La Voix De Sidi Bel Abbes

« Le crime nucléaire de la France coloniale: la double discrimination, 2ème partie et fin ».Une interview du Dr A. Mansouri par Mme H.C. pour La Voix De Sidi Bel Abbes .

« C’est dans le désert algérien que se fera la grandeur de la France« 

Charles De Gaulle   

 

Le témoignage des Irradiés qui sont sortis de leur silence pour apporter leur part de vérité sur ce genre d’explosions, constitue aujourd’hui, après des années de souffrances silencieuses pour certains, un acte fort d’accusation sur l’irresponsabilité de ceux qui ont toujours fait croire auprès des populations locales et des militaires, à l’innocuité  des explosions atomiques françaises ; tellement propres et innocentes qu’aucun examen ni aucun suivi médical n’ont été  effectués, que ce soit avant, pendant ou après le désastre!

Devant cette situation, on ne peut plus épouvantable, un nombre important de victimes ont, depuis des années, engagé des procédures judiciaires pour obtenir droit à une  indemnisation en « réparation » aux préjudices subis attribués aux explosions atomiques, mais il faut noter que les victimes – militaires et civiles employées pour les essais et peuples autochtones – ont de grandes difficultés à faire reconnaître leurs droits à réparation.

Dr A. Mansouri

 

Mme H.C : Salam M. Mansouri ! Dernièrement, la France a enfin reconnu sa responsabilité dans l’assassinat du mathématicien Maurice Audin qui était porté sur la liste des disparus, mais le cas de ce dernier est loin d’être isolé, qu’en est-il des milliers de disparus algériens? Des prisonniers algériens récupérés des prisons de Sidi Bel Abbés auraient-ils été utilisés comme des «Cobayes humains» lors d’une explosion nucléaire à Hammoudia?

                                                                                          

            

                                                                                                            

Maurice Audin

 –A.Mansouri : Tout d’abord, je saisis cette opportunité pour dire que cette reconnaissance concerne aussi les milliers de « Maurice Audin algériens » arrêtés, séquestrés, torturés et disparus à plus d’un titre durant toute la période de l’occupation de notre pays. Non,  le cas de Maurice Audin n’est pas un cas isolé, car il fait partie d’une série d’assassinats d’algériens et de ceux qui ont soutenu la cause algérienne comme Maurice Audin ;ce mathématicien de formation, assistant à l’université d’Alger, membre du Parti communiste algérien et militant de l’indépendance algérienne a été arrêté le 11 juin 1957 à l’âge de 25 ans en pleine bataille d’Alger, torturé par l’armée française et disparu sans laisser de traces. Sa femme, Josette Audin,  se bat depuis  61 ans pour faire connaître la vérité sur sa mort. Aujourd’hui, à 87 ans, elle dit vivre « un grand moment d’émotion »  depuis la reconnaissance, jeudi 13 septembre 2018, par Emmanuel Macron de la responsabilité de   l’Etat français dans la disparition de son mari.

 

A cet effet, le Président de la République française  « a décidé qu’il était temps que la nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet. Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. »

Pour la première fois, le Président de la République française reconnaît aussi, officiellement que l’Etat français a failli en permettant le recours à la torture lors de la  révolution algérienne « Si la mort de Maurice Audin est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué : le système “arrestation-détention”, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période « .

C’est en 1956, que  le Parlement français avait voté une loi donnant carte blanche au gouvernement pour « rétablir l’ordre » en Algérie. Celle-ci avait permis l’adoption d’un décret autorisant la délégation des pouvoirs de police à l’armée, lequel décret avait été mis en œuvre en 1957 par arrêté préfectoral, d’abord à Alger, puis dans toute l’Algérie. Donc, c’est ce système légalement institué qui a favorisé les disparitions et permis la torture à des fins politiques de milliers d’algériens qui ont été arrêtés, torturés et portés disparus, parmi eux les 150 prisonniers  algériens  récupérés dans les prisons de Sidi Bel Abbés et qui ont été utilisés comme « Cobayes Humains » pour les mesures dosimétriques  lors de la deuxième explosion nucléaire aérienne « Gerboise blanche » le 1er avril 1960 à Hammoudia –Reggane, et ceci, selon le témoignage d’un légionnaire d’origine allemande, recueilli par le cinéaste René Vautier et les  premières photos de mannequins publiées dans un dossier du Canard enchaîné. Du côté algérien, des recherches ont été faites dans les années 2000 et résumées ainsi par Me F. Ben Braham : « L’étude iconographique de certaines de ces photos nous a permis de constater que la position des soi-disant mannequins ressemblait étrangement à des corps humains enveloppés de vêtements. À côté de cela, nombre d’Algériens détenus dans l’ouest du pays et condamnés à mort par les tribunaux spéciaux des forces armées [français] nous ont apporté des témoignages édifiants. Certains condamnés à mort n’ont pas été exécutés dans les prisons, mais       ils avaient été transférés pour ne plus réapparaître.

1er Avril 1960, »Gerboise blanche »: Mannequins?! Exposés autour du point zéro ?

