La Voix De Sidi Bel Abbes

«La loi permet à n’importe quel citoyen de saisir la justice quand il s’agit d’atteinte à un patrimoine».

Une conférence donnée par monsieur Betrouni Mourad, directeur central au niveau du ministère de la Culture, chargé de la protection légale des biens culturels et de la valorisation du patrimoine culturel au Musée Ahmed Zabana, a passé en revue les textes de lois se rapportant au patrimoine. Sa conférence s’inscrit dans le cadre des festivités du mois du patrimoine.
Après un détour théorique, le conférencier a signalé qu’en 1962, 400 sites et monuments historiques ont été classés par l’administration coloniale. La première loi nationale se rapportant au patrimoine, est celle de 1962 qui était une simple «reconduction des lois françaises». Il aura fallu attendre 1967 pour voir la première loi algérienne dira-t-il.
Cette ordonnance s’intitule «Protection des sites et monuments historiques et fouilles archéologiques». Commentant cette ordonnance, il dira «on a protégé avec les mêmes instruments, sans s’interroger». De cette ordonnance, il ressort que «le patrimoine est sans voix» et que sa protection devient «une simple question technique et non politique». Autrement dit, «la patrimonialisation est une prérogative de L’état et non pas de la société» ajoutera-t-il.
Pour lui, la loi 98/04 marque une certaine avancée, puisqu’on est passé «au questionnement identitaire» du patrimoine. Usant d’un autre langage, il dira que c’est là «la reconnaissance politique de la patrimonialité».
Cependant, cette loi a gardé les mêmes mécanismes que ceux de mise auparavant. Relevant des écueils de cette même loi, il citera le cas des villages traditionnels considérés «comme sites naturels». En clair, le conférencier ajoutera que «l’État s’est chargé de la protection du patrimoine, maintenant c’est à la société de s’approprier ses valeurs».
Lors des débats, M. Betrouni, interpellé sur la question de la protection de cet héritage, dira «la loi 98/04 permet à n’importe quel citoyen de saisir la justice et de se constituer partie civile, quand il s’agit d’atteinte à un patrimoine». Abondant dans ce sens, il déplore que «le ministère de la Culture veut tout chapeauter», alors qu’il n’est pas un ministère de souveraineté. Il plaidera vivement pour l’implication citoyenne dans la protection et la préservation du patrimoine. Il notera que 80% du patrimoine archéologique algérien est à l’air libre, dans un pays qui a la dimension d’un continent. Il jugera l’implication citoyenne d’incontournable. Le dernier maillon juridique est «Le Schéma national de l’aménagement du territoire» produit en 2010. Conséquence de cette nouvelle perception, la dissolution des circonscriptions archéologiques, au nombre de trois, couvrant que le Tell et ignorant le Sud du pays. «Un déficit mémoriel» relève-t-il. Il dira que le découpage archéologique datait de… 1949. Le plus important à ses yeux, c’est, dira-t-il «la première fois qu’on a commencé à s’interroger sur la notion du territoire». Mais malgré ce dispositif juridique, le conférencier tonnera: «nous n’avons pas encore réalisé la mutation nécessaire pour se regarder par nous-mêmes». Et de souligner le désengagement sur ce plan d’une institution comme l’Université. «N’ayant rien vu venir de la part de l’Université, nous avons décidé de créer l’École Nationale de la Restauration». Il commentera même l’enseignement de l’histoire où prédomine toujours la perception de spécialité, dans une ère bien déterminée. Le conférencier a plaidé pour une refondation de la recherche dans le domaine archéologique et historique et surtout pour plus d’implication de la société, notamment à travers la société civile dans le domaine de la préservation et la protection du patrimoine.

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Posté par le Mai 20 2015. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

2 Commentaires pour “«La loi permet à n’importe quel citoyen de saisir la justice quand il s’agit d’atteinte à un patrimoine».”

  1. OUERRAD

    bessah ? VOUS Y CROYEZ VOUS ?
    MOI.PAS!
    alors arretez de nous dire n importe quoi .
    Si ceci etait vrai , bien des responsables seraient en prison et pour longtemps , car tout le patrimoine aete soit saccage soit delapide .
    Ou est la statue d ICARE qui tronait au jardin public ?
    Qui est responsable de l etat de tous les chateaux de la region ?
    Qui est derriere le saccage de la ferme SAGRANDI ?
    Ceci pour ne citer que certains exemples connus dans la region .
    La derniere en date le vol perpetre en plein air a BATNA , il parait qu une mission française etait pasee par là .

  2. Benattou

    Le patrimoine architectural constitue une expression irremplaçable de la richesse et de la diversité du patrimoine algérien, un témoin inestimable de notre passé, un bien commun à tous les algérien.

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