La Voix De Sidi Bel Abbes

Hommage à titre posthume pour la famille Louahla Hadj Kada/Par A.Mammeri.

10616239_10202950069375355_8428848663842225421_n

Un devoir de mémoire, recueilli par notre ami et confrère, Abdelkrim Mammeri –Journaliste au quotidien national El Watan,pour la voix de SBA-auprès de Mr Louahla Abdelhamid, digne fils de 3ami Kada, et de la famille héroïque « Louahla «. Nous nous inclinons devant la mémoire de celles et ceux qui ont participé à l’indépendance du pays, pour que des générations entières vivent dans la liberté, légalité et fraternité inchallah.

La ville de Sidi Bel Abbés et plus précisément la cité Monplaisir, -Hai Si Abdelkrim actuellement-, à l’instar des autres villes et villages du pays, a eu ses héros.

L’évocation aujourd’hui, du parcours militant de grands hommes et de grandes femmes s’impose, par devoir de mémoire et pour rappeler leurs sacrifices. Sacrifices ayant permis à l’Algérie de recouvrer son indépendance et sa souveraineté. Plusieurs  Chahids, ont marqué l’histoire de Sidi Bel Abbés parmi lesquels : Frouda Hadri, Gouasmi,  Bachir Bouidjra, Abbés, Baghdadi, Zine El Abedine, Liabes Abderrahmane, Alfrid Khechab, les frères Haffaf, Sekkal Sid Ahmed, Louahla Kada (Digalo), Belacel Moghad, pour ne citer que ceux là à titre d’exemple. L’histoire a retenu certains d’ente eux, la plupart sont soit morts dans l’anonymat sans qu’aucun hommage ne leur soit rendu, soit vivants et oubliés sans aucune  reconnaissance à leur égard. C’est le cas notamment de la famille de  Louahla Kada (né le 26 mars 1906 à Tessalah), mandataire de fruits et légumes et membre actif  dans le mouvement national algérien. A travers cette évocation, c’est un témoignage posthume au combat d’une famille de révolutionnaires dont l’engagement pour la cause nationale fut entier.
L’engagement de  Louahla Kada commence par son adhésion à l’association réformiste des oulémas de cheikh Abdelhamid Ben Badis et se matérialisa par le projet de réalisation d’une medersa au quartier El Graba qu’ont eu à bâtir les cinq principaux donateurs : Abdeddaïm, Bestaoui, Lakhmes, Louahla Kada, Zazou.
La medersa fut inaugurée en 1947 et accueillit les enfants des familles de Sidi Bel Abbés, des deux sexes et d’où sortiront les futures combattants de la lutte de libération nationale et futurs cadres et élites de l’Algérie. A partir de 1945, date d’obtention du certificat d’études primaire de son fils Louahla Kadi, et avec les préceptes et recommandations reçus de l’association des oulémas afin de restaurer la langue arabe et la culture arabo-islamique, il envoya son fils (né le 23 février 1931 à Sidi Bel Abbés) l’université Al Quaraouiyine de Fès où ont séjourné plusieurs Bélabbésiens tels que Cheikh Zoubir, Bachir Bouidjra Menouar, Latreche Mohamed, pour ne citer que ceux-là à titre d’exemple. Pendant la durée de son séjour (2 ans) les agents de liaisons du MTLD ont sensibilisé les étudiants algériens d’Al Quaraouiyine sur les objectifs du parti suscité. A son retour de Fès, il l’envoya parfaire ses études à l’institut d’Ibn Badis de Constantine où il reçut pendant trois années différents enseignements sous la direction de Cheikh Larbi Tebessi. Les études terminés à Constantine Louahla Kadi enseigne dès 1953 et jusqu’à1956  (date de fermeture de la medersa par l’autorité coloniale) à la medersa Ennasr du quartier Point du Jour (Village Errih) les différentes matière de la langue arabe en compagnie de Latreche Mohamed et Bouziane ( réf. ouvrage Hanitet  Mokhtar).À partir de 1956, toute  la famille, à commencer par le père Kada, son conjoint née Ouala Aicha, son fils Kadi et sa fille Abbassia rallièrent l’organisation du Front de libération national. En  premier, la maison familiale de Louahla Kada, sis au 27, rue  Molière (Sidi Bel Abbés), servait de refuge aux éléments du FLN et de l’ALN jusqu’à l’indépendance. La cité Monplaisir offrait une cachette idéale pour  les responsables FLN/ALN étant donné que les trois communautés coexistaient dans ce quartier (musulmane, israélite et chrétienne).Parmi les responsables qui ont séjourné dans la maison familiale, il y’a lieu de citer Si Abdelkrim, Si Zoubir, Bouroumi Mohamed, Si Fatmi, sans oublier Si Madani l’agent des transmissions qui deviendra le beau-fils de Louahla Kada en se mariant à sa fille Halima (décédée en 1968). Parmi les membres de la famille, la première à subir les geôles du colonialisme et de la torture fut Louahla  Abbassia (nom de guerre Samira) de décembre 1958à 1959.
A sa sortie de prison, elle renoue le contact et continue son activité au sein du FLN. Elle avait des liens étroits avec certaines moudjahidates de Monplaisir : la sœur de Khelladi ancien  (joueur de l’USMBA), la Chahida  Affane Fatma, la fille Debab  ainsi que Madame Resmi Yousef, née Hamidi dont le mari est également moudjahid. Louahla Kadi, le père,  fut arrêté et interrogé pendant un mois (1959) au quartier Vienot de la légion étrangère sur dénonciation, mais faute de preuves il fut relâché. La seconde incarcération fut celle de son conjoint Ouala Aicha (nom de guerre Kheira) au centre de triage (CTT) de Rio Salado, du 25 février 1960 au 30 mai 1960, et à la maison d’arrêt de Sidi-Bel- Abbés et d’Oran du 25 octobre 1960 au 10 février 1961 où elle fut condamné à 1 an de prison par le tribunal des forces armés. Ayant purgé six mois, elle fut relâché le 10 février 1961. Dès sa sortie de prison, Ouala Aicha reprit le contact et continua son activité au sein du FLN en tant qu’agent de liaison et de collecte de fonds. Durant le mois de mai 1961, Louahla Kadi (nom de guerre Si Abdelatif) et sa sœur Abbassia furent internés au centre de triage et de transit (CTT) de Baudens (hommes) et le CTT de Rio Salado (femmes). A l’été 1961, ils furent arrêtés et incarcérés en compagnie de Bouroumi Abdelkader, Bouroumi Fatma et Mestari  Belhadj à la maison d’arrêt de Sidi Bel Abbés et ne furent libérés qu’au 5 avril 1962 consécutivement aux dispositions des accords d’Evian.

