

Le blockhaus des caméras d’enregistrement des tirs, Hamoudia, 1960  .

Gerboise Bleue,13 février 1960

Coulée de lave radioactive

Tan Affela,métaux contaminés.

Mars 2007, Hammoudia- Reggane: Sable vitrifié, hautement contaminé .

Sable vitrifié, contaminé sur des milliers d’hectares.Danger !

    En 2007, l’ambassade de France à Alger a diffusé à la presse un document affirmant que les explosions nucléaires au Sahara avaient provoqué une exposition des populations locales inférieure aux recommandations de la Commission internationale de protection radiologique”… est-ce que c’est vrai ?

-En 2007, l’Algérie a programmé l’organisation d’un séminaire international sur les conséquences des explosions nucléaires françaises au Sahara algérien les 13 et 14 février 2017. Avant la tenue du dit séminaire, la France par le biais du site de son ministère de la défense a diffusé un document intitulé « Rapport sur les essais nucléaires français (1960-1966), Tome I : La genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara » suivi de la diffusion d’un document à la presse par l’ambassade de France à Alger pour rassurer les populations du Sahara que les explosions nucléaires françaises étaient propres et conformes aux normes internationales ??? 

  –Mr Mansouri, comment la France ose-t-elle dire devant tout le monde que ses explosions atomiques étaient « propres » ? ça suffit.. !

    – Oui, cela relève simplement des mensonges de la France coloniale. Déjà, le 4 février 1960 dans une note de service adressée à l’attention des populations du Sahara, il est mentionné: » « Faire respecter le couvre-feu. (…) S’il y a lieu, rassurer la population en lui rappelant qu’elle ne risque rien; qu’elle doit faire confiance à cette France qui ne lui a rapporté que du bien; qu’une seule précaution est à prendre pour éviter les risques d’aveuglement; pendant tout le mois de février, et de toute façon jusqu’à nouvel ordre, ne pas quitter les habitations de minuit au lever du soleil; si, pour une raison quelconque, des personnes avaient à sortir au cours de cette partie de la nuit, elles devraient avoir pour souci constant de ne pas regarder vers le sud (Tanezrouft) et plutôt de conserver le visage dans la direction de l’Adrar. » ??? » . Aussi, sur une carte publiée par la France concernant le nuage radioactif de l’accident de « Béryl » ils ont falsifié le parcours du nuage qui en réalité et selon les témoignages est passé bel et bien au dessus des zones habitées Mertoutek, Idélés, Hirafok, … (voir la carte déjà citée). A cet effet, on a enregistré des morts parmi les habitants et les animaux.

Cette situation est confirmée par des témoignages réalisés en 2013 à Mertoutek, village martyr du Sahara, décimé par la bombe nucléaire françaiseAujourd’hui, la population qui y vit souffre de multiples pathologies du fait de l’irradiation et de la contamination de l’environnement.

         « Je ne peux oublier ce jour du 1er mai 1962. La terre a tremblé sous nos pieds. Quelques temps après un nuage nous recouvrait. On était tous affolés. On croyait la fin du monde. Les animaux couraient dans tous les sens et les oiseaux ont cessé de chanter. L’armée a essayé de nous évacuer. J’ai perdu des membres de ma famille le jour même et moi je souffre du sang ».

       

 « J’avais dix ans à l’époque et j’étais berger sur le plateau. J’ai vu le nuage au dessus du village et les hélicoptères de l’armée le suivre. J’ai perdu des chameaux et des chèvres. Ils sont morts quelques mois après l’explosion »

——Les conséquences sanitaires sur les algériens, travailleurs ou auxiliaires de l’armée française, population locale, sédentaire ou nomade et sur les français militaires ou civils sont largement confirmées par les témoignages des victimes, des vétérans des explosions nucléaires ou par leurs veuves et leurs descendants ou confirmées par les autorités françaises elles mêmes. Toutes les études et tous les experts s’accordent à reconnaître le fait que ces explosions nucléaires au Sahara algérien sont à l’origine de plusieurs pathologies cancéreuses et non cancéreuses.

