La Voix De Sidi Bel Abbes

« Guerre des …ombres entre la France et l’Italie en Libye »ndlr

 Libye : la guerre de l’ombre entre la France et l’Italie

         Une conférence internationale sur l’avenir de la Libye se tient depuis lundi à Palerme. D’ores et déjà, ses résultats sont menacés par la rivalité franco-italienne.
                     Le Point Afrique :

                                                                     Par  PATRICK FORESTIER   

——Le feu couvait depuis l’an dernier. Mais depuis l’arrivée au printemps de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur dans la coalition souverainiste qui dirige désormais l’Italie, un nouveau désaccord, concernant la Libye, celui-là, oppose Rome à Paris. À propos des migrants qui partent des côtes libyennes pour la Sicile, mais aussi à cause du pétrole, que le géant italien des hydrocarbures ENI exploite traditionnellement dans cette ancienne colonie qui garde des liens étroits avec la péninsule. À Rome, on estime que les manœuvres françaises dissimulent le projet d’imposer Total à la place d’ENI. Du coup, chaque pays soutient en Libye un « poulain » dans une guerre de l’ombre, exacerbée par l’antagonisme qui s’est développé au fils des mois entre Emmanuel Macron et Matteo Salvini.

Guerre de leadership

Le président français qualifie l’homme fort de l’Italie de populiste, le mettant dans le même sac que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Son accusation : ils participeraient tous deux à la résurgence de l’idéologie « noire » qui régnait en Europe entre les deux guerres. Une antienne répétée lors des cérémonies du centenaire du 11 Novembre où Emmanuel Macron a dénoncé « les démons du passé qui ressurgissent ». Une analyse qui déplaît en Italie. En octobre, Salvini avait demandé à Macron de cesser de l’insulter au sujet de sa politique anti-migratoire. Un antagonisme inédit au sein de l’Union, revendiqué par le président français comptant bien jouer, grâce à une Angela Merkel affaiblie, un rôle lors des prochaines élections européennes contre les nationalismes qui menaceraient la paix en Europe.

Pour Matteo Salvini, chef de La Ligue du Nord (extrême droite), et son allié du Mouvement 5 étoiles antisystème, le président du Conseil Giuseppe Conte, l’Italie doit devenir maître de son destin, en Europe mais aussi en pratiquant une politique étrangère davantage indépendante, sinon offensive. En premier lieu en Libye qui, depuis la guerre de Nicolas Sarkozy contre Kadhafi, apparaît aux yeux du gouvernement italien comme une sorte de nouveau pré-carré français en Afrique.

À chacun son homme

Frontière algéro-libyenne/ L’ANP en état d’alerte maximale(Ndlr/Vdsba).

Alors que Rome soutient le chef du gouvernement d’Union nationale Fayez al–Sarraj, seul reconnu par les Nations unies, qui gouverne à peine la Tripolitaine où sont les infrastructures d’ENI, Paris est soupçonné de vouloir installer à la présidence le maréchal rebelle Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne, autoproclamée, qui contrôle l’est du pays et la majorité des champs de pétrole. Si Haftar, vieil officier réfugié pendant des décennies aux États-Unis pendant l’ère Kadhafi, est devenu incontournable, c’est grâce à l’aide militaire des Émirats arabes unis et de celle, financée par Abu Dhabi, de l’Égypte qui ne veut pas que son voisin devienne un sanctuaire pour les djihadistes, qui se battent déjà férocement au Sinaï.

La rivalité franco-italienne s’exporte sur le terrain

Depuis la mort de Kadhafi, la Libye est plongée dans le chaos . Le vol des gigantesques stocks d’armes du dictateur, que la France et ses alliés n’ont pas su protéger des pillards, a armé les milices et les groupes islamistes du Sahel, provoquant la guerre au Mali. En se présentant comme leur ennemi, Haftar est aidé par le président al-Sissi, ancien patron de l’armée égyptienne. Mais pas seulement. Grâce à la proximité de Jean-Yves Le Drian, à l’époque ministre de la Défense, avec le président al-Sissi, Paris a vendu à l’Égypte, grâce aux crédits émiratis, les deux porte-hélicoptères refusés à la Russie, des avions Rafale et des blindés. À son allié Haftar, Paris fournit de précieux renseignements et un savoir-faire tactique, qui lui permettent de réduire les poches djihadistes des villes de l’Est, dont beaucoup de combattants ont réussi toutefois à s’enfuir au Sud, dans le désert du Fezzan. Une menace pour le Niger et le Mali où opèrent avec des résultats mitigés les soldats français du dispositif Barkhane. En Cyrénaïque, les Forces spéciales françaises et des commandos du service action de la DGSE recueillent des renseignements et détruisent des cellules de Daech contre qui la France est en guerre. Ils accompagnent les opérations de l’armée du maréchal Haftar.

Auteur Patrick Forestier. (Ndlr Vdsba)

Des missions risquées. En juillet 2016, trois agents sont tués dans un hélicoptère libyen abattu par des combattants djihadistes. En octobre, c’est un avion de reconnaissance loué par les services de renseignements français qui se crashe au décollage de l’aéroport de Malte. Le bilan est lourd : cinq agents sont tués dans l’accident, ce qui confirme le grand écart français en Libye. Le ministère des Affaires étrangères est en effet aligné à l’époque sur la communauté internationale, qui reconnaît le régime de Tripoli tandis que le ministère de la Défense soutient son adversaire à Benghazi.

 

Source écrite/Lien :

http://afrique.lepoint.fr/actualites/libye-la-guerre-de-l-ombre-entre-la-france-et-l-italie-13-11-2018-2270986_2365.php#xtor=CS3-190

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=74985

Posté par le Nov 15 2018. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE, INFO+, MAGHREB. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

1 Commentaire pour “« Guerre des …ombres entre la France et l’Italie en Libye »ndlr”

  1. Mme CH

    L’Italie était bien en Libye au temps de Kadhafi. L’Italie s’est excusée et devait payer une dette à la Libye pour la colonisation subie. Quant à la France arrogante, c’est une fouteuse de troubles,…… ce sont les deux larbins Sarko et BHL qui ont déclenché la guerre dans ce pays.

    « Tout récemment, la ministre Italienne de la défense, Elisabetta Trenta, a affirmé sur sa page Facebook, que la France a une grande responsabilité dans le conflit libyen. Elle a notamment affirmé ceci: « Aujourd’hui ce pays se retrouve dans cette situation parce que quelqu’un, en 2011, a privilégié ses intérêts à ceux des Libyens et de l’Europe elle-même” déclare la ministre qui accuse explicitement la France ».

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