La Voix De Sidi Bel Abbes

Fêtes de fin d’année : Quand la nostalgie le dispute au rejet.

A Sidi Bel Abbes, ceux sont particuliérement les produits de la fête de Yanayer qui sont les plus exposés à la vente ces jours ci dans les différents marchés de la ville. On se bouscule malgré les prix affichés. D’autres familles ont recour aux traditions, un plat de fèves et du blé, ce qui est appelé communément par le fameux « Cherchem ». Il est vrai que des jeunes pensent au réveillon, il ne le faut pas se le cacher. Parailleurs, notre confrère Meziane Cheballal évoque la fête de Noël dans une série d’entretien opérés dans la capitale :

Si ce n’était votre question, j’ai complètement oublié que le 25 décembre coïncide avec la fête de Noël», affirme Sid Ali M., rencontré dans une pâtisserie-confiserie.

Cet ingénieur des Ponts et Chaussées, 50 ans, au regard malicieux, a grandi à La Casbah dans une famille nombreuse. «Quand j’étais tout jeune, on célébrait tous les ans les fêtes de Noël et du nouvel an avec mes frères et sœurs», se remémore-t-il. Il se souvient de ces années 1970-80, où les Algériens, sans être des chrétiens, célébraient Noël dans la convivialité. C’était surtout une aubaine pour les enfants de recevoir des cadeaux de leurs parents qui se déguisaient pour la circonstance en «père Noël». A l’entame de son récit, ses yeux brillaient, à l’évocation de ces années «fastes». Période d’insouciance, de vivre ensemble et surtout de tolérance.

Rites étrangers

Le grand-père de Sid Ali M. était imam de la Grande Mosquée, à la place des Martyrs, durant les années 1940. Venue de la région d’Azzefoun, de Kabylie, cette famille de marabouts, ultraconservatrice, tout en demeurant extrêmement attachée à l’islam et à ses valeurs, fêtait néanmoins Noël, cette fête chrétienne qui célèbre chaque année la naissance de Jésus de Nazareth (Aïssa chez les musulmans). «Nous sommes une famille de pratiquants. Nous sommes même ultraconservateurs. Ma mère sortait rarement dehors. Ou si elle le faisait, c’est soit avec mon père ou avec l’un de nous, vêtue toujours de son haïk», précise notre interlocuteur.

Selon lui, la présence coloniale en Algérie a tissé des liens et créé des habitudes qui ne sont pas forcément celles de la culture et de religion des Algériens. Ils ont adopté ces traditions, ces rites étrangers de manière mécanique, sans qu’il puisse y avoir de connotation cultuelle ou religieuse à leur geste. «Nos grands-parents et nos parents ont vécu et cohabité avec les Européens. Cette cohabitation a fait que quelques-unes de leurs fêtes sont devenues les nôtres. C’était peut-être un autre ‘‘butin de guerre’’. Nous avons ainsi partagé leur tradition religieuse, tout en restant profondément musulman», a-t-il indiqué.

Mais le début des années 1990, avec la montée de l’intégrisme et du fanatisme en Algérie, a mis fin à ces «rêves d’enfants» et les cadeaux qu’ils recevaient à l’occasion de cet événement. Le regain de religiosité a proscrit la célébration de ces fêtes, sous le prétexte que tout ce qui s’éloigne de la tradition du Prophète Mohammed (QSSSL) est illicite. Notamment les fêtes chrétiennes et juives. «Moi-même je ne fête plus Noël depuis la fin des années 1980. Pour le nouvel an, je le fais juste pour marquer l’événement avec ma femme, mes enfants ainsi que mes autres frères. Ça n’a plus le même charme ni le même goût d’antan. Il faut être à la page et ne pas être à la traîne avec le reste du monde», a-t-il révélé. «De plus, avec le recul, je crois que fêter Noël comme nous le faisions avant en famille ne correspond pas à mes croyances. Même si nous le faisions sans arrière-pensée religieuse», a-t-il reconnu.

Manque d’engouement

Ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, des internautes faisaient des commentaires à travers lesquels ils appellent leurs «frères» à ne pas succomber à la tentation de célébrer les fêtes de Noël et du nouvel an. La raison ? Pour ces internautes, invoquant des hadiths du Prophète Mohammed (QSSSL), en fêtant ces événements, cela équivaudrait à s’assimiler aux chrétiens. Ce qui serait contraire aux recommandations du Prophète. Pour Mohamed Y., gérant d’une boulangerie-pâtisserie, à Alger-Centre, le public algérois ne manifeste plus le même engouement pour l’achat des gâteaux et des friandises, pour les fêtes de fin d’année. L’érosion du pouvoir d’achat, les innombrables problèmes auxquels est confronté le citoyen lambda chaque jour, sont pour beaucoup, selon notre interlocuteur, dans cette désaffection.

«Avant, en prévision du mois de décembre, on se préparait des mois à l’avance pour marquer l’événement comme il se doit pour satisfaire le client. Ce n’est plus le cas maintenant», indique Mohamed Y. «On vend certes toujours des gâteaux à l’occasion du nouvel an. Mais la différence est très minime avec les autres mois de l’année», a-t-il ajouté. Pourtant son magasin offre une pléthore de gâteaux de toutes sortes. Du chocolat spécial, mélangé aux amandes, des friandises pour cette occasion. Mais les bourses des citoyens peuvent à peine tenir pour oser s’offrir ce luxe digne des pays au niveau de vie «élevé».