Enfin, il faut rappeler que selon la commission internationale de protection radiologique, la dose maximum admise pour un an pour le public est de 1 mSv. Cette dose est largement dépassée suite à une seule explosion. Qu’en est-il après 57 explosions, essais et expériences ???

La divulgation d’une carte déclassifiée de l’armée française de 1960, publiée le 14 février 2014, a montré l’étendue du nuage radioactif. On sait maintenant, au moins d’une manière officielle, que les retombées radioactives de la première explosion nucléaire française (Gerboise bleue) dans le Sahara algérien ont été beaucoup plus importantes que celles admises à l’époque et même aujourd’hui. Quelle est votre analyse de la situation ??

-Il faut noter qu’une première tentative de restauration environnementale a été décidée le 22 septembre 1995 par l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA), lors de sa conférence générale annuelle. A l’époque l’AIEA a demandé aux Etats concernés par les essais nucléaires, à « assumer toutes leurs responsabilités  pour que les sites où ils avaient effectué des essais nucléaires soient surveillés scrupuleusement et que des mesures appropriées soient prises pour qu’il n’y ait pas d’effets néfastes sur la santé, la sécurité et l’environnement ». Malheureusement, cette recommandation n’a jamais été prise en considération par le « pollueur » qui est la France jusqu’à au jour d’aujourd’hui! Malgré que la responsabilité morale et juridique de la France coloniale est confirmée sur tous les plans.

Cependant, la carte de l’armée française de 1960 dont vous faite allusion n’a été déclassifiée que le 4 avril 2013. Cette carte montre clairement, preuves à l’appui, que les retombées radioactives de « Gerboise bleue » ont été beaucoup plus importantes que celles admises à l’époque, car les retombées radioactives en plus du Sahara algérien, s’étendent à toute l’Afrique de l’ouest et au sud de l’Europe. A titre indicatif, en 1960, des retombées radioactives ont été mesurées dans le sud tunisien et en Libye. Ce document de taille a été publié le 14 février 2014 par Le Parisien.

Enfin, je dois dire que le « pollueur » doit un jour ou l’autre procéder au nettoyage et à la réhabilitation des différents sites contaminés au niveau de notre cher Sahara.

Oui M. Mansouri, et le pollueur doit rendre justice à toutes les victimes sans discrimination et à l’environnement dans toutes ses dimensions.On sait que les sites polynésiens ont bénéficié d’un système de surveillance, de sécurisation et des plans des lieux d’enfouissement des déchets radioactifs, est-ce que les sites du Sahara Algérien ont connu le même sort..sachant que la France a prétendu avoir tout nettoyé avant le départ des militaires Français en juillet 1966. ??

-Après la réalisation de sa dernière explosion nucléaire en Algérie le 16 février 1966, les sites d’expérimentation sont évacués en juin 1966 après l’ « opération de démantèlement et d’assainissement » Ces sites ont été remis aux autorités algériennes en juin 1967.

Alors, lors de leur départ, les militaires français se sont contenté de bétonner les laboratoires du CEA et d’enfouir les gros équipements contaminés (camions, chars, avions…) à de faibles profondeurs, tandis que tout le reste des équipements a été abandonné à l’air libre…

Un autre crime qui s’ajoute contre les populations !

Reggane: opérations d’enfouissement des gros équipements contaminés!

Reggane-plateau: laboratoires du CEA

     Cette situation a engendré de nouvelles victimes civiles et militaires algériennes en plus des victimes de la période des essais aussi bien parmi les ouvriers (PLO et PLBT) que parmi les populations sédentaires et nomades.

On remarque sur le terrain que le démantèlement des sites de Hammoudia et les laboratoires du CEA (Reggane), de Tan Afella et Tan Attaram (In Ekker) n’a pas été véritablement effectué selon les normes internationales admises?

