La Voix De Sidi Bel Abbes

Khamsa Benrehel : « Je me suis souvent demandé si l’exil était une fatalité »

Khamssa Benrehel dirige depuis des années, «Les Yeux d’Elsa», le premier café littéraire du Havre(nord-ouest de la France). Femme courageuse, volontaire et optimiste invétérée, cette Oranaise au sourire intarissable, a également été la première femme DRH en Algérie, à la Sonatrach. Elle nous raconte dans cette interview son impressionnant parcours, plein d’enseignements.

Le Matindz : Tu diriges actuellement « les Yeux d’Elsa », une belle halte culturelle au Havre, peux-tu nous dire quelques mots sur cette magnifique aventure ?

Khamsa Benrehel : Les yeux d’Elsa, c’est la réalisation d’un rêve dû au hasard, ou peut-être au destin. J’ai fait une longue carrière DRH et organisation à Sonatrach, une carrière passionnante de1968 à fin 1990 ; ayant subi une grande épreuve en 1989 due à la conjoncture algérienne de l’époque, j’ai pris une année sabbatique pour me ressourcer au Havre, ville de mon enfance. Je pensais pendant cette année faire un peu de consulting, et voilà que par hasard une petite bouquinerie était proposée à la vente ; un rêve pour moi qui très jeune fréquentait les bouquinistes. Sans un sou en poche, j’ai réussi à négocier une vente par crédit avec le vendeur. C’était fait! Je l’ai pris d’abord était comme un jeu car je pensais rentrer en Algérie à l’issue d’une année et laisser l’a boutique à mon frère. Mais le destin en a décidé autrement, la situation s’était dégradée en Algérie, mes amis, ma famille m’ont dissuadée de revenir, la sœur d’un ami s’était fait égorgée devant ses deux filles, j’ai eu peur pour ma fille, la mort dans l’âme je suis restée au Havre. J’ai mis alors tout mon désespoir mais aussi ma créativité à développer la boutique, j’ai créé le café littéraire. C’était le premier café littéraire au Havre. Grâce à ce lieu de nombreux écrivains, artistes ont émergé et ça continue!

Tu as été la première femme DRH de la Sonatrach, comment as -tu vécu cette expérience ?

En 1974 devenir en tant que femme, responsable DRH au complexe d’ammoniac et d’engrais azotés à Arzew, de 1500 agents c’était une aventure fantastique. C’était le premier grand complexe de la Sonatrach avec pour mot d’odre « l’industrie industrialisante ». Nous étions tous réunis par le même enthousiasme, la même foi, construire l’Algérie. J’étais à fond dans le développement des programmes de formation, former dans tous les domaines, l’Algérie a mis beaucoup d’argent dans la formation. C’était le début de l’Institut algérien du pétrole de l’école de Boumerdès. Il n’y avait pas différence entre hommes et femmes, et je n’ai pas eu de problème en tant que femme. C’était un combat commun hommes et femmes, sans distinction de sexe pour construire l’Algérie, les femmes n’avaient-elles pas fait la révolution avec les hommes ? En 1982 j’ai été nommée par le vice-président de la Sonatrach, chef de projet pour concevoir avec une équipe très dynamique et performante, un système de gestion des ressources humaines pour l’ensemble des usines de la Sonatrach. j’en garde un souvenir mémorable.

Comme beaucoup de familles algériennes, l’exil a souvent été le lot de la tienne, est-ce une fatalité ?

En effet, je me suis souvent demandé si l’exil était une fatalité. j’avais 9 ans quand on a rejoint mon père au Havre en novembre 1954. L’arrivée a été terrible ! un pays froid une ville froide, un quartier qui s’appelait Les Neiges, un deux pièces vétuste alors qu’on quittait Wahran El Bahia, une maison chaude, la famille. Ma mère pleurait sans arrêt et écoutait toute la journée la chanson de Ahmed Wahbi , »Wahran, wahran ». Ma sœur et moi nous avons été nourries de sa nostalgie. Nous ne pensions qu’à une chose retourner en Algérie dès que nous aurions l’âge, ce que j’ai fait à 20 ans. En 1966. Et voilà qu’en 1991, je me retrouve à nouveau au Havre, meurtrie, exilée. Et par l’incroyable hasard Khaled ressort la chanson de Ahmed Wahbi, « Wahran Wahram » et c’est moi qui à mon tour pleure de désespoir !

L’Algérie traverse des moments difficiles malgré la manne pétrolière; toi, tu restes, quand même, optimiste, pourquoi ?

