La Voix De Sidi Bel Abbes

Feu Kader Mehdi:; Ecrivain et journaliste deux ans deja. On t as pas oublié Khayi. !

Il est important a nos yeux d’observer une pensée a un autre enfant du bled, qui nous a quitté il y a deux années de cela, jour pour jour il s’agit de l’un des journalistes de la première heure, Kader Mehdi, et ce suite à une longue maladie.
Ses amis gardent de lui l’image d’un homme de talent, doté d’une personnalité attrayante. Fin des années 1960, il a participé aux côtés de l’équipe fondée par Bachir Rezzoug à faire de la République d’Oran un grand journal. Il a rejoint ensuite le quotidien El Moudjahid où il a longtemps travaillé à la rubrique société. L’exil le happe au milieu de la décennie 90. En France il collabora au site internet du Nouvel Observateur tout en rédigeant un livre autobiographique qui connut du succès à Paris. II s’est éteint à l’âge de 66 ans dans un petit village français où il a décidé de fuir les tourments de la vie. Il a été auteur de l’ouvrage La misère joyeuse. Sidi-Bel-Abbès, au temps du Petit Paris, et de Dieu n’aime pas les Arabes…Ce fils de la graba ce quartier populaire  des plus mythiques sur les bords de la mekerra décéda donc a Paris ou il était parti s’exiler..il ne fut pas rapatrié et c’est dans la capitale Française qu’il fut inhumé. Le journal Expression lui avait consacré une présentation et un entretien que nous reproduisons.

L’Algérie est le pays qui compte le plus grand nombre de journalistes assassinés par les islamistes, une soixantaine. La corruption et la gabegie, depuis l’Indépendance en 1962, y sont devenues une pratique ordinaire. Alors que les tenants du Pouvoir affichaient ostensiblement leurs richesses, la misère grandissait. Terrain idéal aux visées des activistes d’un Islam radical. Ce témoignage raconte la tragédie du peuple algérien à travers le quotidien d’un journaliste qui l’a vécue, de l’intérieur.

Une belle plume trempée dans la misère

Des années sont passées, de l’encre a coulé, du sang a séché mais les souvenirs sont toujours là, ineffaçables, et les larmes intarissables…

Abdelkader Mehdi est un nom dont beaucoup se souviennent dans le milieu de lapresse ou ailleurs…il a fait partie pendant une trentaine d’années de l’équipe du journal El Moudjahid à Alger, avant de partir à Sidi Bel Abbès, comme correspondant du journal Horizon.
Rencontré à Paris lors du Maghreb du livre où il dédicaçait son dernier ouvrage Dieu n’aime pas les Arabes…. et les autres, -titre qui nous a beaucoup intrigué-, cet agréable personnage, certes, marqué par les dures années écoulées et les souffrances endurées, n’a pas perdu son sourire et encore moins, son côté gentleman et raffiné…
Les quelques heures passées auprès de lui ont dévoilé des facettes d’un homme qui a beaucoup souffert dans sa vie, qui «en a bavé» comme il le dit si bien, qui a dormi sur les trottoirs, qui a dû quémander son pain, qui s’est vu mourir à petit feu mais qui a tout de même et malgré tout gardé sa tête et surtout sa plume….

L’Expression: A quand remonte l’exil et pourquoi?
K.M: Ce fut un exil forcé, croyez-moi. C’était la seule façon d’échapper à une mort certaine car je recevais des menaces de partout. J’ai échappé grâce à Dieu à de nombreuses tentatives d’assassinat et ma famille aussi…En 1994, j’ai dû quitter l’Algérie précipitamment et depuis, j’ai galéré, j’ai dormi sur les bancs publics, j’ai passé des jours et des nuits à courir dans tous les sens pour trouver à manger, un job pour me nourrir et nourrir ma famille qui a dû, elle aussi, me suivre…
Ce n’était pas facile du tout de se retrouver comme égaré dans un monde inconnu….. Heureusement que j’avais quelques amis qui me dépannaient, de temps en temps. J’ai dû habiter sous les ponts, dans des greniers, puis dans un pigeonnier d’église avec ma famille, jusqu’à trouver un logement grâce à des courriers que j’adressais par ci-par-là, jusqu’aux plus hautes instances…