Un échantillon de métal retrouvé à Reggane en 1971 a été analysé par l’Institut d’Etudes Nucléaires d’Alger. Il dépassait de 22 fois les normes de sécurité admises. Les populations voisines des sites n’ont pas été averties des risques encourus en manipulant les objets trouvés sur les sites du Sahara. Donc les risques pour la population en matière de contamination et d’irradiation sont certains et demeurent jusqu’à aujourd’hui.

Document de l’Institut d’études nucléaires d’Alger (1971)

Par ailleurs, après la fin de ses explosions nucléaires en Polynésie, la France a mis en place dés 1998 un système de surveillance radiologique et de la stabilité géologique des sites de Mururoa et de Fangataufa. Ce système fonctionne sous la responsabilité des autorités militaires françaises. Car, les atolls de Moruroa et Fangataufa restent classés terrains militaires français. Le même systéme doit être mis en place par la France au niveau de la montagne de Taouriret Tan Afella. Ce systéme permettra de stabiliser cette montagne, qui a subi 13 explosions nucléaires d’une puissance 400 kT de TNT, afin d’éviter d’autres catastrophes écologiques générées par les produits de fission (radioactifs) qui se trouve dans le cœur de cette montagne dont le plutonium!? Car, si les explosions nucléaires appartiennent au passé, leurs effets sur la santé et l’environnement s’étalent sur des siècles voire même des millénaires.

Le système de surveillance géomécanique de Mururoa

D’après vous, quels sont les dangers d’un tel état des lieux… ??

-Les dangers sanitaires, génétiques et environnementaux d’une telle situation imposée à l’Algérie par la France coloniale à la veille de son indépendance sont similaires à ceux imposés aux japonais par les américains suite aux bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en 1945. Donc, se sont des dangers réels qui nous guettent. L’exemple des victimes du japon nous a permis de mieux comprendre une telle situation. Car, au japon selon les études réalisées se sont des générations qui sont concernées par les conséquences sanitaires des rayonnements ionisants. Aussi, dans une étude anglaise, on parle de 22 générations qui peuvent être concerné par les conséquences sanitaires des explosions nucléaires?

On est devant le fait accompli qui doit être gérer dans le cadre de la législation internationale en matière de santé et d’environnement. Donc, la balle est dans le camp de l’Algérie qui doit arracher ses droits légitimes d’une situation qui traîne depuis plus d’un demi-siècle ! Tout en s’inspirant des modèles similaires à notre cas (USA-Iles Marshall, UK-Australie, URSS-Kazakhstan …).

Quand peut-on espérer la disparition des effets des radiations des régions affectées ??

-Il faut rappeler que suite à une explosion nucléaire (bombe à uranium ou au plutonium) il y a productions de radioéléments radioactifs appelés produits de fission. Ces radioéléments ont une période de demi-vie allant de la seconde jusqu’à des milliards d’années qui émettent des rayonnements alpha, beta ou gamma selon le cas et ont une certaine énergie.

A titre indicatif, on prend le cas du plutonium 239 qui a une période de demi-vie de 24.110 années et il émet des particules alpha. D’après ces données c’est après « la fin du monde » qu’on peut espérer la disparition totale des effets nocifs des radiations émises par les produits de fission.

Zones « affectées »  par les explosions nucléaires françaises au Sahara algérien sur un rayon de 700 km (434,96 miles), selon la loi Américaine.

Par ailleurs, si l’on se réfère à la législation américaine sur les explosions nucléaires, il faut considérer une zone minimum de 700 km autour du site de tir comme une zone affectée par les retombées des explosions atmosphériques. Au Sahara, il faut ajouter les zones affectées par les fuites des explosions souterraines d’In Ekker et par les tirs à l’air libre effectuées dans cette région.

Merci M. Mansouri !

Je termine cette première partie par la citation de M. Mansouri: « L’arsenal nucléaire pour la France et les déchets nucléaires pour l’Algérie ?« .

Interview réalisée par Mme H.C pour la Voix De Sidi Bel Abbés,    à suivre… !

