La Voix De Sidi Bel Abbes

L’informatisation de l’état-civil.

Nous avons déjà débuté par quelques témoignages d’un acteur sur la vie locale en l’occurrence Mr. Bencheikh Zouaoui, avec qui a été lancée cette rubrique, c’est avec notre grand ami, que quelque témoignages fûrent publiées par cet ex président du CCP (Conseil communal provisoire) de la ville de Sidi Bel Abbes dans les années 90,  celui ci demeure toujours enrteprenant aux seins de la fondations l’Emir Abdelkader (Section Sidi Bel Abbes), dont il est une des chevilles ouvrieres et c’est sa crédibilité conjuguée a sa competence mais aussi ses prises de positions face un wali de l’epoqu, qui ont figurés dans les considerations d’un recent hommage tenu dans le cadre du Samedi Bel Abbesien (Voir Photos et texte). Pour rappel, ses temoignages concernent une période très tumultueuse , ou le pays avait besoin de commis de l’état téméraires, pour sauvegarder le service public, en attendant le renouvèlement des APC (Assemblées Populaires Communales), que ceci fût opéré par un premier témoignage. Notons que ce choix est fortuit, et que très peu de commis de l’état, ou élus n’ont pu laisser au niveau des institutions étatiques des archives, et cela est un maillon très regrettable. Passons pour laisser notre source évoquer son témoignage sur  l’informatisation de l’état-civil qui est bien anterieure a certains bilans de plusieurs médiations que l’on veut nous faire passer comme bons actes de gestion, au dela des intentions formulées. Ceux sont la nos paroles celles de La Voix De Sidi Bel Abbes pour redire, laissons notre source s’exprimer.

Par Mr. Kadiri M

Comme je n’avais pas le temps, je signais les registres d’état civil au cours des moments libres. Ce travail présentait pour moi l’avantage de me frotter à tout le monde et surtout de voir ce qui se passait derrière les guichets. A mesure des visites, je découvrais des choses. D’abord, l’état-civil est quelque chose de très sérieux pour être confié à n’importe quelle personne. Une erreur de rien du tout et c’est la galère. C’est-à-dire des corrections par voie de jugement.  Or, chez nous, comme dans toutes les APC que j’avais approchées, les guichets étaient  occupés par des jeunes employés temporaires qui, non seulement sont loin de posséder l’art de communiquer avec les citoyens – et c’est là le problème que l’on rencontre partout -,  mais ne savent certainement pas qu’une simple lettre de l’alphabet mal placée empoisonne la vie de toute une famille. Le gommage et la surcharge, n’en parlons pas. Certes, il y avait le chef de service qui veillait au grain, mais devant le nombre impressionnant de documents délivrés, les erreurs restaient inévitables. Là, une action de formation et de bonne formation  s’imposait. Mon ami du CCP chargé de ces problèmes en avait conscience, mais en avait-il le temps? Assurément pas. De toutes les manières, il s’agit d’une question nationale. Au cours de mes visites, certains anciens agents, y compris leur chef de service, ne cessaient de me signaler l’état lamentable des registres d’état civil. J’ai demandé à voir ces documents et j’ai découvert qu’ils tombaient réellement en ruines. Il faut dire que nos administrations demandent, jusqu’à ce jour, pour un oui ou pour un non, un extrait d’acte de naissance avec numéro. Cela suppose l’éternelle compulsion des registres qui subissent journellement les affres des doigts et de la salive. La mauvaise qualité du papier aidant, il est aisé d’imaginer le résultat. Ainsi, mes amis du CCP et moi-même, après avoir planché sur le problème, avions-nous décidé de révolutionner les choses. Nous étions en 1990, donc à l’orée du 21ème siècle, c’est-à-dire le siècle de la rapidité, du numérique, de la modernité, du savoir. Notre idée, c’était donc d’informatiser l’état-civil. L’informatique étant rare à cette époque, nous entreprîmes de contacter une entreprise à l’étranger. Grâce aux journaux étrangers de l’époque, j’ai pu en dénicher une. Contacts téléphoniques, explications et réponse par fax.
Je n’avais pas bien compris le charabia dont nous snobaient les techniciens de l’informatique, mais selon la société touchée, l’extrait de naissance sur place était garanti. Et sans surcharges, ni gommages. Le montant de l’opération? Dérisoire, le budget communal pouvait  facilement le supporter. Mais une décision aussi révolutionnaire ne pouvait être prise localement, car nous aurions délivré de nouveaux modèles d’actes de naissances non prévus par la nomenclature officielle des imprimés. Nous le savions. Mais, pourquoi  ne pas innover ? Il fallait essayer. L’autorisation devait être donnée le ministère de l’intérieur, peut-être après avis de celui de la justice. Mais il fallait passer par le wali. Alors, muni de mon fax et après avoir mûrement réfléchi aux arguments que je devais développer pour être convaincant, je partais chez le patron pour lui faire part de l’ingénieuse trouvaille. J’ai expliqué le projet. Pour prévenir un éventuel refus, j’avais ajouté que notre commune pouvait  constituer une APC pilote. Le wali m’écouta et acquiesça avec un hochement de tête. Apparemment, il était d’accord parce qu’il aimait tout ce qui était moderne. Il composa ensuite un numéro de téléphone et lentement, il expliqua le projet. J’étais en face. Avec mes mains, je rabattais mes oreilles vers l’avant  pour mieux apprécier les félicitations de son interlocuteur, parce que des félicitations, j’en attendais. Je me délectais à cette idée. Je me voyais déjà, entouré de mes amis du CCP, au JT de 20 heures, juste après la visite présidentielle.

