La Voix De Sidi Bel Abbes

L’AVEN s’alarme des décès causés par le cancer à Tamanrasset partagé par notre ami Mèmoria

Le bilan des décès causés par les maladies radio-induites ne cesse de s’alourdir à Tamanrasset. Au total 20 cancéreux, entre femmes, hommes et enfants, sont morts en juillet dernier, s’alarme Ibba Boubakeur, secrétaire général de l’Association des victimes des essais nucléaires à In Eker (Aven), Taourirt.

«Nous avons assisté à l’enterrement d’enfants amputés de leurs membres inférieurs et de femmes à la fleur de l’âge. Le pire, c’est qu’aucune de ces victimes ne possède un dossier médical, hormis les quelques certificats délivrés par les médecins exerçant dans la région», se plaint-il. 52 ans après cette tragédie que la France ne veut toujours pas réparer, l’Association de Taourirt dresse un réquisitoire contre un crime inouï dans l’histoire de l’humanité et en appelle à toutes les institutions et organisations internationales pour rétablir les victimes dans leur droit à l’indemnisation morale et matérielle.

«La géopolitique de l’époque obligeait nos dirigeants négociateurs à fléchir et faire des concessions en autorisant la réalisation de ce que la France appelait ‘‘les expériences scientifiques propres’’. Malheureusement, après toutes ces années, nous continuons à vivre les conséquences affreuses d’une tragédie commise par un pays qui prône pourtant le respect de la justice et des droits universels», souligne Touhami Abdelkrim, vice-président de l’association.

Et de poursuivre : «L’association continuera ses démarches, même voir le diable s’il le faut pour montrer ce qui s’était réellement passé et dévoiler au monde entier l’atrocité et la monstruosité du colon français qui voulait coûte que coûte faire aboutir sa stratégie nucléaire et développer une arme de dissuasion aux dépens des milliers de vies d’innocents algériens.» L’association qui a dernièrement saisi tous les départements ministériels concernés, entre autres les ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui des Moudjahidine, compte prendre attache avec les AVEN d’outre-mer afin de réunir toutes les données liées à ce lourd dossier, notamment en Polynésie et à Tchernobyl également secoués par plusieurs déflagrations nucléaires.

«Nous allons associer notre douleur à la leur pour réclamer ce que de droit. Une prise de conscience collective et des recommandations ont été déjà faites en collaboration avec des spécialistes très au fait du dossier. Certes, on nous a utilisés comme des cobayes, et on ne veut aucunement être des oubliés de l’histoire. L’Etat algérien doit nous accompagner dans cette démarche, si on veut sauver des milliers de personnes de la mort. Une solidarité entre l’Etat et l’association nous encouragera infailliblement et nous aidera à prendre en charge les victimes», ajoute notre vis-à-vis. L’association n’a pas les moyens mais croit dur comme fer en sa cause.

Recours au Tribunal Européen des droits de l’homme

Dotée d’une volonté inébranlable, elle a réussi à approcher certains professeurs et chercheurs en la matière afin d’éclairer la population de l’Ahaggar sur les dangers et les répercussions des explosions nucléaires réalisées dans la région. C’était lors d’un séminaire tenu en mai dernier à Tamanrasset, qu’une plate- forme de revendications, soumise à toutes les autorités compétentes, a été ainsi élaborée. Les principaux points recommandés axent essentiellement sur l’indemnisation des victimes, l’amendement des lois en trompe-l’œil y afférentes et la décontamination des sites des essais.

Car la loi promulguée en janvier 2010, dite de Morin, où il est clairement fait abstraction de victimes algériennes et des dégâts importants occasionnés à l’environnement, ne répond aucunement aux aspirations des concernés, puisqu’elle occulte un principe aussi fondamental que la présomption d’origine et limite le seuil d’exposition et le nombre de pathologies radio-induites. Selon M. Abdelkrim, «cette loi scélérate instaure faussement la caution de la science pour masquer son objectif portant limitation des indemnisations pour des raisons purement budgétaires.

Nous allons déposer une plainte contre la France auprès du Tribunal européen des droits de l’homme pour réclamer non seulement la modification de la loi Morin, mais aussi le droit de revendiquer des dédommagements pour tous les habitants du Sahara algérien». Il faut retenir que les explosions nucléaires sur une population pacifique demeurent un parfait crime contre l’humanité et restera de ce fait imprescriptible donc voué à contraindre leurs auteurs à reconnaître d’abord puis à réparer les dommages constatés, car l’histoire rattrape toujours les hommes et les Etats malgré leur négationnisme.

Evoquant le nombre de victimes, le président de Taourirt, Alouaar Mahmoud, fait savoir que le chiffre obtenu se limite au nombre de personnes recensées par l’écrivain public de la région qui fut sollicité par les anciens travailleurs du Centre d’expérimentations militaires des oasis (CEMO) pour saisir le service français en charge de l’opération d’indemnisation des victimes de la radioactivité. «On ne peut pas avoir le nombre exact de victimes. En 2010, un recensement partiel faisant état d’un peu plus de 500 victimes a été réalisé dans les localités relevant uniquement de la commune de Tamanrasset, à savoir Inzaouen, Ifak, Toufdet, Tahifet, Indalak, Izarnen, Outoul et Tit. Nous y avons constaté beaucoup de maladies, des avortements, des malformations et toutes les formes de cancer».

Plus de 21% des femmes atteintes du cancer du sein

«C’est un crime contre l’humanité», s’indigne M. Elouaar. Ce dernier a mis l’accent sur le suivi médical des victimes des rayonnements ionisants via la construction par la France de structures sanitaires spécialisées à même de prendre en charge les pathologies radio-induites chez les personnes impliquées directement et leur descendance, et ce, depuis le stade de diagnostic. Selon une étude réalisée par des experts, 21,28% des femmes de cette région sont atteintes de cancer du sein et 10,13% du cancer de la thyroïde.

Pour cette raison, on a insisté sur la mise en place d’un système de surveillance des sites, à l’instar de ce qui s’est fait en Polynésie française, et exigé de la France la formation de spécialistes algériens en décontamination et l’indemnisation des victimes suivant «le principe du parallélisme des formes». L’introduction de cette calamité dans le programme de l’éducation nationale a été soulignée par l’association qui invite aussi les universités, particulièrement le centre universitaire de Tamanrasset et l’université africaine d’Adrar, à prendre en charge ce dossier sur le plan scientifique afin de déterminer l’impact et les conséquences de la tragédie nucléaire française au Sahara algérien.

Taourirt en appelle également à l’ONU et invite ses membres à visiter les sites des explosions avec à la clé dresser un rapport patent sur la violation des droits de l’homme, à l’exemple de ce qui s’était passé aux îles Marshall en 2012 (site des essais nucléaires réalisés par les Etats-Unis dans les années 1950 et 1960). Tout en rejetant l’alibi des essais nucléaires scientifiques français propres, l’AVEN exige l’intervention immédiate des autorités algériennes afin d’éloigner les habitants, les autochtones ou les nomades, des sites irradiés.

La France, quant à elle, est appelée à assainir les lieux pollués, délimiter les zones à risque, déterminer les centres d’enfouissement des déchets nucléaires et évaluer les niveaux de radiations dans les régions contaminées, Reggane, et In Eker en particulier. La réalisation des stèles à la mémoire des victimes oubliées au niveau de ces régions a été aussi recommandée par l’association qui a pris l’initiative d’inviter toutes les associations concernées pour se constituer en coordination nationale à l’effet de coopérer et de réunir la force nécessaire pour combattre le déni de l’histoire et pour que la vérité et la justice soient rendues à toutes les victimes de la catastrophe nucléaire française.