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=74462

Posté par le Oct 18 2018. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, ALGERIE, HISTOIRE, HOTE DU JOURNAL, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

15 Commentaires pour “« Le crime nucléaire de la France coloniale : Pour que les peuples du monde soient témoins », (1ère Partie).Une interview du Dr A. Mansouri par Mme H.C. pour La Voix De Sidi Bel Abbes .”

  1. MS

    C »est bien de commencer son article avec une citation de V.Hugo, car en cela , il est question de misérables français. Cependant Victor a plaidé pour une colonisation durable de notre pays, avec ses textes que je reprend: « Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c’est à nous d’illuminer le monde. Notre mission s’accomp1it, je ne chante qu’Hosanna. Vous pensez autrement que moi c’est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d’action. Moi je parle en philosophe et en penseur. ».

    Drôle de civilisation qui n’exporte que des malheurs, sinon un produit fini dont on ne connaitra jamais la composition, et au prix fort. Une civilisation qui fait des dizaines d’essais nucléaires , pour acquérir une arme de destruction massive. Une civilisation qui prône la démocratie mais qui ne respecte pas l’humain et son opinion, et parfois même son droit à la vie.

  2. Imène

    Mme CH , Mme HC : laissez moi deviner !
    Tu démarres très fort khayti ! Bravo pour ta première contribution en tant Qu’intervieweuse , et quel talent dis donc ! de la fluidité , de la répartie , pertinence des questions , les mots qui font mouche , photos , notices …yaatik essaha oukhti ! Je reviendrai pour relire à tête reposée .

  3. Amirouche

    Très content pour cette première! J’y reviendrai avec plaisir.

  4. Mémoria

    Salam !
    Sous réserve que Mme HC soit Mme CH selon les ….supputations d’Imène qui me rappelle qu’un ami virtuel m’assurait qu’elle s’appelait…Ouardia,,je ne puis que m’incliner devant le bilan du Dr Mansouri avec certaines révélations de scientifique(s) qui font de nous des profanes devant l’ampleur et la durabilité du désastre écologique et sanitaire dans ces deux wilayas de l’extrême Sud.La France ne révèle qu’au compte gouttes ses archives qui ne disent pas tout ; J’ai comme souvenir de Reggane que j’ai vue deux fois en 198O en mission d’Adrar qu’un douar paisible où le temps semblait s’être arrêté.Un lait de chêvre (Sidaoun?)offert glacé m’avait fait presque attraper une bronchite et je me rappelle de beaucoup d’épaves de véhicules de l’armée française jonchant les coins de la bourgade!J’avais même trouvé un casque dans le sable et voulut l’emporter dans notre zastava de service puis je changeai d’avis ! C’est vrai que les zones dangereuses étaient à des dizaines de kms du village et nous étions là pour autre chose bien moins scientifique et épistémologique ! J’aurais bien voulu que la reporter de l’interview Mme HC soit Mme CH et que le pifomètre d’Imène soit valide et fiable ! Cela aurait permis à La VDSBA de lui commander une autre enquête chez Maître Mme Benbraham sur la mise à jour des plaintes émanant d’associations et le dossier des 150 prisonniers ALN/FLN transférés par la Légion de Sidi Bel Abbès pour être sacrifiés vivants sur le site de Hammoudia/Reggane comme cobayes humains ! Nous ne remercierons jamais assez le Dr Ammar Mansouri pour son engagement scientifique et nationaliste !

  5. MS

    On n’a qu’à voire le nombre de cancéreux autour de nous pour conclure à la grande catastrophe, car le nuage de radioactivité était très large. Avons nous recensé les victimes des irradiation ?, et comment nettoyer ou bien déclarer ces zones comme dangereuses ?.
    Chaque année l’histoire se répète , on dénonce la barbarie de la civilisation coloniale, et ça s’arrête la.
    La cour pénale internationale déclare qu’elle est incompétente pour ce genre de crime.
    Les victimes peuvent s’organiser en associations et réclamer réparation.

