La Voix De Sidi Bel Abbes

Journée Nationale de l’artiste :A sidi bel abbes Feu Saim el hadj ,pas encore au fronton du théatre de sa ville.

Nous  publions une des belles et interpellant es contributions de notre ami Abdelhamid Abdeddaim, collant avec cette journée Nationale dite celle de l’artiste Le titre est un peu modifié par nos soins autour de cette belle  contribution toujours d’actualité de notre ami Abdelhamid Abdeddaim. Celui-ci, à l’instar des précédents sujets, qui avaient également suscité moult commentaires toujours en ligne. Notre ami Abdelhamid Abdeddaim avait déjà contribué avec son papier qui coincidait avec l’événement culturel du  dernier festival du théâtre qu’abrita notre wilaya. Hélas, le joli édifice qu’est le théâtre de Sidi Bel Abbes et à l’instar d’autres sites culturels souvent de moindre importance et ce sans fanfaronnade n’est pas encore baptisé officiellement. Et là, le nom de feu Saim El Hadj est évoqué par notre ami et autour duquel se focalise sa contribution que nous avons tenu a refaire partager avec nos lecteurs(ces).

Par : Kadiri.M

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« La vérité souffre davantage de l’emportement de ses partisans que des arguments de ses opposants ». William Pen.(1644-1718). In « Fruits de solitude ». 1693.

« Les propos d’autrui sont nocifs : s’ils ne tuent pas, ils amoindrissent ». Taos Amrouche. In « Chants de méditation ».

Alors que je répondais à l’invitation d’un spectacle  folklorique, organisé à la Coupole, présenté par l’inévitable Abbès Lacarne et sa « Halqua » haute en couleurs, j’ai eu le plaisir de croiser, en ce temps-là, la nouvelle Directrice de la Culture de la Wilaya de Sidi-Bel-Abbès. De fil en aiguille nous en sommes venus à aborder la question du Théâtre de la ville pour le seul plaisir d’évoquer les beaux jours qui ont fait le délice des spectateurs amateurs de théâtre dans son plus bel apparat : l’art dramatique, le folklore n’étant qu’un aspect résiduel et populiste de cet art. L’actualité culturelle faisant la part belle à la dénomination que devait porter le théâtre de la cité qui a eu son heure de gloire avec l’accueil des galas Kasenty, de Jean Marais, Yves Mondy, Youcef Wahby avec Awlad Echaouari’ et spécialement avec la présentation des pièces de théâtre de Masrah Echaabi dirigé par l’illustre étoile de la ville : SAÏM El Hadj, acteur, auteur et metteur en scène, élève d’Hervé Villard et disciple de Gérard Philippe l’icône de la discipline.

Il m’est apparu à cette occasion qu’il était naturel et sans hésitation aucune que le fronton du théâtre de Sidi-Bel-Abbès ne pouvait être illustré que par le nom du plus prestigieux enfant de la ville dans le domaine culturel et spécialement théâtral  tant il a marqué de son empreinte un aspect de la discipline dont beaucoup d’amateurs n’avaient pour seules références que Bachtarzi et ses pitreries plagiées populeusement dans Molière : « Fourberies de Scapin » et « Malade imaginaire » entre autres.

SAÏM El Hadj, jeune instituteur, pétri de culture littéraire classique, lui, est allé puiser dans ce qu’il y a de plus ardu et de plus moderne à savoir « Les Journées de Théâtre d’Avignon » organisées chaque année au mois d’août et que notre concitoyen fréquentait tous les ans à ses frais. Il en a récolté une culture théâtrale hors du commun qu’il a su adapter à son environnement naturel.

C’est ainsi qu’il a eu non seulement le courage d’adapter tout le répertoire de Molière mais il a également été inspiré par les auteurs dramatiques les plus modernes : O’Neill, Ionesco ainsi que Victor Hugo (Ruy Blas.) Sa curiosité culturelle l’a même hissé jusqu’à sonder les coulisses du théâtre antique : Eschyle (Prométhée enchaîné), Aristophane etc.

