La Voix De Sidi Bel Abbes

Il y a 55ans : Belarbi Abdelkader, Un nationaliste parmi les colons.

Ce début de semaine, la section du 8 Mai 1945 de Sidi Bel Abbes a organisé avec d’autres structures locales le 55éme anniversaire de l’assassinat du Kaid Belarbi Abdelkader en compagnie de son frère Cheikh, et ce par le tortionnaire Chuppin. Les initiateurs ont tenu surtout à faire connaitre le sacrifice de ces personnalités qui se sont sacrifiées pour la cause nationale. Pour de nombreux jeunes de postindépendance, l’itinéraire de ce nationaliste parmi les colons était inconnu, pourtant, l’ex village de « Baudens » porte depuis 1963 le nom de Belarbi Abdelkader. Pour notre part, nous tenterons de parler à travers un papier que nous avons déjà publié en 1995 dans le Quotidien d’Oran au moment, notre confrère l’écrivain Kamel Daoud s’occupait de la page régionale. Nous dirons qu’Il n’est jamais trop tard pour accomplir un geste de   gratitude envers ces hommes et femmes qui  marquèrent  de leurs actes notre histoire.

Belarbi Abdelkader et de ceux là. Ses innombrables actes de bravoure, son militantisme et ses sacrifices imprègnent les strates des mémoires et méritent une contribution, la noire en ce devoir de reconnaissance qui se veut une modeste contribution. Notons qu’en 1995 déjà, et en cette importante occasion, la D.E.C  et les S.M.A du village qui porte son depuis 1963, ont observé une halte en organisant des activités au centre culturel et ce, en présence des amis du chahid Tayeb et Derrar, Kadiri Kada Sahraoui qui  ont tenu à être présente aves ensemble des élèves de l’école fondamentale(CEM) dudit village, débaptisé le 11 aout 1963 (voir journal La république). Le village Baudens devint Belarbi, prenant le nom du martyr. Ainsi 55 années après cette grande cérémonie reconnaissance, en hommage à ces héros de la résistance, l’on se souvient de cet homme qui a su rependre  à l’appel de sa part et mourir debout pour que vive l’Algérie. Les emprisonnements ni répression aveugle ni les actes de barbarie et asservissement n’avaient pu venir à bout de notre vaillant peuple. Pendant la lutte de Libération nationale. La guerre de Libération déclenchée, Belarbi prépara au sein de sa famille, des révolutionnaires pour rendre le maquis : ses fils ses frères, ses neveux .La première cellule de Baudens secrête de la lutte armée dans la région et lit le maquis, avec notamment son neveu le capitaine Tayeb Nehari.

Durant la lutte, sa maison est devenue une cellule du secteur de l’ALN, où Si Azhari et Nouh trouvent refuge et confiance, passent des moments, combien édifiants, aux hôtes des Belarbi dans sa ferme actuellement en ruine, détruite par l’ennemi juste après sa mort.

La guerre fait rage : les fermes brulent par dizaines, les colons s’affaient, les militaires français font une répression aveugle dans la région .Belarbi se rend à Baudens rendre visite à sa sœur Belarbi Saadia, âgée de 75 ans, que ses deux fils qui l’ont quittés. Il trouve devant lui un ratissage destiné aux parents des maquisards, sa sœur qui pleurait devant sa maison dévastée par l’ennemi (militaires et C R S). Il lui dit « ne pleure pas ma sœur, fut ce que tu vois en mal et ruinée, c’est le chemin qui mène vers la liberté et tes enfants sont faits pour cette lutte. Moi si j’avais trente ans, je ne resterai pas là, et je suis certain que l’ennemi me vise et je   mourir sans voir les couleurs  Algériennes ».

Puis, se retournant vers ses amis Mes m Kada, Mimoun Hadj Ben Abdallah et          Ouharzoune, ex maire de ce village, leur dit : « l’ennemi me suit depuis longtemps, et je vais mourir dans cette guerre de libération. Je vous charge, sur parole d’homme, que si vous êtes saufs venez devant mon tombeau m’informer que la France colonialiste est partie et que l’Algérie est libre et indépendante ». C’est ce qui a été fait : ses amis sont encore en vie .Autour de sa maison, aux douars Hassainat et Melgherir. La répression est aveuglante .Sans pitié ; quatre-vingts  civils sont massacrée par des coups de marteau, jetés dans un puits profond, parmi eux, deux blesses, enterrés vivants, sortirent quelques jours plus tard du gouffre.