  6. abdelhamid ELHADJ

    C’est l’enfer des pauvres qui fait le bonheur des riches ( Victor Hugo )
    Je ne trouve pas meilleure citation pour commenter les illustrations, sur la page d’accueil du journal, des « galons » des généraux ripoux à côté du cadavre flottant du Harrag, un citoyen algérien plus respectable que ces chefs militaires corrompus car il a préféré fuir son pays et mourir plutôt que de le voler pour vivre. Heureusement qu’il existe une « dernière demeure » pour tous.

    • Amirouche

      Oui Si Abdelhamid EL HADJ, je pense qu’ils ne croient même pas à la dernière demeure, malheureusement.
      Personnellement, je ne comprends rien à leur façon d’être et de faire. Il ya deux jours et malgré la situation de blocage que connait l’Assemblée populaire nationale, des députés ne renoncent pas aux missions à l’étranger, synonyme de prise en charge royale dans des hôtels 5 étoiles, devises wel tahwess. Et ce ministre qui critique une professeur MORTE piquée par un scorpion, alors qu’il semblerait qu’il a envoyé sa femme à l’étranger pour un simple accouchement !… We zid we zid…khali elbir b’ghtah… Quand le chat est absent, les souris dansent… Darou rayhoum, wine rah EL Ra3i??!
      Et puis on critique le Harrag qui n’est pas un cas isolé car se sont des milliers de jeunes qui tentent le coup en risquant leur vie puisque ceux qui gouvernent (dont la progéniture n’est pas en Algérie) ont détruit leurs rêves.
      Il faut penser à l’avenir de cette jeunesse, à la construire…Elle attend qu’on lui parle de son futur comme on parle de l’histoire des jeunes qui ont libéré le pays avec leur sang. Les jeunes connaissent bien leur histoire mais doutent de leur avenir.

      Allah yjib El khire.

    • Mme CH

      Mon cher abdelhamid ELHADJ, là, je ne défends personne, mais il ne faut pas emmêler les pinceaux…..il s’agit d’une rubrique qui concerne des explosions nucléaires qui ont fait des milliers de victimes irradiées (françaises, algériennes , Polynésiennes et peut être même africaines) et le chiffre ne cesse d’augmenter , et l’autre victime c’est une grande partie du Sahara algérien…!
      Et comme a dit M.Mansouri: « L’arsenal nucléaire pour la France et les déchets nucléaires pour l’Algérie ? ». Alors, respectons l’ordre des idées…!

      Quant au processus de Harga…il faudrait peut être le placer dans un ordre général mondial de migration dont Georges Soros connaît bien les tenants et les aboutissants…bien sûr et comme toujours grâce à la connivence des H et des New H et des manchots nourris au fromage puant, qui se trouvent à tous les niveaux..!

      Salammmmeeeeetttt.

  7. Hassan

    J’ai lu avec un grand intérêt l’interview du Dr. Mansouri réalisé par Mme CH (que je salue en passant). Je pense que l’Algérie a tout le potentiel scientifique et technique pour entreprendre les études nécessaires sur les sites des explosions nucléaires . Mr. Mansouri ignore sans doute les résultats des travaux effectués par des spécialistes du CEN -HCR sur ces sites et dans les environs. L’Algérie n’a nullement besoin de placer ces sites sous la surveillance des français ou même de l’AIEA qui est incapable de prendre la moindre mesure de vérification des sites nucléaires israéliens (Dimona):C’est une question de souveraineté nationale.. Un levé radiométrique ainsi que des mesures spectrométriques sur une région de 100kmX100km a été réalisé dans les environs de Hamoudia (Bled El Mess) Tidikelt Regane. .Un autre a été réalisé dans les environ de Tin Affela-Tin Attaram jusqu’à Issoudad, Ait Oklan et Assouf Melel. Les algériens (SONAREM) avaient déjà fait des analyses dans les années 70 sur les restes de lave radio-active qui s’est échappée par la fissure sur le flanc de Tin Affela lors de l’explosion béryl..
    Les algériens doivent compter seulement sur eux même et ne pas attendre le salut d’une autre puissance ou Agence Internationale. : EL 3dou ma iouli zdigue ou nkhala ma touali dguig.. Alors la question suivante se pose:
    Pourquoi avoir placé le COMENA sous l’égide du ministère de l’Énergie? C,est le peu d’intérêt qu’on accorde à cet organisme . La richesse de l’Algérie ce n’est pas seulement le pétrole mais surtout ses hommes et ses femmes en particulier la jeunesse éduquée et cultivée. Les algériens doivent faire confiance à leurs scientifiques (Hta hna 3andna rijal ou nissa gadirin) Sinon l’Agérie subira le sort de l’Andalousie musulmane qui brûla les livres d’Ibn Rochd. et fut anéantie .