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=10159

Posté par le déc 26 2011. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

22 Commentaires pour “Fêtes de fin d’année : Quand la nostalgie le dispute au rejet.”

  1. benhaddou boubakar

    il n’y a pas que ces fetes de fin d’annee qui ont perdu leur charme d’antan,il y’a aussi les autres,et chacun les organise selon ses moyens.a l’epoque il y’avait le grand pere qui remuait la midouna,on était tous reunis,maintenant on est presque disperses,les choses ont changé,le monde a changé aussi.l’ere de victor hugo,zola,balzac qui relataient la vie francaise,est elle de guy des cars ou simenon?.souhaitons comme meme a tous bonnes fetes et chacun son gout.prompt retablissement a notre prof belkadji.

    • Nathalie

      Je vous rassure Monsieur,,,ca se passe aussi comme ca ailleurs,dans tout les pays,tout est devenu commercial,,,sujet a la dépenses,c’est devenu trop commercial,,,les valeurs en sont malheureusement perdu

      • benhaddou boubakar

        le nayer et le cherchem je ne peut me depasser d’eux,ce sont des traditions que je les tienne depuis lontemps,ce sont devenues des traditions nostalgiques.que chacun organise comme il veut,pourquoi priver nos enfants de ces valeurs morales et civiques!.allez bonnes fetes!

  2. soraya d beni saf

    c »est quoi cherchem une recette un plat local

    • nacéra sl

      bonjour! cherchem est un plat traditionnel qu’on préparait jadis pour ennayer cette fete celebrée le début du mois de janvier généralement le 12 du mois cette fete qui tend à disparaitre malheureusement bref ce plat est composé de blé dur, féve,poichiche qu’on laisse tremper dans l’eau 24 heures avant et qu’on cuit le lendemain en ajoutant sel, poivre noir, cumin et un peu de khlie(quedid;

  3. D.REFFAS

    non, nacéra, le cherchem c’est du couscous préparé avec de la viande de chèvre, de la viande d’un coq arabe de couleur bleue.

    • réponse

      Pourquoi non ! peut aussi que’il y’a plusieurs cherchem de sba et sfisef et …mascara …ect.
      Il ne faut jamais dire non sur une recette de cuisine; Mr qui sait tout.Moi je suis de bel-abbes meme si des mes origines mascaréeene le cherchem ce n’est pas du couscous ! Mais c’est tjr avec du blé + foul + homos. Merci Nacera ,merci Reffas.

  4. Mr terkmani gambetta

    Avec si driss el khaima el kebira parle.bonne année docteur.

  5. D.REFFAS

    merci terkmani.bonne année.Nacéra veut nous faire gouter du n’importe quoi.Elle ne sait pas préparer le cherchem!! c grave ya si terkmani.:))

    • benhaddou boubakar

      et bien mr reffas le cherchem pour nous c’est ce qu’a dit nacera,ne me dit pas que vous n’avez jamais gouter ce plat,sinon je t’inveterais un jour mr le toubib avec terkemani,je crois que le cherchem est standard il y’a que les ingredients qui different d’une region a l’autre.depuis mon enfance je sais qu’il prepare comm l’a dit exactement nacera. bons cordons bleus a tous.

      • D.REFFAS

        bonjour.Bien sûr si boubakar.Le cherchem est un et un seul.je plaisantais pour un débat détendu.bonne année.

        • benhaddou boubakar

          wallah docteur je m’en doutais,c’est apres que j’ai conclu que non surement c’est une plaisanterie!et le debat était vraiment detendu avec comme complice mr terkemani,ah sacres freres !je vais comme meme essayer l’autre cherchem de la chevre,c’est une ordonnance de ta part,sauf complication,pourtant il y’avait un indice qui montrait que tu plaisantais.merci toubib.je t’inviterais comme meme.

  6. Mellali Mostefa de sfisef

    je suis sure que bent bladi nass sl est un cordon bleu fila cuisine farhatna fi la holande et fi paris vive le cherchem de nass

  7. derrar mostefa.toulouse

    M mellali passe le grand bonjour a les gens de sfisef et bonne annee 2012 est au club de CRBS kherraz .dorris. bouhend .habib attou. belhadj. koddat .bouhand ammar missoum de faire le possible que crbs reste comme avant

  8. mellali mostefa

    MERCI MR DERRAR J ESSAIERAI

  9. nacéra sl

    bonjour,monsieur Reffas j’ai donné les ingredients nécessaires au cherchem dans la région de sba, mais je tiens à signaler la convivialité de cette fete toute la grande famille avait droit à sa part de cherchem et des fruits secs meme les voisins c’est dire l’esprit d’hospitalité et de solidarité qui y régnait je saisit cette occasion pour souhaiter une bonne année 2012 à tous les lecteurs de VDSBA.

  10. mellali

    ya nass c est pour quand tzori lblad wtssalmi ala lard .on m a dit que des que tu descend de l avion tu ambrasse le sol est ce vrai ya talawia

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