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Ravah Ighil

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Posté par le Août 30 2014. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

27 Commentaires pour “L’AVEN s’alarme des décès causés par le cancer à Tamanrasset partagé par notre ami Mèmoria”

  1. BADISSI

    une belle région empoisonnait par les criminelles colonisateur a leur tète de gaulle , et cette france qui ne veut jamais reconnaître ces crimes multiples , mais pourquoi on signe des contrats économique avec ce pays ,????? en plus un pays qui soutient les sionistes ,ou plutôt diriger par les sionistes , mais nos négociateurs de l époque on une responsabilité dans ce crime

  2. Krimo pointu

    C’était une obsession de CDG , heureusement qu’il est sorti entièrement , de la tête aux pieds.
    Les dégâts sont la , et différents experts internationaux dans le domaine nucléaire pourraient aider notre pays a assainir la région , en tenant compte de la durée de vie de cette radioactivité.
    Un crime colonial qui s’ajoute à d’autres, et on aura tout vu. Un mini hiroshima .

  3. A.Dennoun

    catastrophic.
    A.D

  4. OUERRAD

    Qui s en soucie , des politiques algeriens , rien ne vient de ce cote là .Meme les representants du peuple de cette region , je veux dire senatures et depites , ne disent rien , toujours aux abonnes absents , ne cherchant que le gain facile .Quant à leurs con citoyens , qu ils se demerdent tous seuls .Meme au plus haut de la pyramide les loups brulent ce qui reste apres le passage de la france coloniale , c est au tour de GHARDAIA DE BRULER ???

  5. MOH

    RIYAHE VA DECONTAMINER LA BASE B2 NAMOUS.

  6. Mme CH

    Ils polluent d’autres pays, d’autres continents, le ciel, la mer et les océans, ensuite ils prétendent qu’ils sont propres et civilisés…!! Quel mensonge…. !!! Quelle hypocrisie….!!!! ‘Ya Wzawa9 Men Barra Wach Halek Men Dakhel’…!!!!??

    La France a pu accéder au club fermé des puissances nucléaires militaires, sur les cadavres des colonisés. Un désastre écologique et humain qui, 54 ans après, continue de générer des maladies notamment des cancers radio-induits, dont souffrent quotidiennement les victimes, dans le déni total de reconnaissance des effets fatals des radiations sur leur santé et sur l’environnement…..!!!
    Ces oubliés abandonnées à leur sort, que ce soit par l’état français qui a été la cause directe de leur drame ou par l’état algérien qui grâce à des clauses du compromis d’Evian a permis aux français de continuer leurs explosions criminelles jusqu’après l’indépendance, se souviennent et endurent toute sorte de douleur avant que plusieurs d’entre elles meurent chaque année. Elles réclament jusqu’à ce jour, réparation du préjudice subi, une prise en charge médicale, le droit à l’indemnisation et la levée du secret défense qui les empêche de parvenir aux preuves tangibles de leur contamination et celle de l’environnement. De plus, les lieux du crime ne sont toujours pas réhabilités et donc, ne sont pas sécurisés, exposant ainsi les populations sédentaires et nomades aux dangers perpétuels de la radioactivité….!!!!

    Lors d’interviews avec Mr A.Mansouri (Chercheur en génie nucléaire et président de l’association Algérienne des sciences et technologies nucléaires A2N), concernant les explosions nucléaires de la France coloniales on a abordé entre autres, ce qui s’est passé dans la région de Tamanrasset….!!!
    Sous la pression internationale et celle de certains pays africains, la France a abandonné les explosions aériennes à la faveur de déflagrations souterraines, présentées comme moins polluantes. Le site choisi, In Ekker (Hoggar), se trouve au Sud de Reggane et à environ 150 km au Nord de Tamanrasset. Entre novembre 1961 et février 1966, 13 explosions souterraines ont été réalisées dans des galeries creusées horizontalement dans un massif granitique du Hoggar, le Taourirt Tan Afella, dégageant une puissance totale estimée à 500 kT de TNT. Supposés sans danger pour l’environnement, 11 essais ont échoué parmi lesquels l’accident de l’essai du nom de code « Béryl », le 1er mai 1962, qui a fait éclater la montagne du Hoggar à In Ekker. Le tir avait pour but l’expérimentation d’un engin dont l’énergie est de 50 kT, destiné à armer le Mirage IV de la dissuasion nucléaire de la France. L’accident dont la gravité équivaut celui de Tchernobyl, le 26 avril 1986, et celle de Fukushima, le 11 mars 2011, est dû à un mauvais réglage de l’engin. Il a provoqué de la radioactivité sous forme de laves, de scories, qui se solidifient à la sortie de la galerie ; d’aérosols et de produits gazeux très volatils qui créent un nuage qui se stabilise à basse altitude, 3000 m environ.
    Il y a eu aussi :
    Le tir ‘Améthyste’ du 30 mars 1963 qui a provoqué à la sortie de la roche, un panache contenant des aérosols et des produits gazeux. Le nuage s’est dirigé vers l’oasis d’Idèles où vivaient des populations sédentaires, située à 100 km du lieu d’expérimentation. La population, environ 280 personnes à laquelle il faut ajouter la population nomade, n’a pas fait l’objet de suivi médical, ni de mesures dosimétriques.
    – Les essais ‘Rubis et Jade’, réalisés respectivement les 20 octobre 1963 et 30 mai 1965. Ce sont des explosions non confinées. Le massif de Tan Affella a laissé échapper des gaz rares et de l’iode radioactif, entraînés par le vent vers le Nord. Les services compétents du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) ont enregistré un impact radiologique sur le personnel, par contre les populations locales sont carrément ignorées.

    Je tiens à remercier vivement, mon Grand frère Mémoria, d’avoir bien voulu partager cet article avec nous, une façon de soutenir les Oubliés victimes de crime contre l’humanité qui souffrent en silence…. !
    Un autre Merci à l’AVEN pour ses vives a préoccupations sur le sort des victimes algériennes et polynésiennes et ses démarches pour mettre à nu les mensonges de la France sur ce qui s’est réellement passé en Algérie puis en Polynésie lors des explosions nucléaires dites « propres »…Quel cauchemar!!

    N.B: L’AVEN est une Association des Vétérans, malades ou non malades, civils ou militaires qui ont participé aux programmes d’essais nucléaires Français sur les sites du Sahara et de Polynésie française depuis le 13 février 1960 jusqu’au 27 janvier 1996 )…. !!!

    A suivre….. ! Bien sûr les Voyants- Aveugles, les Entendants-Sourds et les Parlants-Muets….. s’abstenir….!!! Oui je sais que vous avez le coeur trop fragile…!!!

    • MOH

      @ madame CH,
      Et les essais d’armes chimiques et bactériologiques à la base B2 namous, à Béchar, jusqu’en 1978! La France voulait détruire notre pays, y a tout essayé, et ne nous dit pas tout, surtout en ce qui concerne l’acheminement de ses poisons via ses villes garnisons!
      Rabi yastour.

