La Voix De Sidi Bel Abbes

Gamel Abdel Nasser et la cause algérienne : Un soutien indéfectible

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En ce soixantième anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954, nous nous souvenons du soutien indéfectible de Gamel Abdel Nasser à la cause algérienne.

Des Scouts musulmans algériens (SMA) avaient été reçus par le président égyptien, Gamel Abdel Nasser, au Caire, en août 1954, comme en témoigne la photo, où il avait prodigué des encouragements pour le déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie. Une lumière s’est éteinte le 27 septembre 1970, date du décès de ce grand Egyptien qui a tant donné à la cause arabe et africaine.

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Posté par le Oct 17 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

12 Commentaires pour “Gamel Abdel Nasser et la cause algérienne : Un soutien indéfectible”

  1. Mohand

    GAMAL ABDEL NASSER PARLE DES FRÈRES MUSULMANS AUX ÉGYPTIENS:

    Les partis ont été dissous et pendant quatre années, notamment en 1953 et 1954, nous nous sommes heurtés au parti des Frères Musulmans qui voulaient infléchir le cours de la « Révolution » et la soumettre à leur tutelle. Nous n’étions pas d’accord. Alors, ils nous ont déclaré la guerre jusqu’à tenter de m’assassiner par balles, en Alexandrie, le 26 Octobre 1954. C’est là que le combat a commencé et que nous avons incarcéré et jugé les membres « terroristes » de ce parti.
    Non aux réactionnaires ! Non aux Frères ! Non à l’exploitation des religions !

    En cette année 1954, pendant que nous travaillions avec les Anglais à leur évacuation, les « Frères » organisaient leurs réunions secrètes avec des membres de l’ambassade britannique. Ils leur disaient : « Nous pourrons mettre main basse sur le pouvoir, nous ferons ceci et cela… ». Ceci, tout en négociant avec nous et alors que le parti des Frères Musulmans ne représente d’aucune façon nos sentiments en tant qu’Égyptiens. À la question : « Quelle est votre position sur le Canal* ? » [i.e. le Canal de Suez] pour lequel nous luttions, leur « Mourched* » [i.e. le guide] répondait : « Vaste question ! Il se peut que votre intérêt, en Égypte, soit de vous battre pour le Canal ; nous, nous considérons qu’il nous faut combattre ailleurs ! ». Tel est le message des Frères Musulmans…que des paroles pour égarer… que des paroles pour faire commerce de la religion !
    En 1953, nous voulions sincèrement travailler avec eux et faire en sorte qu’ils reprennent le juste chemin. J’ai moi-même rencontré le guide suprême des Frères Musulmans qui en a fait des réclamations ! Que m’a-t-il donc réclamé ?

    En premier lieu, il nous fallait instituer le « hijab » en Égypte, et que toute femme ne circule que drapée de son « voile » !

    Rires de l’assistance et tonnerre d’applaudissements au cri de : « qu’il s’en drape lui-même ! ».

    Je lui ai rétorqué : « Si nous disions cela, on dira que nous sommes revenus à l’époque où la gouvernance obéissait à l’ordre d’un dieu qui obligeait les gens à se cacher le jour pour ne circuler que la nuit ! Mon opinion est qu’il appartient à chacun, et sous son propre toit, d’en décider ».

    Il m’a répondu : « En tant que dirigeant, c’est à toi que revient cette responsabilité » !

    Je lui ai dit : « Monsieur le guide, vous avez une fille inscrite à la Faculté de médecine, qui circule sans voile. Pourquoi donc ne l’en avez-vous pas vêtu ? Si vous, vous n’arrivez pas à imposer le voile à une seule fille, en l’occurrence la vôtre, vous voudriez qu’à moi seul, je jette le voile sur dix millions d’entre elles dans ce pays !? ».

    Rires de l’assistance et tonnerre d’applaudissements…
    Il a ajouté : « La femme ne doit pas travailler ! ».

    Moi, je pense qu’en permettant à la femme de travailler, nous la protégeons tandis qu’eux ne font que travailler à sa perte ! Comment ? En la laissant en proie au besoin… à la misère. Nous connaissons tous des histoires de femmes pauvres, malades ou en bonne santé, qui ont dû se brader pour survivre… Le travail est une protection pour la femme. L’empêcher de travailler va à l’encontre de son intérêt. Nous travaillons pour sa libération par le travail ! Nous travaillons pour que l’homme et la femme puissent s’épauler mutuellement !