 

  

 

 

 

 

 

 

 

          Ils avaient selon eux été livrés à l’armée. Après consultation des registres des exécutions judiciaires, il n’apparaît aucune trace de leur exécution et encore moins de leur libération. Le même sort a été réservé à d’autres personnes ayant été internées dans des camps de concentration.». Après recherches, l’avocate a retrouvé une séquence des informations télévisées montrant un combattant mort sur une civière entièrement brûlé ainsi commenté : « Et voilà le résultat de la bombe atomique sur un rebelle. » De plus, une étude minutieuse des photos de mannequins, et particulièrement une où plusieurs corps (5 environ) étaient exposés, les mannequins auraient une forte ressemblance à des corps humains. Elle a alors réuni un groupe de médecins et de médecins légistes à l’effet de faire le rapprochement des corps exposés avec de véritables corps humains dans la même position (tête, bras, jambes, bassin, buste, etc.). Les résultats ont été concluant: il s’agit bien de corps humains (même le poids a été déterminé) et leur mort était certaine. En 2005, la question a été posée aux autorités françaises qui ont d’abord répondu qu’il s’agissait uniquement de mannequins et de rien d’autre, pour tester les habillements face aux essais. Après insistance des Algériens, les autorités françaises ont rétorqué que « s’il y avait des corps à la place des mannequins, il faut se rassurer que les corps étaient sans vie ». Ces réponses n’ont pas fait cesser la polémique.

 

Le 14 février 2007, le quotidien Le Figaro cite une étonnante réponse à l’interpellation des Algériens faite par le responsable de la communication du ministère de la Défense, Jean-François Bureau : « Seuls des cadavres ont été utilisés pour évaluer les effets de la bombe», ajoute-t-il. Cette réponse du porte-parole du ministre de la Défense pose encore plus de questions qu’elle n’apporte d’éclaircissements. Quels sont ces cadavres ? D’où venaient-ils ? Quelle est la cause du décès de ces personnes ? Quels enseignements ont été tirés de cette exposition de cadavres humains à la bombe ?

Par ailleurs, d’après  le témoignage de certains vétérans des explosions nucléaires françaises, des soldats du contingent ont été utilisés comme cobayes lors de la première explosion atomique « Gerboise bleue ». Ainsi, selon Gaston Morisot présent lors de cette explosion on parle de 18 personnes qui sont concernées. De même, 195 soldats du contingent ont été exposés en simulant des manœuvres militaires d’une guerre nucléaire, en chars ou à pied entre 100 et 650 mètres du point zéro dans les minutes qui ont suivi l’explosion de « Gerboise verte ». De même, lors d’une expérience de « l’Opération Pollen », on fit  manœuvrer une unité militaire à pied pendant plusieurs heures avec masques et tenues de protection. Les témoignages recueillis sur les expériences de cette opération, auprès de vétérans qui étaient en service à In Ekker, dénoncent les risques inconsidérés auxquels on exposait les jeunes soldats. Aujourd’hui, beaucoup de vétérans affirment avoir été utilisés, par l’armée Française et par le CEA comme des « cobayes » afin de tester les effets d’un environnement radioactif suite à un conflit nucléaire sur les hommes de troupes.

Donc, ceci étant dit, le cas de Maurice Audin est loin d’être isolé car on dénombre des Maurice Audin par milliers. Combien sont-ils à avoir connu le même sort ? A être tombés aux mains de l’armée française, n’avoir jamais été retrouvés par leurs familles et avoir été oubliés de l’histoire officielle ?

 

Bien qu’aucune indemnisation ne puisse réparer le mal profond engendré par les explosions atomiques, est-ce que la France a procédé à la reconnaissance et à l’indemnisation de ses victimes ? Y a-t-il eu d’autres lois après la loi Morin d’indemnisation (5 janvier 2010) qui n’a indemnisé aucune victime algérienne… ?

 

-Les populations des régions où les explosions ont eu lieu, Sahara ou  Polynésie, sont aujourd’hui, victimes de graves maladies (cancéreuses et non cancéreuses), mais, rien ne leur a été dit sur les risques des irradiations. Au contraire, les autorités françaises affirment encore à l’heure actuelle, que les essais étaient « propres » et que les radiations étaient si faibles qu’il n’y aurait eu aucun danger? C’est comme si les rayonnements émis lors des explosions françaises étaient inertes!

Au sujet des indemnisations des victimes et des ayants droit, la France a du mal à tourner la page de ses explosions  nucléaires. Malgré une « loi Morin » reconnaissant sa responsabilité et annonçant l’indemnisation de toutes les victimes, la réalité est complètement différente, puisque l’injustice ressentie par les victimes depuis bientôt 60 ans ne sera pas résolue. Tout en parlant de reconnaissance, les responsables du Commissariat à l’énergie atomique français (CEA) continuent de tenir le langage officiel de la « bombe propre » !!!

Christine Lécullée: le combat d’une veuve d’un militaire irradié au Sahara qui attend d’être indemnisée.

Gérard Dellac: « J’ai été irradié à Reggane »

 

 

 

 

 

 

Photo du père de IBBA Boubakeur, ancien travailleur au niveau du site d’ In Ikker.

Lucien Parfait devenu imparfait cobaye des essais nucléaires au Sahara Algérien.