Mais quoi ! Les vociférations du téléphone m’ont réveillé et j’ai tout de suite déchanté. J’entendais nettement une voix grave dire que ce président du CCP n’est qu’un intérimaire, qu’il lui reste un mois ou deux pour déguerpir, qu’il n’a qu’à s’occuper de ses affaires courantes (en termes concrets, s’occuper des poubelles et des égouts de la ville), et autres gentillesses du genre. Le wali posa le téléphone. Poliment, et sans se douter que je j’avais tout entendu, il me répondit qu’il n’était pas encore possible de donner le feu vert, l’opération devant être d’une portée nationale. J’avais l’impression d’être un original. Alors, sans mot dire, je me levai pour courir aussitôt vers mes affaires courantes. C’est-à-dire et déboucher les égouts.

POST-SCIPTUM :

Quelque temps près cette affaire, un ami d’enfance installé à Alger me demande de lui envoyer l’extrait de naissance de son grand-père. Je pars vers son douar d’origine et demande le papelard. Tout le monde me regarde avec curiosité. Ce nom, ça leur dit quelque chose. Mais où l’ont-ils vu ? Mystère. Puis, du fond de la salle sombre de l’état civil, un ancien se lève, s’approche du guichet et me dit que la solution à mon problème se trouverait peut-être chez  l’ex-chef de service parti en retraite. Je demande les coordonnées de ce monsieur et pars à sa recherche. Grâce aux sympathiques habitants du village, je  trouve tout de suite mon sauveur et lui confie  mon désarroi. Il me demande de le suivre à la mairie, et en cours de route, il priait Dieu et tous les Saints locaux  pour que ses anciens agents n’aient pas encore remis de l’ordre dans son ex-service. Arrivée à l’APC. Les papiers n’avaient pas été dérangés, donc pas de nettoyage. Pour moi, c’était tant mieux. Parfois, c’est bon la saleté. Alors, perché sur une chaise branlante, il extirpa, du haut d’une armoire en bois que les mites n’avaient pas encore terminée et pleine de poussière et de toiles d’araignées, quelques feuillets  épars écrits à la bonne encre d’antan et avec cette calligraphie qui devrait figurer au musée. Avec ses épaisses lunettes, il scanna ces documents. Vous avez de la chance, me dit-il. J’ai envoyé les papiers à mon ami avec ce petit mot :« Surtout fais une bonne photocopie de l’extrait de naissance et garde-la.