  8. MS

    En octobre 1957, Paris et Tel-Aviv passent des accords diplomatiques et techniques et lancent véritablement le programme nucléaire clandestin, supervisé par Shimon Pérès et financé par des fonds secrets prélevés sur le budget du ministère israélien de la Défense.
    Une alliance sacralisée dès 1956 avec la crise de Suez, durant laquelle Israël appuya son allié européen contre l’Égypte. En récompense de ces liens étroits, la France fournit très discrètement à Israël la technologie pour construire un réacteur dans la région de Dimona, qui entrera en fonction entre 1962 et 1964. Celui-ci est considéré, par une grande partie des experts, comme un site de fabrication d’armes nucléaires. Le gouvernement israélien s’est toujours refusé à tout commentaire sur le sujet, s’en tenant à une politique d’ambigüité délibérée. Parallèlement à la construction du site de Dimona, à laquelle des ingénieurs français ont participé, des scientifiques israéliens sont soupçonnés d’avoir été conviés à participer aux essais nucléaires français dans le désert algérien.

  9. Mme CH

    On parle de la France coloniale mais l’esprit des politicards français n’a pas du tout changé pourtant on est en 2018….! Ils ne cessent de mentir et dire que les explosions atomiques étaient « propres »…… mais ils prennent vraiment les gens pour des imbéciles…!

    Il est noté que les sites polynésiens ont bénéficié d’un système de surveillance, de sécurisation et des plans des lieux d’enfouissement des déchets radioactifs,…etc….pourquoi les sites du Sahara algériens n’ont connu le même sort en coordination avec les autorités compétentes algériennes….??? Au moins les plans d’enfouissement, ils doivent être divulgués pour faciliter la tâche aux services concernés, comme ils l’on fait pour les mines antipersonnel …

    Il ne s’agit pas de placer ces sites sous la surveillance des français ou même de l’AIEA comme l’a signalé mon frère Hassan que je salue, mais le pollueur: la France doit payer d’une manière ou d’une autre puisqu’elle est responsable de cette situation dramatique des victimes et de l’environnement.

  10. Amirouche

    Hassan ou Mme CH

    J’espère que vous allez bien.

    J’ai lu ces chiffres sur un site, pourriez-vous nous expliquer la puissance de ces essais nucléaires (ça équivaudraient à quoi par rapport à la bombe d’Hiroshima)? « Je ne connais rien en ces chiffres ! ». Mais je pense que le gouvernement criminel français de l’époque a jeté tout son arsenal car il a été pressée par le temps donné par les accords d’Evian…N’est-ce pas?

    1/ LISTE DES ESSAIS AÉRIENS

    Date, Nom de code et Puissance (en kilo-tonnes de TNT)

    13 février 1960, Gerboise bleue < 70 kT

    01 avril 1960, Gerboise blanche < 5 kT

    27 décembre 1960, Gerboise rouge < 5 kT

    25 avril 1961, Gerboise verte < 5 kT

    2/ LISTE DES 13 ESSAIS SOUTERRAINS AU SAHARA

    Date, Nom de code et puissance (en kilo-tonnes de TNT)

    07 novembre 1961 Agathe < 20 kT
    01 mai 1962 Béryl < 30 kT
    18 mars 1963 Émeraude < 20 kT
    30 mars 1963 Améthyste < 5 kT
    20 octobre 1963 Rubis < 100 kT
    14 février 1964 Opale < 5 kT
    15 juin 1964 Topaze < 5 kT
    28 novembre 1964 Turquoise < 20 kT
    27 février 1965 Saphir < 150 kT
    30 mai 1965 Jade < 5 kT
    01 octobre 1965 Corindon < 5 kT
    01 décembre 1965 Tourmaline < 20 kT
    16 février 1966 Grenat < 20 kT…

    Franternellement

    • Hassan

      Salam mon frère Amirouche. Je vous renvoie à une contribution du Dr. Sabri intitulée  »Le nucléaire en Algérie » parue sur les colonnes d’El Watan. Elle doit être dans les archives du journal El Watan.. Bonne lecture.

