La Voix De Sidi Bel Abbes

LE 19 MARS fait parler de lui (1ère partie)

Les accords d’Évian sont le résultat de négociations entre les représentants de la France et du Front de libération nationale. Ces accords sont signés le 19 mars 1962 à Evian les Bains (Haute-savoie, France) et se traduisent immédiatement par un cessez le feu applicable sur tout le territoire Algérien dès le lendemain. Ils furent approuvés à 90% par la population  d’Algérie.

Accords d’Evian :

signés le 18 mars 1962, les accords d’Evian mettent un terme à la guerre d’Algérie. Ils sont l’aboutissement de négociations très difficiles, entamées en mai 1961 par les représentants du gouvernement français, conduits par le ministre pour les Affaires algériennes Louis Joxe et ceux du Gouvernement provisoire de la République algérienne, conduits par Belkacem Krim, membre du FLN devenu ministre des Affaires étrangères du GPRA. Pour faciliter le début des négociations, un cessez-le-feu est proclamé unilatéralement. Les négociations seront suspendues à plusieurs reprises pour cause de désaccords sur certains points, notamment la souveraineté Algérienne sur le Sahara. La signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, est suivie de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 19  mars 1962. Le 8 avril, par référendum, 90% de la population  d’Algérie approuvent les accords d’Evian. Le 3 juillet, à la suite d’un second référendum organisé le 1er juillet, les Algériens proclament leur indépendance.

Application

Le 19 mars 1962 à 12 heures, il est mis fin aux opérations militaires et à toute action armée sur l’ensemble du territoire algérien. L’application des accords signés la veille à Evian entre le gouvernement Français et le gouvernement provisoir de la république Algérienne  prend effet. C’était la fin officielle de huit années de guerre civile en Algérie. Cependant, le jour même de son application, les accords sont violés par l’OAS en faisant un nombre important de morts parmi les habitants.

Le texte des accords d’Évian comprend deux parties:

1) un accord de cessez-le-feu, dont l’application est fixée au lendemain 19 mars 1962;

2) des déclarations gouvernementales relatives à l’Algérie, qui portent notamment sur :

  • la période de transition jusqu’au référendum d’autodétermination. Pour cette période étaient mis en place un Exécutif provisoire et un Haut-commissaire représentant l’État français.
  • la libération des prisonniers dans un délai de 20 jours et une mesure d’amnistie générale.
  • l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans un délai minimum de trois mois et maximum de six mois.

Dans l’hypothèse où, à la suite du référendum; la solution d’indépendance serait retenue,

  • des garanties prévues pour personnes conservant le statut civil de droit français ;
  • -la programmation du retrait des forces militaires françaises.

I – ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU EN ALGÉRIE

ART. 1-Il sera mis fin aux opérations militaires et à toute action armée sur l’ensemble du territoire algérien le 19 mars 1962, à 12 heures.

ART. 2- Les deux parties s’engagent à interdire tout recours aux actes de violence collective et individuelle.
– Toute action clandestine et contraire à l’ordre public devra prendre fin.

ART.3 – Les forces combattantes du FLN, existant au jour du cessez-le-feu se stabiliseront à l’intérieur des régions correspondant à leur implantation actuelle.
– Les déplacements individuels des membres de ces forces en dehors de leur région de stationnement se feront sans armes.

ART. 4- Les forces françaises stationnées aux frontières ne se retireront pas avant la proclamation des résultats de l’autodétermination.

ART. 5– Les plans de stationnement de l’armée française en Algérie prévoiront les mesures nécessaires pour éviter tout contact entre les forces.

ART. 6- En vue de régler les problèmes relatifs à l’application du cessez-le-feu, il est créé une Commission mixte de cessez-le-feu.

ART. 7– La Commission proposera les mesures à prendre aux instances des deux parties; notamment en ce qui concerne:
– la solution des incidents relevés, après avoir procédé à une enquête sur pièces;
– la résolution des difficultés qui n’auraient pu être réglées sur le plan local.

ART. 8- Chacune des deux parties est représentée au sein de cette Commission par un officier supérieur et au maximum dix membres, personnel de secrétariat compris.

ART. 9- Le siège de la Commission mixte du cessez-le-feu sera fixé à Rocher-Noir.