C’est vrai que je suis optimiste, car on a un extraordinaire potentiel humain en Algérie, il en sortira forcément quelque chose. C’est un pays qui a eu une histoire douloureuse et je suis convaincue que les épreuves construisent. Il n’y a qu’à voir tout ce qui a émergé après les années du terrorisme: une grande production littéraire, la production cinématographique, de grands artistes, les algériens excellent à l’étranger mais ils ont toujours l’Algérie au coeur, cette diaspora va forcément rayonner en Algérie. C’est un pays ou la presse est libre, la parole est libre. J’ai assisté il y a trois semaines à Oran au congrès international intitulé « Paroles aux femmes » pour une culture de paix avec 3000 personnes et 25 pays participants; l’organisation était parfaite et pas de langue de bois, un sans-faute, j’étais accompagnée par une amie normande et j’avoue que j’étais fière d’être Algérienne et heureuse d’entendre la ministre de la famille, une femme faire son discours d’ouverture, heureuse de me sentir Algérienne et faire découvrir mon pays, alors pourquoi ne pas espérer ?

Propos recueillis par Youcef Zirem

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Posté par le Déc 10 2014. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

41 Commentaires pour “Khamsa Benrehel : « Je me suis souvent demandé si l’exil était une fatalité »”

  1. Mohand

    Une fatalité pour le pays , oui.

  2. MADANI

    L’exil n’est pas une fatalité quand on vit dans un pays ou il n’y a aucune justice , au contraire il faut le quitter c’est le cas de l’algérie . sans regrets la terre de dieu est immense .

    • Omar

      Salam MADANI,
      On ne quitte pas son Pays par plaisir, quelque part c’est une fatalité comme tu le mentionne et une multitude de facteurs qui pousse l’être humain à laisser les siens ainsi que ces amis derrière.La plu part de nos compatriotes partent pour des jours meilleurs, actuellement nous nous trouvons dans une cuvette sans pouvoir croire qu’il y aura un avenir chez nous.La majorité par la force des choses subissent les aphtes au quotidien, petits et grands y compris les séniors malheureusement toutes les frontières sont fermées sinon il ne resterait plus personne et ça va de pire en pie.La mort dans l’âme le quotidien est amère à tous les niveaux,mais il faut faire avec… en espérant qu’un jours nos petits enfants auront la chance d’avoir une vie meilleurs.

      • MADANI

        Chez nous on dit hrig btani oula khrouj wtani cette façon de penser n’a plus court actuellement quand un pays ne considère pas ses citoyens et qu ‘il n’a rien à leur offrir sauf le stresse et la mal vie il ne faut plus penser à ce pays et se dire qu’on ne choisit pas son pays on nait par hasard après ou on y reste ou on le quitte à la recherche d’une vie meilleure je ne suis pas d’accord avec cette femme qui parle d’exil qui veut dire autre chose je préfère le mot quitter et partir ailleurs l’exil peut être une comdamnation qui isole la personne ou un départ forcé pour différente causes cette femme était DRH à sonatrach elle parle du terrorisme qui l’a chassé du pays moi je ne suis pas satisfait de cette réponse c’est la vie , ses souvenirs d’enfance en france , sa famille , ses amis c’est la fureur de vivre décemment qui sont à l’origine de son RETOUR au bercail mais comme c’est l’hypocrisie qui nous guide on cherche à tromper soi-même et tout le monde donc exil n’est pas le mot à donner à cet article mr OMAR regarder autour de vous les américains sont tous fièrs de leur NOUVEAU PAYS pourtant ils viennent tous à 8O% d’ailleurs sauf les arabes qui parlent tjs du pays qu’ils ont quitté car ils aiment la merde et l’humiliation je termine en vous saluant et en vous disant que j’aime vos commentaires car je découvre sans cesse des mots que je ne connaissais pas avant vous êtes une bibliothèque rare et enrichissante en vocabulaire nouveau et utile selon les circonstances vous êtes un grand OMAR profitez de votre chance qui vous a épargné le mal de vivre chez soi dans un pays indigne . BYE

        • MADANI

          Ne faites pas attention aux fautes d’orthographe elles sont délibérées et excusables c’est le mal du pays peu être ? parce que partir c’est MOURIR mr OMAR

