La Voix De Sidi Bel Abbes

Feu Drider Abdelkader : Il y a 13 ans déjà.

Ils sont nombreux les grands militants locaux et l’on s’excuse si on arrive pas a les évoquer tous. Bien que nous pensions faire de notre mieux en faisant des haltes d’évocation. Néanmoins on a déjà livré quelques succinctes biographies, nous continuons avec Feu Drider Abdelkader qui milita toute une vie au service de sa patrie…Quelques mois avant son décès  il était a la pointe du combat syndical avec les travailleurs retraités de la wilaya de Sidi Bel Abbes…a t’on suivi de prés…

Drider Abdelkader est né, précisément, dans l’ex-rue Palestro aujourd’hui Kelkoul Yahia, en face de la célèbre medersa où très jeune, il participa à sa construction et qu’il ne cessa de fréquenter jusqu’à sa mort survenue, le 14 janvier 2002. C’est en ville arabe, car la ville de Sidi Bel-Abbès a été longtemps duelle, qu’il grandira, fera ses premiers balbutiements dans un environnement qui vit s’organiser la communauté musulmane et notamment les milieux nationalistes…

Les commodités étaient de l’autre côte, c’est-à-dire en ville européenne, derrière la frontière naturelle de «Trig l’article» un repère important vu qu’il a fallu attendre l’arrivée d’une municipalité communiste, avec à sa tête Justrabo René, pour avoir opéré quelques réalisations en ville arabe, dite «indigène». Des maigres acquis qui seront vite remis en cause par la droite et les extrémistes locaux de Sidi Bel-Abbès.

Le petit Drider suivra sa scolarité à l’école Victor Hugo, aujourd’hui (Aboul Kacem Chabi) dans le populeux quartier du sud de la ville, appelé communément «Cayassone» (lire calle del sol dans la langue de Cervantes). De l’école Victor Hugo, il poursuivra ses études dans l’ex-lycée colonial Laperrine (débaptisé El-Djala, puis actuellement Azza Abdelkader).

Ses camarades de classe s’appellent entre autres feus Hassani Abdelkader et Belkhodja Mustapha qui se distingueront eux aussi par leurs contributions diverses. Drider n’arrivant plus socialement à poursuivre ses études, il quitta par obligation l’école pour subvenir aux besoins de sa famille en rejoignant l’hôpital civil de Sidi Bel-Abbès où il fit ses débuts professionnels en 1941. En 1944, ses compétences professionnelles avérées lui permettront d’être nommé «Dépensier». En 1946, il participera à un congrès syndical à Toulouse (France). Deux années plus tard, et au sein toujours du même établissement, à savoir l’hôpital, il est professionnellement nommé «Commis aux écritures». Dans le domaine syndical, il sera en 1950 délégué régional de la CGT. Il représentera pendant deux ans ce syndicat en Chine populaire. En ville, le voyage du feu Drider est très commenté. L’on s’enorgueillit de cela et la communion entre Belabbesiens imprimait à la cité une marque particulière. Le 12 mars 1956, le commissaire central Marcel Guyot écrivait: «Drider Abdelkader est secrétaire de l’Union régionale des syndicats confédérés (CGT). Depuis 8 ans environ, employé à l’hôpital civil, il est, également, depuis plusieurs années le principal animateur du syndicat CGT des employés de cet établissement. Sur le plan politique l’intéressé s’est signalé, vers 1948, comme militant de la section locale de l’UDMA. Dès 1949, il participe également, en 1952, aux travaux du comité local d’initiative pour la préparation du Congrès mondial pour la paix. M. Drider Abdelkader, dont les activités séparatives ne se sont jamais éloignées délibérément de ses opinions nationalistes, son activité a été suivie par les services de la police, note-t-on.
Un rapport indiquera ceci: «soupçonné d’user de son mandat syndical et de son emploi administratif pour assurer une large diffusion à sa propagande subversive, il doit être regardé comme dangereux pour la sûreté de l’Etat». Si les colons s’opposaient fermement au nationalisme, ils eurent la même attitude face au communisme. Et l’Algérie des années 50 apparaît loin d’être un coin tranquille, bien que beaucoup de choses ont été dites autour du PCF, qui ne pouvait se débarrasser de son idéologie nationale, coloniale, bien sûr… Des éléments sont à citer car de nombreux acteurs dirigeants sont morts ou ont modifié leur opinion et leur tactique.