Pour ne pas la perdre, je te suggère de la placer dans coffre-fort, car l’original de ce document ne te sera certainement plus jamais délivré ». J’en ai subi moi-même la même mésaventure quelques années après. Et c’est dommage, car on peut mieux faire. Et puis, maintenant, l’informatisation, non seulement c’est fois rien, mais ça aura l’avantage de dégorger les guichets. Et surtout de rendre le sourire au citoyen.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=7798

Posté par le Sep 6 2011. inséré dans ACTUALITE, MAIRIE, DES ACTEURS TEMOIGNENT. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

8 Commentaires pour “L’informatisation de l’état-civil.”

  1. Mourad d'Aïn El Turck,

    Très bel article Si Zouaoui Bencheikh même autobiographique…

    Vous honorez toute une génèration qui n’a jamais courbé l’échine devant le pouvoir institutionnel,et j’avoue qu’en vous lisant je suis rassuré en vous sachant à la Fondation Emir Aek !
    Votre maitrise de la langue de Robespierre vous prédispose à être au poste de responsable de la communication,votre maîtrise aussi des rouages de l’administration communale.Vous faites partie de toute une génération de cadres compétents formés par l’Etat et qui a été marginalisée par des « néo royalistes » en puissance bien infiltrés à ce jour dans nos institutions locales.
    Vouloir créer une association en prenant table ronde dans un cadre institutionnel comme une direction de l’éducation reste contraire à tous les principes et réglements de la culture associative; le ratage est garanti car la représentativité est tronquée…Je vous vois personnellement aux premières loges de l’APW et vous souhaite les mission et poste de PAPC,futur maire de Sidi-Bel-Abbès en tant qu’élu indépendant !
    Mes Amitiés à Arselane !

  2. benhadji senior

    en lisant ta premiere démarche d’informatisation de l’etat civil j’étais accroché au texte en suivant l’evolution de ton initiative j’etais bien curieux de voir la reaction du ministere de l’interieur et quand j’ai lu non seulement le refus mais aussi l’engueulade cela m’a fait pensé à la meme aventure que nous avons eu (nous elus) à vivre en 2007 c.a.d. 27 ans apres pour le meme sujet.Mais nous c’etait dans toute une autre situation et un autre contexte que nous avons vecu un veritable calvaire administratif.
    En effet constatant que les registres tres sollicités commençaient à partir en miettes nous avons fait une tournée aupres de certaines communes qui avaient procede à l’informatisation leur procede etait simple une saisie sur micro pour chaque document avec beaucoup de risque d’erreurs de frappe et un travail tres long et fatiguant .Des conseillers en informatique nous ont proposés le scannage des documents ce qui avait comme avantage à ce que le client pouvait lui meme voir au guichet sur micro l’original en cas de contestation.Nous etions tres emballé par cette initiative tout etait pret pour entamer l’operation il ne restait plus que l’autorisation du ministere ou de la justice en vain pend

  3. benhadji senior

    je continue 3 ans apres il a fallu un seminaire sur l’etat civil pour faire constater par photos l’etat des registres. et avoir l’autorisation Ah ! s’ils t »avaient ecouté cher ami bencheikh nous aurions pu gagner beaucoup de temps

  4. hadj dekar

    un temoignage pour dire que ceux qui se pavanent de nos jours ont execute les ordres du chef de daira. pour entamer .rien. n’a ete propose par ces elus.le rappel est le bienvenu d’ailleurs il n’ont pas de bilans seulement des bourdes des frasques des scandales.chaque jouir je prie pour ne pas croiser un elu de sba.

  5. MELLE B. NAJET

    Je viens de prendre connaissance de cette histoire d’état civil très touchante, c’est vrai que SDB aurait pu être leader et voir plus! Je tien à vous dire M. Benchikh que vous êtes un homme de coeur et de moral, vous avez beaucoup fait et vous êtes toujours là pour les autres, ils ont raté quelque chose de grandiose et c’est très dommage car l’algérie a prit du retard. La sollution je pense: recycler et remplacer les personnes sans expérience qui occupent des postes importants Voila ma pensée personnelle, bon courage à vous et soyez fier de votre parcours.

  6. rami aboubekr oran

    vous avez raison c’est cela le debat constructif vous avez melle relue un article date du6sept etje vous demande quand vous avez pris connaissance avec de journal qui est tres tres lu en ce moment qu »en pensez vous mademoiselle.

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