Ainsi, on apprendra  que Mokhtar Ould Belkhada Belarbi écrit une lettre au C.D.T au P.C Nahia deux zones V dans le but de relever le moral des populations. « Dites aux commissaires politique de contrecarrer la politique des SAS ». « Faites transformer le torrent de la révolte populaire en énergie créatrice ». « Dites au paysans de résister, de lutter .Après l’orage, ce sert le beau temps (victoire) ».

En citant le verset du Coran « Allah ne modifie pas ce qui est en un peuple avant que celui-ci n’ait modifie ce qui est en lui-même.»

« L’ALN, c’est le peuple armé, elle est l’incamation la plus élevée de ses aspirations révolutionnaires.

Son langage de baroud va dépasser les frontières montrant que L’Algérie n’est jamais française et qu’elle est déjà algérienne depuis le premier novembre 1954 ».

Des circonstance de son enlèvement , son gendre Madani Ahmed s’en rappelle comme si c’était hier .Belarbi était dans sa chambre ; dehors , une froide nuit d’hiver s’annonçait longue .Comme à son habitude ,Belarbi Abdelkader passait en revue les différents journaux de tendance différentes pour être à jour. Sa bibliothèque contenait de nombreux ouvrages,  tels que l’Express , le monde , l’Humanité , El- Bassair , El-Manar , El-Maghreb El-Arabie .Puis , il s’adonnait à ses méditation rituelle après la prière du soir . Il demeurait convaincu que la libération du pays n’était plus loin.

Il y croyait fermement et à chaque discussion aves ses enfants, il ne cessait de citer des exemples précis de peuples avant obtenu leur indépendance par le soulèvement.

A ses yeux, c’était la seule méthode d’aspirer à retrouver sa dignité nationale.

Il faut dire que ses convictions personnelles étaient presque veillent puisque déjà à l’âge de quinze ans il avait réussi à faire l’interprétation du Coran de manière aussi rationnelle que réelle, les études qu’il a entamées à l’E.P.S  Sidi Bel abbés ont d’avantage affermi les connaissances qu’il avait acquises au coté de son père .Si bien que, lorsque l’association des Ouléma a été créee, il fut l’un des premiers à y adhérer.

A chaque inauguration de Médersa, Bélarbi était là .Il tenait à marquer de sa présence tout événement à caractère national .A vingt heures trente, dans la nuit du 14 janvier 1957, il fut enlevé en compagnie de son frère Bélarbi Cheikh pour être lâchement assassiné. Ils entendaient un bruit inhabituel de grincements et de cliquements mêles à des maniements d’armes .Il n’a pas eu le temps de réagir que sa ferme était encerclée .Plusieurs officiers s’en sont approchés avec à leur tète le bourreau. Le capitaine Chupin de la S.A.S, notoirement réputé de Tenira à Sfisef pour son racisme et ses convictions.

Dans le groupe , il y avait les gendarmes qu’il avait ridiculisés à l’époque où il était encore caïd ; le moment était choisi, eux qui n’attendaient que cet instant précis .Un officier s’approche de lui l’invite ainsi que son frère à les suivre : « nous avons besoin de toi au poste »,lui lança t-il .Belarbi , bien qu’âge de 78 ans , su se contenir et s’avança aussi dignement qu’il le faisait dans le passé .Il observa autour de la ferme les innombrables points lumineux braqués sur le groupe.

Le ronronnement des moteurs lui rappela qu’il s’agissait d’halfracks et de GMS. Ils étaient peut- être deux cent militaires armes jusqu’aux dents venus arrêts un vieillard et son frère pour le seul motif de venger les colons voisins dont les femmes avaient été brulées la veille par l’A.L.N. Cela aussi, sentant sa mort certaine déchaine, engagent t-il un dialogue avec les officiers venus pour accomplir la « noble mission ».Mission qui confirmait encore le désir cynique qu’avait l’occupant à exterminer toutes les forces vives susceptibles  d’encourager la révolution.

« Je sais que je vais mourir dans une minute, leur dit-il laissez-moi vous posez d’abord quelques questions » .