      • Mme CH

        Effectivement Mr MOH, l’Algérie a été la scène de toutes les sales expériences de la France coloniale, sans soucier de leurs impacts sur la santé des « indigènes » d’antan ni de l’environnement qui va rester contaminé pendant des milliers d’années encore….!!!
        Une longue enquête de Vincent Jauvert, avec le témoignage de Pierre Messmer, ministre des Armées de De Gaulle a révélée que c’était le plus vaste centre d’expérimentation d’armes chimiques au monde – Russie exceptée. Un polygone d’essai, comme disent les spécialistes, de 100 kilomètres de long sur 60 de large. Cette base ultrasecrète (nom de code : B2-Namous) était contrôlée par l’armée française et se situait dans le nord du Sahara, près de la ville de Beni-Wenif, en Algérie. Là, les militaires français ont mené, sous leur uniforme puis sous couverture civile, des expériences jusqu’en 1978. À B2-Namous, ils ont testé des grenades, des mines, des obus, des bombes et même des missiles, tous porteurs de munitions chimiques. Ce secret d’État bien gardé et révélé ici a donc tenu, fait rarissime, pendant des décennies. Le gouvernement français ne voulait en aucun cas qu’il soit divulgué. Car derrière ce secret se cachent au moins trois mensonges d’État. D’abord, depuis 1945, la France a toujours nié avoir procédé où que ce soit à des expérimentations d’armes chimiques à l’air libre. Ensuite, Paris et Alger ont toujours affirmé que les dernières bases de l’armée française en Algérie avaient été fermées en 1968. Enfin les accords d’Évian, qui ont scellé l’indépendance de l’Algérie, ont été publiés incomplets : B2- Namous a fait l’objet d’une annexe secrète – renouvelée en 1967 et en 1972.
        Dans les années 50, les expériences reprennent à B2-Namous. C’est la guerre froide, des manœuvres offensives de l’Otan avec armes chimiques sont exécutées sur la base secrète. Mais les recherches proprement dites d’armement et de produits sont en veilleuse. C’est l’atome – et non les gaz toxiques – qui mobilise désormais les ingénieurs militaires. En 1962, à la veille de l’indépendance algérienne, les généraux français veulent pourtant garder B2-Namous. Au cas où… La base secrète est donc au menu des négociations d’Évian, comme tous les sites stratégiques français dans le Sahara. Car, pour de Gaulle, et son fidèle Debré, c’est dans le désert algérien que se fera la grandeur de la France. Le Général veut à tout prix y conserver quelques années encore les quatre centres français d’essais nucléaires et spatiaux (Reggane, In-Ekker, Colomb-Béchar et Hammaguir). Après des discussions très dures, les émissaires de l’Élysée obtiennent le maintien de la présence française sur ces quatre sites pendant cinq ans. Et B2-Namous ? Pierre Messmer dit seulement : « À l’époque, Louis Joxe [le chef de la délégation française] m’a dit que les Algériens avaient accepté sans grande discussion le maintien de la base, également pour cinq ans. Et cet arrangement a fait l’objet d’une annexe secrète aux accords d’Évian. »

        En 1967, à l’échéance du délai convenu, tous les sites officiels français du Sahara ferment. Devenus opérationnels, les centres de Kourou, de Mururoa et des Landes (pour l’essai des missiles) prennent le relais. Les sites d’Algérie ferment, sauf B2-Namous. De Gaulle ne le veut pas. Deux ans auparavant, il a secrètement ordonné la reprise des recherches sur la guerre chimique – et bactériologique. Pourquoi ? Pierre Messmer raconte : « À l’époque, nous sommes en plein conflit du Vietnam. Les Américains travaillent beaucoup sur les armes chimiques, et pas seulement sur le napalm. Les Soviétiques font la même chose, les services américains nous en ont apporté les preuves. Nous ne pouvions rester à l’écart. » Or, pour suivre les deux Grands, il faut un polygone d’essai. Où ? Forcément à B2-Namous, déclarent les militaires.
        Le 16 janvier 1967, la division programme de l’état-major des Armées défend cette position dans une longue note classée secret-défense. Il y est tout dit ou presque sur la nouvelle politique de l’arme chimique de de Gaulle et sur les moyens à mettre en œuvre pour la réaliser. Un document exceptionnel.

        Dans cette note, l’état-major rappelle d’abord les décisions du Général – restées inconnues jusqu’à aujourd’hui : « Le conseil de défense [présidé par le chef de l’État] dans sa séance du 25 juin 1965 a décidé l’orientation à donner aux études sur l’armement chimique et bactériologique. L’effort doit porter essentiellement sur l’étude des agents chimiques, mortels et incapacitants, et des agents bactériologiques ; sur la protection contre ces agents ; et sur la définition de systèmes d’armes susceptibles de les mettre en œuvre. » Et la note précise : « La réalisation industrielle d’armes chimiques et bactériologiques sera éventuellement entreprise après l’achèvement du programme nucléaire. »

        Hlal 3lihoum wa Hram 3la Lokhrin…..!!!

        • Mme CH

          Mr MOH, toujours selon cette enquête , en 1967, il y a eu le « oui ultrasecret de Boumediene à de Gaulle »
          Reste à négocier ce maintien avec les Algériens. Que va-t-on leur proposer en échange ? Le 31 janvier 1967, la division Afrique du Nord du Quai d’Orsay adresse à ce propos une note secrète à Maurice Couve de Murville, le ministre des Affaires étrangères. En substance : négocions notre départ des autres sites sahariens. Comment ? Le gouvernement algérien « s’attend à devoir payer les matériels [de ces sites] qu’il désire conserver. […] L’abandon de tout ou partie de ces matériels à titre gratuit peut donc constituer une contrepartie aux engagements que nous demanderions aux Algériens de souscrire ». Et de fait ces équipements militaires, évalués à 50 millions, seront cédés à l’armée algérienne pour 21 millions, payables sur trois ans.
          Mais l’argent ne suffit pas à expliquer l’accord du colonel Boumediene. Homme austère et inflexible, le nouveau président algérien a pris le pouvoir deux ans auparavant. Il s’affirme nationaliste et anti-impérialiste. Pourquoi accepte-t-il le maintien de cette base secrète de l’armée française et ses expériences effrayantes ? Pour au moins deux raisons. D’abord, les Français ne révèlent pas aux Algériens, semble-t-il, la portée exacte des expérimentations à B2-Namous : une réunion à l’état-major a lieu le 7 mars 1967 sur la négociation à mener avec Alger; selon son compte rendu, on demandera le maintien de B2-Namous « sous couvert d’études de protection contre les agressifs chimiques ». Seconde raison du oui de Boumediene, la plus importante : « C’était une affaire personnelle entre deux militaires chefs d’État : de Gaulle et Boumediene. Et le président algérien ne voulait pas dire non au Général. C’est aussi simple que cela. » Qui parle ? L’ambassadeur Philippe Rebeyrol , qui a négocié l’accord sur B2-Namous avec le confident de Boumediene, le commandant Chabou (qui mourra deux ans plus tard dans un mystérieux accident d’hélicoptère). Le diplomate ajoute : « Comme beaucoup d’officiers algériens, Chabou avait été militaire dans l’armée française. Ce lien affectif a joué aussi. » Au cours des discussions, l’homme de Boumediene n’exige qu’une seule chose du chargé d’affaires français : le respect du secret absolu. « Je devais prendre des précautions extrêmes chaque fois que nous allions nous rencontrer, explique Philippe Rebeyrol. Le commandant Chabou ne voulait en aucun cas que les civils soient au courant. Et surtout pas le ministre des Affaires étrangères, Bouteflika. » Et l’ambassadeur conclut : « Vous savez, c’est la première fois que je parle de cette affaire depuis trente ans. »

          • abbes

            je veille et je m »instruis merci madame CH

            • Mme CH

              De rien Mr Abbes, ne dormez pas encore,car la grande vadrouille n’est pas finie…!!!

