La Voix De Sidi Bel Abbes

La crise chinoise et nous : Du miracle au mirage

Après avoir chuté de 11% la semaine dernière, la Bourse de Shanghai s’est effondrée en début de semaine perdant 8,49% lundi et 7,63% mardi, ce qui a suscité la panique sur les marchés financiers internationaux.

El Watan Week-end revient sur les causes du ralentissement de l’«usine du monde» et son impact sur l’économie mondiale.

Les visages étaient fermés cette semaine à la Bourse de Shanghai. Le célèbre adage boursier «les arbres ne montent pas jusqu’au ciel» (comprendre : une croissance n’est jamais infinie) s’est encore une fois appliqué.

«Le lundi noir», comme on l’appelle désormais, a embrasé les marchés financiers, entraînant une remise en cause complète de la santé économique chinoise.

La chute du marché du géant asiatique a en effet été brutale. En 3 mois, ce sont 7000 milliards de dollars, soit 20 fois le montant de la dette grecque, qui sont partis en fumée. L’effondrement du marché boursier a ruiné des millions d’épargnants de la classe moyenne qui avaient placé leurs bas de laine dans un marché qui battait des records de hausses semaine après semaine. E

n effet, de 1980 à 2010, avec un taux de croissance annuel moyen de 10%, le «miracle chinois» constituait depuis la crise de 2008 le principal pôle d’attraction économique et financier de la planète. Aujourd’hui, la Chine peine à convaincre de ses capacités à rebondir.

Transparence

Sur les raisons de cette débâcle, les experts avancent plusieurs explications. Pour Jacques Sapir, économiste français, «le ralentissement de l’économie chinoise doit se comprendre comme le résultat de l’échec partiel du gouvernement chinois de réorienter la croissance sur la consommation intérieure. C’est très lié au fait que les Chinois continuent d’épargner massivement. Le taux moyen d’épargne dépasse 35% et dans la bourgeoisie chinoise il atteint 45%.

Ce phénomène a réduit la demande intérieure en Chine.» La population locale essaie en effet de compenser l’insécurité de sa situation économique en épargnant massivement, résultat d’un système social inexistant. Jacques Sapir ajoute : «Cela nous dit une chose : sans système social garantissant une progression des revenus les plus faibles, le taux d’épargne de la population reste très élevé.» Du reste, la réaction, hier, des autorités chinoises qui ont procédé à une nouvelle dévaluation du yuan n’a pas rassuré.

Le gouvernement chinois a en effet les moyens d’agir énergiquement puisque les réserves de devises de l’Etat et de la Banque centrale de Chine sont astronomiques (on parle de 3800 milliards de dollars). Mais en l’absence de mesures énergiques, le gouvernement chinois fait face à une défiance quant à sa capacité à faire face à la crise.

«Les statistiques chinoises sont soumises à une certaine opacité. Les chiffres sur la croissance notamment ne sont pas très fiables», explique Céline Antonin, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ; «c’est un régime autoritaire qui n’a pas toujours fait preuve de transparence dans les chiffres qu’il divulgue».

Les chiffres officiels de la croissance chinoise sont de 7,5%, mais selon plusieurs analystes financiers, elle se situerait plutôt autour de 3,5%. «On a probablement sous-estimé le phénomène inflationniste en Chine qui a pu conduire à surestimer la croissance, alors qu’en partie cette croissance était due à la bulle spéculative sur les prix», regrette l’économiste à l’OFCE.

Contagion

De ce ralentissement chinois à la catastrophe économique généralisée, il n’y a qu’un pas que certains observateurs, comme Jacques Attali, franchissent : «Le monde s’approche d’une grande catastrophe économique.

Et personne n’en parle.» Des analystes estiment que la situation chinoise n’est que le reflet d’une économie mondiale malade. C’est le cas d’Omar Aktouf, professeur titulaire à HEC Montréal : «Ladite ‘‘crise’’ chinoise n’est en fait qu’un des signes d’une dépression mondiale qui frappera et frappe déjà une planète soumise à une insoutenable chimère de ‘‘croissance infinie pour tous’’».

Le risque de contagion est en effet réel, même si pour Jacques Sapir il est avant tout psychologique : «Cette crise se propage très rapidement. La dépréciation du yuan peut avoir un impact sur des secteurs qui sont très exposés à la concurrence chinoise. Mais c’est l’ensemble des valeurs boursières qui a été touché.

Cela veut bien dire que les raisons de la crise de lundi sont essentiellement un phénomène d’ordre psychologique. (…) Cela veut aussi dire que les marchés sont très instables s’ils sont à ce point dominés par la psychologie».

La dimension subjective de l’opinion des agents est essentielle. La panique des agents économiques a des effets réels puisque la chute importante des Bourses entraîne une perte de richesse chez les ménages qui, dans certains pays (comme les Etats-Unis), ont un patrimoine essentiellement boursier.