    • un abbassi d'ailleurs

      à Madani :
      t’es pas tres coherent.. ici tu dis qu’il faut quitter l’algérie et sur l’article du footballeur Fekir tu écris : » pourquoi tous les arabes ne retournent-ils pas chez eux , dans leurs pays pourquoi ils vivent ailleurs ils se plaisent et critiquent ceux qui les acceuillent aussi je leur dis retournez chez vous , ne restez pas chez les autres retournez svp  »
      pas facile de savoir ce que l’on veut ou ce que l’on veut faire croire..
      sans rancune l’ami

  3. lecteur de la VDSBA

    Une grande Dame aux qualités humaines unanimement reconnues, que j’ai eu la chance de côtoyer dans les séminaires elle était responsable des ressources humaines au complexe ammoniac et engrais azotés Arzew
    Pas mal de cadres sont sortis de ce complexe à l’exemple de Si Mohamed Baghdadi décédé il y a un mois allah yerhmah.

  4. Tewfik Adda Boudjelal

    La vie est pleine de surprises .Effectivement ayant couvert la clôture du congrès international intitulé « Paroles aux femmes » qui s’est tenu à Oran, je me suis rendu quelques jours après à l’aéroport de la Sénia pour dire au revoir a des amis (es) venus de Belgique , d’Allemagne et de Russie .
    Et là, j’ai rencontré par hasard, cette dame accompagnée de son amie normande à la cafette.
    La discussion s’est amorcée sur le congrès d’abord et ensuite sur le journal la voix de Sidi-Bel-Abbés. Un petit moment d’échanges certes, mais o combien précieux. Et là, je ne vous cache pas que je viens de revoir les quelques photos souvenirs prises ensemble dans le hall de l’aérogare.
    Hasard ou coup de chance, je constate que je me retrouve souvent au bon moment et au bon endroit.

  5. Bel Abbesien

    Enniya comme on dit quand elle est limpide vous fait rencontrer de bonnes gens. Par ailleurs le monde est si petit situons nous même les montagnes ne se rencontrent pas sauf dans les catastrophes. Si Tewfik retrouvez aux bons endroits le journal de votre chère ville a besoin des personnes qui l’honorent.. J’en suis convaincu

    • MADANI

      Ce n’est pas Enniya belabbesien c’est le hasard des rencontres on ne peut rien prévoir dans notre vie c’est pourquoi il est aussi courant de dire que le hasard traduit notre ignorance. C’est l’une des raisons à l’origine de l’aspect fortuit de la plupart des phénomènes observés à échelle humaine, mais il existe plusieurs autres raisons1.

      L’utilisation du mot « hasard » dans le langage commun se rapporte indirectement à cette définition. Par exemple, on peut parler de hasard :
      lorsqu’on se retrouve dans une situation imprévue, telle qu’une rencontre ; dans l’exemple « On s’est rencontrés par hasard », l’aspect fortuit naît de la méconnaissance des emplois du temps respectifs des personnes impliquées dans la rencontre, celui-ci disparaitrait pour toute intelligence qui aurait accès à ces informations ;
      lorsqu’on ne sait pas ce qu’il va se passer ; dans « C’est le hasard qui décidera ! », l’emploi est évident, car il exprime directement l’absence de certitude.

      Dans l’esprit populaire, le mot « hasard » a aussi d’autres connotations plus subjectives. Il est vu comme la négation d’une intention derrière les événements : « le hasard n’existe pas ». Une telle affirmation peut aussi naître du sentiment que « hasard » est synonyme d’« absence de cause », tout comme dans l’expression « c’est arrivé par hasard

  6. Chot lahcene

    on croyait à l’indépendance que nous serions libre,on a sentit la folie de la liberté pendant les premières années …..catastrophe les chars sont revenus sur la ville le colonel a prit le pouvoir ,les militaires sont partout dans les moindres recoin de la ville et de l’administration….les opportunistes et les brels de tous poil se sont érigé en dominateurs …usant du matraque …la sécurité militaires veille …chut pas un mot …révolte des miséreux …des milliers de morts ….la nomencklatura pire que les colons ….tag ala men tag …partir ou mourir ….ils finiront en enfer….

    SEUL ALLAH EST BEAU

  7. ourrad n

    voilà une femme courageuse et optimiste et qui est fière d’etre algérienne moi aussi je suis fière de l’ètre et que ceux qui ne le sont pas n’ont qu’à déguerpir du pays et chercher le bonheur ailleurs et une vie meilleur et digne comme ils l’espèrent et ceux qui sont loin et qui aiment leurs pays je souhaite que tout changera un jour inchaallah et qu’il rentreront au pays pour y vivre et ypasser le restant de leur vie s’il le veulent rien n’est impossible!tant qu’il y a la vie il y a de l’espoir!

