La Voix De Sidi Bel Abbes

Formation des enseignants du secteur de l’Éducation nationale : Benghebrit dresse un constat d’échec

La ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit a dressé jeudi dernier un  constat sans complaisance, dénonçant les carences et insuffisances de la formation dans le secteur de l’Éducation nationale.
«Je constate que les résultats sont en deçà des attentes et que le rendement n’est pas à la hauteur des efforts consentis par l’Etan» a déclaré la ministre lors d’une réunion de coordination regroupant les directeurs
des instituts nationaux de formation des cadres du département de l’Éducation nationale.
Rappelant «l’importance» de la formation assurée par les 12 instituts nationaux de formation des fonctionnaires du secteur, Benguebrit a plaidé pour «une analyse critique de la situation, loin des complaisances, car il s’agit là de l’avenir de générations d’élèves  et de l’avenir de l’école algérienne». Précisant que les opérations de formation
concernent tous les fonctionnaires, les nouveaux enseignants, ceux qui sont en poste et ceux qui ont été promus, la ministre de l’éducation a pointé du doigt le manque de clarté et de rigueur à la fois dans les plans d’action et dans l’approche pédagogique retenue depuis des années. Même si benghabrit a utilisé parfois des «formules d’allusion» pour décrire les raisons de l’échec, tout le monde a compris que la formation des enseignants reste pénalisée par des pratiques archaïques, des programmes dépassés, devant être réactualisés, et des conditions de fonctionnement des structures de formation qui ne peuvent assurer «un climat idoine et à encourager les élèves».
Il est évident que le progrès de l’école algérienne passe par l’amélioration de la formation des enseignants. Mais cette amélioration reste conditionnée non seulement par une révision des approches pédagogiques, mais aussi, et surtout, par une refonte de tout un système gangrené, il faut bien l’admettre, par les médiocres tâtonnements et les
inepties cumulées depuis plusieurs décennies. Au lendemain de l’indépendance, le grand déficit en nombre d’instituteurs et d’enseignants pouvait éventuellement justifier les recrutements de n’importe quel profil disponible pour l’encadrement des élèves. Mais cette tendance a perduré, reléguant au second plan les objectifs qualitatifs nécessitant d’imposer des critères de valeur et de compétence à acquérir par la formation.
Le recours, durant des années, au recrutement «sur le tas», a eu pour effet on le sait de «banaliser» le manque de professionnalisme et de culture pédagogique. Pour exercer la médecine ou l’architecture on exige fort heureusement un diplôme. Mais pour l’accès au noble métier d’enseignant, la porte est trop longtemps restée ouverte «au tout venant», au mieux aux nouveaux titulaires d’une licence universitaire qui est loin de suffire à l’ encadrement pédagogique des enfants et adolescents.

Quant aux instituts de formation qui se sont démultipliés à travers le pays, ils souffrent eux-mêmes d’un déficit d’encadrement, d’un manque total de coordination, et d’une prise en charge aléatoire de leurs conditions de fonctionnements. Intervenant il y a quelques temps sur les ondes de la chaîne 3, le président du Syndicat
national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), avait lui aussi déploré la faillite du système de formation des enseignants,  indiquant judicieusement que l’Ecole algérienne est actuellement en train de «recycler l’échec». Conçus sur le modèle archaïque d’un «vulgaire» centre de formation devant
livrer des mécaniciens ou des maçons, l’institut de formation des enseignants , ne repose sur aucune norme scientifique, méthodique et psychopédagogique permettant de former des encadreurs à la hauteur des enjeux et des défis imposés à la fois par les mutations sociales, les nouvelles technologies et la mondialisation.
Au final, l’archaïsme des méthodes ne peut générer que la régression. En attendant, la Ministre de l’éducation qui a le mérite de remettre sur la table ce débat crucial, ne peut à l’évidence aller trop loin dans ses idées et ses propositions de solutions.
Annonçant simplement l’organisation, à la fin du mois de juin, d’un atelier de travail regroupant les directeurs des instituts et les experts de son secteur, la ministre veut laisser croire qu’un grand chantier pourrait être lancé pour la refonte du secteur de l’Éducation.
Bien consciente que l’Ecole algérienne véhicule forcément une vision de la société, Benghabrit, malgré son parcours et son profil intellectuel connu, semble néanmoins rester dans l’expectative, gardant une certaine réserve face à la nécessité de mettre l’ école à l’abri de toute ingérence politique et idéologique.