Si on parle d’art dramatique à Sidi-Bel-Abbès, on le lui doit totalement et sans l’ombre d’un doute. D’autres personnages ont foulé notre temple tels que Kateb Yacine, Alloula mais aucun ne peut se prévaloir de son engagement et de son éclectisme dans un domaine où il ne faisait pas bon s’y aventurer pendant la période coloniale. C’est encore lui, SAÏM El Hadj qui a suscité des vocations insoupçonnées : Issad Khaled et Issad Abdelkader dit Chipa, Benhamadi Abdeljalil, Touil Abdelhamid, Lili Bouziane, Yahyaoui Abdelkader, Sidhoum Belabbès, Naoum Bénamar, Mahdjoub Hammi, Semghouni Mohamed, Lacarne Abbès etc.

Je crois avoir expliqué les raisons de mon interpellation, le fronton du théâtre ne peut que porter ce nom,  Honneur d’un théâtre d’avant-garde où le nom de Berthold Brecht fut illustré alors que le prestige de son théâtre populaire n’était limité qu’à l’ex-RDA avec sa comédienne Helena Wesgel ; depuis il en est devenu le chantre et le modèle du théâtre militant.

Au moment où s’organise à Sidi-Bel-Abbès le Festival du Théâtre Professionnel, le souvenir impérissable de Saïm El Hadj doit être consacré à son juste mérite, rendons à César ce qui appartient à César. C’est à l’appel de ses nombreux disciples, amis et élèves – et aussi de mon devoir – que j’ai cru utile de réactiver son souvenir et de lui éviter ainsi une seconde mort tel un fugitif qui aurait voulu qu’on perdît sa trace. N’a-t-on pas dit que  « les grands hommes ne meurent jamais » ?

Lors de cette entrevue, que dis-je ? de cet aparté, la Directrice nouvellement désignée nous a assuré de l’intérêt qu’elle accordait à ce sujet et la prions encore à cet instant de raviver le souvenir impérissable d’un citoyen de la ville qui n’a pas à être voué à l’oubli. J’étais bien aise d’en parler car j’étais témoin d’une partie de son parcours. A ceux qui ne partagent pas mon point de vue, ils en sont libres mais, de grâce, nous leur suggérons de défendre leur opinion avec des témoignages probants et leur conseillons d’éviter l’ouï-dire qui ne relève souvent que le côté médisant de toute chose. Lorsque l’on a expliqué les raisons sur lesquelles on a appuyé son sentiment, j’estime que c’est loin d’être suffisant.

Il faut, pour convaincre, être témoin des événements et pour cela SAÏM El Hadj peut s’honorer d’avoir servi son pays en sachant qu’aucun être humain ne peut se prévaloir de la perfection à l’exception des êtres messianiques. N’opinez que le vécu, le rapporté est trop souvent chargé par l’usure du temps.

« Le théâtre est un temple sacré » écrivait Constantin Stanislavski. Ahmed Wahby, Abdelouahab Doukali et les frères Mégri ne m’auraient certainement pas contredit tant les paroles de SAÏM ont fait de leurs chansons des « hits parades » fredonnées jusqu’à nos jours.

Mademoiselle Faure, naguère Directrice de la culture de ce que fut le Département d’Oran a félicité SAÏM El Hadj après un spectacle de « Masrah Echaabi » en lui disant : « Ce que je retiens en l’homme que vous êtes, c’est la fibre d’un humain imprégné d’une culture théâtrale hors du commun ».

Assumons ce choix et proclamons-le ; Sidi-Bel-Abbès ne peut pas marginaliser, encore moins abandonner l’un des siens.

« Dors ma conscience dors » disait le poète. Je demeure serein quant à l’issue de ce débat, les Béni Amer ne peuvent qu’honorer l’œuvre exceptionnelle de l’un des leurs : leur bravoure légendaire serait d’autant rehaussée.

La méritocratie concurrentielle ne peut être invoquée entre deux hommes de culture que nous chérissons tous. L’un, Kateb Yacine, est du domaine de l’universel et mérite d’être mis sur les frontons des monuments nationaux. L’autre, Saïm El Hadj, est couvé dans un antre local et mérite d’y être identifié. Il se serait lui-même contenté de sa province.

Si l’on veut bien me passer l’expression « se taire c’est opter pour le mépris de soi-même », nous ne pouvons avoir honte de notre progéniture, nous en sommes fiers et le déclamons haut et fort : El Hadj ! Nous te devions cela. Ouf !!! Je me sens soulagé comme si je me suis affranchi d’une dette morale.

Par notre ami et grand frère :Si Abdelhamid Abdeddaïm.

