La Voix De Sidi Bel Abbes

« je me souviens de mon entrée à l’école « …. de M.Faraoun et Un témoignage édifiant de Mr. Bouchentouf Ghalem.

Parmi les élevés scolarisés de post-indépendance et autres la célebre phrase de l’écrivain Mouloud Feraoun : « je me souviens de mon entrée à l’école comme si cela datait d’hier est toujours en mémoire en cette rentrée scolaire 2012/2013 pour nous tous parents , retraités , enseignants…a cela s’ajoute pour nos lecteurs Un témoignage édifiant de ami et frère Mr. Bouchentouf Ghalem. etabli a Rouen

Pour cette année c’est pour le dimanche 09 septembre qu’est fixée la rentrée scolaire pour tous les paliers de l’enseignement (Primaire, Moyen et Secondaire). Et ils sont nombreux les peres de familles obligés de garantir toutes les exigences matérielles de leur progéniture (habits, vêtements, chaussures, cahiers, Trousses, et même trousseaux dans certaines localités). De nos jours, les enfants sont exigeants et très catégoriques… Ignorant généralement les incidences financières de leurs demandes pressantes. En evoquant cela, nous vint l’idée de publier un poignant témoignage de Mr. Bouchentouf Ghalem qui vient d’etre publié dans le livre d’or du site des quat’za (Association des Anciens eleves du lycée Azza Abdelkader) que preside notre grand frère et ami Mr. Lekhal Benyahia. Le dit témoignage du potache que fut Mr. Bouchentouf Ghalem actuellement installé en France concerne les conditions de scolarité des Algériens (du moins l’écrasante majorité)  en poste d’indépendance, une période tumultueuse pour un pays qui venait de reconquérir sa souveraineté  nationale avec tous les aléas de l’époque. Les temps ont changé, le sacrifice et l’abnégation pour la quête du savoir des Bouchentouf and co nécessitent d’être connus, médités par nos  enfants trop capricieux et gates parfois. Voyons l’intégralité du témoignage retenu par nos soins :