    Ses réclamations ne se sont pas arrêtées là ! Il nous fallait fermer les salles de cinéma, les théâtres… comprenez, les plonger dans l’obscurité la plus totale !

    Nous ne pouvions évidemment pas céder à leurs exigences. Ils nous ont combattus. Dès 1954, ils se sont lancés dans leurs tentatives d’assassinats et leur « supercherie » au nom de la religion ; pour finir par se retrouver condamnés par le tribunal de la Révolution.

    Il n’empêche qu’avant l’adoption de la Constitution, nous avons décidé de les gracier et de les relâcher. Nous avons même promulgué une loi autorisant chacun d’entre eux à récupérer son travail, son salaire, et ses droits à la promotion dans tous les domaines.

    Voilà ce que nous avons fait en 1964. Ils ont été relâchés. Mais en 1965, nous avons découvert leur nouveau complot fait d’organisations secrètes, de plans d’attentats à la personne et aux infrastructures ; un complot accompagné d’une mentalité plutôt étonnante : le peuple égyptien serait « apostat » ; il n’y a de musulmans qu’eux ; ils se doivent donc de dérober le pouvoir pour que Dieu gouverne, non l’Homme !

    Bien ! Mais comment Dieu pourrait-il gouverner sans prophète ? Nous savons tous qu’au début de l’Islam il y eut un Prophète ! Ils vous répondent : « Nous refusons la représentation sunnite. Nous refusons la représentation parlementaire. Nous voulons le gouvernement de Dieu ! ».

    Mais qui donc pourrait assurer ce gouvernement de Dieu ? Ils vous répondent : « Le Mourched ! ». Leur doyen est donc le prophète de Dieu et nous sommes tous des apostats. Tous les pays arabes, même ceux qui les accueillent aujourd’hui, y compris leurs monarques et citoyens, ne sont que des apostats. C’est ce qu’ils nous ont dit : il n’y a de musulmans qu’eux !

    Naturellement, ils ont été arrêtés ainsi que tous les membres des anciennes organisations des Frères Musulmans. Ce n’était certes pas une opération banale que de tenter d’assassiner Gamal Abdel Nasser. Mais pour un Gamal Abdel Nasser assassiné, surgiront mille autres ! Il n’est pas possible d’assassiner tout un peuple. Quelles que soient les circonstances, nous ne pouvons tolérer ni leurs opérations destructrices, ni leur mentalité réellement fasciste lorsqu’ils prétendent vouloir gouverner au nom de Dieu, alors qu’ils n’exécutent et n’agissent que motivés par la haine…

    Nous avons donc entrepris d’étudier le dossier de chacun d’entre eux. Nous déférerons devant les tribunaux ceux qui ont collaboré avec les organisations secrètes. Nous ferons de même avec les chefs et membres dangereux de leurs organisations secrètes, libérés en 1964… Les autres seront relâchés et auront droit à une deuxième chance. Après cela, n’importe lequel d’entre eux qui se se remettrait à magouiller reviendra à la case prison, sans jamais en ressortir.

    C’est assez ! Nous ne pouvons leur permettre de jouer avec nos acquis de ces dix-neuf dernières années, au prix de tant de souffrances. Nous ne pouvons nous en remettre aux suppôts des colonisateurs et des réactionnaires, quel que soit leur nom, et même si ce nom est celui de Frères dits Musulmans. Nous savons tous que, dans ce cas, leur Islam est une supercherie destinée à piéger les esprits pour que plus de gens les rejoignent. Ils ne sont que des rancuniers possédés, sentimentalement et intellectuellement, par la haine. Leurs dirigeants installés à l’étranger ont collaboré avec ceux du « Pacte de Bagdad » et ceux des pays colonisateurs. Ils ont collaboré avec tous nos ennemis. Ils ont clairement prouvé que le Mouvement des Frères musulmans n’est rien d’autre qu’un parti à la solde des colonisateurs et des réactionnaires ; les premiers ordonnent et les seconds financent !

