La Voix De Sidi Bel Abbes

Il y a 18 ans: le détournement de l’Airbus d’Air France à Alger.

Dix-huit ans sont déjà passés sur le détournement de l’Airbus A-300 d’Air France, et l’affaire n’a encore pas livré tous ses secrets. A son bord, il y avait 273 passagers, essentiellement des Algériens et des Français.

C’était le 24 décembre 1994. Le vol AF 8969 s’apprêtait à décoller à destination de Paris lorsqu’un commando terroriste de quatre individus, armés de kalachnikovs, prenait les commandes de l’appareil et exigeait la libération, entre autres, de Abassi Madani et Ali Benhadj, les deux co-leaders du parti dissous, le FIS. L’avion était resté cloué au sol pendant 48 heures. Les pirates de l’air, qui commençaient à exécuter les otages, exigeaient des autorités algériennes de l’époque, en sus, le départ de l’avion vers la France.

Les dirigeants algériens, à leur tête le président Liamine Zeroual, le chef de gouvernement, Mokdad Sifi, et le ministre de l’Intérieur, Meziane Chérif, avaient fini par laisser l’avion s’envoler pour la France. Destination : aérodrome de Marseille-Marignane, fermé au trafic suite à l’incident. Justifiant leur assaut par l’exécution d’un quatrième otage, ce qui s’était avéré plus tard faux, les autorités françaises avaient opté pour un « dénouement musclé ». C’était le 26 décembre. L’unité d’élite de la gendarmerie française, le GIGN, avait pris en assaut l’appareil. Trois passerelles mobiles de l’aéroport, conduites chacune par un membre du GIGN, avaient foncé sur l’Airbus A-300. La première, avec huit gendarmes, dont le chef d’escadron Denis Favier, avait pris position devant la porte avant droite. Les gendarmes ouvrirent la porte et pénétrèrent dans la cabine. Ils avaient été accueillis par des tirs nourris. L’assaut a duré 20 minutes, pendant lesquelles 1500 balles ont été tirées. Des coups de feu avaient été entendus de partout. Les pirates de l’air ont été tous tués. Les otages ont, quant à eux, été libérés après 54 heures de peur et de terreur. Parmi les passagers, il y avait Ferhat Mehenni, chanteur engagé. Le commandant de bord et tous les membres de l’équipage étaient sortis sains et saufs. Mais aucun d’entre eux n’a osé témoigner. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne connaît le nombre exact de morts lors de l’intervention du GIGN. Le bilan qui a été donné par les officiels français faisait état de 4 morts, 13 blessés parmi les passagers et 7 éléments du GIGN.

Cette prise d’otages avait donné lieu à de sérieuses frictions entre responsables algériens et français. Du côté français, il y avait Edouard Balladur, ministre de l’Intérieur ayant proposé au départ une assistance technique à l’Algérie. Du côté algérien, il y avait Mokdad Sifi, Premier ministre. L’affaire a dix ans, mais elle est loin d’être définitivement réglée. Plusieurs observateurs s’interrogent sur nombre de faits qui sont restés inexpliqués. En premier lieu, il est judicieux aujourd’hui de se poser la question sur le sort des corps des pirates de l’air tués, qui n’ont pas été encore rapatriés. Aussi, qu’en est-il des résultats de l’enquête qui avait été diligentée au lendemain du dénouement de l’affaire, sachant que c’était Meziane Chérif qui avait annoncé à l’époque l’ouverture d’une enquête pour en connaître les tenants et les aboutissants ? Mais le rapport n’a jamais été rendu public.

 

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Posté par le Déc 26 2012. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

5 Commentaires pour “Il y a 18 ans: le détournement de l’Airbus d’Air France à Alger.”

  1. Benhaddou Boubakar

    un scenario ou une ènigme qui n’est pas encore rèsolue! le prolème qui c’est posè ,qui a tirè profit de ce scandale ou de ce massacre; encore des annèes peut etre pour en savoir plus!