                                   

Il est à noter, que ce dossier a été ouvert en 1996 par le ministère des moudjahidine et, depuis, l’Algérie n’à cessé de demander à la France le « pollueur » de prendre ses responsabilités pour qu’enfin cette question soit aplanie et que l’Etat français  accepte de  faire face à tous ses crimes en Algérie. 

Les efforts conjugués avec ceux des associations des victimes françaises et polynésiennes, ont abouti, après 18 propositions de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, à la promulgation, le 05 janvier 2010, de la loi Morin. Cette loi devait normalement permettre de reconnaître les victimes, de simplifier leurs démarches et de les indemniser. Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, presque dix ans après sa mise en application et la création du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), moins de 2% des dossiers soumis ont été reconnus recevables mais parmi eux aucun dossier des victimes algériennes !!!

Ainsi sur les 911 demandes d’indemnisation (sans compter les dossiers des victimes algériennes) déposés auprès du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), seize seulement ont donné lieu à une indemnisation, soit un taux de rejet de 98 %. Sur les 10 millions d’euros par an prévus au budget du CIVEN, à peine un million est dépensé annuellement ??? On se trouve devant un système d’indemnisation qui n’indemnise personne!!

Il est à rappeler que plus de 150.000 militaires ou civils qui ont participé ou assisté aux essais nucléaires, (dont  23.000 en Algérie et 127.000 en Polynésie),  auxquels s’ajoutent les populations vivant à proximité des sites, sont potentiellement atteints par les conséquences des 210 explosions  nucléaires françaises qui se sont déroulées de 1960 à 1996 au Sahara algérien puis en Polynésie française.

En définitive, si le mécanisme d’indemnisation de la loi Morin est reconnu par les victimes comme constituant une avancée importante par rapport aux anciens mécanismes d’indemnisation fondés sur le droit commun, cette avancée a ses limites. En effet, les facteurs prônés, tels que la présomption de causalité, une indemnisation efficace et rapide, sont par ailleurs atténués par la réalité, celle qui fait qu’ils restent confrontés à l’écueil du «secret défense» et de la «raison d’Etat». C’est donc un dispositif d’indemnisation constamment tiraillé par la dichotomie entre intérêts des victimes et raison d’Etat.

La loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français a été suivie par quatre décrets d’application: le décret n° 2010-653 du 11 juin 2010 et le décret n° 2010-604 du 30 avril 2012 avec une première modification concernant l’extension du nombre de pathologies radio-induites, dans le cadre des articles 53 et 54 de la loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions  concernant la défense et la sécurité nationale, suivi du décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 puis par une deuxième modification, concernant la suppression du risque négligeable qui a bloqué 98 % des dossiers déposés par les victimes, à travers l’article 113 de la loi n° 2017-256 du 28 février 2017 de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer et portant autres dispositions en matière sociale et économique.

 

Un instant s’il vous plaît, donc, on note qu’il y a eu de nouvelles lois ? Ce ne sont pas les lois qui manquent et c’est le fonds qui manque le moins (du laboureur et ses enfants) !! Alors qu’est ce qui manque vraiment.. ?

-En fait, depuis la réforme de 2017, portant  suppression de la notion de risque négligeable,  la plupart  des membres du Comité d’Indemnisation des Vétérans des Essais Nucléaires (CIVEN) avaient démissionné, bloquant ainsi le processus d’examen des dossiers d’indemnisation. Donc, 2017 a été une année presque nulle pour les indemnisations. Il  semble que la France joue avec le temps comme toujours!

L’entrée en vigueur de l’article 113 susvisé a permis tout récemment le remplacement des membres démissionnaires du CIVEN. Le nouveau CIVEN va  se réunir incessamment, il aura à se prononcer sur les nombreux dossiers refusés de l’ancienne loi et sur les nouveaux dossiers. Réunion qui aura également essentiellement pour objet de fixer le degré du préjudice subi et donc du montant de l’indemnisation.

Mais qu’en est-il pour les 782 demandes d’indemnisation déposées par les victimes algériennes (population et travailleurs civils), dont 32 dossiers étudiés en décembre 2012 par la CIVEN et qui ont été rejetés au motif que les pathologies déclarées n’entrent pas dans le cadre de la loi Morin. Est-ce que les dossiers des victimes algériennes seront favorablement examinés ou réexaminés comme le prévoit la loi  étant donné que les conditions de présence et de maladies reconnues ne sont en aucun cas contestables conformément  aux termes de l’article 1er de la loi du 5 janvier 2010 qui stipule : « Toute personne souffrant d’une maladie radio-induite résultant d’une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d’Etat conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi » et aux termes de l’article 2 de cette  même loi qui stipule : »  La personne souffrant d’une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné: 1/ Soit entre le 13 février 1960 et le 31 décembre 1967 au Centre saharien des expérimentations militaires (CSEM), ou entre le 7 novembre 1961 et le 31 décembre 1967 au Centre d’expérimentations militaires des oasis (CEMO) ou dans les zones périphériques à ces centres;  2/ Soit entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 en Polynésie française ».