    Nos principes nous interdisent de laisser ces collaborateurs du colonialisme et du féodalisme occuper et agir dans le moindre de nos espaces. Ce n’est qu’ainsi que nous protégerons notre avenir et garantirons nos acquis. En 1954, ils ont essayé d’abattre la Révolution dans l’intérêt du colonialisme. Nous étions alors tombés d’accord avec les Anglais, qui nous occupaient encore, sur la date de leur retrait dans un délai de vingt mois maximum. C’est le moment qu’ils ont choisi pour lancer leurs opérations meurtrières et tenter de m’assassiner à Alexandrie. Nous avons pu les frapper à notre tour. Nous avons pu les arrêter. Aujourd’hui, le peuple sait qui ils sont et les méprisent. Nous avons voulu leur donner une deuxième chance, mais ils n’en ont pas voulue !

    Comme je vous l’ai déjà dit, les quatre années précédant la « Bataille de Port Saïd », toutes les forces ennemies de la Révolution ont essayé par tous les moyens de l’affaiblir et d’en limiter la portée. Elles ont échoué ! Le peuple égyptien n’a pas reculé et n’a pas cédé. Le résultat obligé de notre volonté ferme et inébranlable d’obtenir notre réelle et totale indépendance a été une agression sanglante. L’agression a eu lieu, mais elle a échoué !
    Nous disons que ce n’est que suite à cet échec qu’a débuté le siècle de la liberté auquel nous aspirions ainsi que nos parents, et pour lequel nos grands-parents se sont battus avant nous. Oui… c’est après l’échec de l’agression qu’a débuté notre véritable Révolution !

    Gamal Abdel Nasser

    • OUERRAD en squatteur

      Rien a voir avec le sujet ,GAMEL se faisait de la PUB sans plus , faites le bilan ?

      • Mohand

        vous ne connaissez pas l’histoire, laquelle va se répéter dans tous les pays arabes limitrophes.

        • Mohand

          quant au bilan , si l’intégrisme en Algérie a tué plus de 150 000 personnes, le général Al Siisi a bouffé ses intégristes en moins de 150 jours. Le bonhomme était bien averti.

          • OUERRAD en squatteur

            resultat?

            • Mohand

              moins de morts et une stabilité.

              • OUERRAD en squatteur

                Hors sujet , je parlais bilan NACER sur sa soi disant solidarite avec
                l Algerie ,Qu en est il a ce jour , deux peuples qui se haissent voyez les rencontres de foot .Tous les dictateurs Arabes , ont faconnes leurs peuples a leur EGO et n ont pas rapproches les peuples bien au contraire :SOLIDARITE DE FACADE ?

                • Mohand

                  dans ce cas je vais rejoindre IBN KHALDOUN dans sa vision de l’arabe, mais à quoi ça va nous servir bon sang , Rien.
                  Si l’Algérie est libre aujourd’hui , c grâce à ses enfants morts pour la bonne cause.
                  et une seconde fois, jusqu’à quand on va coller les causes de nos maux à la France, Hizb franca..et autres…….nous sommes indépendants depuis un demi siècle , notre pays regorge de toutes les ressources, et nos débats sont restés au point mort.

  2. elhadj abdelhamid

    Bonjour.
    Nasser a bien reçu des scouts algériens en Août 1954 mais une chose me taraude l’esprit : l’Egypte n’a jamais invité chez elle la glorieuse équipe de football du FLN, The dream-team de Mekhloufi et ses « frères », accueillie en grandes pompes au Maroc, en Tunisie, Libye, Jordanie, Irak et dans les pays socialistes amis comme la Yougoslavie battue 6 à 1 par l’Algérie au Stade de l’Etoile Rouge de Belgrade à guichets fermés devant 80000 spectateurs !