              Mr MOH, avez vous compris le manège ou pas encore…..???
              Vous avez remarqué que Boumédiène n’a pas tenu à informer Mr Bouteflika…..????
              Toujours selon cette enquête:Le 27 mai 1967, un accord-cadre sur B2-Namous est signé, en catimini, par le nouvel ambassadeur de France à Alger, Pierre de Leusse, et le commandant Chabou, « au nom du président Boumediene ». Par cet échange de lettres secrètes, les militaires français obtiennent un nouveau délai de cinq ans. Mais les conditions ont changé. Ils doivent travailler sous couverture civile. Une filiale de Thomson, la Sodeteg, sera leur employeur officiel. Et les officiers deviendront des cadres de cette unité de travail. Évidemment, précise une note de l’état-major du 16 mai 1967, « c’est en fait l’autorité militaire française qui conservera le contrôle des opérations à B2-Namous ».

              Un autre accord secret entre Paris et Alger (4 décembre 1967) détaille les modalités du camouflage. D’abord, la garde extérieure de la base sera assurée par l’armée algérienne, et la Sodeteg sera officiellement considérée « comme travaillant pour le compte de l’autorité militaire algérienne. » En outre, « les marques d’appartenance des véhicules à l’armée française seront effacées ». Pour éviter tout contrôle douanier, « les matériels et produits spéciaux ne seront pas déclarés ». Enfin l’aérodrome de Namous « ne sera pas répertorié dans la documentation aéronautique, son existence ne devant pas être dévoilée aux organismes de circulation aérienne générale ».

              • Mme CH

                En 1972 : Alger exige une coopération… et un crédit de dix ans

                À l’échéance des cinq ans, en 1972, le même problème se pose : les militaires veulent garder encore et toujours B2-Namous. Pourtant l’arme chimique a, en ce début des années 70, plus mauvaise presse que jamais. Des livres, des rapports d’organisations internationales (l’ONU et l’OMS) condamnent ces expériences. Des accidents sur le polygone d’expérimentation de Dugway, aux États-Unis, sont rendus publics. Et une loi américaine réduit considérablement les possibilités pour l’US Army de tester les armes chimiques à l’air libre. Washington décide même de « suspendre » l’emploi de défoliants au Vietnam. Mais rien n’y fait : l’état-major entend conserver son polygone d’essai.

                Une négociation difficile se prépare : les relations franco-algériennes ne sont plus du tout au beau fixe. En février 1971, le président Boumediene a nationalisé les avoirs des sociétés pétrolières françaises. Les rapports diplomatiques sont exécrables. Pourtant Michel Debré, ministre de la Défense, demande à son collègue des Affaires étrangères, Maurice Schumann, d’intervenir. Dans une lettre secret-défense du 3 janvier 1972, Schumann écrit : « La disposition du centre B2-Namous est indispensable pour la poursuite des études relatives à la guerre chimique, qu’il s’agisse de matériels de protection ou des moyens de riposte [autrement dit, des armes], et il s’est avéré quasiment impossible de lui trouver une autre implantation en territoire français. » Et Michel Debré conclut : « J’attache en ce qui me concerne une très grande importance à un aboutissement rapide de cette affaire, pour laquelle les Algériens se montrent compréhensifs. »

                Compréhensif, mais exigeants. Le 1er février 1972, l’ambassadeur de France à Alger, Jean-Marie Soutou, écrit au secrétaire général du Quai d’Orsay, Hervé Alphand. Il raconte: l’attaché militaire de l’ambassade a « aujourd’hui rendu visite au secrétaire général de la Défense nationale d’Algérie pour l’entretenir de nos ventes d’armes ». Et, surprise, « son interlocuteur a spontanément évoqué la possibilité d’une participation de techniciens algériens à nos essais de B2. Il a ajouté que cette coopération pourrait commencer dès la prochaine campagne d’essais, autrement dit avant l’expiration de l’accord ». Et l’ambassadeur demande : « L’exigence du secret des expériences est-elle compatible avec une participation algérienne ? »

                Dans une certaine mesure, oui, répond Paris, qui est prêt à faire beaucoup de concessions pour garder B2-Namous. Hervé Alphand câble à l’ambassadeur : « Il me paraît, comme au ministre de la Défense nationale, nécessaire d’accueillir avec la plus grande ouverture d’esprit possible les demandes algériennes, afin de ne pas risquer de voir mettre prématurément un terme à des essais indispensables au développement de nos matériels de défense. » Le diplomate en chef précise : « La préservation du secret commande que la participation algérienne soit limitée à la présence sur le site de cinq à six spécialistes. » Qui sauraient tout ? Non, bien sûr. « Ils seraient associés au déroulement des expérimentations, explique Hervé Alphand, et recevraient communication des résultats, étant entendu que les informations transmises auraient été filtrées au préalable. » Les Algériens veulent aussi que la France forme des spécialistes à la guerre chimique. D’accord, dit Alphand, mais « cette formation ne peut être envisagée qu’en France, à l’École militaire des Armes spéciales de Grenoble ».

                • Mme CH

                  En 1978 : fermeture de la base. Et après ?

                  Que s’est-il passé ensuite ? Il est probable que la France a testé à B2-Namous, outre un matériel de protection très sophistiqué, les premières munitions chimiques dites binaires. Il s’agit de deux produits peu toxiques dont le mélange dans l’obus ou le missile, juste avant l’explosion, est, lui, extrêmement dangereux. Au ministère de la Défense, on se contente de dire : « L’installation de B2-Namous a été détruite en 1978 et a été rendue à son état naturel. » Autrement dit, les militaires du génie ont nettoyé des centaines de kilomètres carrés. N’ont-ils rien laissé, rien enfoui ? Officiellement, non. Y a-t-il eu des accidents au cours de ces quarante ans d’expériences ? Mystère…
                  Voici les trois principaux agents toxiques

                  Les agents neutralisants. Ils servent surtout à mettre l’adversaire en fuite. Ce sont essentiellement des irritants. Il y a les lacrymogènes, les urticants, qui engendrent brûlures et démangeaisons, et les sternutatoires, qui provoquent éternuements, toux, vomissements (le CB est le sternutatoire le plus connu).

                  Les agents incapacitants. Sans tuer, ils rendent l’adversaire incapable de poursuivre le combat. Les troubles qu’ils provoquent sont psychiques ou physiologiques. Il y a les psychotropes (comme le BZ ou le LSD), qui provoquent dépression ou hallucinations mais aussi confusion mentale et vertiges. Les incapacitants physiques (comme les analgésiques morphiniques) engendrent hypothermie, dépression du tonus musculaire…

                  Les agents létaux. Ils sont mortels mais leurs mécanismes d’action sont très différents. Il y a les suffocants, qui ont été utilisés à grande échelle pendant la Première Guerre mondiale (le chlore et le phosgène) ; les vésicants, qui attaquent les tissus vivants en détruisant leur structure cellulaire (l’ypérite) ; les hémotoxiques, qui bloquent la respiration cellulaire (chlorure de cyanogène) ; les neurotoxiques (tabun, sarin, soman), qui bloquent la transmission nerveuse. Ces derniers sont les agents toxiques les plus récents ; ils ont été fabriqués en grande quantité pendant la guerre froide. Tous ces produits sont désormais interdits. Tous les pays qui ont ratifié la convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques de 1993 doivent détruire leur stock et s’engagent à ne plus jamais en fabriquer. Cette convention est applicable pour plus de cent pays (dont la France et les États-Unis) depuis avril 1997. V. J.