On remarque dans l’article 2 de la loi Morin modifiée en 2012, qu’on parle des centres d’expérimentations concernant l’Algérie,  par contre pour la Polynésie on parle de toute la Polynésie. Ceci est-il dans le but d’exclure les populations algériennes? A cet effet, il serait nécessaire d’envisager une extension des zones où les populations sont concernées, à tout le Sahara algérien au même titre que la Polynésie. Car, des documents déclassifiés ces dernières années ont montré que l’irradiation  dépassait de loin les limites retenues par la loi Morin.

Par ailleurs, la commission prévue à l’article 113 de la loi du 28 février 2017 composée pour moitié de parlementaires et pour moitié de personnalités qualifiées, propose d’étudier dans un délai de douze mois à compter de la promulgation de ladite loi, les mesures destinées à réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires. Elle formule des recommandations à l’attention du Gouvernement. Cette commission créée par décret n°2017-1592 du 21novembre 2017 et placée auprès du Premier ministre, comprend douze membres, répartis comme suit:

  • Trois députés et trois sénateurs, respectivement désignés par leur assemblée respective;
  • Deux personnalités qualifiées désignées par la ministre des solidarités et de la santé en raison de leurs compétences et de leur expérience en matière de santé publique;
  • Deux personnalités qualifiées désignées par la ministre des armées en raison de leurs compétences en matière nucléaire ;
  • Une personnalité qualifiée désignée par la garde des sceaux, ministre de la justice, en raison de ses compétences juridiques en matière d’indemnisation des victimes;
  • Une personnalité qualifiée désignée par la ministre des outre-mer en raison de sa connaissance de la Polynésie française.

 

Sur le plan officiel, les différents présidents français qui se sont succèdés, lors de leurs visites en Algérie: (J.Chirac,1er décembre 2001,  N.Sarkozy du 3 au 5 décembre 2007 et F. Hollande les 19-20 décembre 2012, comme ce fut le cas de la dernière visite de C. De Gaulle en Algérie entre le 9 et 14 décembre 1961), se sont alors engagés à se pencher sur ce dossier, mais hélas rien de concret n’a été enregistré, si ce n’est des signes d’apaisement et de la poudre aux yeux. Et cela continue avec la dernière visite éclair du président  E.Macron  le 6 décembre 2017. Tous ces Présidents  français demandent tout simplement l’ouverture d’une nouvelle page sans préciser que cette nouvelle page  sera au détriment du peuple algérien qui a souffert pendant 132 années de la présence coloniale française et qui continue de souffrir encore des conséquences néfastes des explosions nucléaires, des essais chimiques et biologiques  et des mines antipersonnel.

Par ailleurs, le gouvernement  français vient d’annoncer la réalisation d’une nouvelle étude sur la mortalité, mais elle ne concernera que les militaires ayant participé aux explosions nucléaires! Une nouvelle fois, les travailleurs et les populations algériens et polynésiens sont écartés du processus. Ce qui en atténue plus que largement l’intérêt de cette étude. Car les plus touchées ce sont les populations sans protection aucune ni hier ni aujourd’hui ni demain !!! En attendant des jours meilleurs pour ces populations le danger des rayonnements ionisants persiste et signe !!!

En guise de conclusion, la France a réalisé ses essais nucléaires en pleine connaissance des dangers de la radioactivité et de ses conséquences sur la santé et sur l’environnement, car des études sur les effets des radiations, suite aux bombardements atomiques du Japon, avaient été publiées et même traduites en langue française en 1957. La France a effectué ses premiers essais à Reggane en plein moratoire décidé par les puissances nucléaires dès 1958 (USA, Ex. URSS et UK). Donc elle est responsable juridiquement devant le droit international des dommages causés à la population locale, au milieu naturel et à l’équilibre écologique.

Aussi, la politique de la France concernant son passé colonial en Algérie est claire, car s’il y a eu des explosions nucléaires au Sahara algérien, elle ne reconnait pas l’accident nucléaire survenu à In Ekker le 1er mai 1962, ni l’existence de nuage radioactif sur le Sahara algérien et ses explosions nucléaires en un mot étaient « propres »  ainsi de suite… d’où son peu d’entrain à indemniser les victimes algériennes. Il incombe à l’Algérie de prouver le contraire à la France par la préparation, par des experts, de dossiers scientifiques bien ficelés sur les conséquences sanitaires, les dégâts environnementaux et l’aspect juridique des explosions nucléaires nuisibles à durée indéterminée de la France coloniale?.

      Peut-on conclure qu’il y a une double discrimination puisque les droits des victimes algériennes seraient considérés moindres par l’Etat français que ceux des autres victimes françaises et des victimes à travers le monde… ?? Quelles sont les revendications des victimes algériennes… ???

-Cette loi instaure une discrimination manifeste entre les populations concernées. Elle exclue de son bénéfice les populations nomades ou les personnes ne pouvant pas apporter une attestation de leur résidence, ou de leur séjour dans ces centres militaires ou dans les zones dites « périphériques à ces centres « , justificatif ne pouvant être fourni que par les autorités ayant l’administration effective de ses zones pendant cette période.