»Cette rubrique étant appelée à vivre par vos soins, chers amis j’attends toujours avec plaisir de partager vos souvenirs, alors pour les timides ou ceux dont la mémoire a fléchie, voici une anecdote de ma part que peut être certains parmi vous ont vécus. Entrer au lycée en ce début mouvementé des années soixante,était l’espoir et la fierté de toutes les familles ravies de voir leurs progénitures accéder enfin au savoir. Apprendre à lire et à écrire c’est ce qui a sauvé notre jeunesse, mais entrer au lycée dépendait aussi de nombreux facteurs indépendants de notre volonté. Dans mon cas,l’obstacle majeur fut la constitution du trousseau pour rejoindre l’internat. Ah le fameux internat ! Pour y entrer il fallait acheter des tas de choses qui semblaient superflues, inutiles pour ma pauvre mère,deux paires de drap,quatre paires de chaussette,des gants de toilette,des taies d’oreiller,deux pyjamas et même une brosse à dent etc.Il était normal donc que je disparaisse du paysage scolaire,car elle n’avait pas les moyens de me payer cet inaccessible sésame, elle qui nous élevait toute seule depuis la disparition prématuré de mon regretté père en 1950 à l’âge de trente ans.De toute façon cela l’arrangeait fort bien,car à chaque rentrée scolaire elle me répétait que c’était ma dernière année d’école,j’entendais souvent cette ritournelle surtout quand arrivait les grandes vacances et que je gagnais quelques sous pendant les vendanges pour l’aider à acheter de la nourriture,le strict minimum pour affronter l’hiver. Mon frère ainé rompu au travail de la terre depuis l’âge de quinze ans me la répétait aussi,quand est ce que tu vas m’aider ? Il est grand temps que tu travailles,les livres ne rapportent rien ! Je disais toujours d’accord… d’accord… mais je savais que je ne le ferais jamais. A cause donc de ce satané trousseau, je n’ai pas pu rejoindre le lycée à temps.On me proposa alors de suivre le cours du certificat de fin d’étude où l’instituteur,Mr Abdedaïm un jeune novice du cru s’intéressa à mon cas. J’ignore encore comment cela c’est produit,ni comment il avait fait, mais grâce à lui j’ai pu enfin retrouver ma place au lycée trois mois après la rentrée scolaire en novembre 1963. Un élément d’explication en était mon oncle paternel convaincu par les arguments dudit instituteur,il m’acheta toute la panoplie du parfait interne,avec en sus une énorme valise en carton que je trainais péniblement. J’allais pour la première fois voir ce lycée dans cette cité de Sidi-Bel-Abbès que je découvrais pour la première fois,terrorisé par la foule immense,le bruit des klaxons et intrigué par des feux clignotant qui passaient du rouge au vert comme par enchantement.J’étais déjà en retard ce premier jour de ma rentrée,accompagné de mon frère tout aussi éberlué que moi,on s’était perdu ne sachant pas très bien expliquer aux gens notre destination finale.L’accueil de la direction a été plutôt indulgent et chaleureux,quoi dire de plus après une si longue absence!On fit brièvement les présentations et après une rapide visite de l’endroit où j’allais vivre une partie de ma vie:L’internat,on m’amena directement dans une grande salle où je ne reconnu personne.Mes copains du primaire qui m’avaient accompagnés si longtemps n’étaient même pas là,il faut dire que beaucoup d’entre eux avait été dirigé vers le C.E.T pour apprendre un métier,c’est là que j’aurai dû atterrir,moi qui avait défié une loi non écrite et qui voulait être conducteur de train,allez savoir pourquoi?Au début le lycée avait été un espace angoissant où tout était si différent de mon école,on faisait l’appel en énumérant des noms à dormir debout,comparé à Tchouktchou et Kharbouche le mien était loin d’être ridicule,quoique? On changeait de professeur et de classe à chaque heure,il y avait des contrôles toute l’année, des examens en fin de trimestre et un tas de choses qu’il fallait faire et dont je ne sais plus comment j’ai pu les faire.Je me suis vite adapté à ma situation malgré de nouvelles matières comme la musique à laquelle je ne comprenais rien de rien. J’ai compris aussi que je devais faire un effort supplémentaire pour combler mon retard,et les gifles à la moindre défaillance d’un cousin bienveillant, surveillant d’internat aussi sévère que le taleb de mon école coranique, m’ont été très bénéfiques,merci Djelloul Dieu te les rendras!En bien évidemment.J’étais fasciné et curieux à la fois par autant d’élèves,c’est là que j’ai fais la connaissance d’autres enfants que mes infortunés compagnons du village au bord d’un oued endormi. Ils venaient de toute la région,de villages et de villes lointaines dont j’ignorais totalement l’existence,Mascara,Saïda,Perrégaux, Vialar etc.Il faut dire que je connaissais mieux la France,ce pays de cocagne aux montagnes enneigées,aux plaines verdoyantes traversées par des fleuves et des rivières que l’on apprenait par cœur,ainsi que ses villes et ses chefs lieux de département.J’ai vite sympathisé avec deux d’entre eux et je ne sais comment nous étions devenus les meilleurs copains du monde,l’un parce que son nom de famille venait juste avant le mien:Brahim,l’autre parce qu’il était noir et me racontait plein d’histoire sur les gens du Sahara dont il était un descendant,histoire de djinn,histoire d’esclaves et de sable mouvant.Ah Rabah!La force tranquille d’un gardien de palais orientale,nous avions bien des choses en commun même si au début il m’effrayait avec ses yeux roulés comme des billes agates et ses narines en forme de trompette,avec lesquelles il sortait toujours vainqueur dans un jeu débile du jet de graine de raisin.Puis ce fût la première nuit loin de ma famille,loin des bras de ma mère où je m’endormais du doux sommeil de l’enfance dans un lit collectif à même le sol en terre battue. Maintenant qu’on m’a apprit à enfiler un pyjama,à faire un lit,un vrai lit avec sommier et matelas,je ne pouvais plus m’endormir! Ah si je pouvais dormir seul,dormir tout seul par terre dans le silence de la cour sous le grand marronnier,mais de grâce pas dans ce dortoir au plafond bas et étouffant,pas parmi ces ronflements de tout une escouade d’enfants qui bavardaient et criaient dans leur sommeil,avec en plus les sommations d’un pion hystérique qui ne dormait jamais,et qui demandait le silence en vain, n’est ce pas Mr Rahal? Aïd Moubarak à tous!  ».

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Posté par le Sep 3 2012. inséré dans ACTUALITE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

38 Commentaires pour “« je me souviens de mon entrée à l’école « …. de M.Faraoun et Un témoignage édifiant de Mr. Bouchentouf Ghalem.”

  1. smain

    Une rentrée scolaire source de tracas financiers aprés l’inflation de ramadhan et ces jours de septembre et les hausses vertigineuses

  2. Harmel sidibelabbes

    un bon rappel des faits vécus et des sacrifices endurées.

  3. sans reproche

    La rentrée des classes est proche mais cette période de l’année me rappelle immanquablement ce texte que j’avais appris à l’école primaire, il y a bien longtemps, et que j’aime toujours autant :
    “Je vais vous dire ce que me rappellent, tous les ans, le ciel agité de l’automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent ; je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg (jardin du Luxembourg) dans les premiers jours d’octobre, alors qu’il est un peu triste et plus beau que jamais ; car c’est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues. Ce que je vois alors dans ce jardin, c’est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s’en va au collège en sautillant comme un moineau. Ma pensée seule le voit ; car ce petit bonhomme est une ombre ; c’est l’ombre du moi que j’étais il y a vingt-cinq ans.