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URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=28303

Posté par le Juin 8 2013. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

16 Commentaires pour “Journée Nationale de l’artiste :A sidi bel abbes Feu Saim el hadj ,pas encore au fronton du théatre de sa ville.”

  1. belabbes

    il ya des faux moujahidines qui décident dans cette ville

  2. Belamri abdelkader

    Nous l’appelerons théatre SAIM El hadj,qui pourrait en décider autrement,celui-là mériterait d’etre chasser loin de la ville car aucun homme averti ne saurait s’opposer à ce principe élémentaire au risque de se faire « lyncher  » pour son ignorance sur la grandeur des enfants de la ville.Celui qui ne connait pas el hadj SAIM Elhadj ,allah yarhmah et sa contribution à la culture dans sa ville et ailleurs où il s’est produit ne peut se prévaloir d’ etre un homme de culture et de théatre.Je mettrai ma main au feu,que meme le wali qui n’est pas de sidi bel abbes,connait Saim el hadj ne serait-ce que par curiosité culturelle et serait trés attentif à cette proposition qui impliquerait sa décision ,s’il viendrait à confirmer auprés de son entourage, ce qui est dit au sujet cet homme de culture,quand celle-ci ne nourrissait pas son homme.

  3. BADISSI

    Saim El Hadj un monument du théâtre qu’ont pas sue lui rendre hommage , c’étais la fierté de bel abbés , je crois qu il animée une radio local qui émettais du coté du stade des trois frères Amarouche .

  4. un belabbésien

    Passer aux actes un comité et exiger celui la est unfils de SBA

  5. sabi

    un joli texte et un questionemment qui mérite réponse

  6. abbes megherbi

    c’est avec plaisir que je lis mr Abdeddaim hamid,car sa ligne directrice est inchangée et inchangable.donné le nom de Saim el hadj au theatre de sidi bel abbes ne serais que rendre a cesar ce qui appartient a cesar..homme de culture et grand dramarurge,se serais lui rendre hommage et reconnaitre son travail pour la culture.agissons tous ensemble afin d’influer les aurorites a satisfaire une demande legitime de toute la population belabbesienne.

  7. Abbes

    Pourquoi une bibliothèque porte le nom de quelqu’un qui n’a rien à voir avec la culture ?
    Pourquoi Saim el hadj qui était au service de la culture son nom n’apparait pas dans l’un des établissements de la direction de la culture ?
    Pourquoi monsieur Abdedaim n’ira pas voir le wali pour lui exposer cette revendication légitime?

  8. HakemA

    C’est le pionnier du théatre à Sidi Bel Abbes!Pourquoi ne pas donner le nom de Saim El Hadj à notre Théatre?

  9. Chot Lahcène

    excusez moi j’ai oublié d’inscrire mon nom et prénom l’anonymat c’est pas mon fort …

    Mr Saim El Hadj ….était notre professeur d’art dramatique ….je me rappelle du travail théâtrale que nous enseignait Mr Saim allah yarhamou ,était digne des grands dramaturges du monde contemporain …Je me souviens avoir joué dans la pièce « Emir Abdelkader « ….et ensuite « djeha »….avec Lacarne Abbes….Issad dit chipa Issad khaled ..Mehdi kader allah yarhamou ….La grande époque Belabbessienne ou l’élégance la noblesse était de mise ….Le Grand SAIM EL HADJ Allah yarhamou était un grand patriote ,un homme doué d’une grande culture …..grâce à cette génération d’hommes que nous avons pu évoluer vers le bien être intellectuel et spirituel après l’indépendance …….ALLAH EST GRAND

  10. BADISSI

    j’ai entendue parler qu’il y avait une chaîne radio local qui émmété deux ou trois heurs par jour son siège était a coté du stade des trois frère amarouche et monsieur saim étais membre , j’aimerais avoir le témoignage des connaisseurs merci

  11. abbassi

    Cela est vrai de nombreux Algériens participaient dans les radios ou des émissions en arabe Alger Oran Constantine La notre se trouve rue des frères zaoui la ou il ya le centre appareillage des handicapés coté rue du stade.Saim a eu l’idée de jouer une pièce revolutionnaire en 1953si badissi…

  12. BADISSI

    Merci abbassi mon frère pour votre témoignage , j’aimerais que la V.D.S.B.A CONSACRE UN ARTICLE SUR CETTE RADIO LOCAL DE L EPOQUE .

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