Une autre disposition conditionne le droit à indemnisation à des dates butoirs, liées à des périodes de présence « ou de service « , limitées aux dates de début et de la fin des explosions nucléaires. Tout se passe comme si les émanations de la radioactivité pouvaient s’arrêter subitement un 31 décembre 1967 à minuit tapante et ne pouvaient atteindre les mêmes personnes ayant résidé ou séjourné dans son rayon d’action aux lendemains de cette date butoir !!!

Ainsi la synthèse du rapport annuel du Comité d’Indemnisation des Victimes des Essais Nucléaires (CIVEN) publié en juin 2017 peut clarifier combien les victimes algériennes sont délaissées:

En 2017, le secrétariat du CIVEN a enregistré 137 nouvelles demandes d’indemnisation, portant à 1245 le nombre total cumulé de dossiers enregistrés entre janvier 2010 et le 31 décembre 2017, comme présenté sur le tableau suivant:

 

Année

Nombre de dossiers

enregistrés

2010

406

2011

268

2012

125

2013

81

2014

51

2015

112

2016

65

2017

137

Total

1245

 

Le nombre de demandes enregistrées par statut des différentes victimes entre 2010 et 2017 est présenté dans la figure suivante:

La catégorie « militaire » qui comprend les militaires de carrière et les appelés du contingent représente toujours la majorité des demandes. Le nombre de demandes émanant de demandeurs résidant en Polynésie française reste encore faible. Peu de demandes émanent de la population algérienne?

Environ 2/3 des demandes d’indemnisation sont formulées par des victimes résidant ou ayant séjourné au moment des essais en Polynésie française et 1/3 au Sahara algérien.

Le dispositif mis en place par la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 vise à indemniser les personnes reconnues atteintes d’une maladie potentiellement radio-induite due aux rayonnements des essais nucléaires français. Il s’agit de personnes:

  • ayant travaillé dans les centres des essais nucléaires français (militaires ou civils relevant du ministère des armées, agents du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), employés de cocontractants ou de sous-traitants du ministère des armées ou du CEA),

  • ou, sans avoir travaillé dans ces centres, ayant séjourné ou résidé dans les zones et aux périodes définies par la loi.

Si la personne est décédée, la demande d’indemnisation peut être présentée par son ou ses ayants droit (enfants, conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité …), jusqu’au 20 décembre 2018 (article 54 de la loi n°2013-1168 du 18 décembre 2013).

Les demandes d’indemnisation par zone de tir déposées se répartissent comme suit:

La répartition des propositions d’offre d’indemnisation par zones géographiques et qualités des victimes entre 2010 et 2017 de la figure suivante montre clairement combien les victimes de la population algérienne sont ignorées???

La répartition des offres d’indemnisation faites à ce jour par zone et par statut des victimes apparaît dans le tableau suivant :

2010-2014

2015

2016

2017

Total

Victimes indemnisées

17

6

35

63

121

Montant des sommes versées aux victimes

793.251

200.969

1.434.158

4.594.694

7.023.072


          Il apparaît clairement qu’on parle du Sahara algérien qui a été le théâtre de 57 explosions, essais et expérimentations nucléaires entre 1960 et 1966 et on ne parle pas des victimes algériennes (travailleurs et populations sédentaire et nomade) et encore moins de leur indemnisation, car aucune victime algérienne n’a été indemnisée jusqu’à ce jour ???

A travers ce rapport annuel du CIVEN, on remarque une double discrimination, puisqu’il faut signaler, que les mêmes pathologies se retrouvent chez les vétérans et les populations qui ont vécu à proximité des sites d’essais nucléaires des autres puissances. C’est le cas notamment, aux Etats-Unis et en Grande- Bretagne, mais aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Fidji. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie ont une longueur d’avance sur la France, en termes de reconnaissance des victimes d’explosions nucléaires. En effet, celle-ci s’est précipitée pour accéder au club nucléaire militaire sans pour autant s’inquiéter de la reconnaissance des victimes et des cobayes, plus un demi-siècle durant.

Dans les différents pays qui ont conduit ce genre d’essais, les gouvernements ont pris des dispositions concrètes pour faire droit aux revendications de leurs ressortissants….Ainsi, depuis la fin des années 1950, les Etats-Unis ont mis en place un programme de suivi médical spécifique pour les populations des îles Marshall et ont créé un fonds d’indemnisation pour les populations déplacées de ces atolls. Le 25 avril 1988, le Sénat des USA a adopté une loi d’indemnisation des vétérans ayant été exposés aux radiations en établissant la présomption d’un lien avec le service pour des maladies dont souffrent les vétérans ayant été exposés aux radiations.

En Grande-Bretagne, le gouvernement britannique a indemnisé les victimes australiennes et des îles océaniques et a procédé à la décontamination des sites des essais. Il a, par ailleurs, décidé de réviser ses propres études épidémiologiques. En février 2009, il a accordé le financement d’une étude radio-biologique indépendante sur la santé des vétérans anglais.

En Australie, le gouvernement australien a publié, en août 2001, la liste nominative des 16.500 personnes affectées aux essais britanniques sur son territoire. Il a également accordé un budget de 500.000 dollars pour des études épidémiologiques et radio-biologiques. En juin 2006, il a adopté une loi d’indemnisation des victimes.