    Il y a vingt-cinq ans, à pareille époque, il traversait, avant huit heures, ce beau jardin pour aller en classe. Il avait le cœur un peu serré : c’était la rentrée.
    Pourtant, il trottait, ses livres sur son dos, et sa toupie dans sa poche. L’idée de revoir ses camarades lui remettait de la joie au cœur. Il avait tant de choses à dire et à entendre.

    C’est ainsi qu’il traversait le Luxembourg dans l’air frais du matin. Tout ce qu’il voyait alors, je le vois aujourd’hui.
    C’est le même ciel et la même terre ; les choses ont leur âme d’autrefois, leur âme qui m’égaye et m’attriste, et me trouble ; lui seul n’est plus.
    C’est pourquoi, à mesure que je vieillis, je m’intéresse de plus en plus à la rentrée des classes”.
    Ce texte est dû à Anatole France ( Le livre de mon ami, X. Les humanités)

    • a.Dennoun.

      Merci Ghalem d’avoir partage ce joli recit, j’ai bien aime.
      merci eglement a sans reproche pour ce beau text d’Anatole F.
      plasir de vous relire,
      A.D

  4. Un parmi d'autres

    Je commencerai mon commentaire par une trèS belle citation de Victor Hugo qui avdit : Celui quolibet une porte d’école ferme une prison .
    J’ai lu le récit de mon ami Bouchentouf G et je me suis vu plus de 5 décénies en arrière et surtout en voyant l’école ou mou défunt papa a usé ses fond de culottes et en son temps ce n’était pas de la tarte il parlait bien entendu des années 1920 puisqu’il avait fréquenté l’école Marceau quand à moi lorsque j’ai vu mon école sur la 2ème photo j’ai pené à la visite que j’avait faite avec mes enfants en leur montrant les classes de CE.1,CE.2 et CM.1,CM.2dont la fenêtre était recouverte d’un carton faisant office de vitreet là j’avais pensé à mon directeur Mr Vivier,et mes instituteurs Mrs Cortès ,Pizano, et Camañes .
    Je me souviens que de mon temps il y-avait un mur entre l’école des filles et celle des garçons et que les élèves entraient par une porte dont les escaliers furent supprimés et la porte muréealors je préfère m’abstenir de raconter l’état de vétusté de cette école ou mes frères et sœur ont appris à lire et à écrire et de cette bonne éducation ou la morale et l’instruction civique fure dispensées au enfant et malheur si à l’entré de l’école nos mains n’étaient pas propre ,c’était le retour à la maison les enseignants de cette époque était intransigeants et il ne badinaient pas avec l’hygiène qui est un grand sujet ou tout le monde s’en moque aujourd’hui .
    À tous les anciens élèves de cette école ainsi qu’aux autres des différentes écoles de la ville je vous salue écolièrement et de vous dit GAI-GAI-l’écolier

  5. nabila t sba

    Poignant témoignage ; dure était cette époque.Merci a nos parents

  6. benhaddou boubakar

    formidable recit de notre grand frere GHALEM qui n’est pas a presenter par ses recits qui font chaud au coeur,croyez moi chers lecteurs(trices) que les paroles m’ont eveillè en moi bien des souvenirs et des souvenirs! j’ai envie de serrer les mains de si ghalem et un parmi d’autres et de leur dire:oh combien vous avez souffert pour en arriver la! bien sur on a tous souffert,mais lire bouchentouf nous donne l’envie toujours de rememorer nos passès inoubliables:merci ghalem et que dieu vous garde avec ta famille:allah yarham elwalidine wald blad!

  7. elhadj abdelhamid

    Mon cher Bouchentouf Ghalem
    Elle nous a semblé bien fugitive, ta visite ramdanienne toi qui filais vers le Nord comme une étoile.
    On avait oublié le thé et les gâteaux en écoutant Si Lakehal Benyahia et même Toufik, Khayi, est resté coi.
    Cheniti Ghalem a eu vent, je ne sais par quel canal ( peut-être Canal Plus) du thé de la  » ghacha » et a promis de nous le faire payer même si je lui ai juré que c’était une surprise.
    Bonne rentrée à tous inchallah!

