La Voix De Sidi Bel Abbes

Fanon, mauvaise conscience des Antilles.

A propos de Frantz Fanon et les Antilles, un livre d’André Lucrèce.

Fanon par Mustapha Boutadjine

Publié en 2011 pour marquer le cinquantenaire de la mort de Frantz Fanon (né en 1925, décédé prématurément en1961), ce livre petit par ses dimensions mais bel objet (par son papier, sa typographie, sa couverture à rabats), et bien écrit, a surtout le mérite de poser quelques bonnes questions (1). La préface annonce la couleur : « En quoi la mise à l’écart de la pensée fanonienne et la promotion du discours-monde constituent-elles une possibilité offerte à l’homme antillais de prendre la mesure du monde et de se défaire des formes d’aliénation moderne ? » (p. 19).

Le premier chapitre du livre rappelle opportunément combien chez Fanon la théorie était inséparable de l’action. Quand il s’intéressait aux névroses de l’homme noir ou du combattant algérien, il savait exactement de quoi il parlait pour avoir reçus ces hommes en tant que patients, pour les avoir soignés. Et de même sa connaissance de la révolution algérienne était-elle directe, intime puisqu’il en était lui-même l’un des acteurs. Intellectuel atypique à cet égard, chez Fanon l’engagement ne se limitait pas à la publication d’écrits non-conformistes ou à l’addition de sa signature au bas d’un manifeste. Volontaire lors de la seconde guerre mondiale, il a prouvé par son comportement héroïque que son courage ne se situait pas seulement au niveau du verbe. Blessé, ayant échappé de peu à la mort, il a pu déclarera posteriori qu’il s’était engagé dans une mauvaise guerre, mais n’a jamais renié la nécessité du recours à la violence pourvu que le combat fût juste. Et quoi de plus juste que le combat pour sa liberté d’un peuple soumis au joug colonial ?

Le second chapitre étudie les rapports entre Césaire et Fanon, le sujet qui doit fâcher inévitablement les partisans de l’un ou de l’autre. Entre le départementaliste, notable de la République d’un côté et le révolutionnaire engagé dans une guerre de l’autre côté, il n’y a en effet pas de compromis possible. Lucrèce traite le sujet ma non tropo. Sans cacher le désaccord fondamental, il préfère insister sur l’admiration réciproque qui existait malgré tout et termine sur une citation d’un poème du Moi, Laminaire de Césaire (1982) dans lequel Fanon est magnifié en « guerrier silex ». N’y aurait-il pas plus à dire sur le sujet ? Car Fanon était bien l’épine dans le pied de Césaire. Fanon, lui, ne faisait pas, d’un côté, un discours vengeur sur le colonialisme et n’allait pas, de l’autre côté, tendre la main en Métropole pour sa petite colonie, la confortant ainsi dans la dépendance – timeo Danaos et dona ferentes. Et s’il est vrai que Césaire a reconnu qu’il s’était trompé sur ce point, force est de constater que ce reniement – temporaire – n’a guère été suivi d’effet pratique. L’hommage de Césaire à Fanon après sa mort – reproduit à la fin de l’ouvrage – contient pourtant un aveu de taille : « Le tragique ? C’est que sans doute cet Antillais n’aura pas trouvé des Antilles à sa taille et d’avoir été, parmi les siens, un solitaire » (p. 157). Et Fanon lui-même ? Quelle relation véritable entretenait-il avec son île natale ? Pourquoi n’est-il pas allé affronter directement Césaire ? Est-ce parce qu’il était persuadé que la cause de la Martinique indépendante était désespérée ? Lucrèce cite là-dessus Simone de Beauvoir : « On le sentait tout de même gêné de ne pas militer dans son pays natal » (2). Mais notre auteur n’en dit pas là-dessus davantage.

Dans le troisième chapitre, « L’empreinte d’une pensée », Lucrèce tire les principales leçons du message de Fanon à propos du colonialisme et de la lutte anticoloniale, puis il aborde le cas spécifique des Antilles françaises dans une section intitulée « Antilles, un destin corrompu ». On y trouvera des détails instructifs et amusants, par exemple sur l’origine du nom Martinique qui n’est pas ce que la vulgate coloniale enseigne. On y trouvera surtout la dénonciation sans appel – inspirée de l’analyse des régimes des nouvelles républiques africaines développée par Fanon dans Les Damnés de la terre(1961) – d’une certaine manière de faire de la politique qui s’observe également dans les îles françaises. Lucrèce voit dans les luttes qui ont agité la Guadeloupe et la Martinique au début 2009 le signe de la trahison des élites politiques, plus occupées à se servir elles-mêmes qu’à répondre aux préoccupations de leurs mandants. Mais, ajoute-t-il, la lutte populaire ne pouvait pas déboucher sur des progrès significatifs sans prendre appui sur un projet fondateur qui « fut bien entendu absent » (p. 138). Pourquoi « bien entendu » ? Quel devrait être ce projet ? Qui pourrait l’élaborer et le rendre convaincant ? Nous n’aurons pas, hélas, les réponses à ces questions.