  2. Nasri

    Salam si Benhaddou
    Il faut lire le livre Françalgerie , crimes et mensonges d’états histoire secrète, de la troisième guerre d’indépendance , A la « troisième guerre » d’Algérie pour connaitre la vérité sur cette affaire. – DE :
    LOUNIS AGGOUN et JEAN-BAPTISTE RIVOIRE

  3. OMAR

    La bonne décision est que notre gouvernement n’a pas répondu favorablement à la demande des pirates et deuxièmement le ministre de l’intérieur français par peur de ses ressortissants a rapatrier l’avion d’air france à marseilles pour minimiser les dégats puisqu’ il y avait une vingtaine de français sur les 273passagers de l’avion.Si c’était un avion algérien notre gouvernement aurait du agir autrement et sans l’ingérence du ministre de l’intérieur Français . Je crois que les pirates qui sont francophones ont pris leur départ d’avion en France et non pas au retour d’Alger et s’ils ont pris l’avion d’air france à partir d’Alger cela suppose qu’il y a une complicité flagrante. Le rapport de l’enquete sur la réalité des faits ne verra jamais le jour avec le changement des responsables politiques de parts et d’autres en plus il existe des interets qui priment et les publics algérien comme français ne seront jamais informé réellement sur cette affaire.

  4. Rapide de Vienne

    Plusieurs enseignements sont à tirer de la présentation des faits:

    -1- Selon le bilan donné par les officiels français dans l’article ci-dessus,les quatre terroristes algériens armés de fusils automatiques et sept gendarmes spéciaux français encore mieux équipés ont perdu la vie en se canardant au niveau de la cabine d’après les 1500 balles tirées….
    -2-Seuls treize blessés sont à dénombrer parmi les 273 passagers de l’AF 8969,sûrement par des balles perdues…
    L’assaut s’est focalisé sur la cabine où les terroristes et équipage étaient en train de négocier leur rédition…Comment se fait-il que les quatre terroristes ont laissé la cabine/passagers (monnaie d’échange et de survie…) pour se concentrer dans la cabine de pilotage. Etaient-ils débiles à ce point ou leur avait-on assuré une « sortie » après négociation d’autant plus qu’ils étaient déjà noyautés….
    -Comment se fait-il que que des terroristes soit disant »islamistes » ne savaient pas qu’ils avaient une proie de choix comme exutoire et exemple parmi les passagers et allant festoyer à Paris (Noël) ?

    Enfin la question essentielle de l’enquête reste pourquoi les autorités sécuritaires de Paris ont-elles « sacrifié » sept gendarmes d’élite à concurrence d’éliminer les quatre terroristes algériens pour ne laisser aucune trace de la plus grande manipulation de ces années 90…? Elles devaient savoir que les terros ne se laisseraient pas mener en « bateau »(j’allais dire en avion…) et résisteraient jusqu’à la mort….

    Le débat devient bien plus franco-français qu’entre les deux rives.Et là l’hypothèse la plus plausible reste pourquoi les autorités françaises ont-elles refusé de poursuivre les négociations qui avaient abouti entre les quatre hommes du GIA et le commandant de bord,et accepté de concentrer les feux du GIGN contre l’avant de l’avion avec risque d’une mêlée entre hommes armés seulement…. loin de la plupart des passagers où dans le cas contraire vous imaginez la boucherie qu’il y aurait eue…D’ailleurs le saut mémorable et médiatisé d’un membre de l’équipage(commandant?!) de la cabine au sol n’est pas à oublier comme performance athlétique….si c’est vraiment le commandant de bord qui ait sauté …
    La presse « libre  » de France n’a jamais pu approcher l’équipage même des années après ce fiasco de Marignane comme elle avait pu approcher les proches de Merah…qui aurait peut être pu être dénoué à l’aéroport d’Alger par les forces spéciales…
    L’aéroport de Marignane fût quelques temps après l' »incident » violé par une vingtaine de clandestins descendus d’un avion algérien en partance pour une capitale européenne et qui y avait fait une escale « technique ».Ces derniers réussirent par une passe aménagée à franchir tous les cordons de sécurité et se diluer dans la nature provençale…
    C’était la réponse du berger …à la bergère….

    Bonnes fêtes de fin d’année à tous les ami(e)s de la VDSBA !

  5. CHAIBDRAA TANI DJAMEL

    Dans ce vol il y avait parmis les passagers FERHAT MEHENNI l’ennemi no 1 de l’algerie et qui veut diviser cette belle nation je ne vois pas comment il a survécu

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