Au Canada, le 2 septembre 2008, le gouvernement a créé un fonds d’indemnisation pour un millier de vétérans canadiens exposés dans les années 1950, aux essais nucléaires dans le désert du Nevada.

En Nouvelle-Zélande, le gouvernement a mis en place, en septembre 2001, une étude sur un groupe de 100 vétérans utilisant la méthode des tests radio-biologiques, permettant d’affirmer l’exposition aux radiations. Un système de prise en charge des vétérans et de leurs descendants a également été mis en place. En Polynésie française, en 2007, la France a créé un centre médical de suivi des anciens travailleurs polynésiens et des populations des îles et des atolls en plus de la mise en place du système de surveillance radiologique des sites d’expérimentation.

A l’instar des victimes des essais nucléaires dans le monde, les victimes algériennes devraient bénéficier elles aussi de tels droits: en particulier l’accès aux archives, le suivi médical, l’indemnisation et la décontamination des sites d’essais qui les menacent en permanence depuis 1960 à ce jour.

         Tout le monde sait maintenant que l’accession de la France au cercle fermé des puissances nucléaires militaires s’est faite sur des cadavres irradiés, des cobayes humains sacrifiés et des victimes qui portent, jusqu’à ce jour, les séquelles de ce drame atomique. Alors, que stipule le droit international sur de telles explosions qui ont volontairement exposé des populations colonisées à des radiations ainsi que d’immenses régions qui sont désormais contaminées durablement…?

-Les explosions nucléaires coloniales demeurent un crime imprescriptible contre l’humanité. Aussi, les explosions nucléaires quelle que soit leur nature sont contraires aux principes et règles du droit international et aux principes et règles du droit d’une manière générale. Car il est difficile de concevoir comment une explosion, sous quelque forme que ce soit, d’armes nucléaires pourrait être conforme aux règles du droit international humanitaire, en particulier aux règles relatives à la distinction, à la précaution et à la proportionnalité. Ce qui nous amène à dire que toute explosion nucléaire conduit forcément à des conséquences graves sur toute forme de vie !!!

Hammoudia – Reggane: Retombées radioactives continentales

de l’explosion nucléaire « Gerboise bleue » le 13 février 1960.

 

In Ekker: Accident de « Béryl » le 1er mai 1962, nuage radioactif
« Tchernobyl 1 ».

——Il est à souligner que la question de la réparation des dommages causés par les explosions nucléaires soulevait des difficultés multiples. L’étude de la jurisprudence des tribunaux français ayant démontré que les poursuites engagées par les victimes ou leurs associations demeuraient aléatoires, car elles se heurtaient invariablement à la question de la détermination du lien de causalité entre ces essais et les dommages causés. En outre ces actions en réparation, se voyaient opposer les impératifs de souveraineté ou de sécurité nationale compte tenu de l’invocation par les autorités françaises du « Secret défense », qui empêchaient l’accès aux archives, ou la mise à disposition d’informations de nature à engager la responsabilité de l’Etat français. Alors, seule la reconnaissance préalable par voie législative, du principe de la responsabilité de l’Etat français et le vote d’un dispositif reconnaissant le droit à réparation et fixant les modalités d’évaluation des dommages étaient de nature à ouvrir droit à l’indemnisation des victimes. On a préconisé également, compte tenu de la nature du contentieux, le recours à des négociations bilatérales, basées sur les principes généraux engageant la responsabilité civile des Etats, pour l’évaluation des dommages causés tant sur les plans sanitaires qu’environnementaux. Enfin, au regard du droit international humanitaire et du droit conventionnel de l’environnement des actions pourraient êtres envisagées par le recours aux solutions multilatérales, aux tribunaux internationaux ou encore à l’arbitrage.

(La liste est longue)

     Quel est le rôle des pouvoirs publics et pensez-vous qu’ils ont accordé  tout l’intérêt requis aux victimes et à la région touchée par ses explosions….???

-Pour répondre à cette question capitale pour l’ensemble des victimes et même pour l’environnement au niveau de régions affectées par les explosions, les essais et les expériences nucléaires de la France coloniale, il y a lieu de dire que dans de telles situations on aurait dû, dés 1967, avant le départ des français demander des comptes à la France en ce qui concerne au moins:

  • la sécurisation des sites qui ont été le théâtre de 57 explosions, essais et expériences nucléaires ;

  • la gestion des déchets nucléaires enfouis au niveau du Sahara ;

  • la situation sanitaire des populations de ces régions.

Malheureusement, devant cette situation qui a trop duré, il difficile pour les pouvoirs publics de pouvoir répondre aux revendications des différentes victimes et de réhabiliter l’environnement pollué tant que le « pollueur » ne reconnait pas son crime ???

Aujourd’hui, l’urgence est d’apporter une aide à ces populations qui endurent toutes sortes de douleurs. Cette aide peut se présenter sous plusieurs formes, comme par exemple, effectuer des suivis médicaux, ouvrir des établissements de soin, rendre public tous les points d’enfouissement des déchets contaminés, récupérer les listes de la main-d’œuvre ouvrière locale pour qu’on établisse un recensement des personnes qui ont séjourné sur les bases militaires à l’époque du crime..etc.