    • MADANI

      QUELLE brutalité dans vos propos mme ( déguerpir du pays ) vous savez quand utiliser les mots qu’il faut pour exprimer la haine de l’autre qui est libre de choisir sa destinée ce n’est pas à vous de le conseiller c’est là un signe de l’invivabilité dans cette société hypocrite et sans foi quant à cette femme elle n’a rien de courageuse , les vraies algériennes sont resteés au pays malgré les dangers réels du moment et les girouettes ont trompés tout le monde des naifs et des naives qui parlent dans le vide .

  8. elhadj abdelhamid

    Bonsoir
    Cette grande dame est éblouissante par sa Totale Positive Attitude.
    Khamsa, la bien nommée, porte-bonheur, mieux au fait des « ressources humaines » de son pays que beaucoup d’entre nous, n’a jamais désespéré de l’Algérie et des Algériens malgré toutes les « déchirures » subies. C’est une léçon d’espoir naturel donnée à toutes les pleureuses, hommes et femmes gagnées par le « ye-e-s » ( le désespoir ) qui n’appartient pas à la culture d’un peuple debout après 132 ans de colonialisme, une ère de malgouvernance et une décennie de terrorisme.
    Aujourd’hui, de passage à Aïn-Témouchent, j’ai visité un stand de célébration des Manifestations du 11 Décembre et lorsque j’ai dit à un guide que tout avait commencé à Aïn-Témouchent, celui-ci, ému, n’a pas voulu me « lâcher ».Et mon guide est resté toute ouïe quand, devant la photo d’ un Chahid témouchentois Belarbi Abdelkader, je lui apprends que mon grand-père, un Chahid aussi, s’appellait aussi Belarbi Abdelkader !
    Et lorsque l’hymne Nahnou Toulabou El Djazaïr, nahnou amalou el bilad ( L’Espoir du pays ) emplit la grande salle de son écho nostalgique, j’ai eu une tendre pensée pour mon « jeune » oncle Houssine, meneur de la Grève au Lycée Laperinne du 19 Mai 1956, ancien officier de l’ALN, décédé le…19 Mai 2010 et enterré à …Sidi Ferruch ! Un signe, assurément, plein d’espoir !

    • Mme CH

      Merci Docteur, vous avez sauver la face des………, en évoquant les manifestation du 11 décembre 1960 coïncidant avec la session de l’Assemblée Générale de l’ONU….!!! Ce jour là, « les algériens sont sortis dans les principales villes d’Algérie pour contrecarrer le plan du général Charles de Gaulle visant à imposer une solution « octroyée » dans le cadre d’une décentralisation de l’administration coloniale avec une « autonomie » des territoires algériens, sous son fameux slogan de « L’Algérie algérienne »… »

      « Ces manifestations du 11 décembre ont constitué un tournant « décisif » dans la lutte pour l’indépendance du pays, en ce sens qu’elles avaient permis au Front de libération nationale (FLN) d’isoler la France sur la scène internationale.

      Il s’agit, d’un « véritable référendum populaire » pour l’indépendance de l’Algérie qui avait stoppé les visées de De Gaulle, dans le sens où ces évènements lui avaient fait comprendre que la « victoire militaire » contre l’Armée de libération nationale (ALN), vite scandée par le général Challe, suite à son plan militaire pour « écraser les maquis », ne pouvait être transformée en « victoire politique ».

      Les répercussions de ce « référendum populaire » se feront immédiatement sentir sur le plan international et même auprès de l’opinion publique française. Le défunt Belkacem Krim avait lancé, dès l’explosion populaire à Alger, qu’il était temps que « le cri de Belcourt retentisse à Manhatan (New York-ONU) ».

      Il va le vérifier une semaine après, à l’occasion de la 15e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), au cours de laquelle une résolution « très forte » reconnaissant le droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple algérien et reconnaissant la nécessité de négociations algéro-françaises, pour trouver une solution pacifique sur la base de l’intégrité territoriale, a été adoptée le 20 décembre 1960. »….!!!
      Ya Hassrah……!!! « Win Rahoum Hadouk Erjel wa Nssa » Illa men Rahima Rabbi….!!!

      Ce jour là aussi : « Les Juifs et Européens ont profité des manifestations des civils pour former des gangs en uniformes militaires prenant d’assaut des maisons pour tuer des innocents… »

      11 mois avant, càd, le 13 février 1960 : La France fait exploser la première bombe atomique à Reggane…..!!!!

