La Voix De Sidi Bel Abbes

Hippone et l’héritage augustinien. Saint Augustin

Au-delà de la richesse de son patrimoine matériel, Annaba- Hippone se distingue aussi par son héritage augustinien. Ce dernier a conféré à Hippone une « immortalité spirituelle », mieux, cette ville était considérée au XIe siècle comme « sa ville ». D’ailleurs, le géographe andalou Al-Bakri l’écrit vers 1050 : « La ville de Bûna est antique ; c’est la ville d’Augustin, le docteur de la religion chrétienne » (« Al Masalikwa al Mamalik », V.O. p. 54). *

Augustin voit le jour à Thagaste (Souk Ahras), le 13 novembre 354, dans une famille de la petite bourgeoisie. Son père, Patricius, est un berbère romanisé, païen, qui ne se convertit au christianisme qu’un an avant sa mort, quant à sa mère, Monique, c’est une chrétienne berbère. Bien qu’il ait été analphabète, Patricius a misé tous ses espoirs sur son fils qu’il voyait devenir enseignant, avocat ou membre de l’administration impériale. Augustin, son frère Navigius et sa sœur -elle sera supérieure du monastère d’Hippone-, pratiquaient la langue latine. Bien qu’il fut doué, Augustin détestait l’école mais son père amasse assez d’économies pour qu’il puisse ainsi que ses frère et sœur bénéficier d’un bonne instruction. Augustin étudie à partir de 15 ans à Madaure (M’daourouch). Ses études centrées sur l’éloquence et la mémoire l’ennuient. Il le dira dans ses « Confessions »(livre I). Un an plus tard, il retourne au bercail, faute de finances. Il reprend ses études à l’âge de 17ans, à Carthage qui est, à l’époque, la seconde ville de l’Empire romain. C’est là qu’il rencontre la femme avec laquelle il vivra pendant 15ans et qui lui donnera un enfant : Adéodat. En 375, il retourne à Thagaste pour y enseigner la grammaire, au grand dam de son père. Il revient encore à Carthage où il demeure jusqu’en 382 mais trouvant les élèves de Carthage indisciplinés, il décide, à la faveur d’une de ses relations, de partir pour Rome. La première année sera difficile : il tombe malade et est rongé par le remord d’avoir menti à sa mère pour éviter qu’elle ne le suive. Quant aux élèves, ils n’ont rien de mieux que ceux qu’il a laissés à Carthage. Deux années plus tard, le sénateur Quintus Aurelius Symmaque l’envoie à Milan pour y enseigner la rhétorique. Dans cette dernière, il côtoie poètes et philosophes, il y rencontre surtout Ambroise de Milan, l’évêque chrétien de la ville et sera très vite influencé par son discours. Ambroise lui montre une autre lecture de la Bible (symbolique). Sa mère qui, entre-temps, le rejoint, lui arrange une union avec une fille de la bourgeoisie. Vers la fin août 386, Ponticianus un de ses compatriotes lui apprend la conversion au christianismede deux de ses collègues. Bouleversé par ce récit, Augustin décide de se convertir à son tour. Il se retire dans une villa prêtée par un ami, sa mère faisant office de maîtresse de maison. Cette retraite cultuelle dure une année, il revient ensuite à Milan pour son baptême, en même temps que son fils Adéodat. Il est baptisé en avril 387 par Ambroise, l’évêque de Milan. Sur le chemin du retour, en raison d’un blocus du port d’Ostie par le général Maxime, Augustin et ses accompagnateurs sont contraints de rester sur place. Sa mère y décède. Dès la levée du blocus, il revient en Afrique après cinq ans d’absence. Il s’installe avec ses amis dont Alypius, futur évêque du lieu, non loin de Thagaste. Les tensions vives entre catholiques et manichéens (mélange entre zoroastrisme, christianisme et bouddhisme) poussent Augustin à écrire « De la vraie religion » afin de dissuader les manichéens et leur montrer la voie et « De la Grandeur de l’âme », qu’il avait commencé à Rome avec son fils Adéodat. Cependant, la mort de ce dernier à l’âge de 17 ans, suivi de celle de son fidèle ami Nébridius, va le plonger dans un grand désespoir. Il décide alors en 391 de partir pour Hippone, pour rendre visite à un ami qui désire se retirer du monde. A son arrivée, il se rend compte que l’Eglise catholique y est minoritaire, comparée à l’Eglise donatiste ou au manichéisme, très actifs. L’évêque catholique Valerius -d’origine grecque- décide d’ordonner Augustin prêtre car il parle le latin et comprend le dialecte punique, contrairement à lui. Il autorise Augustin à fonder un monastère à Hippone dans le jardin de la principale église. De ce monastère sortiront de nombreux évêques qui serviront l’Eglise d’Afrique. En 395, Augustin est nommé évêque d’Hippone et le restera jusqu’en 430, date de sa mort.
Toutes les grandes œuvres de Saint Augustin -les œuvres de la maturité- ont été écrites à Hippone (« Les Confessions », « De la trinité », « La Cité de Dieu »), c’est là aussi qu’il mène ses plus importants combats contre les manichéens, les donatistes et les pélagiens. Il impose à son clergé un mode de vie simple dont il donne lui-même l’exemple.
Il passe les dernières années de sa vie à établir la chronologie de ses écrits, à les relire avant d’écrire « Rétractions ». Il meurt à Hippone en 430, lors du siège de Genséric, chef des Vandales.
Saint Augustin, le philosophe
La lecture de l’Hortensius de Cicéron pousse Augustin vers l’étude de la Sagesse. Aussi est-il attiré par le manichéisme alors en pleine expansion, et durant neuf ans, il sera un fidèle du manichéisme. Cependant, au fur et à mesure de ses lectures philosophiques et religieuses, il finit par s’en éloigner car il ne trouve plus de réponse à ses nombreux questionnements, lui qui est, depuis des années, en quête de la vérité. Il découvre durant son séjour milanais le néoplatonisme relu par l’évêque Ambroise, et y trouve enfin une philosophie capable de fonder rationnellement sa foi. La philosophie de Saint Augustin fait doucement son chemin. Si, au départ, elle ne s’est pas présentée comme un système unifié, la pensée de Saint Augustin a donné naissance à un ensemble de thèses philosophiques et théologiques qui ont été rassemblée sous la nomination d’augustinisme. Ce dernier inclut des thèses sur la conciliation de la foi et de la raison, la connaissance naturelle de Dieu…
Sa philosophie a permis l’éclosion d’un système de pensée qui a contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine.

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Posté par le Juin 4 2013. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

5 Commentaires pour “Hippone et l’héritage augustinien. Saint Augustin”

  1. UN AMI

    Ou sont les lecteurs qui réguliérement commentent disséquent les articles,Fatigue ou chaleur suffocante

  2. HakemA

    Cet article est venu opportunément nous informer que Saint Augustin est un Algérien comme nous tous en ce sens que nous,les algériens dans l’ensemble ,sommes mal informés et acceptons mal nous dire que saint augustin est algérien!C’est pour cette raison que l’histoire ancienne et récente de notre grand et beau pays doit etre racontée entièrement et fidèlement!

  3. BADISSI

    oui monsieur Hakem si ont demande a quelqu’un pourquoi dans le calendrier berbére nous somme en 2963 il le savent pas , moi même je l’ai sue l’année dernière notre histoire ancienne reste méconnue malheureusement , mes amitiés monsieur HAKEM .

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