ART. 10– Dans les départements, la Commission mixte du cessez-le-feu sera représentée, si les nécessités l’imposent, par des commissions locales composées de deux membres pour chacune des parties, qui fonctionneront selon les mêmes principes.

ART. 11- Tous les prisonniers   détenus au combat  par chacune des parties au moment de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, seront libérés; ils seront remis dans les vingt jours à dater du cessez-le-feu aux autorités désignées à cet effet.
Les deux parties informeront le Comité international de la Croix-Rouge du lieu du stationnement de leurs prisonniers et de toutes les mesures prises en faveur de leur libération.

NEGOCIATEURS

Délégation du FLN

  • Krim Belkacem
  • Saad Dahlab
  • Benmostefa Nenaouda dit Siamar
  • Lakhder Bentoubal
  • Taïeb Boulahrouf
  • Mohamed Seddik Ben Yahia
  • Seghir Mostefaï
  • Redha Malek
  • M’Hamed Yazid
  • Ahmed Boumendjel
  • Ahmed Francis

Délégation française

  • Louis Joxe
  • Bernard Tricot
  • Roland Cadet
  • Yves Roland-Billecart
  • Claude Chayet
  • Bruno de Leusse
  • Vincent Labouret
  • Jean Simon (général)
  • Hubert de Seguins Pazzis (lieutenant-colonel)
  • Robert Buron
  • Jean de Broglie

Clauses annexes et sursis

Les accords d’Évian contenaient des clauses annexes dites « secrètes » autorisant la présence française au Sahara cinq années de plus. Ce délai était nécessaire à la France pour achever le programme de force de frappe mené par le président de Gaulle et par son prédécesseur à la suite du changement d’équilibre géostratégique survenu au cours de la crise de Suez. La présence militaire et scientifique française dans le Sahara permettait d’assurer le développement et l’expérimentation d’un nouveau type d’armement. Fusées du Centre Interarmées d’Essais d’Engins Spéciaux, bombes atomiques du Centre d’Expérimentations Militaires des Oasis, armes chimiques et bactériologiques de la base secrète B2-Namous furent testées jusqu’en 1967 avec le plein accord des autorités algériennes.

La base de lancement de fusées d’Hammaguir fut également laissée à la disposition des autorités françaises cinq années supplémentaires. Cela permit à la France de poursuivre son programme d’expérimentation de ses fusées diamant et de lancer avec succès son premier satellite Astérix en 1966. La base fut évacuée en 1967 conformément aux accords d’Évian.

II – DÉCLARATIONS GOUVERNEMENTALES DU 19 MARS 1961

RELATIVES À L’ALGÉRIE

A) DÉCLARATION GÉNÉRALE

  • Le peuple français a, par le référendum du 8 janvier 1961, reconnu aux Algériens le droit de choisir, par voie d’une consultation au suffrage direct et universel, leur destin politique par rapport à la République française.
  • Les pour parlers qui ont eu lieu à Evian, du 7 mars au 18 mars 1962 entre le gouvernement de la République et le FLN., ont abouti à la conclusion suivante.
  • Un cessez-le-feu est conclu. Il sera mis fin aux opérations militaires et à la lutte armée sur l’ensemble du territoire algérien le 19 mars 1962, à 12 heures.
  • Les garanties relatives à la mise en œuvre de l’autodétermination et l’organisation des Pouvoirs publics en Algérie pendant la période transitoire ont été définies d’un commun accord.
  • La formation, à l’issue de l’autodétermination d’un État indépendant et souverain paraissant conforme aux réalités algériennes et, dans ces conditions, la coopération de la France et de l’Algérie répondant aux intérêts des deux pays, le gouvernement français estime avec le FLN, que la solution de l’indépendance de l’Algérie en coopération avec la France est celle qui correspond à cette situation. Le gouvernement et le FLN ont donc défini d’un commun accord cette solution dans des déclarations qui seront soumises à l’approbation des électeurs lors du scrutin d’autodétermination……..(A suivre)

DE GAUCHE A DROITE: MOHAMED BEN YAHIA -KRIM BELKACEM -AMA BEN AOUDA -LAKHDAR BEN TOBBAL -REDHA MALEK -SAAD DAHLAB- MOHAMED SEGHIR

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=1408

Posté par le Mar 22 2011. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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