    • Bouchentouf

      Salem Si Abdelhamid.
      C’est vrai que cette visite fut de courte durée mais j’étais très content d’avoir mis enfin un visage sur l’auteur de « Schlomo ». Il est vrai aussi que la rigueur du jeune et la torpeur angoissante d’une chaleur de braise annihila toutes mes intentions à vouloir rendre visite à d’autres amis de VSBA auprès desquels je demande d’être indulgent avec un vieux qui commence à prendre de l’âge et qui devient un peu gâteux. In’challah à une autre fois promis !
      Maintenant que je suis revenu à la vie normale et après une longue pause où j’étais déconnecté c’est aussi la rentrée des classes pour moi qui travaille encore dans un lycée et ici en France aussi ce n’est plus la même ambiance de celle que l’on avait vécue autrefois. L’Education est dans une situation délicate en porte à faux avec la modernité et ses pulsions hyper médiatisées qui créent une brouille hiérarchique entre les générations et par ricocher entre les profs et les élèves. Pour assurer ce décalage dans une société pitoyable et délabrée surtout dans les banlieues où sévissent racket, sexisme et violence, le nouveau ministre de l’Education prône le retour d’une morale « laïque » tournée vers le passé proche de la problématique des élèves. Une morale ordinaire donnant aux élèves des outils pour se construire en remettant la culture au cœur du système désastreux de l’école-garderie où devant l’incivilité, la provocation narquoise des élèves ancrées dans un communautarisme sectaire qui reflètent un phénomène migratoire incontrôlé, les professeurs exaspérés sont réduits à se demander quotidiennement comment faire pour tenir une classe ?
      Pour conclure j’aurai souhaité avoir des informations sur les statistiques de cette rentrée scolaire à Sidi-Bel-Abbès : Nombre d’élèves, de profs, de Lycées, de CEM, qu’elle est le budget de fonctionnement sur une année du lycée Azza par exemple etc. car ici rien n’est tabou tout est exposé et dit au premier jour de prérentrée par les médias et même par les journaux communaux concernant les écoles primaires.
      Amitiés à tous(tes).

      • elhadj abdelhamid

        Bonsoir, Si Ghalem
        Au moins une bonne nouvelle pour l’école algérienne en cette rentrée 2012/2013 ; le ministre ( qu’on disait proche de Poutine ) à la longévité du règne bananière ( il n’était pas loin d’égaler le record de Kaddafi) a rangé son cartable. Ouf !
        Ta rentrée au lycée paraît en tous point semblable a celle de Fouroulou, le fils du pauvre de Mouloud Feraoun qui a du attendre, comme toi, une bourse, pour rejoindre le sien.
        Comme quoi, même  » indépendant » , Fouroulou, le fils du pauvre, est resté Fouroulou.
        Pour  » philosopher  » comme des amis lecteurs, moi je pense que celui qui ne connait pas son passé ne peut se prévaloir d’un présent et encore moins d’un avenir. Le passé n’est pas un refuge mais un repère face à la fatalité du présent morose. Et , pour ma part, à titre d’illustration de mes dires, moi qui ai eu l’heureux privilège d’être le major d’une classe de Treminale S, l’année 1972/1973, qui avait connu un taux de réussite au bac  » européen  » ( + de 80% ) , je souhaiterais que  » l’enseignement » d’aujourd’hui puisse étudier les méthodes du passé…pour préparer un meilleur avenir!

  8. hadj dekar SD sba

    un témoignage pour ne pas oublier que notre génération a souffert

  9. benhaddou boubakar

    je demende a mr vezon,claude b ,ou giselle,de nous retracer un peu leur premiere scolaritè en algerie (sans arriere pensèe svp); tres cordialement mes chers.

  10. benhaddou boubakar

    ilo y’a des personnes qui aiment releter les faits du passè comme moi,ou est le probleme mon cher? comme tu veut « lecteur » oublies ce que j’ai ecrit! merci!

    • Bouchentouf

      Salem Si Benhaddou
      J’avais joins une suite à l’attention de Mr Benhaddou qui pour des raisons techniques n’a pas été diffusée tant pis, je tiens donc à lui réitérer mes salutations et lui souhaiter une bonne rentrée scolaire ainsi qu’à tous le corps de l’enseignement de Sidi Bel-Abbés, puis surtout continuer de croire à leur dure et noble mission éducative dont j’ai eu un petit aperçu le temps d’un furtif enseignement (3 mois) en 1986 où dans un exercice de remplissage de cases appropriées à la nature de l’abri des animaux, j’obtins ce résultat global peu probant : « Étable » pour l’oiseau et « Clapier » pour le chien entre autre, comme quoi chez nous même les animaux ne sont pas épargnés par la crise du logement !
      Je répond à la personne ci-dessus citée qui se lamente de parler du passé, vous avez raison car si la passé ne s’oublie pas c’est le présent qu’il faut vivre et l’avenir qu’il faut construire, mais je pense que nos amis de VSBA ont voulu faire un clin d’œil à la rentrée scolaire d’aujourd’hui avec derrières les apparences des mots, un enseignement à faire valoir auprès de nos enfants en quête de vérité avec les épreuves spécifiques de la nature humaine bonnes ou mauvaises qui jalonnent leur vie. Si le passé vous rebute tant, prenez-le simplement comme un petit conte et laissez-vous emporter par la lecture sachant que chacun d’entre nous cherche ce qui lui est propre et que personne ne jouira du soleil d’un autre ! Cordialement

  11. ghosne elbane

    Je me souviens de mon premier jour de rentrée des classes les années 40 alors que j’avais 5ans j’étais en compagnie de mon Père le Maître d’école et son sourire ne me quitta jamais, ce fut alors la rentrée le 1er Octobre et la date était écrite sur le tableau noir à la craie blanche l’apprentissage des lettres ,l’écriture sur les cahiers avec de grosses interlignes et les feuilles de platanes jonchaient les places et le seuil de l’école et mon premier dessin ce fut la feuille de platane posée sur le pupitre noir avec ses nervures Pour cette rentrée un nouveau petit fils doit faire ses premiers pas à l’école et j’ai le même sentiment lorsque j’avais son âge . Bonne rentrée à tous les enseignants et aux élèves et notre Ousted Benhadou boubakar.

