La Voix De Sidi Bel Abbes

In Salah : “Venez voir comme nous vivons encore au moyen-âge !

In Salah, un nom qui évoque à lui seul la fortune, la richesse, le gaz naturel et ses revenus en Dollars et en Euros. In Salah, c’est une invitation au rêve pour les compagnies pétrolières qui veulent booster leurs bénéfices. Mais In Salah, pour ses habitants, c’est une autre réalité. Plus amère, plus dramatique, une réalité qui ne fait ni rire ni rêver.

In Salah, une petite ville située à plus de 1260 Km au sud de la capitale Alger, est loin de toute espérance. Son isolement dans le désert pétrifié de Tidikelt est tout sauf symbolique. Des routes défoncées, un aéroport minuscule, des pistes ensablées, des maisons colorées mais vétustes et des habitants qui errent dans des ruelles poussiéreuses, le décor planté à In Salah inspire rapidement l’inquiétude. Une caserne au milieu de la ville, des troupes qui circulent régulièrement pendant la journée, des enfants qui courent pieds nus, des jeunes désœuvrés qui rasent les mûrs jaunâtres, In Salah ne respire guère la joie ni la richesse ou l’aisance. Pour les 18 mille habitants de cette Daïra qui regroupe autour d’elle pas moins de 7 douars environnants, le quotidien rime avec rudesse, précarité et frustrations. Et pourtant, pas moins de 33 puits de gaz naturel sont exploités dans toute cette région par la compagnie Sonatrach et ses partenaires étrangers, BP, Statoil, Petrofac et d’autres. Des puits et des gisements de gaz qui font gagner des milliards de dollars. Cependant, à In Salah, cette richesse, on en entend parler, mais on ne la voit jamais !

“Il faut du changement” 

Alors que ses terres abritent des richesses inestimables, les habitants d’In Salah ne disposent d’aucun jardin public, parc d’attractions ou d’un centre commercial digne de la modernité. Pour échapper à la chaleur infernal de la saison estivale, la température dépasse facilement les 56 ou 57e, les jeunes de cette ville située au cœur du Sahara n’ont qu’une seule piscine datant de l’époque coloniale ! Elle a été à peine rénovée et renforcée. Le stade communal date lui aussi de l’époque coloniale même s’il a été un peu modernisé et réaménagé. Une seule Maison de Jeunes sert de refuge pour les jeunes de la localité en quête de divertissements. «A In Salah, on ne compte que sur soi. Personne ne pense à nous. Ici, on se réveille le matin sans jamais savoir ce que l’on va faire de sa journée». Ces mots sont de Ben Khira Saïd. Ce jeune 25 ans a fondé avec de ses amis un groupe de musique appelé Tikoubawin Saïd qui adapte les chants ancestraux de la culture targuie aux sonorisations de la guitare électrique et à leurs aspirations de jeunes en 2014. Mais pour chanter et composer à In Salah, il faut avoir un grand courage et, surtout, une énorme motivation. Dans ses yeux noirs, Saïd cache un profond désespoir qu’il tente de dépasser par sa musique. Une chanson, puis une autre, un rythme endiablé et quelques mélodies pour oublier, ce qu’il appelle, sa condamnation de naître à In Salah, au milieu de nul part et sur des immenses gisements gaziers. «Notre troupe a gagné le premier prix du festival de la chanson amazighe en 2013. Nous avons réussi cette performance alors que nous n’avons aucun matériel. Des mécènes nous ont aidé. Mais ni la direction de la culture ni les responsables de la wilaya n’ont voulu nous tendre une main amicale. Et pourtant, nous n’avons pas demandé du gaz ou du pétrole, mais juste de la considération», s’indigne notre interlocuteur sur un air où la déception se mélange avec la révolte pour donner naissance à un état d’esprit que peu de personnes arrivent à saisir tant la complexité de la vie à In Salah est difficile à décrypter. Qu’en est-il donc du 17 avril prochain ? «Il nous faut du changement. Mais qui va l’incarner ? Je ne le sais pas», confie encore notre musicien au regard ténébreux et au verbe enragé. Le changement ? Une nécessité existentielle pour Mohamed Zizah, un cadre trentenaire, pneumologue de formation, qui a étudié au nord pour revenir développer sa région.