  3. lecteur de la VDSBA

    Le problème qui demeure est l’adhésion aux associations internationales de football. En effet, le FLN demande en mai 1958 une adhésion à la FIFA, mais celle-ci s’y oppose. Même l’adhésion de l’équipe du FLN à la CAF n’aboutit pas, suite à l’intervention de la FFF. La FIFA menace également ses membres de sanction en cas de match contre le onze de l’indépendance., À la fin 1958, la sélection finit sa tournée au Maroc, cependant la Fédération royale marocaine de football est bloquée par la FIFA afin de ne pas disputer de match avec le FLN. Le président de la FRMF prend donc ses distances avec ses homologues maghrébins. La sélection ne reçoit pas non plus de soutien de la part de la CAF, qui a son siège au Caire, et dont les deux premiers présidents sont égyptiens, même si le onze de l’indépendance se déplace en Égypte en janvier 1959. Aucun club ni aucune sélection n’ose affronter l’équipe du FLN. L’équipe ne reçoit que le soutien de la Libye et de la Tunisie en Afrique. Cela vaut aux deux pays une suspension temporaire par la FIFA. Il est aussi important de souligner que les fédérations de football nationales sont dirigées par la FIFA malgré leur autonomie. Naït-Challal évoque le fait que certains pays dépendent toujours des ex-puissances coloniales, mettant en avant le cas de l’Égypte qui ne veut pas avoir de problèmes, surtout après la Crise de Suez. La situation est la même pour la Syrie, qui s’unit avec l’Égypte quelques années plus tard sous le nom de la République arabe unie.
    Temoignage de AIT CHAALAL

  4. Mohand

    À partir de 1955, pour la plupart des pays arabes, le problème algérien était le plus brûlant. En janvier, l’Arabie Saoudite adressa une note au Conseil de sécurité des Nations unies, exprimant une «vive anxiété» devant les tentatives françaises de destruction des valeurs morales, religieuses et culturelles de l’Algérie. Cette première initiative n’a pas abouti ; pas plus que la démarche du groupe arabo-asiatique de septembre 1955. La vive réaction française bloqua la poursuite du débat sur l’inscription de la question algérienne, mais l’Assemblée générale n’avait pas reconnu son incompétence. Ce qui permit au groupe arabo-asiatique d’engager de nouvelles démarches en 1956, alors que la France devait faire face à de sérieuses difficultés aux Nations unies, liées en particulier au détournement de l’avion marocain et à l’arrestation des principaux chefs de l’insurrection algérienne, le 22 octobre 1956. Bernard Cornut-Gentille, le représentant de la France à l’ONU, voyait dans cette opération le risque de «ressouder le Moyen-Orient, qui n’aurait pas soutenu avec unanimité les Égyptiens dans l’affaire de l’Athos» -le 16 octobre, la marine française avait intercepté ce bateau égyptien, qui transportait des armes destinées aux combattants algériens-. En novembre de la même année, le groupe arabo-asiatique obtenait en effet l’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour de l’Assemblée générale alors que Nasser dominait de plus en plus la scène politique arabe et que la Ligue arabe apparaissait comme l’instrument de sa politique extérieure. Mais, contrairement aux affirmations de Fathi Al-Dib, l’ancien chef des services secrets égyptiens, l’aide égyptienne à l’Algérie ne fut ni constante ni inconditionnelle. Une dialectique complexe s’était instaurée dans les rapports entre Nasser et le FLN.

    Hostile au pacte de Bagdad, Nasser avait amorcé un revirement dans ses rapports avec l’Occident, un rapprochement avec les forces de gauche égyptiennes et s’était découvert un destin arabe. Ce pacte, signé en février 1955 par le Royaume-Uni, la Turquie, l’Irak, l’Iran et le Pakistan, relevait directement des stratégies antisoviétiques de l’Occident, qui avait enrôlé ses clientèles régionales dans un traité de défense dirigé contre l’URSS. Le dirigeant égyptien estimait que la colonisation était une agression et qu’elle entravait la construction de la grande nation arabe, dont il serait naturellement le leader. Le soutien matériel (armes, argent…) du «grand frère» égyptien s’articulait avec un appui diplomatique. Mais derrière le soutien actif, dicté par l’obligation de soutenir les «frères arabes et musulmans» d’Algérie, se profilait une tendance à la domination du FLN. Lors des épisodes de crise, celle-ci fut d’ailleurs critiquée à Alger même. À quoi s’ajoutait, chez les dirigeants du FLN, le doute sur l’engagement «inconditionnel» de Nasser.