  12. benhaddou boubakar

    merci ghosne elbane,bonne entrèe pour le petit fils que j’espere sera comme jadis!

  13. HOCINE

    Mr Benhaddou , ton calme et ta Hekma te permettent toujours de prendre le dessus . Merci frére .

  14. Kacem Med BOUSMAHA, LIBERTE

    Bjr, ce témoignage de Mr Bouchentouf me rappelle ma première rentrée à l’école « comme si cela datait d’hier ». Elle fut en septembre 1964, alors que j’avais dépassé l’âge de cinq ans. Auparavant, mon inscription pour la rentrée scolaire, elle a eut lieu au courant du mois d’avril de la même année au bureau de Mr Pizano, ex directeur de l’école Emir Abdelkader (ex Marceau) située en bas de l’avenue lieutenant Khelladi (ex Kléber). Aussitôt les formalités de l’inscription terminées (5 minutes), l’éducateur que fut Mr Pizano, m a remis avec un long sourire le bulletin d’inscription et un bonbon, en me soufflant (Prépare ton mon fils pour lundi prochain), à partir de 7:30. Donc, je saisi cette occasion pour rendre un vibrant hommage à mes anciens maitres de l’école ex Marceau qui m’apprirent à lire, à écrire et à compter. Je pense essentiellement aux feus Laradji, Issad (allah yarhamhoum) et Carillo qui n’est plus de ce monde. Messieurs : Miloua Hadri, mlle Benattou, Djemli, l’égyptien Med Laid, Mme Carillo, Larbi, Zbida, Feddal et Salhi. Aussi, je salut au passage tous mes camarades de classes depuis le Cp et qui venaient des quartiers fg Périn, Sidi Amar, cité télégraphe, route d’Oran, cité Senra.

  15. Kacem Med BOUSMAHA, LIBERTE

    pardon, j’ai omis de citer les maitres Mr mime et feu Mr Lahmar.

  16. Kacem Med BOUSMAHA, LIBERTE

    Mime

  17. Mme Mostefaoui SAB

    C’est trés gentil de ta part si kacem; tu nous a as éclairé et ceus sont ces souvenirs et ces reconnaissances a ses maitres qui sont importants Merci monsieur et bonne continuation dans la presse a Liberté et avec la voix desba

    • Kacem Med BOUSMAHA, LIBERTE

      De rien Mme Mostefaoui, s’est un devoir et une reconnaissance de ma part envers ceux qui m’ont Illuminés, alors que je fus une feuille blanche.

  18. naimi

    autre temps d’autres directives qui nuisent plus qu’elles n’apportent de solutions .et je ne pense pas que les choses vont changer,helas,je ne dis pas ça par pessimisme ,c’est le mode de vie qu’on mene qui fait entrave.il faut etre iconoclaste pour pouvoir le reajuster.

  19. merabi

    beau texte ; une sérieuse rétropspective pour nos enfants dourlotés

  20. OUHIBI REDA

    j’avais souhaité que d’autres amis et fidéles lectrices nous en parlent

  21. Anonyme

    mon commentaire a ete malencontreusement ecorche et ou je faisais allusion a ma 1ere rentree en 6eme et en internat et comme par hasard il fut au meme patelin que le votre c-a-d-r a boukhanefis a l’ancienne prison transformee en cem;je me souviens du1er texte de MOULOUD FERAOUN(je me souviens comme si cela datait d’hier)et des poemes de PAUL ELUARD SUR LA LIBERTE5SUR MES PAPIERS D4ECOLIER SUR MON PUPITRE ET LES ARBRES)ce fut une epoque memorable ou la rigueur etait de mise,,allez demandez ça anotre progeniture,.

  22. un vrai abbassi

    A mr SMAHA il y avait eu la visite du fils de ton ancien directeur d’ecole MARCEAU Mr PIZANO ces dernieres années il est bien placé (directeur de l’usine aéronautique qui fabrique des helicoptéres de guerre en afrique du sud) c’est une information en plus pour toi qui est journaliste ,salut

    • Kacem Med BOUSMAHA, LIBERTE

      Merci, Vrai Abbasi , je me souviens trés trés bien de cette visite du fils de Mr Pizano et de sa soeur qui furent mes voisins de l’avenue ex Kléber, car je les rencontré par hasard au niveau de place Carnot. Je ne dirais pas plus et je remercie beaucoup mon ancien instit Mr Miloua.