Et enfin, qu’on nous dise, où en est le fameux groupe mixte franco-algérien installé depuis 2008 qui avait pour mission bien précise de cartographier les zones chaudes et de recommander une sécurisation des sites à hauts risques.

Combat de deux peuples victimes: Reggane & In Ekker (Algérie) à Papeete (Polynésie).

Timbre en hommage aux victimes algériennes
des explosions nucléaires françaises

 

Mme H.C : Merci, M Mansouri d’avoir accepté de parler longuement aux lecteurs et lectrices de la VDSBA de cette tragédie humaine, Ô combien bouleversante , quand l’homme et la nature sont trahis par le colonialisme source d’horreur…! Surtout quand l’horreur vient de l’homme dit civilisé !!

    Bien qu’aucune indemnisation ne puisse réparer le mal profond et les préjudices causés par les bombes atomiques coloniales, il est temps pour la France de reconnaître ses crimes et payer sa dette nucléaire.

La réalisation et la publication de cette interview, à la fois historique et scientifique, est également une forme de soutien aux Irradiés et aux victimes de ce drame atomique aussi bien en Algérie qu’en Polynésie et aussi en France, afin de faire valoir leurs droits.

La sénatrice honoraire Hélène Luc a dit: “Si la bombe Française n’a pas été lâchée sur un peuple, elle a quand même déjà tué”.

Un mot pour les lecteurs de la VDSBA

-Merci à vous Mme H.C et au Journal de La Voix de Sidi Bel Abbés de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer encore une fois, sur ce dossier à la fois sensible et très important, surtout pour les victimes qui souffrent en silence jusqu’à ce jour.

Il est temps pour que les gens de Sidi Bel Abbés saisissent cette jurisprudence concernant la reconnaissance par le président français de Maurice Audin porté disparu en 1957  pour engager les recherches nécessaires sur les 150 prisonniers récupérés des prisons de Sidi Bel Abbés et utilisés comme « cobayes humains » lors des explosions nucléaires. Ils sont portés disparus depuis 1960 à nos jours !!!

Enfin, suite à l’ouverture de la brèche concernant Maurice Audin, il est recommandé d’intensifier les efforts des historiens, des experts et des juristes pour établir la vérité sur la question controversée de l’utilisation de civils et de militaires comme « cobayes humains » dans le cadre du programme nucléaire français tant au Sahara algérien qu’en Polynésie.

       Je souhaite aux lecteurs et lectrices de la Voix De Sidi Bel Abbès bonne lecture et des réactions qui permettront aux victimes d’avancer dans leur combat pour la dignité humaine, la vérité et la justice. Bonne année 1440, Bonne année 2019 et Bonne année 2969.

Interview réalisée par Mme H.C pour la VDSBA.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=75111

Posté par le Nov 29 2018. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, MAGHREB, SANTé, SBA PROFONDE, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

3 Commentaires pour “« Le crime nucléaire de la France coloniale: la double discrimination, 2ème partie et fin ».Une interview du Dr A. Mansouri par Mme H.C. pour La Voix De Sidi Bel Abbes .”