Parlez-nous de votre rapport avec l’écriture et pourquoi se faire éditer en France?
En fait, il faut dire que pendant toute cette m…. qui se passait chez nous en ces temps-là, je prenais des notes, je ne cessais de mettre noir sur blanc des détails de tous les jours…; vous savez, cela fait quarante ans que je projette de me mettre à l’écriture… Je l’ai enfin fait et ça me fait plaisir, j’en suis fier… J’ai d’abord sorti en 2003, la misère joyeuse, édité chez l’Harmattan par pur hasard je dirais, puisque je l’ai juste envoyé par courrier et il a été retenu.
J’ai proposé mon ouvrage en Algérie, à deux ou trois maisons d’édition mais on ne m’a pas rendu de réponse… Vous savez, j’y parle de whisky, de femmes, d’amour, de sexe, d’un certain nombre de tabous qui ne passent pas chez nous, ou du moins qui ne passaient pas. La misère joyeuse est un roman autobiographique qui parle de Sidi Bel Abbès, au temps du petit-Paris; c’est l’histoire d’une enfance misérable mais joyeuse tout de même où il est question d’une amitié entre deux jeunes, l’un juif, l’autre musulman, Jacques et Messaoud qui ont grandi ensemble, qui ont partagé une douce amitié mais que la vie a fini par séparer…. ou plutôt la guerre…

Parlez-nous de ce second roman que vous signez aujourd’hui. Pourquoi ce titre?
(Avec un sourire): Vous n’êtes pas la seule à vous poser cette question…En fait Dieu n’aime pas les Arabes…est une expression qui me rappelle mon père. C’était lui qui l’utilisait quand des catastrophes survenaient dans des pays arabes…Tremblements de terre, inondations, guerres, accidents, tous les malheurs nous arrivaient à nous et ce qui lui faisait dire que «rabi mayhabech lâarab»; aujourd’hui, ça n’a pas tellement changé…Voyez comme les Arabes s’entretuent et ne tombent jamais d’accord sur quelque chose; dans ce roman intitulé Dieu n’aime pas les Arabes…et les autres, c’est le témoignage d’un journaliste qui raconte la tragédie du peuple algérien, vécue de l’interieur…

Pourquoi cette couverture? La caricature de Dilem?
C’est en fait un hommage que j’ai voulu rendre à la presse, à travers cette caricature de Dilem, que j’aime beaucoup, surtout la plume et ce qu’elle symbolise…

D’autres romans en cours?
Oui, j’ai un autre roman en cours, que j’intitulerai peut-être Hlima la brave, c’est une histoire véridique qui raconte le parcours d’une femme courageuse et pleine de volonté ainsi qu’une pièce de théâtre qui traitera de l’islamisme, de la corruption et d’autres fléaux..

Un dernier mot pour l’Algérie?
Je dirais juste une chose…le jour où la culture sera prioritaire, l’Algérie se portera mieux et tout changera en mieux bien sûr. En attendant….

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=29978

Posté par le Juil 7 2013. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

9 Commentaires pour “Feu Kader Mehdi:; Ecrivain et journaliste deux ans deja. On t as pas oublié Khayi. !”

  1. hamid

    Un journaliste connu qui finit mal sa vie

  2. a,dennoun

    Pieuse pensee a Kader MEHDI.
    A.D

  3. BENHADDOU B

    tout ce que je sais sur le dèfunt Kader Allah yarhmah,c’est son livre « lamisère joyeuse » que j’ai eu l’occasion de lire par l’intermediaire de son frère (correspondant lui aussi au journal L’ouest tribune à l’èpoque),le livre relate l’enfance belabbesienne avant l’indèpendance,une misère mais joyeuse comme l’a si bien titrè le dèfunt; en ces moments,on prie Dieu tout puissant ALLAH yarham tous nos morts et prompt rètablissement à tous nos malades.

  4. belabbes

    Pieuse pensée a ce belbbésien qui meurt ghrib

  5. Belamri abdelkader

    Feu Kader Mehdi ,pur produit belabesien fier ,généreux et cultivé.La horde sauvage a fait fuir nos enfants et tués le reste physiquement ou dans le silence.Quel gachis et pour quel objectif ? L’histoire nous le dira.Repose en paix cher Kader et que Dieu vous bénisse.

  6. safi

    un grand journaliste BELABBSIEN qui décède dans l(anonymat et victime de l’oubli Que dieu le bénisse

  7. Raphika

    Paix a lui et a tous les journalistes de mon paye

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