    • Anonyme

      bjrs d’une ancienne eleves de l’ecole marceaux et pour son ancien directeur;Mr pizanno ah oui je me rappelle mais quelle beaux souvenir ces beaux poeme je me souviens comme si cella de mon entree a l’ecole un matin…ET le poeme de la grenouille qui veut se faire aussi grosse ke le boeuf …merci pour ses informations allah aykhalikom.

  23. naimi

    il s’agit de moi ,au dernier commentaire ,l’anonymat n’est pas ma tasse de the,j’ecrivais en omettant de mentionner mon nom..

  24. Un parmi d'autres

    Ce matin en prenant mon p’tit déj j’ai reçu un message de MSN que je fait partager aux lecteur et j’ai pensé que la partie la mieux adaptée est cette colonne sur la rentrée scolaire et sur le lieu de l ‘éducation qui est l’école et non la rue.
    Voici une partie de cette article-message.

    (AFP) – La ville de Bruxelles a décidé de lutter plus vigoureusement contre les insultes proférées dans la rue, qui seront désormais passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 250 euros, a-t-on appris mardi de source municipale.
    « Toute forme d’insulte est désormais punissable, qu’elle soit sexiste, raciste, homophobe ou autre », a expliqué le bourgmestre (maire) socialiste de la capitale belge, Freddy Thielemans. Inédit en Belgique, ce dispositif vise à lutter contre le sentiment d’impunité pour les incivilités quotidiennes.
    La municipalité a conclu un protocole d’accord avec le parquet, qui laisse la possibilité à la première de punir d’une amende administrative de 75 à 250 euros les injures, mais aussi les vols simples et les coups n’occasionnant pas de blessure.

    Y-aura- t- il un jour pareil tolérance sachant que la semaine dernière une jeune fille s’était faite agressée et tabassée par un un jeune au vu et sud des gens qui passaient et même devant les agents des force de sécurité qu’on pourrait appeler force de
    De l’insécurité et tout cela s’était déroulait sur le Bd Didouche Mourad . Est-ce l’anarchie et la loi de la jungle à ce point là.

  25. Zouaoui Benchikh

    Ghalem, je te salue et chapeau bien bas!

    Tu sais, ton merveilleux texte fait ressurgir moult souvenirs de nos premiers pas à l’école, quand, au début d’octobre aux matinées brumeuses et au milieu des feuilles mortes (à l’époque, même les saisons observaient scrupuleusement leur horaire et leur calendrier), nous découvrions, mes amis « arabes » et moi, ce qu’étaient une table, un tableau, un crayon, et la maîtresse…française.
    Bien sûr, ces souvenirs restent vivaces, mais ils ne doivent pas cacher ce qui tu décris si bien, « le satané trousseau » que tu ne pouvais constituer, »le lit collectif à même le sol en terre battue », bref, les immenses besoins, voire la misère dans laquelle grand nombre d’algériens se débattaient.
    A propos de souvenirs d’enfance et de besoins criants, je voudrais te raconter une anecdote :
    Rentrée scolaire Octobre 1960. Je venais, alors, d’accéder en 3° au Leclerc. Mon camarade de classe Fernandez, qui s’habillait comme un mannequin, était le fils d’un colon établi à Témouchent. Le jour de la rentrée, il vint me voir et me trouva tout noir.
    – Ca se voit que tu as passé tes vacances à la mer, me di-t-il.
    Je répondis que oui. Et pour lui faire avaler mon mensonge, je lui parlais des belles plages, des bateaux qui passent là bas, à l’horizon, du poisson qu’on trouvait dans la mer, c’est-à-dire de ce que racontaient les images et les livres. Car la mer, je ne l’avais pas encore vue de ma vie.
    – Et toi, tu as été où, lui demandais-je.
    – Mon père m’a emmené à Rome voir les Jeux Olympiques.
    En fait de « vacances », pour moi, c’était un mois et demi de travail dans les jardins des colons et l’autre mois et demi, à faire les éreintantes et pénibles vendanges. Et c’est ceci qui explique le fait que mon camarade me trouva tout noir. Il ne savait pas qu’à mon teint naturel déjà bronzé, s’étaient ajoutés les dards brûlants des soleils de juillet, d’août et de septembre.
    Et ce sont ces « vacances » qui me permettaient de ramasser un peu d’argent pour acheter des fringues pour l’année et autres fournitures scolaires. Et ainsi, je pouvais laisser mon défunt père tranquille pendant quelques mois.

    Deux élèves d’un même lycée : l’un en vacances à Rome, l’autre aux travaux des champs.
    Et dire que l’on entend souvent des gens affirmer qu’avant, on vivait très bien !

    • R. TARI

      Monsieur Zouaoui Benchikh, je comprends votre amertume aussi, je voudrais vous dire que vous n’étiez pas le seul à ne pas partir en vacances . Dans ma famille, nous étions 3 enfants et nous ne sommes JAMAIS partis en vacances. Pour mes cousins et cousines qui vivaient soit à SBA soit à Oran, c’était la même chose et les rares copines qui partaient, c’était en colonie de vacances, en France. Je ne connaissais pas la Métropole et j’aurais aimé bien sûr, aller en France, comme elles, mais je ne les ai jamais jalousées. Je me suis toujours contentée de ce que mes parents pouvaient me donner et je vous confirme que ma jeunesse à SBA a été très heureuse.