  1. Hassan

    Je remercie Mme HC et le Dr. Mansouri pour nous avoir éclairé sur ce douloureux sujet que chaque algérien , quelle que soit sa situation, doit méditer. J’aurais bien sur aimé que cet interview soit faite avec Mr. Le Commissaire du COMENA mais il vaut mieux cela que le silence .
    Chaque algérien doit méditer pourquoi?
    Parce que nous vivons dans un monde ou celui qui possède les capacités scientifiques et techniques dans le domaine nucléaire est intouchable . Seules quelques nations possèdent ce pouvoir et veulent en détenir à elles seules le monopole . Aucun pays arabe ne possède ce moyen de dissuasion d’ou leur insignifiance sur l’échiquier mondial.
    Un petit pays comme Israël est capable de mettre à genoux tous les pays arabes réunis. Il peut faire ce qu’il veut : Annexer Les territoires palestinien et syrien, El Kouds, liquider physiquement les scientifiques arabes etc.. Pourquoi il peut le faire sans que personne ne lève le petit doit et ce n’est pas le  »machin » qui pourra changer quoi que ce soit. Tout simplement quand ce pays encourageait la recherche scientifique et technique nos  »Rais » écoutaient  »Oum Keltoum » qui chantait  »Ya leil Ya leil ». Ils n’ont jamais accordé la moindre attention à la science et aux scientifiques et ce depuis la perte de l’Andalousie et l’autodafé des livres d’Ibn Rochd.
    Après l’indépendance de l’Algérie les français complétaient leur programme de recherche sur le nucléaire, les armes chimiques et biologiques sur notre territoire. Lors de leur départ on nous présenta cela comme une grande victoire politique: Évacuation des bases du sud et de celle de Mers El Kébir. En réalité la France avait déjà atteint son objectif et n’avait plus besoin de bases contaminées. Elle les a simplement abandonné en enfouissant les déchets radio-actifs sur place.
    A l’époque les soviétiques ont proposé au président Ben Bella d’aider l’Algérie à maintenir en activité l’Institut nucléaire d’Alger et de former des spécialistes dans le domaine du nucléaire civil. On déclina cette offre. De ce fait l’institut nucléaire vivota pendant des années grâce à quelques scientifiques algériens qui enseignaient à l’université d’Alger.
    La base d’In Eker fut remise à la disposition de la SONAREM après la création de cette dernière en 1966. La base d’In Amguel revint aux militaires qui en firent une base logistique.
    Les seuls qui s’inquiétaient de la présence du polygone d’expérimentation de Tan Affela, lieu des explosions nucléaires sous terraines avec l’accident de la fuite du magma radio actif par la fissure du flanc oriental de cette montagne furent les géophysiciens de la SONAREM. Ils n’avaient aucun pouvoir de décision pour la suite à donner à ce problème.
    Pendant tout le règne du président Boumédiène rien ne fut entreprit pour remédier à la situation.
    Durant l’époque du Président Chadli et grâce à Larbi Belkheir l’Algérie commença à s’intéresser à ce problème national . Le Commissariat aux Énergies Nouvelles fut crée vers 1983. On fit appel à nos scientifiques qui ont terminé les grands instituts et universités du monde entier: Les USA, la France, l’URSS, la Tchécoslovaquie , l’Angleterre etc.. Il s’agissait de créer des centres de recherche -développement avec une masse critique de chercheurs capable de concevoir et réaliser un programme de recherche national et concrétiser les applications des résultats de ce programme dans les domaines de : Robotique, nucléaire, laser, sciences de la nature (Géologie, géophysique, géochimie ,biologie etc…).Malgré les difficultés de tout genre que rencontraient nos chercheurs , ingénieurs et techniciens ils réussirent à former des équipes de recherche sur le terrain.
    Quand ce programme commença à donner ses premiers fruits , certains gardiens du temple s’inquiétèrent et ils firent tout pour détruire ce projet. Ce fut la décennie noire et les assassinats de nos scientifiques, ingénieurs et techniciens . Notre pays devait imploser de l’intérieur de telle façon qu’il retournerait au moins cinquante ans en arrière. La grande majorité de nos scientifiques, sans défense ni soutien, furent obligés de quitter le pays pour aller ou demandez-vous? Ils partirent pour :Les USA, le Canada, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie et même aux pays du golfe.
    Actuellement le COMENA vivote sous la tutelle du…Ministère de l’Energie. Tous les centres développements du CEN furent dissous et les scientifiques, ingénieurs et techniciens éparpillés dans des bureaux ou ils attendent leur retraite : »Le soldat dort le service marche ».
    Mon opinion est de ne pas attendre que la France vienne régler les problèmes qu’elle a engendrés sur notre territoire. Il ne faut compter que sur soit-même. Comme on dit chez-nous à Constantine »Deb yakoul deb ou debdeb yakoulhoum oukoul ».Les nations faibles sont colonisables par les nations fortes. Nous avons les moyens humains et matériels pour régler nos problèmes quitte à présenter la facture par la suite au pollueur. Nous devons penser comme les américains »L’Algérie d’abord ». Ou bien nous sommes capables de participer à l’histoire ou bien on sera jeté dans la poubelle de l’histoire.
    Notre modèle doit être Israël: Nos ancêtres depuis Jughurta ont toujours appris de l’ennemi pour défendre notre patrie.

  2. Mémoria

    D’accord avec Si Hassan pour le principe. L’Etat Algérien devra assumer son indépendance et celle de l’Algérie en prenant en charge les populations touchées et concernées et surtout en réoccupant le terrain et les sites de cette recherche stratégique avec ses scientifiques et chercheurs marginalisés,pas avec des…méharistes à défaut de…goumiers!!! ! Quémander des indemnisations après une guerre chèrement payée reviendrait à éteindre la plainte après réparation pécuniaire…

  3. Mme CH

    Hé oui, Ya Si De Gaulle, quelle grandeur..! Une grandeur qui s’est faite sur les cadavres des Algériens, des Polynésiens et même de vos compatriotes français…! Est-ce que nos responsables de l’époque ou ceux qui ont signé le compromis de l’eau d’Evian connaissaient les dangers que représentaient ces explosions nucléaires..??? Quelle que soit la réponse, le mal est fait et il faut prendre en charge ces victimes ainsi que les sites des explosions . La France doit payer et aussi répondre de ses crimes odieux contre l’humanité devant des tribunaux et cela ne fermera jamais la plaie qui restera ouverte aussi longtemps que le Plutonium qui a contaminé une partie de notre Sahara…!

    Je vois cette photo noir et blanc de De gaulle avec cet enfant qui est bien sûr innocent , et je vois en bas les photos en couleur de nos enfants atteints de cancer….quelle tragédie..!

    Je retiens la citation « de la sénatrice honoraire Hélène Luc qui a dit: “Si la bombe Française n’a pas été lâchée sur un peuple, elle a quand même déjà tué”. » Tout à fait Mme, elle a tué beaucoup de personnes et elle continue encore de le faire (à petit feu) sans que les politicards ne se soucient de quoi que ce soit puisque ce ne sont pas leurs enfants.

Répondre