Pour Céline Antonin, la contagion touchera avant tout les pays qui fournissent directement la Chine : «Cela dépend de l’exposition des pays à la Chine, par exemple l’Allemagne est le pays européen le plus exposé.

Si la Chine importe moins, il y aura moins de débouchés». Cette logique s’applique également aux marchés des matières premières pour lesquels il existe une vraie corrélation avec la baisse de la croissance chinoise.

Instabilité

La Chine représente à elle seule 40% de la consommation mondiale de matières premières industrielles. S’agissant du pétrole, pour 95 millions de barils par jour produits, 11 millions sont consommés par le dragon asiatique. Sur le marché des matières premières, quand la Chine tousse, c’est le monde entier qui est malade.

A cette omnipotence chinoise, vient s’ajouter l’instabilité des marchés actuels, notamment celui du pétrole : «Sur le pétrole, on est sur un marché plutôt tendu, il connaît actuellement une offre très abondante et une demande fragile», analyse Céline Antonin. «Au niveau de la demande, les pays de l’OCDE étaient plutôt atones et les seuls qui tiraient la demande ces derniers temps étaient les pays émergents, notamment la Chine.

Une faiblesse chinoise ne peut avoir que des effets baissiers sur le pétrole», ajoute l’économiste à l’OFCE. La plupart des agents économiques s’accordent à penser que l’on fait face à une tendance de fond et qu’une amélioration dans les prochains mois est très hypothétique. «Il faudra se faire à l’idée que le miracle économique chinois a ses limites.

On a occulté que la croissance n’est pas éternelle et il faudra s’attendre à des rythmes de croissance plus faibles et ce ne se fera pas dans l’immédiat», conclut l’économiste française.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=62376

Posté par le Août 28 2015. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

2 Commentaires pour “La crise chinoise et nous : Du miracle au mirage”

  1. Mme CH

    Ah, crise quand tu nous tiens…!!! Là aussi, il y a crise et crise, il suffit juste de savoir à qui profite cette débâcle…!!! Une chose est sûre, il y a une histoire d’amour et de haine entre les puissances du monde, entre autres, entre les Baleines bleues et les Dragons qui se font la guerre, de différentes manières et sur plusieurs fronts…….elle sera de longue haleine….!!! Tous les coups sont bons et permis….et gare à celui qui perd les pédales….!!!!
    En tout cas selon la théorie M, cette crise est un signal d’alarme pour nous tous….!!! Bon sang , à quoi sert une puissance qui mène le monde à la dérive…!!!

    Alors selon les spécialistes, il faut retenir que « La débâcle de la Bourse de Shanghaï, à -8,5%, a entraîné ce lundi un début de panique boursière en Europe, Paris perdant 5,35% et Francfort 4,70%. A Wall Street, le Dow Jones a commencé par plonger à son tour de -5,75%, se rétablissant à mi-séance à -2% pour clôturer à -3,58%. L’indice phare américain n’avait pas connu une telle chute depuis 2011. Pour certains économistes, le krach boursier chinois est le symptôme d’une grave crise économique qui va devenir mondiale. Leurs arguments, et les raisons d’en douter.  »

    Selon Jacques Attali, « la récession chinoise entraînera celle du Brésil, qui provoquera celle des Etats-Unis puis la nôtre ». Le décrochage brutal de la Bourse de Shanghaï a été interprété par les investisseurs comme la chute du premier domino. Mais le ralentissement de l’économie chinoise n’est pas forcément le signe d’une panne. Selon Michel Aglietta interrogé par L’Express, la Chine vit une « transition difficile », mais « la hausse des salaires va produire de la consommation, c’est inévitable ». Le tout est de savoir si l’atterrissage de l’économie chinoise se fera en douceur ou pas. Les liens de l’économie chinoise avec le reste du monde font que son ralentissement se fait ressentir, surtout dans les pays émergents qui lui vendaient leurs matières premières. Le Brésil risque ainsi d’entrer dans une deuxième année de récession. Mais l’effet sur les économies développées, qui disposent de leur propre marché intérieur, semble moins fort. D’autre part, certains pays émergents comme l’Inde conservent une forte croissance.  »

    « Le ralentissement de la croissance est général. La zone euro est en panne. Parmi les pays développés, seuls les Etats-Unis sont dans une spirale positive. Mais leur cycle de croissance, entamé depuis 2009, pourrait bientôt toucher à son terme. La baisse du prix du pétrole, qui a fini ce lundi sous les 40 dollars le baril pour la première fois depuis 2009, fragilise notamment les grands pétroliers américains qui ont investi dans le schiste. La Fed, qui devait remonter ses taux pour mettre fin à sa politique accommodante, hésite à passer à l’action. Mais cette atonie économique ne dérangeait pas jusqu’à présent les marchés d’actions, qui ont fait une très belle année 2015.  »

    selon la presse, ‘l’économie canadienne est en récession, cas isolé parmi les pays les plus industrialisés, avec un coup de frein brutal de son secteur pétrolier suite à l’effondrement des cours du brut depuis un an.
    Le produit intérieur brut (PIB) s’est contracté de 0,5% en rythme annuel au deuxième trimestre après un recul de 0,8% au premier trimestre, a annoncé mardi l’institut de la statistique.
    C’est la deuxième fois en six ans que le Canada, cinquième producteur de pétrole de la planète, se retrouve en récession technique qui se caractérise par deux trimestres consécutifs de recul du PIB. »