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Posté par le Mai 24 2015. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

8 Commentaires pour “Formation des enseignants du secteur de l’Éducation nationale : Benghebrit dresse un constat d’échec”

  1. OUERRAD

    Les constats , c est bien mais les solutions c est mieux .
    Madame la ministre a t elle des prerogatives pour agir , pour regler un tant soit peut ce secteur vitale pour les generations à venir ?
    Faire des allusions , ce n est pas faire un constat ou un bilan pour voir clair et resoudre les problemes .Ce n est pas avec les conseillers qui vous entourent , et que tout TLEMCEN , connait leur valeur que vous allez reussir .Et , si comme BENYOUNES , vous ne faites que deplorer un etat des lieux :DEMISSIONNEZ !
    Cela ne sera qu à votre honneur .
    Un ministre , un PDG ,un depute , un senateur , un wali , un maire , un responsable à quelque niveau qu il soit s il n a pas la liberte d entreprendre ; doit claquer la porte .
    Avoir les mains liees et n attendre que les ordres d en haut , ma foi : pourquoi accepter ses responsabilites .
    Car , demain vous etes comptables devant le tout puissant ALLAH .
    KOULOUKOUM RA3IN WA KOULOUKOUM MAS OULOUN 3AN RA3IYATIH .

  2. boiterfas

    Lisez ce passage des syndicalistes  » Conçus sur le modèle archaïque d’un «vulgaire» centre de formation devant livrer des mécaniciens ou des maçons, l’institut de formation des enseignants , ne repose sur aucune norme scientifique, méthodique et psychopédagogique permettant de former des encadreurs à la hauteur des enjeux et des défis imposés à la fois par les mutations sociales, les nouvelles technologies et la mondialisation. »
    Ce syndicaliste fait des objectifs de vulgaires choses..c’est ainsi que le but de l’ecole a été travestie et pervertie, au lieu d’avoir le vut de  »former un future homme de metiers » l’objectif de l’ecole est redevenue l’achat des equipements pedagogiques..l’ecole doit etre une vitrine d’une superette Comme nos laboratoires
    Lorsque un visiteurs officiel viend inspecter ou visitez  »tenez monsieur le president nous avons des ordinateurs, des lachines des appreils, venez voir cette appareil c’est le plus sophistiqué du monde. Etc…. »’
    Ça y est barkakoum mal kadhbe..30 ans de kadbe et faux fuiyant barakate,,,on a mare
     »Tu sais former un maçon, un electricien une sage femme une puericultrice etc oui ou non?
    NON? Prends tes droits de retraite et dégages….

  3. Abdelkader Bakhti .

    Je viens de lire attentivement l’article de la Ministre de l’éducation sur l’échec du système scolaire chez- nous. Je l’avais- lors de mon intervention dernière-, indiqué que tout système scolaire repose sur trois piliers clés, fondamentaux.
    1- LA FORMATION DES MAÎTRES
    2- LA MÉTHODE
    3- L’ORIENTATION

    J’ai organisé en 2010, deux journées d’étude à l’ENSET à ORAN avec communications, montage audiovisuel sur une classe algérienne pratiquant les méthodes modernes, une exposition de 20 panneaux 80×110.,les travaux d’élèves: journaux scolaires, monographies enquêtes,reportages, etc.
    Cela a été fait dans l’intérêt des enfants en premier lieu et des enseignants que nous souhaitons performants.
    Il me semble que notre journal » La VSDSBA va servir Inchaallah de réserve nourricière à notre enseignement que nous voulons productif et qui permettra de hisser notre pays au rang d’autres nations dont la priorité est celle d’avoir des hommes qui croient en leurs métiers et soucieux de résister à la concurrence économique.mondiale.
    Je souhaite que notre Ministre s’intéressera par hasard à nos idées pour s’en imprégner et retenir ce qui lui semble être utile pour notre ÉCOLE.
    ‘Allah m’a permis de rencontrer et connaitre un Homme d’une compétence extraordinaire en pédagogie et qu’il m’apporte un soutien extraordinaire, plutôt à la famille des éducateurs arabisants : celui de traduire tous les articles ayant trait à la pédagogie moderne et à nos recherches personnelles Il s’agit De Monsieur Tayeb OULHISSANE.