                  Voilà voilou, c’était une petit coin de l’histoire que certains cherchaient à occulter, qu’en est il des autres petits coins coins….!!!!! ‘Méfiez vous de l’eau qui dort’…!!! Faites des projections sur tout le reste depuis l’indépendance jusqu’à ce jour….!!! L’ex-néo-colon nous accompagne toujours….!!!!

                  Amicalement , et bonne soirée à tous et à toutes

              • MOH

                mais madame , pourquoi ja France a refusé de former des militaires algeriens dans ce domaine et sur le site B2 Namous, alors que le contrat n’était pas encore scellé ?

                • Mme CH

                  Eh bien, Mr MOH il faut poser cette question aux spécialistes du domaine…!
                  Mais d’après un article de Chérif Ouazani, « à l’exigence de discrétion, Boumédiène ajoute une autre condition : que des militaires algériens participent aux essais auxquels procède l’armée française à Oued Namous. Paris accepte et six officiers algériens sont associés (« de loin » assure une note diplomatique française) aux tirs et essais opérés à B2-Namous.
                  Il n’y aura pas de troisième mensonge de Boumédiène. En 1977, à terme échu, l’intérêt tactique et stratégique des armes chimiques est remis en question. La multiplication d’accidents industriels et les images de la population vietnamienne soumise aux bombardements au napalm ont un effet ravageur sur l’utilisation de ce type d’armement. En 1978, Paris démantèle B2-Namous aussi discrètement qu’il a réussi à en obtenir la prorogation.
                  Les fuites à propos de l’accord de dépollution du site d’Oued Namous ont relancé un vieux débat en Algérie : le rôle trouble des « déserteurs de l’armée française » (DAF), ces officiers de la guerre de libération qui ont abandonné la coloniale pour rejoindre le maquis et qui ont hérité, sur décision de Boumédiène, des plus hauts postes de commandement dans l’état-major au lendemain de l’indépendance. Le commandant Abdelkader Chabou en était le chef de file. Autre conséquence de ces fuites : une extension du contentieux franco-algérien. Les organisations de la société civile algérienne luttaient pour obtenir l’indemnisation des victimes autochtones des opérations Gerboise (essais de tirs nucléaires à Reggane et In Ekker). Elles exigent désormais que ces indemnités soient élargies aux nombreux « transhumants » ayant parcouru, au cours des cinquante dernières années, les alentours du site d’Oued Namous. Et si indemnisation il y a, elle ne concernerait pas uniquement les Algériens. Les habitants de la ville marocaine de Figuig, à moins de 30 km à vol d’oiseau du site, sont en droit d’attendre, eux aussi, des compensations pour les atteintes à la faune et à la flore de leur région du fait des essais chimiques.  »

                  Est ce qu’on sait tout….??? Vous connaissez la réponse…!!!!

          • Mme CH

            Mr MOH, avez vous compris le manège ou pas encore…..???
            Vous avez remarqué que Boumédiène n’a pas tenu à informer Mr Bouteflika…..????
            Toujours selon cette enquête:Le 27 mai 1967, un accord-cadre sur B2-Namous est signé, en catimini, par le nouvel ambassadeur de France à Alger, Pierre de Leusse, et le commandant Chabou, « au nom du président Boumediene ». Par cet échange de lettres secrètes, les militaires français obtiennent un nouveau délai de cinq ans. Mais les conditions ont changé. Ils doivent travailler sous couverture civile. Une filiale de Thomson, la Sodeteg, sera leur employeur officiel. Et les officiers deviendront des cadres de cette unité de travail. Évidemment, précise une note de l’état-major du 16 mai 1967, « c’est en fait l’autorité militaire française qui conservera le contrôle des opérations à B2-Namous ».

            Un autre accord secret entre Paris et Alger (4 décembre 1967) détaille les modalités du camouflage. D’abord, la garde extérieure de la base sera assurée par l’armée algérienne, et la Sodeteg sera officiellement considérée « comme travaillant pour le compte de l’autorité militaire algérienne. » En outre, « les marques d’appartenance des véhicules à l’armée française seront effacées ». Pour éviter tout contrôle douanier, « les matériels et produits spéciaux ne seront pas déclarés ». Enfin l’aérodrome de Namous « ne sera pas répertorié dans la documentation aéronautique, son existence ne devant pas être dévoilée aux organismes de circulation aérienne générale ».

            Dernière précaution, décidée celle-là par l’ambassade de France à Alger. Dans un télégramme « très secret », l’ambassadeur de Leusse explique : « Les personnels de la Sodeteg pourront évidemment utiliser la voie aérienne militaire pour leur liaison urgente avec la France. Mais, dans ce cas, il conviendra qu’ils l’utilisent dans les deux sens, à l’aller et au retour. » Pourquoi ? Parce qu’il « serait fâcheux qu’ils se présentent à la police des frontières comme rentrant en Algérie (ou en sortant) alors que leur passeport et les archives de la police de l’air n’indiquent pas de sortie (ou d’entrée). » L’ambassadeur a raison : le diable est dans les détails – surtout dans les affaires occultes…

    • Mémoria

      @Mme CH et petite soeur !
      Heureux de vous savoir reposée de façon très estivale sous le soleil d’Algérie et sur le sable mouillé même si je ressens que vous ne serez apaisée que par cette plénitude rêvée par tant de combattants de l’amélioration de la condition humaine ! j’ajouterais ce texte/lien pour ne pas trop limiter le contexte des événements de l’époque où un certain colonel Thomas(Rappelez-vous l’affaire Si Abdelkrim !) était IGAME d’Oran à Adrar cette période là !
      Voilà le texte pris d’une source référencée (LDH de Toulon):
      ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

      150 Algériens utilisés comme cobayes

      « Pas moins de 150 prisonniers algériens, conduits de l’établissement pénitentiaire de Sidi Bel Abbès à In Ekker par un militaire allemand qui travaillait pour la France en qualité de chauffeur », dénonce maître Benbraham Fatma-Zohra, avocate à la cour d’Alger. Et de poursuivre : « Le dossier est entre les mains de personnes honnêtes qui ne se laisseront jamais duper par la France. Mieux, le dossier mis sur la table du Parlement français en janvier dernier est à jour. Il est temps de passer à la vitesse supérieure et de montrer au monde entier que le service rendu à la France a été récompensé par la mort et le génocide.

      L’Etat algérien doit s’immiscer pour mieux avancer dans cette affaire. » Et d’insister sur la levée du sceau du secret-défense sur toutes les archives se rapportant aux explosions et expérimentations nucléaires françaises dans le Sahara algérien, afin qu’« elles servent de documents de référence aux chercheurs et experts en la matière, et surtout pour connaître le nombre exact d’Algériens impliqués dans le programme nucléaire de la France ainsi que la population sédentaire et nomade concernée par les conséquences sanitaires des explosions ».

      Mes Hommages P.S.