      • Danielle B

        nous étions beaucoup dans ces cas-là, je ne suis venue qu’une seule fois en france avec ma grand-mère qui avait le bateau payé tous les 2 ans avec les cfa, nous étions venues chez une tante, sinon hé bien on se contentait de la piscine à SBA, des soirées sur la place Carnot avec les amis, la famille ou se payer une petite crème sur les glacis, je dois rajouter que j’ai travaillé dés l’âge de 15 ans à Oran chez un transitaire sur le port, et je gagnais à l’époque 300 frs , je donnais tout jusqu’au dernier centime à mes parents car à l’époque c’était comme ça, il fallait bien faire vivre une famille de 6 enfants, nous habitions un hlm et ma mère qui avait des mains d’or nous rafistolait vêtements, tricotait pour toute sa petite famille, je ne me suis jamais sentie malheureuse loin de là, ce que nous avions suffisait à notre bonheur et si c’était à refaire hé bien je voudrai revivre la même vie, entourée de tout ceux que j’aimais dans un pays tellement beau et inoubliable

    • Bouchentouf

      Salem Si Zouaoui
      Je viens juste de découvrir ton post et je suis d’accord avec toi, les vacances c’était surtout l’oued Mekerra sous les tirs de carabines à sel qui piquent les fesses. Nos ainés comme je le raconte ci-dessous n’étaient pas si heureux que le prétendent certains privilégiés de l’époque coloniale, mais il y avait cette insouciance de l’enfance pour nous faire oublier cette misère et surtout les jeux interminables où l’on profitait pour se remplir la panse de tous les fruits du secteur. Prière de lire celui sur de mon souvenir de foot Boukhanéfis-Sidi-Khaled cela te rappellera bien des choses j’en suis convaincu.
      Je m’arrête là car j’ai l’impression qu’il n’y que moi qui revendique cette pauvreté qui nous rend humble (lol comme diraient les jeunes) bon COURAGE à toi pour ta sympathique mission au sein de l’USMBA.Amitiés
      Lorsque je suis né et lorsque mes premiers cris s’étaient élevés, je fus accueilli par les pleurs de ma mère qui était déjà veuve. Mon père venait juste de mourir. Il avait à peine trente cinq ans. Il s’était éteint un mois de septembre triste, au moment où les vendanges tiraient à leur fin. Un mince tapis de rosée blanche couvrait les ceps de grenaches où ployaient d’abondantes grappes de raisins. Une manne providentielle causée par une pluviométrie exceptionnelle, aujourd’hui encore greffée dans les mémoires. Les premières heures des petits matins frileux étaient glaciales. Les vendangeurs se réchauffaient autour d’un feu de sarment improvisé, les mains derrière le dos tourné au foyer qui se consumait lentement. Ils attendaient avec fébrilité le coup de trompe sonore et monotone d’un commis dynaste moustachu, annonçant l’ouverture du chantier. Il régnait une atmosphère gaie et survoltée, laissant paraître la joie de cueillir les dernières grappes de raisins ridées par la gelée, prémices d’un hiver rigoureux et précoce. Une agitation particulière flottait autour de la benne tirée par deux chevaux robustes et dociles. Dans le vignoble en effervescence, se dégageait une folle ambiance, imprégnée d’une liesse collective. Une fête synonyme de rentrée d’argent et de ripaille joyeuse. Dans ce groupe hétéroclite de pauvres hères, mon père avait en charge la collecte du raisin doux, agrippé aux sarments tendres sous un feuillage touffu et verdoyant. Il était flanqué du titre de corbéro, mot espagnol signifiant porteur de corbeille. Il se faufilait entre les rangs serrés des ceps de grenaches qui s’accrochaient sur les versants abrupts des collines sombres du pays de Messer, massif altier projetant ses cimes au delà du silence des hauts plateaux désertiques.
      L’échine courbée et le dos rond sous un soleil timide, les vendangeurs cueillaient les fruits mûrs, dont la chair sucrée éclatait souvent dans leur bouche. Ils étaient payés à la tâche, au nombre de corbeilles pleines que Digo le commis d’origine espagnole, sachant à peine lire et écrire, consignait sur un calepin crasseux. Ils s’encourageaient mutuellement par des chants traditionnels, rythmés par le son d’un tambourin et d’une flûte en roseau. Ils remplissaient les seaux à une allure vertigineuse, sollicitant mon père de toute part en le hélant à tue tête. La hotte dégoulinant d’un jus de raisin visqueux qui attirait une nuée d’abeille sur son dos, il s’affairait à la besogne sans relâche, insensible aux piqûres de ces insectes du bon dieu que tout le monde ou presque vénéré à cause d’un verset du coran. Il s’acharnait à courir pour faire le maximum de tour, haranguant les coupeurs médusés sous la surveillance attentive de Mr Roussel, un colon alsacien au crâne lisse couvert d’un chapeau feutre blanc et perché sur son cheval alezan, les oreilles dressées piaffant sur la glèbe.