    • boiterfas

      Mr bakhti
      Vous avez cité 3 points mais le point fondamental n’est pas cité  »le but de la contact ion »
      Avant en algerie apres la chufe des othomons l’empire avait besoin d’administrateur de gendarme de service de l’impot..maintenant l’empire est arrivé a son terme de croissance,
      Il ne peut plus aller plus loin, 3 dans un bureau s’il reste dans cette lancer dans le niveau mondial il va crouler, c’est ce que redoute les pays developpés…
      Nous on doit sauver notre peau sinon on va crouler
      L’objectif n’est plus former pour l’administration et l’etat mais former pour l’individu..ne donnez pas le poisson a ‘eleve apprenez lui a fabriquer son materiels de peches, il va apprendre a pecher…
      La formation classique qui forme les fonctionnaires n’est plus d’actualité..il y’a saturation.
      Place a la formation professionelle..l’eleve doit apprendre a lire et a écrire en meme temps planter son arbres fruitiers, fabriquer sa porte sa fenetre, fabriquer son grillage, peindre ses mures, construire des mures, savoir manier l’argile, mouler le platre, le façonner, chercher les gisement d’argile, differencier entre mine de chaux et mine de calcaire, etc..
      L’ecole de demain c’est aprendre a lire et a ecrire au cours d’un moulage d’argile et le façonnage du gypse

    • Menouar

      japprends en parcourant c e grand dévoué mr bekhti mais le ministre est épuisé Regardez la photo postée Que peut il faire face a ces tollés de partout de l’intérieur et en dehors et puis c’est l(ingratitude qui vous est servie en dernier recours.Vous voyre combien sont consommés les cadres !

  4. Benattou

    Les systèmes d’enseignement varient considérablement d’un pays à l’autre, ce qui est du
    aux traditions nationales, aux conditions historiques, au niveau de développement des forces productives, au degré de développement de l’industrialisation, aux données géographiques et à divers facteurs. L’enseignement chez nous est de former des personnes agissantes, créatrices , conscientes d’elles mêmes,dévouées.

  5. boiterfas

    L’algerie a eu son independance par le billet de la violence..si l’independance etait acquise d’une maniére politique ou militaire les choses seraient maintenant differentes.
    A chaque fois que nous voulons revenir vers le politique la violence revient et s’instale comme mode de vie…deja said du l’ugta syndicat tente de renouer avec le discours violent en integrant le fatah palestiniens..
    Mais je pense que l’algerie a tourné la page de ce mode de vie, qui n’a aboutit a rien..beaucoup de violence verbal que de la blabla…
    Dans cette blabla l’etat est entrain de gaspiller et jeter l’argent par les fenetres..le pire une generation de petits enfants vont encore etre sacrifier, alors que tous les adultes parents comme homme politique savent que ce systeme va droit vers le mur…
    Les parents doivent prendre serieusement en charge leurs enfants, car compter sur l’ecole et l’université telle qu’elles travaillent actuelement sincerement nos enfants n’iront pas loin.
    Le metier ça se definit a l’age de 6 ans pas a l’age de 18 ans a cette age le garçon est rigide.
    Profitez de l’angem et ansej pour ouvrire des ateliers  »production formation »
    Laisser les petits enfants jouer dans ce environnement, l’enfant memorise tout,,et acquis  »le gout, la passion ces deux choses forme l’amour du metier » sinon mile metiers mille miséres

  6. ghosne

    salem, ce sont les Inspecteurs qui doivent être présents obligatoirement tous les jours au sein de l’établissement ,inspection sur inspection matin et soir pour selectionner les bons enseignants ,les noter séverement ; les chefs d’établissements ont un grand rôle à jouer aussi pas de familiarités avec le personnel pas question de devenir député ou sénateur…. travailler avec les enfants sans relâche,des formations pour les enseignants avec des grands psychologues et pédagogues au sein de l’établissement même pour éviter les déplacements ,les heures suffisent largement au primaire les élèves sortent à 2h 30′ et 3 30′ de quoi faire des miracles avec ces enfants qui sont tributaires des grèves,des chichis des enseignants qui cherchent que leurs poches.J’ai lu sur un quotidien que nos enfants sont classés 4e dans le monde pour être des enfants heureux en famille et à l’école .Quand je me rappelle que ma mère allah yarhamha était illetrée mais me tenait le cahier pour réciter mes leçons d’histoire et géo….Quand je vois que l’enseignante de mon petit fils le traite de moins que rien parcequ’il a choisit dans son TE3BIR d’être MAçon, elle lui a jeté sa feuille par terre pour lui dire que c’est un métier des Zawaliyas!!!!! nous sommes inquiets exténués …. Allah yestour oulednas inchallah

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