      Merci encore une fois, pour l’écho nostalgique Mr elhadj abdelhamid…!!!

      Cordialement..!

  9. jamel

    Touchant tout cela docteur.

  10. Mohand

    L´Algérie a-t-elle échoué dans le projet qu´elle s´est fixé pour retenir ses compétences? Le sujet serait-t-il à ce point tabou pour qu’il n’ait pas fait partie des priorités de l’action du gouvernement? Si tel est le cas, on peut affirmer d’ores et déjà que le développement économique auquel elle aspire est sérieusement compromis. S’il existe un phénomène sur lequel les gouvernements successifs depuis 1962 se sont cassés les dents, c’est bien celui de la fuite des cerveaux auquel il faut ajouter celui plus récent des harraga. Le second est plus violent.

  11. Mohand

    Le pays se vide de ses forces vives…et c’est de la responsabilité de l’Etat

    100.000 diplômés ont quitté l’Algérie en moins de 30 ans

  12. L'écoeuré

    Pour parler d’exil il faudrait l’avoir vécu et dit pourquoi avoir quitté le navir qui commençait chavirer .Et pure encore d’avoir rêvé d’une indépendance et d’une liberté sauf qu’après nous avions vécu dans une république algérienne pour retomber dans une république algérienne démocratique et populaire .Or comme il n’y a jamais eu de vrai république certains et même la majorité d’algériens se sont exilés pour aspirer à une vie meilleur.
    Pour cette dame je ne vois pas ou est son exilpuisqu’elle a jours rêvé de retourner sur les pas de son enfance et mieux encore elle n’a jamais été brimée dans ce pay qui l’a forgé et qui lui a donne une très grande chance que certains parmi nous n’ont pas eu du temps du colonel ..
    Dans un superbe livre de Paolo Coelho ( le fleuve qui coule )
    il y a un passage qui dit:
    La liberté, si durement acquise, n’est autre qu’un exil déguisé « .
    Et cette belle phrase ne dit pas exactement ce que cette dame veut nous faire croire sous prétexte qu’elle a fui la decenie noire.
    Mais bon elle a le droit de berner les naïfs .
    « 

  13. Mémoria

    La problématique est posée ainsi : L’élite et/ou intelligentsia a-t-elle abandonné son peuple ou c’est le peuple qui a expulsé l’élite vers ….ses fantasmes ?

    S’exiler pour « Les yeux d’Elsa » du Havre est-elle fatalité ou une destinée personnelle? Difficile de juger d’un vécu qui n’est pas une régle générale! Le poème célèbre de Louis Aragon commence ainsi:
    « Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
    J’ai vu tous les soleils s’y mirer
    S’y jeter à mourir tous les désespérés
    Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire… »

    Néanmoins nos yeux s’adapteront-‘ils au flou …des « yeux d’Elsa » sur la photo de cet article .L’Administration a-t-elle perdu de sa visibilité?

    « 

    • Mme CH

      Excusez-moi Mr Mémoria, mais moi je dirai qu’il s’agit de la « foule » des trois parties…!!! L’Etat, l’Elite et le Peuple…

      Et puis, « Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur » (STENDHAL), cela ne veut pas dire que nous voulons un printemps sans hirondelle….!!!!

      Coucou à Mr Smiley avec sa fameuse réplique: « la Foule trahit le peuple »

  14. Mohand

    un gouffre s’est creusé entre le peuple et le politique loin d’être élite. Elsa est belle à voire qu’un gouffre, alors que le cerveau y est enterré vivant.

  15. Mme CH

    « Je me suis souvent demandé si l’exil était une fatalité »….??? Alors, je ne connais pas encore la réponse, Mme Khamsa…!!!!????

    « Et par l’incroyable hasard Khaled ressort la chanson de Ahmed Wahbi, « Wahran Wahran » et c’est moi qui à mon tour pleure de désespoir ! »….De quel désespoir parlez-vous; de ne pas pouvoir rentrer au pays ou de quelque chose d’autre….!!!! C’est simple pour régler le problème des larmes, rentrez au bercail, et le tour est joué….!!! Mais je doute que vous puissiez abandonner les « yeux d’Elsa »…..!!! En tous cas, nous les autres femmes, nous sommes restées pour les beaux « yeux de l’Algérie », malgré toutes les tentations et les problèmes….!!! Enfin a chacune son truc…!!!

    Dans toute cette histoire, c’est la maman qui m’a fait de la peine….!!!!