  11. Hassan

    A nos retraités

    Hier , j’ai rencontré un retraité,
    qui n’avait pas mangé à satiété.
    Il avait faim, il avait froid,
    il n’était pas fier de soi.

    Et pourtant il avait travaillé,
    il se levait tôt et parfois veillait.
    Il sentait souvent un ressort cassé,
    il avait trés envie de trépasser.

    Il avait sacrifié sa jeunesse
    et avait participé sans paresse,
    aux révolutions culturelle et agraire,
    du temps ou les algériens étaient frères.

    Mais les temps ont changé:
    Ce fut la peur et le danger,
    puis le bradage des entreprises
    et tout se termina par une crise.

    Des loups firent leurs apparition
    et s’accaparèrent de tout sans restriction!
    Ils l’accusèrent de tous les tords,
    il regrettait de n’être pas mort.

    Un homme ne pleure pas
    et ce quel que ce soit le cas,
    mais il le faut parfois:
    Quand tes frères perdent leur foi.

    Hier j’ai rencontré un retraité
    On l’avait souvent maltraité.
    Sur ce il faut m’arrêter,
    Car de honte je vais éclater.

    Hier j’ai rencontré un retraité…
    …….

  12. Imène

    Bonsoir !
    Pour une première khayti : c’est plutôt …explosif !
    Les essais nucléaires FR ! Encore un chapitre tragique de notre Histoire ..
    Une première partie seulement et le dossier des essais nucléaires dans le Sahara Algérien n’a plus de secret pour la lectrice lambda que je suis ! ( bien que le document soit à ce jour , classé secret défense ) : 57 explosions ( essais ) entre fev 1960 et fev 1966 ! c’est à peu près à 9 bombes par an , c’est ça ? C’est énorme ! quand on sait les conséquences désastreuses de ces expériences sur les hommes et la nature , pas seulement dans notre vaste Sahara mais à des milliers de kms au cœur de l’Afrique… La puissance des bombes se chiffre en dizaines et centaines KT de TNT , ça donne froid dans le dos et témoigne de l’ampleur des dégâts occasionnés . La France a sciemment usé du mensonge le plus abject sur l’éthique et l’innocuité de ces expériences . de ce fait , les essais nucléaires Fr dans notre Sahara constituent un crime d’état doublés de crime contre l’humanité . Le plus dramatique aujourd’hui est que les sites ne sont toujours pas assainis ni décontaminés ! Les démantèlements effectués par l’armée FR ne répondent pas aux normes admises et donc source de dangers majeurs pour la population et l’environnement : c’est une autre catastrophe qui peut durer des millénaires celle là !!!! Quand je pense à notre incorrigible Mémoria qui voulait emporter avec lui – en souvenir de son passage au Sahara – un casque abandonné dans le sable , en plein nature !! Heureusement qu’il avait changé d’avis , probablement Da3aouet oumimtou qui l’accompagnaient dans son voyage…
    La chronique HCéenne , me fait penser à la célèbre citation de F . Rabelais que nous connaissons tous : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme « et comme le dit si bien notre ami MS , je reprends la substance de son com : « Drôle de civilisation qui n’exporte que des malheurs, …Une civilisation qui fait des dizaines d’essais nucléaires , pour acquérir une arme de destruction massive. Une civilisation qui prône la démocratie mais qui ne respecte pas l’humain , son opinion, ni même parfois son droit à la vie «
    Amitiès Vdsbn .

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