    Mais où va-t-on…??? Ah, Minus Créatus qu’avez vous fait du monde…??? Vous l’avez transformé en une place vidée de sons sens….!!!!! En tant que musulmans nous connaissons la suite….!!!!!

    Qu’avez-vous fait de mon pays
    Qui n’existe pas?
    Qu’avez-vous fait de mon pays
    Qui n’existe plus?

    Du bois, des champs, des montagnes
    Des lacs et des rivières
    Du monde en ville et en campagne
    Qui doit en être fier

    J’entends crier que c’est fini
    Non, moi je n’y crois pas
    Aimer notre terre comme si c’était nous
    C’est la sauver de nous……………..etc….(paroles de S. Leclerc)

    Alors sauvons là…! N’est ce pas Messieurs-Dames, et la liste est longue….!!!!???? Bien sûr que je parle des VDSBéens libres……!!!!!

  2. Mme CH

    « Chine : ils « avouent » avoir provoqué la crise boursière » (le 31 août 2015, Europe 1)

    Plusieurs « suspects », dont un journaliste, aurait « avoué » aux autorités avoir provoqué « la panique et le désordre » sur les marchés.
    Qui est responsable de la crise boursière asiatique de la semaine dernière ? Les autorités chinoises ont lancé une enquête. Et selon les médias officiels du régime, les « coupables » commencent à être démasqués.

    De « fausses informations ». Un journaliste financier aurait ainsi « avoué » avoir provoqué « la panique et le désordre » sur les marchés boursiers chinois et infligé des « pertes énormes au pays », ont rapporté les médias d’Etat chinois dimanche. Wang Xiaolu, un journaliste du magazine Caijing, a été mis en détention après la récente tempête boursière chinoise, pour diffusion de fausses nouvelles sur les titres et les marchés à terme, selon l’agence officielle Chine nouvelle.

    Wang Xiaolu, dans un article publié en juillet, affirmait que l’autorité de réglementation des valeurs mobilières étudiait la possibilité d’une sortie des fonds publics du marché. La Commission chinoise de régulation des marchés financiers (CSRC) avait rapidement démenti les écrits du journaliste, les qualifiant « d’irresponsables ». Selon Chine nouvelle, le journaliste a « avoué » que ses « fausses informations » avaient « provoqué la panique et le désordre à la Bourse, sérieusement sapé la confiance dans les marchés et infligé d’énormes pertes au pays et aux investisseurs ». Mais dans un communiqué posté sur son site internet, le magazine Caijing affirme que son journaliste « défendait le droit des journalistes à faire leur devoir conformément à la loi ».
    Un autre « coupable ». Chine nouvelle a également fait état de la détention d’un officiel de l’organisme de surveillance des marchés chinois et de quatre hauts responsables du plus important courtier pour des « infractions » sur le marché boursier. Liu Shufan, un responsable de la CSRC, est ainsi soupçonné de délit d’initié, de corruption et de falsification de tampons officiels – dans ce dernier cas pour établir un faux certificat de divorce et faire de faux certificats fiscaux pour sa maîtresse. Il aurait lui aussi « avoué ».

    197 personnes sanctionnées. Les médias gouvernementaux chinois rapportent régulièrement ce qu’ils présentent comme des confessions de suspects dans des affaires importantes. L’agence a également rapporté que 197 personnes avaient été sanctionnées lors d’une campagne spéciale de la police contre les rumeurs sur internet sur les marchés boursiers chinois, les récentes explosions meurtrières de Tianjin et d’autres « événements importants ».

    Aucun détail n’a été fourni sur les sanctions, mais selon Chine nouvelle les crimes reprochés incluent l’affirmation qu’un homme s’était donné la mort à Pékin en raison de la crise boursière, la falsification du nombre des victimes de Tianjin et la diffusion de rumeurs « séditieuses » sur les célébrations en Chine du 70ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale.

    Allez-y comprendre quelque chose…!!! En tout cas, tout le monde nous mène au râteau du Pausilype ou en bateau, et nous serons les premiers à faire naufrage…!!! Peut être pas…!!!???
    Moi, je sais qui deviendra la sixième roue du carrosse dans quelques temps, Inchaallah….!!!!

Répondre