  16. Belabbesien

     »Au de la de l’exil
    Tout est puéril ».
    Quand le frimas ou la Bise du nord souffle leurs bouffées d’aiguilles qui piquent les joues et les oreilles et que l’on se presse pour rentrer dans un café pour se réchauffer, alors et seulement alors on se remémore le soleil de chez-nous et les amandiers en fleurs au printemps. On se dit, on se dit oui l’été je partirais chez-nous. je partirais par les chemins de la campagne et je respirerais l’air qui sent la résine de nos forêts de pains d’Alep. On se blotti dans un coin et on pense , on pense et on regarde ces gens qui parient sur un cheval qui n’arrive jamais… Oui en été je partirais , je me rendrais à l’aéroport pour prendre l’avion vers Oran. Je bousculerais les gens pour monter le premier dans l’avion. Je suis pressé d’arriver.
    Voila l’avion qui glisse sur le tarmac de l’aéroport Ahmed Ben Bella. on sort on fait la file mais soudain un policier vient sortir quelqu’un du rang pour le faire passer avant les autres: Il a  »les épaules ». Vaille que vaille on arrive devant le guichet de la PAF , le préposé vous toise comme un criminel . Pas un sourire, pas un bien venue. On avance et le douanier vous transperce du regard et demande combien d’euros.
    Le lendemain je vais retirer un extrait de naissance et vogue la galére.
    Oui demain je partirai, la ou le vent du nord souffle, la ou il faut se lever trés tôt pour
    trimer dur dans une usine , la ou…… Mais l’été je partirais oui l’été prochain je partirai,

     »C’est toujours mieux la ou on y est pas ».

  17. Mme CH

    Ah! J’ai failli oublier le passage suivant: « l’Algérie a mis beaucoup d’argent dans la formation. « ….!!!! Eh oui, elle a formé des cadres, mais malheureusement, ce sont les pays des Trois Nord qui tirent profit de cette hémorragie cérébrale planifiée Intra et Extra Muros…..!!!! Et puis, on peut trouver toutes les excuses pour prendre le large….!!!! Enfin, chaque « être est libre »…..!!!! Mais Bertrand Duhaime a dit :  » L’histoire a démontré que l’abandon complet aux pulsions et aux désirs sensuels et sensoriels a toujours conduit les peuples à leur déchéance et à leur perte. La majorité des grands empires sont disparus pour ces raisons….. »

    Bonne soirée à tous et à toutes….!!!

  18. Chot lahcene

    tient je vais vous raconter brièvement l’histoire pourkoi je suis parti …je travailler au village de vacances de tipaza comme prof d’équitation ….il y a avait beaucoup de touristes étranger ,et une belle fille ,une bommbe atomique qui était sortit avec moi ….les ventrus de la nomenklatura venait avec leurs rabbatteurs pour leurs draguer les filles …des gens haut placés ….les enfoirés ….un rabatteurs s’approche de ma copine et lui propose une soirée dans une villa d’un haut fonctionnaire ….elle accepte …le matin de bonne heure elle vient affolée taper à ma porte les vêtements déchirée ….les salopards de la nommencklatura voulaient la violer une touriste étrangère ..une heure après je reçois ma lettre d’expulsion de mon boulot …la fille ne voulait pas me lâcher car elle a compris que les gars de la sm voulaient me tuer …la suite elle est malsaine ….pour vous dire que j’étais jeune plein d’entrain et comment ses saligots ont prit le pouvoir par la force et avait droit de vie et de mort sur n’importe qui …cela sous le règne du dictateur bouboub…la merde …