« Si vous êtes dignes des officiers de l’armes française et de l’école de Saint Cyr, pouvez-vous m’enlever militairement I j’avais l’âge de 20 ou 30 ans ? »

« Savez-vous qu’elle est la valeur militaire et nationaliste de la personnalité algérienne qui est devant vous ? »

« Votre armée, qui est la quatrième puissance mondiale, n’est capable d’enlever que les femmes et les vieillards ! »

« Si vous êtes hommes, il y a des djounoud armés de l’A.L.N à deux kilomètre à accoté (et il montre le djebel Moksi ».

«  Je connais vos exploits et votre valeur militaire puisque  j’ai participé à la guerre mondiale où j’ai été décoré pour faits de guerre ».

« Dans une compagnie de l’armée française, les Algériens mouraient blessés au front ou à la poitrine et les Français, dans le combat pour leur patrie, cachaient leur tête et se blessaient aux fesses pour rebrousser chemin et se faire évacuer chez leurs mères ».

Par son dévouement à la lutte de libération nationale, marqué par la participation de tous les membres de sa famille contre le colonialisme, par son courage exemplaire dont il a revigoré la population dans les moments de répression aveugle, par sa bravoure qu’il n’a jamais cessé de manifester depuis son plus jeune âge au service des opprimés. Belarbi a conquis l’estime et la confiance de la population de sa tribu, éprise de justice, qu’il a convaincue de son idéologie qui était l’indépendance de l’Algérie.

Belarbi Abdelkader, entièrement pris pas ses convictions politiques, n’a jamais pensé à ses propres intérêts et à l’avenir de sa famille. Il a toujours ouvré pour l’indépendance de l’Algérie depuis sa jeunesse jusqu’à son dernier jour .Il n’a pas possédée un seul hectare de terre ni maison, laissant après  sa mort, sa famille dans le dénuement complet, faisant hériter de son passé historique plein d’éloge et de grandeur. L’officier qui a invité à le suivre au poste lui mit les menottes. Son fil Boumediene, l’ayant vu grelottant de froid, s’avançant vers lui et lui propose de lui apporter son burnous  pour se couvrir.

Belarbi lui répondit « non mon fils, je vais mourir debout, jamais je ne dois m’incliner, en criant à haute voix : « mon dieu, si j’étais jeune la se retournant ensuite vers les autres membres de sa famille qui pleuraient dans un coin, il leur dit : « Ne pleurez pas, lancez des You You ». Ces propos qu’il a tenus dans un accent français parfait désappointèrent   l’ennemi et lui prouvèrent  son engagement entier avec l’A.L.N.D’ailleurs se dernières paroles furent un aveu édifiant : « Je préfère mourir pour que ma patrie vive libre et elle le sera avant que vous n’ayez le temps de le réaliser. Finalement, il se jette sur un gendarme armé d’une mitraillette pour le désarmé afin de se défendre avant de mourir. Il fut amène à une dizaine de kilomètres avec son frère, Belarbi Cheikh, et tous furent fusillés et abandonnés. Kaid Belarbi fut en outre massacré de coups de crosse, tellement ses paroles ont excité l’ennemi. Ces actes sanguinaires et indignes d’un armé qui se targuait d’être civilisée, répétés à travers toute l’Algérie en sang, furent quelques jours plus tard vengés par la population et l’A.L.N.

Le lendemain du crime toute la population de Sidi Bel Abbes, Oued Sefioun à Saida. Dans un rayon de 100km. fut révoltés .Les gens .dans les cafés, dans les souks, de groupe en groupe, partout discutaient et pleuraient la perte cruelle de cette personnalité connue et estimée. Les tribus des vaillants Ouled Slimane, de Djehafra, jusqu’à Ouled Sahraoui du douar Ouhaiba ont saboté les lignes téléphoniques, brûlé plusieurs fermes en signe de solidarité et de représailles, cela durera plusieurs semaines. L’A.L.N de son coté a organisé une embuscade au djebel Moksi, à 10 kilomètres au sud de Baudens, vers Oued Sefioun ; une saction de G.M.P.R fut décimée : quatorze soldats et leur capitaine, Perrin, tués, plusieurs blessés .Une vingtaine d’arme légères récupérées, une mitrailleuse lourde démantelés sur un camion GMC, deux véhicules brulés. L’armée colonialiste, par ses actes, croyant intimider le mouvement révolutionnaire Algérien, lui donne bien au contraire, une nouvelle impulsion. Même les milieux algériens modérés et pro-français ont perdu confiance en la France et en la soit disant armés de pacification. Alors les soldats et gendarmes se précipitèrent sur lui l’assommèrent à coups de cross.