Le 29 septembre 1961, Ouala Aicha fut internée au CTT de Rio Salado puis incarcéré à la maison d’arrêt de Sidi Bel Abbés. Pendant cette période et plus exactement en octobre 1961 eu lieu un accrochage à la Villa de Badsi Mostefa, sise Rue Molière, où toute la nuit le son du canon et le crépitement des armes automatiques contre les moudjahidine a duré toute la nuit, les trois moudjahidines sont morts les armes à la main. Pendant cette période, denier trimestre de l’année 1961, Louahla Kada (le père) s’est retrouvé seul avec ses trois enfants, l’ensemble de la famille étaient incarcères dans les prisons et a connu le décès de son fils Mohamed, étudiant, âgé de 24 ans, décédé le 26 juin 1961 à Lyon(France).Le medersien, qu’était Louahla Abdelhamid (son fils) était au lycée franco musulman de Tlemcen, actuellement cadre en retraite.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=58361

Posté par le Fév 7 2015. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

19 Commentaires pour “Hommage à titre posthume pour la famille Louahla Hadj Kada/Par A.Mammeri.”

  1. Mekri mustapha

    A la cite universitaire de BEN AKNOUN a la fin des années 60; j’ai connu un certain EL LOUAHLA CHEIKH.Il m’appelait  » KHAYI OULID BLADI »Je ne l’ai plus revu depuis. Il a fait des études a EL QARAOUINE a FES avec mes frères ALLAH YARHAMHOUM. Merci de me dire ce qu’il est devenu???
    BRAVO pour cette page d’histoire mais il faut l’enseigner aux jeunes generations qui croient encore que l’indépendance a été offerte…

    • Anonyme

      Merci à notre frère MAMMERI Abdelkarim pour ce devoir de mémoires Lah Yèrhamkom Mon Grans Père Et Ma Grand Mère

    • ali louahla

      Merci à notre frère MAMMERI Abdelkarim pour ce devoir de mémoires Lah Yèrhamkom Mon Grand Père Et Ma Grand Mère

      • BENKALFATE

        Je suis à la recherche des enfants de Touhami OUHLA ou LOUAHALA qui était marié à EL HASSAR Choumicha ( ALLAH Yarhmhoum) pour régler un problème d’héritage. Urgence signalée. Mon N° de téléphone est le suivant: 0771 509 412. Merci à ceux ou à celles qui peuvent m’ orienter dans mes recherches.