      • Mme CH

        Salam Grand Frère Mémoria….!!! Le lieutenant -colonel Pierre-Alban Thomas , résistant FTP, a déclaré: »«Après mon engagement actif contre l’occupant nazi, dont je tire quelque fierté, c’est le cœur meurtri que, huit années durant, et trahissant l’esprit de la Résistance, j’ai participé à nos entreprises de reconquête coloniale en Indochine et en Algérie. Les tortures et exécutions auxquelles je fus confronté sans trop m’y opposer activent mes remords, mon silence ayant valeur de complicité.
        L’écriture m’est aujourd’hui un exutoire au travers duquel j’exprime le plus fidèlement possible ce que j’ai vu, fait et pensé. Assumer ses actes les plus contestables, c’est se les faire en partie pardonner ; les nier ou les cacher, c’est se déshonorer.»….!!! Alors, on aimerait bien qu’il veuille donner plus de renseignements sur les 150 prisonniers de Bel-Abbès qui ont été utilisés comme Cobayes humains lors des explosions nucléaires de la France coloniale…!!! Quel crime odieux…..!!!!

        Mes Respects Mr Mémoria

        • Mémoria

          «  » »Guerre d’Algérie : 1999-2003,
          les accélérations de la mémoire » » »par Benjamin Stora,
          professeur d’histoire
          du Maghreb à l’Institut
          national des langues
          et civilisations orientales
          (Inalco), Paris:

           »’Si l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie ne fait que (re)commencer, ses témoins
          et survivants s’expriment des deux côtés de la Méditerranée. Depuis que la France a reconnu,
          en juin 1999, que le terme de “guerre” qualifie les “événements” survenus en Algérie
          entre 1954 et 1962, une “flambée de mémoire” a bousculé en profondeur celle des vétérans.
          Un rattrapage accéléré, émaillé de durcissements internes aux deux pays,
          puis d’un rapprochement politique récent. Une page douloureuse semble enfin se tourner . « Le travail médiatique
          et les “flambées de mémoires”:
          Le samedi 4 novembre 2000, le Premier ministre français Lionel Jospin
          apporte son soutien à un appel lancé par des intellectuels, publié par le
          journal communiste L’Humanité le 31 octobre 2000. Dans cet appel,
          signé entre autres par Henri Alleg (son ouvrage La question, publié puis
          interdit en 1958 avait fait grand bruit) ou le mathématicien Laurent
          Schwartz (fondateur du comité Maurice Audin en 1957), on peut lire
          qu’il “revient à la France, eu égard à ses responsabilités, de condamner
          la torture qui a été entreprise en son nom durant la guerre d’Algérie”.
          Le soutien du Premier ministre est perçu comme un encouragement au
          développement de témoignages, et prises de positions idéologiques, sur
          cette question de la torture. Le quotidien Le Monde est en pointe sur ce
          thème. Ce journal avait déjà publié le 20 juin 2000 le témoignage,
          recueilli par Florence Beaugé, de Louisette Ighilariz, une militante algé-
          rienne indépendantiste. Pendant trois mois à la fin de 1957, à Alger,
          cette jeune fille, alors âgée de vingt ans, fut atrocement torturée à l’état major de la dixième division parachutiste du général Massu. Toujours
          sous la signature de Florence Beaugé, Le Monde publie le 9 novembre
          2000 la terrible histoire d’une jeune femme, Kheira, violée par des militaires français puis, le 11 novembre, les récits de………… Pierre Alban Thomas,
          capitaine au deuxième bureau chargé du renseignement ( à Sidi Bel Abbès????), de Georges
          Fogel et d’André Brémaud, simples soldats du contingent en Algérie. Ils
          disent avoir regardé la torture sans intervenir, et ce souvenir si longtemps occulté leur laisse un sentiment de dégoût et de honte…

          N° 1244 – Juillet-août 2003
          _______________________________

          @Mme CH
          Y aura-t-il publication du livre blanc du colonel Thomas…IGAME au Quartier Viennot sur…La gerboise belabbésienne…pour une meilleure traçabilité avant le lancement d’un appel à témoins ciblant particulièrement les anciens légionnaires vivant en Allemagne et Autriche ? Seriez-vous prête à participer au financement de l’opération vu la passivité des structures officielles pour le retour mnémonique et finaliser le deuil des centaines de familles de disparus de la région de Sidi Bel Abbès entre 1954 et 1962 ?

          Bonne soirée!

        • Mémoria

          Bonjour Mme CH et Salam à tous les lecteurs et contributeurs !

          Votre absence m’a un peu inquiété mais je me vois rassuré ! C’est vrai que j’avais une question que je voulais vous poser pour compléter des interrogations surtout avec cette visite d’un Président loin de …Hollande et que nous voudrions plus respectueux des doléances des citoyens Algériens qui demandent reconnaissance de la mise à mort de prisonniers ALN lors des explosions atomiques de Reggane et In Ikker ! Vous citez les confessions de Pierre-Alban Thomas ,ex IGAME et officier des renseignements dans la Légion Etrangère! Est-il vivant à ce jour et a-t-il laissé des confessions ou Mémoires non classifiées Secret-Défense sur l’affaire des cobayes humains de Reggane qui relevait de ses prérogatives ?
          Seront-elles dans la valise du Président Hollande comme les plans des terrains minés à défaut du livre d’Emmanuel Todd intitulé « Qui est Charlie? » !!!

          Mes Hommages !

  7. abbes

    Allez y madame on va veiller

  8. Mémoria

    Reggane – Les premiers essais
    nucléaires français:

    Des traces indélébiles
    El Moudjahid – lundi 22 février 1993

    «  » »La terre a fortement tremblé, ce matin du 13 février 1960, dans le
    Touat. Ce n’était pas une secousse tellurique, mais l’effet d’un essai
    nucléaire effectué par l’armée coloniale française au plateau Moudia, à
    Reggane. Une expérience atomique à laquelle ont été exposés des
    moudjahidines faits prisonniers à l’époque.
    Reggane – Les premiers essais nucléaires français:
    Selon M. Kalloum, des rapports détaillés sur la situation avant et après les essais ont pu être
    transmis au bureau FLN au Mali.
    C’est ainsi que l’opinion internationale sera informée du déroulement des essais.
    Cependant, sans effet percutant, puisque la France coloniale forte du soutien de
    l’OTAN a empêché les commissions d’inspection dépêchées d’accéder aux
    lieux du forfait.
    Des actes ignobles évoqués trente années après une intense frayeur et indignation.
    Surtout à Reggane où la légion étrangère “nous traitait de toutes sortes de
    sobriquets haineux et racistes” disent indignées les personnes rencontrées.
    L’effet d’un séisme
    La terre a fortement tremblé ce matin du 13 février 1960 au Touat. Les secousses,

    le tourbillon de poussières et les lumières produits par le champignon nucléaire, se
    sont répercutés jusqu’à Béchar, au nord et dans certaines localités maliennes
    frontalières, au sud.
    Les portes et fenêtres tenue fermées se sont ouvertes dans un vacarme, ou étaient
    carrément soufflées et la plupart des murs des habitations fissurés. Quant à la
    lumière irradiée, elle était si intense, se rappelle-t-on, qu’elle a éclairé comme jamais
    les intérieurs ténébreux des ksour.
    Pour ce qui concerne l’opération d’essai, proprement dite, racontent surtout les
    ouvriers, employés au centre à l’époque, l’on a exposé à l’explosion toute sorte d’êtres
    vivants et des matériels, y compris l’armement de guerre. Pour les animaux cobayes,
    par exemple, les galeries destinées à les recueillir étaient creusées par plus de trois
    cents ouvriers algériens.
    L’armée coloniale dépasse l’entendement en exposant des
    moudjahidines, faits prisonniers, à l’explosion atomique pour les besoins
    d’essai.
    Qui étaient-ils ? Combien étaient-ils ? D’où venaient-ils ? L’on ne saura pas grand
    chose. Peut-être, étaient-ils des détenus du camps de concentration dit “bidon
    cinq” situé entre Reggane et Bordj-Badji-Mokhtar, un Auschwitz à la française.
    M Kaâzzaoui affirmera, quand même, l’arrivée tard dans la nuit qui a précédé
    l’explosion, d’un camion plein d’autochtones à une heure, ajoute-t-il, où il n’est
    permis à aucun ouvrier algérien de se trouver au “plateau”, à quelques kilomètre du
    centre d’essai.