    Larbi Ben M’hidi, un des chefs du FLN, qui se rendit au Caire en février 1956 pour s’enquérir d’une cargaison d’armes qui n’arrivait pas, remarquait avec lucidité que l’aide de Nasser était «subordonnée à sa diplomatie». D’ailleurs, en mars 1956, les entretiens entre Nasser et le ministre français des Affaires étrangères Christian Pineau avaient abouti à la suspension des livraisons d’armes et à l’arrêt des émissions de radio à destination de l’Algérie. Pourtant, quelques mois plus tard, la situation avait complètement changé.

    Tandis que la Ligue arabe assurait: «tous les États membres apporteront leur assistance au peuple algérien par tous les moyens dont ils disposent», La Voix des Arabes reprenait ses émissions. Et contrairement à ses interventions à la conférence afro-asiatique de Bandung en avril 1955, où il avait abordé avec prudence la question coloniale en Afrique du Nord, Nasser se montrait désormais plus offensif sur le plan international en faisant de la question algérienne une cause arabe et musulmane. Cette référence à la Nation arabe unie et solidaire avait radicalisé la lutte et permis d’accroître l’audience du FLN. Dès lors, dans l’esprit des dirigeants français, le lien entre la guerre d’indépendance en Algérie et Nasser s’établissait de manière définitive. Abattre le régime de Nasser pour mettre fin à la guerre, tel était l’objectif de la France lorsqu’elle se lança dans l’expédition de Suez, à l’automne 1956. L’échec pour la France fut retentissant.

    Les difficultés entre Nasser et le FLN réapparurent toutefois au printemps 1958. Le projet de réunir une conférence maghrébine à Tanger en avril 1958 et celui de former un gouvernement provisoire à l’insu du Caire avaient mécontenté Nasser. Le soutien de l’Égypte au complot projeté à l’automne 1958 par le colonel Mohamed Amouri et le commandant Mostefa Lakhal contre le GPRA avait provoqué une nouvelle dégradation des relations avec la République arabe unie (RAU). Le «refroidissement» se poursuivit jusqu’au début des années 1960. Au lendemain des accords d’Évian, l’identification de la cause algérienne à celle du monde arabe eut cependant des répercussions importantes jusque dans les rangs des dirigeants du FLN. Ben Bella, qui privilégiait l’alliance avec l’Égypte aux dépens de la Tunisie, rappelait ainsi au Caire: «l’Algérie est un pays arabe et musulman. On ne le dissociera pas du reste du monde arabe». À Tunis, le 14 avril 1962, il répéta devant un Bourguiba hostile au panarabisme de Nasser: «nous sommes des Arabes». Après l’échec de l’union syro-égyptienne, les espoirs placés par Nasser dans l’Algérie de Ben Bella offraient une compensation à la rupture avec la Syrie et aux difficultés avec la Tunisie.

    Pourtant, l’appui de la Tunisie et du Maroc à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie fut essentiel. Dès 1956, les deux pays firent campagne en faveur de l’internationalisation de la question algérienne et de l’indépendance de l’Algérie, multipliant les démarches auprès de Washington pour faire infléchir la position française. Ce soutien ne s’est pas limité au champ diplomatique. Leur aide aux Algériens fut importante et diversifiée: accueil des réfugiés, transfert des armes et des munitions, établissement de camps de recrutement et d’entraînement d’où étaient lancés des raids en territoire algérien. De cette aide active découlait l’implication des deux pays dans le conflit algérien et une dégradation très nette des relations avec la France. Celle-ci a suspendu son aide financière à la Tunisie en 1957 et rejeté en novembre 1957 l’initiative d’une médiation de Bourguiba et du roi Mohamed V pour mettre fin au conflit. Les conséquences furent particulièrement graves pour la Tunisie et la tension culmina avec le raid sur le village frontalier de Sakiet Sidi Youssef, le 8 février 1958, le bombardement eut des incidences sur le plan international comme sur le plan national, l’affaire contribuant en France à accélérer la chute de la IVe République et confirmant en Tunisie le revirement opéré par Bourguiba dès 1956. Excédé par les empiétements sur la souveraineté tunisienne, il n’hésita pas à engager l’épreuve de force avec le FLN et l’ALN.