  2. chaibdraa tani djamel

    Un grand bravo à MAMMERI Abdelkrim et merci milles fois pour ce recit révolutionnaire

  3. Omar

    Nombres de chouhada incalculables qui n’ont de traces que par oui dires malheureusement et qu’aujourd’hui la majorité de nos compatriotes ne se soucie guère de notre histoire.L’Algérien d’aujourd’hui par essence tout ce qui l’intéresse c’est l’oseille le reste il n’en a cure,hélas,on donne des noms de rues de squares ici et la comme récompenses n’est-ce pas pathétique ? sommes nous reconnaissants ? Non je ne crois pas une seconde y’a qu’à voir dans quel foutoir se trouve le Pays.on est devenus amnésiques à peine cinquante ans depuis l’in
    dépendance qu’est-ce que ça va être pour les générations futur ? Un oubli total quant à l’éducation Nationale absente sur toute la ligne, qui vivra verra.

  4. Benattou

    Merci à notre frère MAMMERI Abdelkarim pour ce devoir de mémoires .Nos chouhadas sont au paradis .

  5. merabbi

    AH! les LOUAHLA,une très grande Kheima et pour ceux qui ne connaiisent pas la famille ,il faut mentionner le nom de leurs cousins et cousines dont la célèbre Moudjahide el hadja kheira ramatou ALLAHI Alaiha LAQUELLE FAUT-IL LE RAPPELER ,avait cotoyé ADIM Fatiha, Soraya BENDIMERED toutes chahidates .
    Concernant ELkadi ( fils ) ,il faut juste mentionner qu’il avait vécu aussi à ALGER et quìl est retourné au Bercail pour finir ses jours comme responsable de la grande
    bibliothèque de l’ex SONACOME et qu’il s’empressait de transmettre ,pour lui c’était un devoir , tout nouvel ouvrage ,toute nouvelle revue reçue à tout lecteur ou chercheur du simple agent au Directeurs . Il ne cessait de répéter ; « ekrou,ekrou » et il remerciait ses lecteurs d’ avoir lu .
    Khouya ABDELHAMID ,je ne dirai rien de plus sauf qu’il était brave,fier et très modeste même s’ìl était considéré,par Mourad,Mus ,Abdelhak ,comme le faux calme : Khouya Abdelhamid ne manquait jamais à l’appel quand il s’agissait d’une aide,d’un service « toujours prêt » vous diront ses amis Farouk ( mokedem) ,Mourad benyamina,
    Ammi kada ,en plus d ‘être un grand Moudjahid , c’était un grand gentleman.
    Vous vouliez acheter mais vous n’aviez pas le sou prenez et revenez une fois que vous l’avez .
    .
    Par ailleurs, attention au langage déplacé quand il était devant la porte de sa maison aux heures de grandes affluences sortie d’ élèves des écoles ……
    En cas d’erreur il vous appelle ,vous pose des questions ( ould men ? ) et il vous conseillait,en cas de récidive il valait mieux changer de rue car il avait une bonne mémoire mais surtout un regard à vous faire rougir de honte . Ammi kada était trés ouvert et grand amateur de foot et il ne ratait aucun match me disait son plus jeune fils kada à qui je passe mon plus grand bonjour .

    Merci . ALLAH yerham el djamii et Yestour EL bakyine .

  6. Abbassi

    Un intéressant devoir de mémoire. Merci à ceux qui ont pensé.

  7. Lecteur assidu

    D’abord un salut amical au journaliste d’él elwatan. L’évocation reste toujours un plus mémorable. Bravo les gars.