    L’armée coloniale dépasse l’entendement en exposant des
    moudjahidines, faits prisonniers, à l’explosion atomique pour les besoins
    d’essai.
    Qui étaient-ils ? Combien étaient-ils ? D’où venaient-ils ? L’on ne saura pas grand
    chose. Peut-être, étaient-ils des détenus du camps de concentration dit “bidon
    cinq” situé entre Reggane et Bordj-Badji-Mokhtar, un Auschwitz à la française.
    M Kaâzzaoui affirmera, quand même, l’arrivée tard dans la nuit qui a précédé
    l’explosion, d’un camion plein d’autochtones à une heure, ajoute-t-il, où il n’est
    permis à aucun ouvrier algérien de se trouver au “plateau”, à quelques kilomètre du
    centre d’essai.

    C’est dire tout le secret qui a entouré l’opération.
    Mais dans le documentaire de Azzedine Meddour, intitulé “Combien je vous aime”,
    diffusé par l’ENTV au milieu des années 80, qui relate, pour la prière fois après
    l’indépendance, les faits relatifs aux essais nucléaires de Reggane, l’on se rappelle des
    séquences où des soldats de la légion étrangère à Reggane reconnaissent la
    véracité de ces faits. Avec la précision même que les corps de ces martyrs,
    attaché à des poteaux à un et deux kilomètres du lieu de l’explosion, ont
    été retrouvés durcis comme du plastique.
    Deux essais qui ont marqué de leurs traces indélébiles la région immédiatement
    après l’explosion, beaucoup de femmes enceintes ont avorté de même que les
    bêtes mammifères pleines ont perdu leurs portées.
    La mortalité infantile et les maladies jusque-là inconnues dans la
    région ont fait ravage juste après les essais atomiques. Les récoltes
    agricoles n’étaient pas en reste, elles étaient totalement perdues à Reggane,
    soutiennent des vieux rencontrés au Ksar-Errégani.Reggane – Les premiers essais nucléaires français
    Et les années qui ont suivi n’ont pas effacé les traces des retombées radioactives
    sur l’homme et l’environnement en ces contrées, baptisées par les auteurs du forfait
    “zone rose”. Peut-être à cause d’une rougeur qui couvre depuis l’atmosphère.
    Aujourd’hui, les gens se disent se sentir en état de fatigue continuel, eux
    descendants des bâtisseurs des Ksour et foggaras des œuvres dignes du rang de
    merveilles du monde.
    Les maladies respiratoires, de la peau et des yeux, inexistantes il y a trente
    ans, continuent à sévir depuis les années soixante.
    Aussi, depuis cette date, l’allaitement naturel chez les femmes, dira un médecin
    rencontré à l’hôpital de Reggane, n’excède pas, quand il existe, deux mois et
    les enfants naissent de plus en plus chétifs.
    De même qu’à Reggane, l’agriculture n’a pas retrouvé à ce jour son abondance
    d’antan. Dans le verger familial de M. Kaâzzaoui à Izrafine, le carré des petits pois sur
    le point de mûrir se meurt petit à petit. C’est ce qui arrive souvent pour tout genre de
    récolte dans cette région depuis que le champignon nucléaire a pollué ses espaces. «  » » »
    M.D.

  9. Mme CH

    Salam Mr Mémoria…!!! Rien ne viendra d’Allemagne ou d’Autriche, puisque tout est scellé dans les archives civils et militaires de la CEA et des militaires de l’époque atomique au Sahara algérien….!!!! Tenez vous allez mieux comprendre

    « Tout est parti du témoignage d’un légionnaire d’origine allemande recueilli par le cinéaste René Vautier et des premières photos de mannequins publiées dans un dossier du Canard enchaîné. Aujourd’hui, plus personne ne doute que des mannequins ont été exposés à chacun des quatre essais
    Gerboise : nous disposons de nombreux témoignages et le rapport «confidentiel défense » le confirme, photos et commentaires à l’appui.
    Pourtant, du côté algérien, des recherches ont été faites dans les années 2000 et résumées ainsi par Me Fatima Ben Braham : « L’étude iconographique de certaines de ces photos nous a permis de constater que la position des soi-disant mannequins ressemblait étrangement à des corps humains enveloppés de vêtements. À côté de cela, nombre d’Algériens détenus dans l’ouest du pays et condamnés à mort par les
    tribunaux spéciaux des forces armées [français] nous ont apportés des témoignages édifiants. Certains condamnés à mort n’ont pas été exécutés dans les prisons, mais ils avaient été transférés pour ne plus réapparaître. Ils avaient selon eux été livrés à l’armée. Après consultation des registres des exécutions judiciaires, il n’apparaît aucune trace de leur exécution et
    encore moins de leur libération. Le même sort a été réservé à d’autres personnes ayant été internées dans des camps de concentration. »
    Après recherches, l’avocate a retrouvé une séquence des informations télévisées montrant un combattant mort sur une civière entièrement brûlé ainsi commenté : « Et voilà le résultat de la bombe atomique sur un rebelle ». De plus, une étude minutieuse des photos de mannequins, et particulièrement une où plusieurs corps (5 environ) étaient exposés, les
    mannequins auraient une forte ressemblance à des corps humains. Elle a alors réuni un groupe de médecins et de médecins légistes à l’effet de faire le rapprochement des corps exposés avec de véritables corps humains dans la même position (tête, bras, jambes, bassin, buste, etc.). Les résultats ont été concluants : il s’agit bien de corps humains (même le poids a été déterminé) et leur mort était certaine. En 2005, la question a été posée aux autorités françaises qui ont d’abord répondu qu’il s’agissait uniquement de mannequins et de rien d’autre, pour tester les habillements face aux essais. Après insistance des Algériens, les autorités françaises ont rétorqué que « s’il y avait des corps à la place des mannequins, il faut se rassurer que les corps étaient sans vie ». Ces réponses n’ont pas fait cesser la polémique d’autant que le témoin légionnaire allemand affirmait avoir reçu instruction, juste avant l’explosion, d’aller récupérer dans des prisons et des camps de concentration 150 Algériens qui devaient être utilisés comme cobayes juste u point zéro. Il les a effectivement fait venir, il les a remis aux supérieurs hiérarchiques, mais il ne les a plus jamais
    revus. Ce légionnaire a été affecté ailleurs en 1961. Le 14 février 2007, le quotidien Le Figaro cite une étonnante réponse à l’interpellation des Algériens faite par le responsable de la communication du ministère de la Défense, Jean-François Bureau : « Il n’y a jamais eu d’exposition délibérée
    des populations locales. » Il s’agit, selon lui, d’une légende entretenue par la photo d’une dépouille irradiée exposée dans un musée d’Alger. « Seuls des cadavres ont été utilisés pour évaluer les effets de la bombe », ajoute-t-il. Cette réponse du porte-parole du ministre de la Défense
    pose encore plus de questions qu’elle n’apporte d’éclaircissements. Quels sont ces cadavres ? D’où venaient-ils ? Quelle est la cause du décès de ces personnes ? Quels enseignements ont été tirés de cette exposition de cadavres humains à la bombe ?… Comme pour de nombreux points obscurs de l’histoire des essais nucléaires français, c’est encore l’accès aux archives des essais qui est en cause. Le 24 février 2010, répondant aux questions du quotidien algérien El Watan, Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire de défense, répéta que « la loi française veut que ces archives ne soient pas déclassifiées ». Faut-il comprendre que cette loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008 stipulant que ne peuvent être communiquées les archives ayant rapport aux armes nucléaires, biologiques et chimiques, a été votée pour couvrir des faits condamnables et peu honorables ?
    Bruno Barrillot
    extrait de L’héritage empoisonné, ouvrage à paraître
    à l’Observatoire des armements en février 2012