Au vu de leurs multiples tentatives, ce fut de cela qu’est prise la principale action de l’appel du 1er Novembre 1954, entre autres…

En l’an deux de la guerre de Libération, Drider sera astreint à résidence surveillée dans le fameux centre d’internement de Bossuet (sud de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, où les conditions de détention étaient synonymes d’enfer à l’instar de Berrouaghia, Lodi, Aflou, Djorf). L’administration coloniale le transférera arbitrairement à Aïn Témouchent suite à ses agissements en tant que syndicaliste et militant nationaliste au sein de la population autochtone belabbesienne. Très recherché par les services de police, il sera arrêté à la veille de l’Aïd El-Fitr de l’année 1956, alors qu’il se rendait à Sidi Bel-Abbès pour voir sa famille. Il connaîtra un nouvel internement, cette fois-ci à Saint-Leu, en mai 1956. Il sera de nouveau arrêté et condamné à six mois de prison, du 28 janvier au 28 juillet 1957. Naturellement, il fut suspendu de ses fonctions professionnelles, entraînant de nouvelles mesures d’expulsion du département d’Oran vers l’est du pays, à Skikda précisément. Il ne cessera, indique-t-on, de constituer son combat au sein de l’UGTA jusqu’à l’indépendance du pays. Il reprendra son travail à l’hôpital de Sidi Bel-Abbès, vadrouillera de Relizane à Rouiba, Mostaganem. Il a été, par la suite, cadre à la CNAS, secrétaire national UGTA à la Maison du Peuple à Alger, élu APC de Sidi Bel-Abbès de 1984 à 1988.

En signe d’un modeste témoignage de votre serviteur et en pleine plénière publique, feu Drider prit la parole pour exiger la rebaptisation de la place des Martyrs d’El-Graba, en place des Fidas; argumentant son intervention, l’APC prit acte et fait.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=7051

Posté par le Jan 9 2012. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

28 Commentaires pour “Feu Drider Abdelkader : Il y a 13 ans déjà.”

  1. chaib draa tani djamel

    drider est un grand pére pour nous chaque matin en tant que retraité allah yar hamah je le voyais chez ghaouti’chilon’ au cabinet dr driss khodja rue du cimetiere on apprenait beaucoup de lui surtout l’historique de notre ville c’etait un trés grand homme sage,simple et modeste nos anciens partent et notre ville coule

  2. kaddous cv centre ville

    vous etes entrain de rendre avec votre journal un hommage a ces oublies ces hommes qui on fait leur devoir serieusement il n ya pas photo a comparee les rentiers du systemeet cette graine.allah yerhmah ason age avance il avait organise aves ses amis un sit in devant la grande poste pour protester cotres la paie ou semblant de paie indemnites des retraites et rien n’a change pour eux.il fallait parler de ces gloires de s.b.a.

  3. abbassia

    allah yerhmah c’etait un homme pieux watani syndicalisteje salue votre journal du travail de memoire.on estvenu nous enterrer vivantes

  4. laradji sidi ali benyoub

    la encore un belabbesien qui adonne et aussi meconnu j’ai appprisce matin des chosessur ce personnage de monplaisir oou il a habite.

  5. smahi

    je sais que mohamed kadiri evite les pieges fallacieux de la polemique en evitant que normalement en decembre 1984 driderl etait indique qu’il sera le papc maire puis un changement fut entrpris per un groupede la mouhafada flnplacant le maire bouchentouf des ptt.personelement j’ai su que kadiri avec les enseignants du syndicat et en presence des membres de la famiile drider ont organise au lycee ennajah aves la presence de ghalem cheniti une conference il y’avait d’autres invites que je ne me rapelle pas quedieu les benissent ces gens du bien.

  6. mestari

    je revois tout un passe avec drider ancien de l hopital.

  7. blal

    grand monsieur,bon voisin,bon gestionnaire,militant,honnete et aimant passionnement sa ville.voila le genre d’homme que devrait avoir sidi bel abbes.

  8. dekkiche paris

    un homme affable courtois serieux gestionnaire militant convaicu cette generation ne coure plus les rues.bel exemplede devoement a belabbes.meditez mecreants

  9. abbassi

    Je viens de découvrir votre site . On y trouve beaucoup de bonnes actions. Enfin n’est-il pas plus logique d’honorer les figures emblématiques de SBA ,de leur vivant ? Un nombre insignifiant d’entre elles , est encore de ce monde.