«Nous sommes les victimes d’une politique de discrimination insupportable. Comment peut-on accepter qu’une région aussi stratégique qu’In Salah est reliée par un seul vol hebdomadaire à la capitale Alger !», s’étonne ce citoyen qui fait ouvertement campagne pour le candidat Ali Benflis. «In Salah en a marre du statut-quo. Allez voir dans les autres douars comment les habitants vivent.  Nous sommes encore au Moyen-âge en dépit de toutes les richesses de notre sol», assure-t-il avec un regard colérique que ses lunettes ont du mal à cacher.

Un seul gynécologue dans la ville et une eau salée 

Avec un seul gynécologue dans un service de maternité où tout manque dans  le seul établissement hospitalier de la ville, les habitants ressentent chaque jour cette discrimination dont ils sont victimes. Et encore, quand on est diabétique ou hypertendu, il faut aller parcourir des centaines de kilomètres pour trouver un médecin spécialiste. «A In Salah, si ton cœur te cause des soucis, il faut aller jusqu’à Ghardaïa pour trouver un cardiologue. La route est si longue que le patient risque d’y mourir. Pour une femme qui accouche, en cas de complication, il faut aller jusqu’à Tamanrasset à 720 km d’ici !», raconte notre interlocuteur dans une longue tirade où il énumère toutes les anomalies, les privations et les manques dont souffrent ses compatriotes à In Salah. Des anomalies et des injustices qu’on ne peut plus compter tellement elles sont nombreuses, grossières et humiliantes. En 2014, In Salah a toujours soif en dépit de son immense nappe phréatique. Comme l’eau est salée, il est nécessaire de la traiter pour la purifier. Mais la région dispose d’une seule  station de dessalement offerte par un groupement de compagnies pétrolières. Il en faut d’autres encore. Les autorités ont fait des promesses. Et les promesses tardent à se concrétiser. Le 17 avril prochain, In Salah se rappellera très bien de toutes ces promesses jamais tenues…

 

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Posté par le Avr 16 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

18 Commentaires pour “In Salah : “Venez voir comme nous vivons encore au moyen-âge !”

  1. Mohamed2231

    assalam 3alikoum khaoutis , la distance entre In Salah et Tam est 657 klms et non 720 klms

  2. Amirouche

    Bonjour

    Nos villes sont comme un cortège de voitures d’un mariage d’une famille modeste ,en tête Alger qui représente une assez belle voiture « sans contrôle technique » pour les mariés puis vient des voitures de plus en plus vieillottes. In Salah est une Renault dauphine où il n’y a rien à l’intérieur à part le minuscule rétroviseur pour voir TINZAWATINE où la vie est encore pire .
    Sincèrement ,est ce qu’il vous est arrivé de prendre un taxi dans un cortège de mariage ?
    Moi oui , « AL FDIHA » , surtout avec la couleur jaune qui flache et mon père qui me dit  » RKABE WA BELA3 FOUMOUK  »

    A plus !……….

  3. ABBASSI MDEGOUTI

    Ain salah se trouve parmis les villes les plus chaudes du monde comme par exemple BAGHDAD et KOWEIT CITY

    • Abdel Ahkar

      En fait, In Salah est la ville la plus chaude du monde en été (de mai à septembre), largement devant les capitales ou les grandes villes des pays du golfe Persique.

      À In Salah, ça monte facile à 55° à l’ombre en été, un vrai four. À Adrar, c’est presque la même histoire quoique légèrement moins brûlant. Le Sahara est vraiment un enfer pendant les mois les plus chauds.