      Comme la majorité des hommes indigènes du moment, mon père était ouvrier agricole sans emploi stable. Lorsqu’il en trouvait un enfin comme vendangeur, il était exploité, recevant un salaire dérisoire suffisant tout juste à acheter le minimum, malgré une prime substantielle allouée au poste tant convoité de corbéro. Une semaine à peine suffisait pour mettre à mal les corps éreintés et harassés par un travail de longue haleine. Au retour de cette dernière journée de vendange, après des heures de marche à travers les champs labourés et gras, il avait retrouvé le logis familial pour un repos bien mérité.
      Ma mère me racontait qu’il avait versé un peu d’eau chaude de la bouilloire qui se tenait sur le kanoun, fourneau bas en terre cuite avec trois énormes trous pour ventiler le foyer. Puis, après avoir fait mousser son savon dans une cuvette en émail cabossée, il sortit dans la cour pour se nettoyer le corps du moût de raisin qui lui collait encore à la peau. Une peau sèche brunie par le tannin du raisin fragile, et gonflée par le venin des abeilles. Elle trouvait que cette opération lui prenait plus de temps que d’habitude. Depuis qu’il s’était plaint de migraine, suivie par de longs vomissements qui lui déchirait les entrailles, elle avait le sentiment prémonitoire d’une toilette mortuaire annoncée. De retour dans la pièce frais et émoulu, il s’était allongé sur une couche sommaire, réclamant du petit-lait qu’elle s’était empressée de lui servir une carafe pleine. Il l’engloutit d’une seule goulée, prenant soin de roter discrètement pour témoigner sa gratitude envers celui qui donne, en la ponctuant par un hamdoulillah timide à la gloire de dieu le clément, le très miséricordieux.
      Mon père aimait cette boisson aigre douce qui chatouillait les narines, apaisait la soif et calmait sa douleur. Une outre en peau de chèvre tannée gardait la fraîcheur de ce liquide blanc et onctueux, très apprécié au moment des fortes chaleurs. Je me souviens surtout de son goût de réglisse amère par la présence d’une résine noire, l’huile de cade, un goudron poisseux collé au bord du goulot. C’était la boisson du pauvre. Une boisson qui coule comme un fleuve au paradis et dont le goût ne s’altère jamais, plongeant le corps dans une douce léthargie à l’ombre des figuiers centenaires. Un cadeau du ciel, que l’on n’oublie jamais d’offrir, en remerciement des bienfaits que le très haut a accompli pour ses dévoués serviteurs. Nous l’avons toujours siroté par petite gorgée, une rasade accompagnée d’une galette d’orge chaude à peine sortie du tajine, baignant dans une huile d’olive rance au goût écœurant. Cela suffisait à calmer la faim qui engourdissait le corps, et à dissiper la douleur de l’esprit tiraillé par un mal de vivre omniprésent. Une misère profonde que la pudeur osait à peine dévoiler. Aucun signe précurseur de sa mort imminente n’était perceptible. Il a été foudroyé par un arrêt du cœur, aussi soudain que l’éclair imprévisible qui transperce le ciel, quand l’orage gronde et déverse ses trombes sur le village abasourdi. Il s’était subitement endormi sur sa couche d’un sommeil éternel, après tant de tumulte d’une simple vie étouffée. Une mort de dieu, comme disait ma mère, sans cause apparente, qui n’étonne pas les pauvres gens habitués à souffrir sans se plaindre. Tellement habitués à la douleur qu’ils avaient oublié le goût funeste de la mort. Est-ce un châtiment, ou une épreuve de l’éternel ? Est-ce une simple feuille qui se détache du livre de nos actes prédestinés, comme une vague qui se fracasse sur le rivage pour renaître du fond des abîmes ? Ou alors est-ce le destin, la fatalité inéluctable d’une vie temporaire ici bas où des anges gardiens, scribes omniprésents de nos turpitudes terrestres, témoigneront devant l’éternel de nos œuvres passés de mortels pêcheurs, et achemineront nos âmes du tombeau aux portes du ciel où chacun sera rétribué selon ses actes temporels. Ce n’est en somme qu’un poignant étonnement du destin traditionnellement accepté, la providence, elmektoub, c’était écrit comme on dit souvent dans le bled, quand l’ordre des choses est ingrat envers ceux qui souffrent. Vivre malgré tout, se mettre au coin du feu quand le bois est absent, que la cheminée tombe en ruine. Vivre, se tenir debout devant l’adversité, quand le corps indolent peine, écrasé par le poids de sa propre solitude.

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