  8. MILOUA

    BRAVO ABDELKRIM tu as de qui tenir (ton brave pere) pour aller rememorer l-histoire non seulement d-une famille mais surtout d’un quartier (‘graba et monplaisir) berceau de la revolution.Je suis sur que mon cousin (hé oui) abdelhamid t’a ete d’un grand secours c’est tout a fait normal à l’heure des series de temoignages’voire l’emission radio ACHHADOU) l’histoire n’est plus seulement de l’oralité qui peut disparaitre mais de l’ecrit concret qui restera dans les archives.
    Nous retiendrons aussi d’autres grands merkez tels celui des Baghdadi, des Ouled Debab, des Nemmich hadri dit ould Hmimed,leurs voisins Drider,Abdedaim,Alaili,Bouhafs,Mrabet,Allal la maison de Khalti Embarka bent Hmimed et le Merkez de son beau fils le dentiste Chaoui dont sa maison qui fut merkez où est tombe au champ d’honneur le chahid Bouroumi au niveau de la cite Sidi yassine ‘avenue abane ramdane) cette maison fut devenue un poste militaire.
    il ne faut pas oublier Adim fatiha,dans le meme reseau avec mme Resmi (infirmiere) Taieb brahim cherfa et sa soeur F ATIHA Louahla kheira qui a recrute dans son atelier de couture plusieurs moudjahidates
    Il ne faut pas oublier que ces grandes familles ont aussi militées au sein du Nadi situé au niveau de trig deguagua la rue des bijoutiers
    iL faut souligner que MR KADIRI a mis à jour un document refletant les grands faits revolutionnaires à consulter
    en conclusion je suis tres touché de voir nos amis jeunes journalistes relever le flambeau continuez ainsi

  9. un ami

    Heureux de voir le créneau histoire locale retenir bien votre attention. Je vous encourage à suivre régulièrement cela. Beaucoup d’entre nous ignoraient ces honorables noms que vous avez cités et certains sont encore c’est sur oublies.

  10. Nabil Louahala

    Un grand merci à toutes les personnes qui participer activement à cet article.
    Une histoire d’une famille, d’un peuple qui a longtemps et qui ne cesse de se battre au quotidien.
    A3mi Kada fut et restera un grand Homme

  11. ouhala

    Un grand merci à A. Mammeri pour cet article instructif pour le lecteur, reconnaissant pour les dignes fils et filles de notre chère ville, et contribuant à l’écriture de son histoire. Un grand merci aussi toute l’équipe de ‘La voix de Sidi Bel Abbes’ pour l’énorme travail qui nous informe nous instruit et nous honore. Et merci pour les noms et prénoms connus et méconnus parus dans cet article, pour leurs dévouements pour leur cause et leur sacrifice pour les leurs.

  12. Mohammed

    @NABIL. La mémoire à une grande valeur. Conservons la.

  13. LOUAHALA Med Réda

    Merci beaucoup Mr A. Mammeri et toutes les personnes qui ont contribuer à enrichir cet article qui nous a fait vivre les années des braves hommes et femmes. Honnoré de voir une tribune dans laquelle des jeunes journalistes nous révèlent et nous enseignent une partie de notre histoire.

    Allah yerham e chouhada.

  14. hamid

    Chapeau bas ya si abdelkrim pour cet hommage rendu à titre posthume à cette noble famille révolutionnaire pleine de bravoure à l’image de si Kada ce grand Homme et cette Héroïne Ouala Aicha qui a payé un fort tribu pour l’indépendance du pays et sa libération du joug colonial,Kadi et Abassia furent le spécimen Parental adéquat. Cette modeste et honorable famille qui a toujours privilégié l’anonymat malgré sa participation effective à la guerre de libération mérite toute la reconnaissance le respect. Si Abdelatif en l’occurrence si Kadi cet agent de liaison auquel je vouai un énorme respect Allah yarhmah ou yarham echouhada, honora sa mission qui consistait à s’enquerir des enfants de maquisards qui étions. Une photo post-colonial immortalise cette tenue vestimentaire dont nous fument bénéficiaires. Vive l’Algérie, Allah yarham echouhada. Merci Abdelkrim, tout l’honneur est pour toi

  15. LOUAHLA

    Merci à Mr A .mammeri ,pour cet honneur posthume à un membre de notre famille que même moi je n’ai pas connu.
    Je suis le fils de Moulay louahla lah yerhmah ,qui était né à tessala , et a du émigrer en France depuis l’age de 16 ans pour nourrir sa famille ,ensuite revenu pour s’installer à Oran , j’ai grandi à bel abbes,avec mes grands parents et mes cousins ,mais je ne connais pas toute ma famille LOUAHLA malheureusement .
    Encore merci pour cet hommage et ce devoir de mémoire

  16. Kebabla farid

    Je suis très surpris de cet article dont je ne connaissais pas l’existence même pas un d’échos venant des parents sauf d’un oncle qui me parle souvent de mon grand père et grand mère à cet instant je les pleure toute mes félicitations à vous monsieur boudjelal pour avoir écrit un article de taille afin de faire revivre la mémoire de nos moudjahidin Louahala Kada sa femme aicha ouahla et ces enfants étaient des héros ils ont servis l’Algérie au prix de leurs vies et comme dirait mon oncle hamid vive l’Algérie ce très cher pays

Répondre