    La crainte d’une déstabilisation de leurs régimes due à la poursuite de la guerre en Algérie avait incité Bourguiba et le roi Mohamed V à se donner les moyens d’intervenir et de contrôler de manière stricte les activités du FLN ou de l’ALN, et à rechercher des solutions de paix. Il s’agissait aussi de «couper» le FLN de l’Égypte et de clarifier les relations intermaghrébines. Organisée à Tanger du 27 au 30 avril 1958, la conférence sur l’unité maghrébine répondait à ces deux objectifs. Les résolutions adoptées indiquaient à première vue un durcissement à l’égard de la France. Il fut ainsi question de la création du GPRA, de l’évacuation des troupes françaises et d’une menace de «guerre totale». En réalité, Mohamed V et Bourguiba, redoutant une extension du conflit à leur territoire, poussaient la France à prendre l’initiative d’un règlement.

    La recherche de la paix fut à l’origine de la conférence de Tunis organisée du 18 au 20 juin 1958. Officiellement, il s’agissait d’harmoniser les positions du Maroc, de la Tunisie et du FLN à la suite du retour du général de Gaulle au pouvoir. En fait, Tunisiens et Marocains avaient tenté de «modérer» le FLN en exerçant des pressions politiques et militaires. Mais la condamnation par le FLN, le 11 juillet 1958, de l’accord franco-tunisien sur le pipeline d’Edjeleh provoqua une nouvelle crispation. Les autorités tunisiennes ont aussitôt multiplié les mesures vexatoires, comme les arrestations aux frontières, la limitation de la liberté de circulation et de manœuvre de l’ALN. En Tunisie et au Maroc, l’acheminement des armes fut interrompu. Mais, en septembre 1958, les Tunisiens et les Marocains reconnaissaient le GPRA. Sur fond de tensions, parfois graves, avec le FLN, la Tunisie et le Maroc n’ont jamais cessé de soutenir la cause de l’indépendance de l’Algérie.

    Le discours du général de Gaulle de septembre 1959 sur l’autodétermination permit toutefois d’apaiser les rancœurs. Désormais, la marge de manœuvre du GPRA était plus grande à l’égard de l’Égypte, du Maroc et de la Tunisie. Les contacts directs de Krim Belkacem, ministre des Forces armées du GPRA, avec les présidents Nasser, Kassem d’Irak, le maréchal Ibrahim Abboud du Soudan, les rois Ibn Saoud d’Arabie Saoudite et Abdallah Senoussi de Libye ont alors consolidé les positions du GPRA, qui a obtenu un soutien politique et une aide matérielle plus substantiels que par le passé. L’Algérie pouvait désormais participer aux réunions de la Ligue arabe, tandis que ses relations avec le Maroc et la Tunisie s’amélioraient. De février 1960 à mai 1961, cette dernière autorisa le passage des convois d’armes et le transit des soldats de l’ALN. Il en fut de même au Maroc, ou Mohamed V a reçu, en mars 1960, une délégation gouvernementale algérienne. En 1961, toutefois, nouvelle friction avec la Tunisie, lorsque celle-ci tenta d’obtenir une rectification de la frontière sud, geste interprété par le FLN comme un acte de trahison. L’opération tunisienne fut un fiasco, alors que l’audience internationale du GPRA s’était considérablement accrue à la conférence préparatoire des pays non-alignés au printemps 1961, l’opposition de l’Inde, la tiédeur de l’Égypte et de la Yougoslavie de Tito n’ont pas empêché une majorité de se prononcer en faveur de la participation du GPRA. La perspective d’une « Algérie algérienne » se précisait.

    Derrière l’alternance complexe de comportements tour à tour solidaires et réservés, une même logique a donc été à l’œuvre: les pays arabes ont soutenu la revendication d’indépendance de l’Algérie, mais ils ont subordonné cette cause à la défense de leurs intérêts propres. Leur stratégie visait à pousser la France à mettre fin à la guerre et à négocier l’indépendance de l’Algérie, sans aller jusqu’au point de rupture avec elle. Les dirigeants politiques français l’ont pourtant perçue comme bien plus menaçante qu’elle n’était. Reste que l’action internationale des pays arabes, le soutien actif de la Tunisie, du Maroc et de l’Égypte, s’ils n’ont pas été déterminants, ont facilité l’avènement de l’indépendance algérienne.

  5. OUERRAD en squatteur

    IL NE FAUT DONC JAMAIS PERSONNALISER DANS CES CAS /

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