    ALLAH JIB EL KHEIR

  19. Belabbesien

    Je suis passé au Havre vers les années 70 pour prendre le bateau vers l’Angleterre et continuer au Danemark, l’Allemagne et la Finlande. On était jeune et on avait soif de connaitre les autres. Cette ville m’a parue triste par un jour pluvieux et son port avec ses installations inhumain. Je pensais:
    Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage
    et qui plein d’usage et de raison
    est revenu vivre chez ses parents. »
    A la fin de mes études je suis revenu chez-nous pour aider mon pays pour se développer et former nos enfants pour qu’ils soient armés du savoir pour affronter sereinement la vie. Dés mon retour j’ai demandé à travailler dans SONATRACH. Je n’avais pas ou loger. Je travaillais le jour et la nuit je dormais dans un hotel miteux ou je passais la nuit dans un café du square Port Said qui restait ouvert toute la nuit.
    Les coopérants qui travaillaient avec moi étaient logés et transportés et bien payés.
    Vu les conditions impossibles, j’ai quitté Alger , mais pas l’Algérie. Je suis parti au sud. J’étais heureux quand je me reveillais de bonne heure et je voyais le soleil se levait à l’horizon sur le Reg. Je me disait que notre pays est beau ! Je trimais dur: On nous a dit » Les anciens ont versé le prix du sang , alors vous payez le prix de la sueur. » Le temps a passé et puis se fut la contre révolution et le démembrement de notre industrie. Ce fut un raz de marée! des centaines et des centaines d’ouvriers et de fonctionnaires furent jetés à la rue. Le capitalisme sauvage s’installe et s’accapare des biens vacants, des entreprises publiques de tout. De révolution. du tout, d’égalité encore moins quand à à fraternité elle a émigrée en océanie. Et ce fut les années noires et l’exile de milliers de spécialistes, d’ouvriers, de paysans et de femmes. A un certain moment on nous dit on est réconcilié et alors les fortunes apparaissent au grand jour:Une nouvelle éspéce d’algériens est apparue aprés une profonde mutation génétique. Ces nouveaux algériens s’appellérent les oligarques et comme par magie devinrent en un laps de temps des milliardaires. Alors et alors seulement les algériens comprirent que chacun pour soit et dieux pour tous. Les uns prirent la route de l’exile , d’autres la route de l’informel, d’autres la route de Maghnia. Ne jetons point l’anathème à ceux qui sont partis et disons comme le poéte:
     »Si un jour tu chevauches ta monture et qu’elle te fasse tomber. Ne dis point que c’est la faute du cheval , mais dit c’est la faute de la route ».
    Bonne nuit Atas mazal el hal.

    • Mohamed REZOUG

      Bonjour tout le monde ,
      Que de passions et de clichés ! Les flux migratoires ont toujours existés et ils existeront encore …Le probleme est que cela represente une hemorragie et une catastrophe économique pour des pays qui ont enormement besoin de leurs ressources humaines – generalement hautement qualifiées – et pour lesquelles ils ont depense des sommes faramineuses en devises ! A titre d’exemple , il ya plus de medecins pakistanais et indiens a Londres qu’anglais ! Les pays europeens deroulent le tapis rouge aux informaticiens indiens …. »l’emigration selective » n’est pas une vue de l’esprit .
      Emigrer est toujours une decision penible , personnelle . Emigrer et s’exiler sont deux mots complétement différents et il est tres important de faire la distinction . Oui , en effet , dans la plupart quitter son pays , les siens est dicté par des circonstances exceptionnelles et difficiles a supporter . Ns sommes faits psycholoqiuement differents et une situation qui peut vs paraitre supportable , peut ne pas l’etre pour l’autre .
      Cette dame a un parcours qui est loin d’etre atypique ! Elle ressemble a des milliers d’algeriens qui ont fui – c’est vrai fui – pendant la fameuse periode noire . Certains ont reussi , d’autres ont vecu la galere ! Personne ne peut leur disputer leur nationalisme ou leur amour du pays .
      Voir un pays çömme le notre avec ses ressources et son potentiel humain decrepir , et etre gere çömme un bazar , par un systeme de type feodal nous fout a tous le cafard . Alors , si le prof d’universite a le choix entre vegeter et trimer pour se payer une voiture ou un logement social , ou s’installer a Boston , Montreal …et s’epanouir ….le choix est le sien …Assia Djebbar ,candidate au prix noble de literatüre a « trahi » son pays ? Hafsi ? …
      Croyez moi , çömme disait Alphonsa Allais « partir , c’est mourir un peu… » Quand vs avez un 1er ministre qui vs retorque l’air narquois et plein d’auto-suffisance : « Vs parlez d’exportation ? Vs vs prenez pour Zorro ? » Que dire ? Alors , qu’avant lui , des cadres de valeur , integres et engages , payes des salaires de misere (4000,00 DA = 400 USD !!!) , avaient reussi a placer des produits algeriens ds plusieurs pays a la grande satisfaction des pays clients (tracteurs , televiseurs , camions ,materiels publics …) .
      Mes amis et mes freres et soeurs ,ns aimons notre pays et n’avons pas besoin de le prouver ! Ns pouvons servir notre pays meme en etant dehors …et ns pouvons le detruire meme en etant a l’interieur …Cette dichotomie n’a aucune raison d’exister et puis de grace ,evitons de ns juger . Ce forum est censé rétablir les liens entre ns .
      Je vais vs raconter 2 petites anecdotes et a vs de juger .
      1-J’ai un ami de lycee que j’ai perdu de vue depuis longtemps et qui vit actuellement en France . Officier militaire , il avait epouse une française , pour cette raison il fut jete en prison pendant une longue periode …Ce qu’i a vecu etait atroce ! Decision ?
      2-Mon fils a participe aun concours de deşsin ds le pays ou ns vivons . Il avait 10 ans . Il fut classé 2eme au niveau du pays et pour le recompenser , il fut reçu par le president de ce pays . J’etais en dehors du pays avec sa mere , il fut accompagne par son directeur d’ecole . Au moment de la remise des cadeaux , le president se penche pour l’embrassser , et que remarque-t-il sur le revers de son blaser , il y avait un pin ! Devinez !!! Le drapeau algérien !
      Bonne journee a vs tous.