  10. Poete amateur

    Pour 1 du dépot sec

    Le dépot a fermé et tu traques la nostalgie
    A l’ombre d’ombres surgies du passé
    Qui te font miroiter des désirs d’escapade
    Et des cavalières qui ont arrêté la marche du temps
    Surgissent d’enveloppes charnelles éphémères
    Et raniment le souvenir des éts heureux
    Qu’il est doux de redécouvrir que l’enfant à jamais
    Restera le père de l’homme, surfait etdéfait
    Encombré de fausses certitudes qui fabriquent
    Des ornières et des chaines qui l’entrave
    Improbable Atlas, Syshise éternel qui grimpera
    Des montagnes qui le mettront à terre
    Plus vite qu’il ne s’y était hissé
    Les oléoducs ne font pas rêver
    Et le pétrole n’aura jamais le goût paradisiaque
    De la Cherbat et lemon qui faisaient nos délices

    • un de la rue du dépôt

      eh! poète amateur dans toute ma nostalgie ,je ne réfère en aucun cas au pétrole ni au Gaz ,plutôt au quinquet ou bien à la lampe au carbure ,mais je pense que vous devrez être jeune pour avoir connu cela ,et la fontaine publique ,
      Je préfère ma nostalgie souriante et parfumée que la morosité actuelle qui achève son homme ;quand à EL-CHERBET et UNA AGUA LEMON FRESHCA elle est introuvable dans notre ville .
      Aller sans rancunes

  11. chaib draa tani djamel

    merciet merci milles fois mr kadiri de ce que vous faites et j’éspere que mr miloua el hadri en tant que vice-président de l’apc est branché ce soir avec nous s’il veut bien penser à ce génereux homme qui est drider aek allah yarhamah de baptiser son nom sur une école ,une rue,un c.e.m et merci

  12. benhaddou boubakar

    on demande a tuot belabbesien d’avoir une pieuse pensee a ce personnage de grande valeur qu’est drider aek allah yarhmah.sidi belabbes se souviendra toujours de ses fils qui ont marque de leur militance leurs empreintes qui resteront a jamais graves dans la memoire des habitants de notre chere ville.vivement notre union.

  13. Abbassi22

    Salam Merci M. Mohamed pour cette evocation. J’ ai les larmes aux yeux

    Mon pere (Allah yarhmah aussi) etait chauffeur de M.Drider AEK que Dieu ait son ame.Ammi Abdelkader etait un homme sage, simple,tres courtois et doue.Je me rappele toujours de son francais riche en vocabulaire.Il aimait les enfants.A chaque fois que je le croisais en compagnie de mon pere il m ‘exhortait a travailler davantage a l’ ecole pour avoir un avenir prospere .Il disait toujours que le travail est un devoir que chacun de nous doit assumer avec rigueur conscience et abnegation .

  14. mellali

    ALLAH YARHMAH إنا لله وإنا إليه راجعون أسكنه الله فسيح جنانه

  15. lalimit gambetta

    Acune rue ne porte son nom Action délibérée ou incompétence de nos responsables envahisseurs

  16. benali abbassi de la villle d'alger

    Si dider un valeureux militant de la cause nationale et du syndicat ugta allah yerhmah.merci une fois de plus voix de belabbes

  17. son fils nasro drider

    grand merci pour tout ceux qui ont rendu cet hommage a mon defunt père et merci monsieur kadiri pour cet initiative

  18. O BECHLAGHEM

    monsieur nasro dites a madame mattlalah badra porf de francais mallek haddad et aux bouchentoufs et voisins amis de feu Drider aek

  19. hadj dekar

    Belle photo de la graba et une pensée a un monsieut qui milita jusqu »a son décés dans l »association des retraités.

  20. hamid ourrad

    Et bien mon cher abbassi sachez que la voix de sba a honorè pas mal de personalités de leur vivant parmi eux il y a eu messieurs khaladi,belkadji,omar assou,kada benchmisa, soudani cheikh,belaid lacarme et tant d’autre

  21. DRIDER Fawzia Epouse EL-MESTARI

    Merci à tous qui ont honorés mon feu Oncle Hadj Aek DRIDER dit Kouider (communément Papa pour les Familles DRIDER ou Papa El-Hadj pour les petits enfants des DRIDER), par leurs pieuses pensées, Merci également à Monsieur KADIRI « la plume Bel-abbésienne », vous faites un formidable travail en pensant et provoqué les pensées pour les Nobles de la ville. Merci aussi à votre site qui fait vivre la ville de Sidi Bel-abbés

  22. adel drider.

    lah yerhmak papa hadj… et merci pour cet hommage…

  23. A Mr Gamra

    A Mr Gamra Sidi-khaled. (Réponse).
    Feu Drider AEK, était un vrai militant. Sincèrement je ne le connaissais pas assez. J’ai bcp appris de cet article de notre ami Kadiri et aussi de la part des commentateurs de vdsba.
    Karim10

  24. drider zoulikha

    c’etait un pere pour nous . c’est pourquoi on l’appelait papa, allah yerahmah ,,, on ne meurt pas quand on nous enterre, on meurt quand on nous oublie…et merci mr Kadiri…

  25. benabdallah hajera ep belkhoudja

    c’était un grand monsieur, lui et hbibi hadj belabbes rabbi yerhamhom…

Répondre