    Quant au problème du financement que vous avez abordé, il faudrait peut être penser à créer une fondation ou une association au niveau de SBA pour demander à faire toute la lumière sur les 150 Cobayes humains des prisons de SBA….!!! Sauf si les belabbésiens ont d’autres chats ou souris à fouetter…???
    Si le lieutenant colonel Thomas veut récupérer tout son honneur, il aura sûrement des choses à dire, mais bon…!!!!?????

    Tiens je vois que l’article a été partagé 74 fois, je crois qu’il a battu tous les records….!!! très bien…!

    • Mémoria

      «  » » » » » » » »SYNOPSIS:

      À partir d’images d’archives, notamment des journaux télévisés français, l’auteur dresse un portrait au vitriol de la colonisation française en Algérie, avec beaucoup d’humour et d’ironie.

      Conception et réalisation

      Fiche technique

      Titre: COMBIEN JE VOUS AIME
      Réalisation : Azzedine Meddour
      Scénario : Azzedine Meddour
      Commentaire: Abdelkader Alloula
      Image : Mohamed Aram, Rachid Bencheikh, Ahmed Habba
      Montage : Nacer Sahraoui
      Production : Radio Télévision Algérienne
      Film en couleurs
      Distribution : Mounia Meddour Gens
      Durée : 105 minutes
      Année de production :
      Date de sortie : 8 mai 1985 (Télévision algérienne)

      -COMBIEN JE VOUS AIME est un film réalisé par Azzedine Meddour, sorti en 1985
      A NOUS LES ECRANS :

      « Certes, d’autres équivalents d’association d’humour et de tragique existent au sein du cinéma algérien. Par exemple, dans Combien je vous aime (1995) d’Azzedine Meddour (notamment connu pour La montagne de Baya), film de montage démontant les images, les clichés d’un demi-siècle de cinéma colonial avec un humour corrosif et ravageur (texte dit par Abdelkader Alloula), qui passe progressivement du rire à l’horreur absolue et à la tragédie (guerre, répressions, essais nucléaires près des zones où vivent des civils algériens, cobayes humains). « Combien je vous aime » offre d’ailleurs une pertinente analyse d’éléments (curieuse hantise/retour de « l’hygiénisme » comme pulsion post coloniale dans l’hexagone…) qui seront ensuite étudiés par la chercheuse Kristin Ross dans son ouvrage Travailler plus vite, laver plus blanc, bien qu’elle ne semble pas connaître le film de Meddour et ne le cite donc jamais. » CinémAction n°85 – 1997 (Mouny Berrah) :
      « Après Colonialisme sans empire, dans lequel il n’intervient pas directement dans les trois parties consacrées à l’Algérie, Meddour signe un film qui restera dans l’histoire, non seulement à cause de ses qualités intrinsèques, mais aussi parce que sa diffusion a déclenché de sérieuses frictions entre l’Algérie et la France. Combien je vous aime, et c’est une première, est un essai d’analyse de la politique algérienne de la France, et non plus du seul conflit armé. C’est un regard national porté sur le champ politique de l’autre, avec ce que cela suppose de contradictions, d’antagonismes entre les courants, de différences dans les prises de position, de luttes et d’affrontements entre les diverses conceptions de la République et de l’État de droit. Comme toujours chez Azzedine Meddour, la rigueur et le respect des faits historiques priment sur l’appartenance idéologique. Travaillant sur des archives inédites, achetées à l’étranger, il met à jour un document qui soulève un tollé, du côté français, mais aussi, ce qui s’explique moins, du côté algérien. En effet, des archives révèlent que lors des essais nucléaires, à Reggane, dans le Sahara algérien, au cours desquels, en 1960, la France fit exploser sa première bombe atomique, des prisonniers algériens, attachés à des poteaux, auraient servi de cobayes. En plus des images, l’information est confirmée par l’interview d’un légionnaire allemand. En fait, dans le film, cette séquence, qui intervient vers la fin, est traitée exactement sur le même mode que les autres, à aucun moment elle n’est présentée comme un scoop, mais simplement inscrite dans la logique de l’escalade qui marque ces années du conflit. La séquence ne constitue pas le fondement d’une démonstration, mais l’illustration d’un moment de tension ; c’est d’abord et avant tout un moment de la dramaturgie. En un mot, le film ne joue pas avec le sensationnel, à aucun moment. D’ailleurs, aucune des commissions de censure ou de visionnage, par lesquelles passe toute production de la télévision, n’a relevé le fait. Dès le lendemain de la diffusion, et sans doute à cause de l’émoi qu’il a soulevé dans les chancelleries, convocations et interrogatoires se succèdent. Le réalisateur, les techniciens, les critiques, tous ceux qui, de près ou de loin, ont eu affaire avec « Combien je vous aime », sont, dans le meilleur des cas, convoqués pour répondre d’images qui disent ce qu’elles disent et qui ont été acquises très officiellement par le média le mieux contrôlé, la télévision. Après cet épisode, le film restera en boîte pour de nombreuses années et son réalisateur quasiment au chômage technique(Mort en 2000 à 53 ans). L’histoire dira un jour ce qui s’est passé à Reggane en 1960 et à Alger en 1980. » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »
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      @Mme CH
      Que Allah nous protège des …irradiations récurrentes !

  10. Mémoria

    Salam !

    Nous serions honorés que notre Administrateur partage l’article complet ci-dessous où La Voix de Sidi Bel Abbès est citée comme source en bas de page, parmi les autres sources ,dans les débats qui ont participé à l’approche de la vérité sur le sacrifice des 150 prisonniers ALN/FLN de la Légion étrangère sur le site atomique de Hammoudia(Reggane) !
    Un extrait de l’article Nicolas Pluet dans Le Matin.DZ ci-dessous entre guillemets :

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C’est là qu’il a appris que Karl Gass, réalisateur documentariste à la D.E.FA. avait recueilli le témoignage d’un légionnaire français d’origine allemande affecté à la base de Reggane. Le témoin affirmait avoir reçu, juste avant l’explosion, l’ordre de récupérer dans des prisons et des camps de concentration, 150 Algériens qui devaient être utilisés comme cobayes à proximité du point zéro. Il déclarait les avoir fait venir, les avoir remis à ses supérieurs hiérarchiques et ne les avoir jamais revus. Ce légionnaire a été affecté ailleurs en1961 ………………… » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »

    Source le journal Le Matin du novembre 2015 ,article de Nicolat Pluet,ami du regretté cinéaste de l’ALN mort le 05 janvier de la même année.

    Mémoria rappelle au lectorat que nous sommes toujours sur la rubrique/Débat …citée en référence après avoir été partagée…Les avis,infos,photos des acteurs concernés,morts ou vivants,peuvent être transmis,de tous pays,à Monsieur l’Administrateur que je salue !

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