  4. Adel

    La ville la plus proche est Adrar pas Tamanrasset Il y a 341 km entre Adrar et In Salah au lieu de 720 km
    Pourquoi dans cet article on ne parle pas du gigantesque projet qu’a réalisé l’état qui a pour but le transfert de l’eau potable jusqu’a Tamanrasset et sécuriser de nombreuses villes le long son parcours.
    un projet pharaonique
    3 MILLIARS DE DOLLARS POUR LE PROJET DU SIECLE vous n’arrivez pas a digérer ce fait.

    • BADISSI

      @Adel

      Bonsoir vous avez dit 341 entre Adrar et IN Salah alors pourquoi In Salah et une daira de tamanrasset et non pas d Adrar vous voyez il n ont meme pas bien penser lors du découpage Administratif , je suis partie a tamanrasset j ai passer une nuit a In Salah et j étais déçue par la situation de cette daira , vous parler projet du siècle (comme celui de la scandaleuse auto route ) eau potable , l eau qui part de In Salah et qui arrive a Tamanrasset est salée !! pour votre information j ai fait le trajet de bel abbés a tamanrasset en voiture donc j ai vue beaucoup d anomalies

  5. Amirouche

    @faty
    Tinzaouatine est une commune à 550km au sud-ouest de Tamanrasset situé à la frontière avec la Laponie .

  6. Adel

    Qu’essayez vous faire?
    le but d’articles pareils est de foutre le trouble dans le pays la veille des élections car cela n’arrange pas ceux qui veulent sucer l’Algérie jusqu’a l’os.
    vous avez peur que les nombreux projets lancé par l’état portent leurs fruits c’est pour cela que vous cachez des vérités
    ces réalisations c’est l’argent de ce gaz et pétrol qui est reversé au citoyens de toute l’Algérie
    BARAKAT laissez nous en paix !!!!!

  7. belabbésien

    Quel votre mission ici le moralisateur ? Cette information n’a rien avec le vote

  8. Adel

    @belabesien
    Ah bon !!! rien a voir avec le vote????
    Dans cet article il y a les mots et expressions suivantes ouvrez bien vos yeux et ouvrez grand vos oreilles:

    Sonatrch, Gisement gaziers, Targui, quete d’investissement , victime d’une politique de discrimination, caserne au milieu de la ville, des troupes qui circulent, inquiétude, statu-quo, le 17 avril prochain …………..et cerise sur le gateau (un citoyen qui fait ouvertement campagne pour le candidat Ali Benflis) HA.. HA ..HA… mélanger le tout et vous avez……………………..tout les les ingrédients nécessaires pour faire exploser l’Algérie et diviser les algériens .

    Mais vous n’arriverais pas a nous diviser et coloniser LE SAHARA car c’est ça le votre but.

    Nous avons un peuple uni ,lucide, des hommes capables et compétents et une armée forte.

    ARRETEZ !!!!! le peuple s’est réveillé il ne vous écoute plus!!!! il a choisi son camp depuis novembre 1954 OK ???

  9. Mohammedi

    Une kasma du FLN de bogttob qui analyse et avertit Mais ceci est une préocupation de citoyens

  10. faiza.b

    caserne au milieu de la ville ça existe aussi a sba???????

  11. Noria

    Attention, il y ADEL qui surveille, il faut dire que tout va bien … on ne manque de rien , tout marche bien, on n’a aucun problème en ALgérie … sauf que certain vont dans les hopitaux étranger pour se soigner …. sinon ça va ….

    • sid ahmed

      si boutef se soignai en Algérie les ennemis de l’Algérie aurai eu un alibi sur son incapacité a gouverner, sauf que boutef le rusé aujourd’hui a entre les mains un certificat médicale de son médecin personnel en bonne et du forme qui atteste et confirme qu’il dispose de toutes ses facultés mentales et pas de n’importe quel Hopital ,OK ?
      Hé oui ! il fallait y pensé !!!
      Le père de la nation va se rétablir tout doux ! tout doux , ne vous pressez pas et ne vous inquiétez pas, après le 17 avril il vous parlera longuement avec plaisir et en face.