Un officier, le capitaine Perrin, conclut en ces termes : « il est vrai, sans aucun doute, qu’il (Belarbi) avait assez dit pour prouver son appartenance au mouvement de Libération ». Belarbi fut assassiné dans les environs de son domicile le soir même (ferme Laumet). Les membres de sa famille ont pour la plupart été marqués définitivement par son assassinat : Son neveu, Benharez Tayeb, âgé de 30 ans, est devenu aveugle au cour de l’opération menée pour venger son oncle Belarbi .Son épouse en est à moitié paralysée .Son fils Belhadj, djoundi dans l’A.L.N, est devenu malade mental et malgré tous les soins, son état a empiré .Son jeune fils Boumediene, perdit la raison et fut achevé par la « main noire » à l’hôpital de Sidi Bel Abbés.

Son frère, Belarbi Habib, condamné à mort. Lors de l’enterrement auquel ont assisté des milliers de personnes, sous la neige qui tombait à gros flocons et dans un froid glacial, des hélicoptères ennemis ont survolé le cortège jusqu’au cimetière. Le capitaine Chupin arriva en véhicule, avança vers les gens en deuil et le sourire aux lèvres, leur dit avec ironie « vous enterrez Belarbi, c’est un chef rebelle, il a été tué par les rebelles. Témoignage supplémentaire de l’hypocrisie et de l’esprit sanguinaire des cadres de l’armée française et de la France des droits de l’homme et prétendue menant une action « Civilisatrice ».

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Posté par le Jan 16 2012. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

10 Commentaires pour “Il y a 55ans : Belarbi Abdelkader, Un nationaliste parmi les colons.”

  1. monsieur Ouhibi reda

    je tiens a remarquer que vous continuez de nous faire connaitre des personnalites de sidibelabbes.Et cette fois le caid Belarbi que je connaisais pas assez

  2. Mellali Mostefa

    La radio de sidi bel abbes à consacré cette journéé à notre chahid belarbi c’etait émouvant surtout d ‘entendre la voix de mon prof de lettre si diaf aek qui est son petit fils et les belle interventions de notre cher ami nhari fils هذا الشبل من ذاك الأسد

  3. HAMID OURRAD

    Est ce que il y a un lien entre ce grand moudjahid et un certain Belarbi abdelkader enseignant a sidibelabbes et qui est mort en 1980 c’etait un grand ami ,et il me semble qu’il m’avait dit que son pere était un chahid…?????

  4. abbes

    oui si ourred c’est un parent alui elhadj abdelhamid aussi

    • Mohamed El Habib Belarbi

      Mr. Abbes , Le Kaid Belarbi c son oncle lah yerhamhom , car Jeddi chikh lah yerahmah c’est le frère de l’Kaid Belarbi et le papa de Abdelkader ( frensh teacher ) , lah yerhamhom ajma3in

  5. messafer ft

    Beaucoup de détails d’éléments sur la vie et surtout lors de son assassinat.NOUS SOUHAITONS QUE NOS ENFANTS CONNAISSENT D ‘AVANTAGE LEUR HISTOIRE

  6. chaib draa tani djamel

    pourquoi ne pas faire des conférences ou des exposés a nos enfants dans des établissements scolaires ces gens-ci ont aussi leur place dans l’hitoire

    • benhaddou boubakar

      c’est une bonne initiative cher djamel,avec meme une revue mensuelle qui relate les faits divers de toute la region de sidi belabbes;les interesses ne manquent,il suffit d’un peu de volonte seulement.on est tres contents de cette biographie.grand bravo a mr kadiri

  7. BELARBI SIDI MOHAMED

    BELARBI SIDI MOHAMED
    l’Kaid Belarbi AEK allah yerhmah.
    valeur d’un nationaliste et personnalité algérienne ,Allah yerham el chouhada.

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