La Voix De Sidi Bel Abbes

Histoire: L’EMIR ABD EL KADER et son premier exil à Bursa « Brousse » en Turquie de 1853 à 1855. -par Dr Douar .

L’Emir Abdelkader passa 05 ans en France de 1847 à 1852 comme prisonnier de guerre dans le château de Pau puis d’Amboise avec tous les membres de sa famille composée de 97 personnes dont sa mère Zohra, ses fils et deux de ses beaux-frères qui sont ses anciens Khalifa.
A la fin de l’année 1852 l’empereur Napoléon lll lui a rendu sa liberté à condition qu’il passe le reste de sa vie en exil loin de son pays et de toute l’Afrique du Nord, son premier vœu pour les lieux saints (Mekka et Medina) a été vite rejeté, parce que là, la France craignait son contact avec les pèlerins venus de l’Algérie. Son second choix, accordé, était Bursa ou Brousse, une ville musulmane en Turquie.
Le 21 décembre 1852, l’Emir s’embarquait avec sa suite à bord d’un bateau à vapeur (le Labrador) et quitta définitivement la France pour Istanbul.
Le 07 janvier 1853, l’Emir Abdelkader arriva à Guemelek, un petit port de Bursa, un accueil distingué lui a été réservé, Le pacha Mokhtar Bey, personnage éminent de la ville, était venu l’attendre avec ses beaux chevaux traînant sa propre calèche et une escorte de cavaliers faite des officiers de la maison du pacha.
Sur le passage de l’escorte, toute la population de Bursa s’empressait pour voir l’homme qui, pendant quinze ans, avait glorifié l’islam et mené la guerre sainte contre les envahisseurs de son pays. Enfin, après 5 ans de captivité en France, l’Emir posa ses pieds sur une terre musulmane. Son premier geste fut de se rendre à la mosquée de Top-Hané pour faire une prière afin de remercier Allah.
Le sultan Otman lui affecta une des plus belles maisons de la ville, celle maison a été garnie de tapis et de divans, ses deux anciens Khalifa avec leurs familles se sont installés dans des maisons avoisinantes.
Le gouvernement français ne devait pas quitté l’Emir d’une semelle, par crainte qu’il se mêle à des affaires politiques, mis en surveillance indirecte depuis son départ de France par le commandant Boissonnet qui lui a accompagné pendant le voyage, puis durant son séjour à Bursa par l’ambassadeur français en Istanbul le marquis de Lavalette.
Mais l’Emir âgé de 44 ans entama déjà une vie de retraite tranquille loin de la politique. Il partagea son temps entre la prière et l’étude, il écrivit un ouvrage religieux titré : Méditations sur le Coran .Il se consacra en même temps à l’éducation de ses enfants, ses œuvres charitables sont multiples : Il visita les mosquées et participa à leurs réparations. Il s’occupa des nombreuses victimes de la guerre et participa à la distribution des aumônes aux pauvres.
La circoncision de son fils :
Pendant son séjour à Bursa il a organisé une grande cérémonie à l’occasion de la circoncision de son fils Brahim, le plus jeune, il y avait Mohamed, Mohiédine et Hachemi. En conséquence, il fit annoncer que sa maison serait ouverte pendant trois jours consécutifs à tous ceux qui auraient faim, en effet, tout individu eut le droit de venir prendre part aux gratifications qu’il distribuait. On vit alors Abd-el-Kader, circulant au milieu de ses convives affamés en disant :
« Ô mes frères! Mangez le couscous ; mais remerciez Allah à Qui vous êtes redevables de cette bonne nourriture »
Cependant l’émir Abd-el-Kader, malgré qu’il était aimé et respecté par la population et les oulémas turcs, ne pouvait pas s’adapter dans un pays où les vêtements, le langage, la nourriture et tout en général diffèrent entièrement des siens. Il a songé donc au changement de résidence de l’exil.
L’horrible tremblement de terre qui détruisit une partie de la ville de Bursa lui fournit enfin l’occasion de réclamer à l’Empereur son vœu de changement de résidence. Cependant il quitta Brousse après 02 ans et arriva en France où l’Empereur lui autorisa à échanger la résidence pour Echam.
L’émir Abd-el-Kader arriva à Damas, sur un bâtiment marin, au commencement de décembre 1855, avec 110 personnes. Peu de temps après une centaine de personnes vinrent le rejoindre par la voie de terre.
Douar.

Bibliographie :
Revue Contemporaine 1962
Revue de l’orient et de l’Algérie 1853

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Posté par le Juil 4 2015. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

3 Commentaires pour “Histoire: L’EMIR ABD EL KADER et son premier exil à Bursa « Brousse » en Turquie de 1853 à 1855. -par Dr Douar .”

  1. HACHEMI

    Bonjour Hadj Douar J’espére que tu vas bien Tu restes toujours actif

  2. eddine

    Merci Docteur pour cette histoire. Elle est peut être belle à raconter mais malheureusement pas belle à vivre car l’exil est plus dur que la prison et j’imagine ce qu’a subit le grand ABDELKADER lui et sa famille. Heureusement que ça s’est terminé en Syrie. L’homme bon qu’il était,redouté par les français même établi loin de leur frontière,l’intellectuel avec les beaux poèmes qu’il avait écrits nous poussent fièrement à être très respectueux envers notre glorieux chef RAHIMAHO ALLAH. Mais les historiens ont-ils écrit l’histoire à la vraie dimension de ce grand homme ? N’a t-on pas juste utiliser son nom pour……………..?Saha ftourkom. Grand merci Dr Douar

  3. OUERRAD

    L histoire de son exil ne peut etre confinee dans un seul article .
    Les historiens , si HISTORIENS Il y a devrait bien cravacher pour nous conter toute la vie de l homme auguste qui crea la NATION ALGERIENNE .
    Ces differents ecrits sont des references tres riches à exloiter .
    MERCI yalmdelell ET BON RETABLISSEMENT ;
    saha s hor koum TOUTES ET TOUS .
    NB / aya docteur netlagou fi dakhla nte3 SIDI BRAHIM avec NOURY .

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