  12. adel

    Bouteflika bouteflika. Bouteflika ……allé. allé. Allé

  13. adel

    Vive le président vive les algériens
    Pour plus de projets le développent pour la paix youyouyouyoyoyoyouyluyouiiiiiii. On à gagné

  14. Hassan

    J’ai visité In Salah plusieurs fois et traversé la route Tam-In Salah-Reggane-Adrar-Béni Abbes-Béchar. Comme moyen de transport entre Tam et In Salah, il existe l’avion, les bus et les taxis. trés peu des gens du Tell connaissent notre pays dans sa diversité géographique. Beaucoup par exemple pensent qu’ Ain séfra c’est le désert. En réalité les gens du sud disent::Ain Séfra la porte du Tell. Les travailleurs du nord quand ils retournent aprés leur travail dans le Hoggar, lorsqu’ils arrivent à Ghardaia , ils disent  »¨ca y est on est au nord ».
    Notre pays est vaste est magnifique. La notion de distance n’a pas la même signification au nord et au sud du pays. Quand un targui vous dit  »C’est juste ici » (La hna) cela veut dire environ 100km. Le relief aussi est changeant: Entre Adrar-Reggan c’est plat. Aprés Reggan, dans le Tidikelt et Blad El Mas, le relief devient chahuter jusqu’au début du Hoggar puis c’est les grandes  »garas »noires d’Ihouhaouen,In Hihaou et In Ziza et le reg vers Chat Eller pour se rendre à Tirek-Amesmessa puis en traversant l’In Ouzal on arrive à Timyaouine frontière du Mali.
    Le relief est tout autre entre Reggann et Borge Baji Mokhtar: C’est le desert absolu du Tanezrouf qui s’étend sur des centaines de KM. Quand la voiture 4X4 roule à 100 km sur la piste on a l’impression d’être au même endroit au milieu d’un cercle tellement c’est plat. Cela est surtout vrai pour le tronçon jusqu’à bidon V.
    Notre beau pays présente beaucoup de variété de couleurs: Si dans le nord on voit de la verdure liée aux arbres et à l’herbe au sud les champs verts sont représentés par des schistes qui pointent leurs feuilles comme des feuilles de choux. Le champs peut être traversé par des bancs de couleur blanche, rose ou noire du au marbre. Parfois oh surprise on se retrouve devant une guelta ou pousse du laurier rose (Askrem) ou une oasis avec de majestueux palmiers qui vous font penser au paradis comme à Djanet.
    Au sud le cœur le plus solide devient rêveur devant la beauté des Tassilis des Ajjers ou les Tassilis Ouan Ahagar. La roche sculptée par le vent forme des  »constructions » variées. Ici c’est un homme assis coiffé d’un Sombréro (Mdal), la c’est une grenouille, la-bas c’est des cheminées de fées comme à Tahaggart etc..
    Que notre pays est splendide, quel malheur que ses enfants ne le connaisse pas. Qui de nous connait Wallen, Tisseghérine, In ouzal, In Azoua ou Issoudad et Mariao? Qui des algériens du nord sait qu’Edembo, Imullulu et Abourak sont situés dans notre chére patrie.
    Qui a visité les Eglabs et le Yetti avec Djebel Morat et l’Erg Chenachen? Et pourtant, et pourtant c’est notre grand pays avec ses ressources diversifiées qui n’attendent que leur mise en valeur par ses enfants.
    Pour devenir patriote il suffit de connaitre son pays et dire fièrement comme un certain géologue algérien (Allah yarhamou) »Par dieu je ne changerais pas Paris contre Timgaouine »
    Le géologue avait étudié en France . Véridique.

    • Imène

      M’sse el kheir !
      Merci Hassan pour le voyage ! merci pour cette belle évasion ..Moi qui ne connaît que la géographie du nord , ses villes bruyantes , sales , entassées et sans âme ..je crois entendre le silence de ces grands espaces du sud profond..Par Dieu , je ne changerai pas mon pays pour un empire ! Salam Hassan , Tous..

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