      • madjid

        @Mohamed Rezzoug.j ‘ai beaucoup apprécié votre réaction Votre participation est trés utile khayi

      • OUERRAD en squatteur

        Bonsoir mon cher REZZOUG , j ai lu quelque parts un post ou tu demandais de mes nouvelles , ca va HAMDOU LILLAH .Cest bien de lire et de relire ses anciens camarades du lycee , et de les savoir en SANTE ,RABI YARHAM KHOUTNA ELLI MATOU ;portes toi bien et a bientot .

  20. Mehdi Harmel

    @Chot Lahcene
    Votre histoire me touche profondément car elle met en évidence l’une des facette du pouvoir corrompus et mafieux instauré par le dictateur qui a confisqué le pouvoir aux moudjahidines de la première heure en les écartant voire en les éliminant pour s’entourer de beni oui oui ,d’incapables, et d’assoiffés..En fin en instaurant une logique du pouvoir catastrophiques basées sur le régionalisme et l’allégeance dont les effets néfastes sont toujours d’actualités ..je veux parler de Boukharouba…

  21. Amirouche

    De 1974 à 1991, elle était DRH à Sonatriche ! je n’ai pas compris comment Madame Khamsa se retrouve sans un sou en poche , n’avait-elle pas un salaire de cadre pendant 17 ans ?! Peut être qu’elle a peur de  » a3yne « (mauvais œil) , alors là ,elle a raison car moi aussi walou dans la poche .
    Quant à l’exil ,chacun pourrait donner la définition qui lui plaira même si elle est fausse.

    • OUERRAD en squatteur

      TRACH ???? SAHBI TRACH ,,,, machi TRICHE ,,,, sinon elle aurait mis beaucoup d argent de cote ????

      • Amirouche

        OUERRAD en squatteur

        Je croyais que c’était TRICHE , mais puisque tu le dis …ça sera alors SONA TROC
        Sonatrach veut dire Société Nationale pour la Recherche, la Production, le Transport, la Transformation, et la Commercialisation des Hydrocarbures , je suis d’accord avec deux et pas avec trois !!!!!!
        Arfa3 rassek ya ba !
        Je t’espère un prompt rétablissement car c’est le vide sans toi !

    • pétrolier

      Il faut bien différencier le DRH ( chef de département cas de Mme Khamsa ) d’un complexe des engrais azotés (ASMIDAL) qui emploie 1400 agents une filiale de Sonatrach avec le Directeur des ressources humaines DRH de l’entreprise SONATRACH qui englobe 14000 agents uniquement pole d’Arzew.
      Ce n’est ni le même profil ni la même responsabilité, l’écart est grand.

  22. jamel

    Bon vent tout de même à cette dame.

  23. MADANI

    Unique au HAVRE le café littéraire proposé par la bouquinerie Les Yeux d’Elsa est un lieu de rencontres et d’échanges autour des activités culturelles.
    Il a pour but de susciter en chacun l’envie de partager ses passions et centre
    d’intérêts mais surtout d’offrir un espace d’aide à la création artistiqueSi vous le souhaitez, vous pourrez déguster des boissons ainsi que des confiseries à votre goût au bar : Des soirées sont organisées chaque soir dans cette salle : Cette belle femme s’appelle KHAMSA BERREHIL elle a crée un lieu de vie et de rencontres digne du nom un cadre agréable à visiter et là je comprends que l’appel au retour existe bien , qu’on ne peut pas y échapper quand on a vécu son enfance avec les siens elle ne pouvait pas tenir à ORAN une jungle sauvage et inhumaine et un peuple indiscipliné et arrogant je vous ai compris mme et vous dis bonne continuation vous avez fait le BON CHOIX

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