Le livre s’achève sur le constat de la « violence fratricide » qui traverse toute la société antillaise, que ce soit à l’intérieur de la famille, à l’école, sous les abribus où se retrouve la jeunesse désœuvrée, près des mangroves où la drogue se trafique et se consomme. La solution de Fanon – canaliser cette violence dans une guerre de décolonisation – n’est pas d’actualité « aux Antilles où les problèmes se posent en d’autres termes », selon Lucrèce. Ce qui ne l’empêche pas de chercher dans leur situation coloniale, passée et présente, « la dimension historique et culturelle qui porte cette violence » (p. 146). On le voit, Frantz Fanon et les Antilles pose davantage de questions qu’il n’en résout. Ce livre aurait donc dû susciter un vaste débat au sein des élites antillaises… si elles n’étaient pas préoccupées d’autres choses, comme déjà noté.

Michel Herland.

(1)   André Lucrèce : Frantz Fanon et les Antilles – L’empreinte d’une pensée, suivi de Aimé Césaire : Hommage à Frantz Fanon. Le Teneur – K.Éditions, Fort-de-France, 2011, 165 p., 20 €.

(2)   P. 124. Cité d’après Simone de Beauvoir : La Force des choses, Paris, Gallimard, 1963, p. 622.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=24590

Posté par le Mar 20 2013. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

29 Commentaires pour “Fanon, mauvaise conscience des Antilles.”

  1. Mourad Salim HOUSSINE

    Destin exceptionnel que le vécu de Frantz Fanon qui va supporter ce long périple des Antilles à la métropole et,de nouveau, en terre coloniale à l’hôpital de Joinville (Blida) où son statut de psychiatre ne lui permettra pas de se recentrer dans cette autre périphérie des « damnés de la terre »…Son implication dans le combat indépendantiste peut être aussi lue comme une compensation à cet impossible retour aux Antilles où il n’aurait jamais pu exercer son métier de psychiatre sans renier son oeuvre…

    • CAMARADE

      Bonjour au sujet de la ferme Laumet pas Lomet comme cela fut transcris et qu  »une interrogation fut postée sur l ‘autre site Belabbésien et demeure a ce moment sans réponse sur la nature juridique ,elle appartenait a la DSA direction des services agricoles.Entre 1967 et 1971 la premiére APC élue gérait ces fermes de la périphérie qui furent florissantes et bien rentables renflouant le budget communal et tout le sommier recettes furent sous l »ére du parti unique versées dans la gestion autogérée et la lutte effrénée des groupes en présence et clans non préparés a la gestion collective.fut préjudiciable….SALUT CAMARADE

  2. FRIC

    Les dénonciations de Fanon de l’horreur coloniale ,ses colères contre les altermoiements de la gauche francaise ;et les mésaventures de la bourgeoisie nationale ,démontre une puissance de conviction qui fascine tout oposant à la domination de l’homme par l’homme .Il a démontré les mécanismes de l’exploitation économique ,et la domination politique des colonies .il a analysé l’aliènation culturelle ,et les traumatismes engendrés par ce système d’opression sur ces victimes .Il a scruté avec le plus de rigueur ,les distortions et les contradictions liés à l’abomination coloniale ….

  3. lecteur de la vsba

    Toute révolution ( changement radical d’un mode de gouvernance) doit être pensée, intellectualisée avant qu’elle ne puisse être mise en oeuvre, sa mise en oeuvre est souvent liée à des circonstances précises, elle peuvent être des circonstances bizarres, anodines, voire spontanées ( dans l’action). Frantz Fanon considéré à juste titre un des héros de la révolution algérienne (il est mort de maladie en 1961), a vu les injustices que subissaient les algériens ( dans les années 50, la torture qu’elle soit par l’ECT ou par les magnétos c’était de la torture) a été dûment documenté algériens ) ce qui l’a inspiré à écrire les damnés de la terre anti colonial par excellence, livre culte de la révolution armée, bien des intellectuels français ont désapprouvé Fanon, mis à part Sartre et avec beaucoup de réticence ( voir Axel Madsen) ( a préfacé Les damnés de la terre), qui par la suite s’est égaré dans le cas des palestiniens ( pour la petite histoire la préface a été retirée par la veuve de Fanon en protestation à la position de Sartre vis à vis de palestiniens et son soutien inconditionnel à Israel en 1967 et à la colonisation). Simone de Beauvoir la militante par excellence du mouvement féminin était vraiment mal inspirée en ces temps là, alors que Fanon à l’ agonie dans un hôpital à Genève suppliait Sartre pour préfacer son ouvrage et que Simone mis énormément de bâtons dans les roues avant que Sartre ( le décolonisateur par excellence) puisse enfin préfacer l’ouvrage. Ceci dit, Frantz Fanon a inspiré par son ouvrage les révolutions qui suivirent en Afrique en particulier au Angola, Zimbabwe, Namibie, Mozambique et bien d’autres contrées, il est évident que la révolution algérienne et son succès ont été pour beaucoup dans cette émancipation du continent africain, l’ouvrage de Frantz Fanon a été le précurseur, aux Antilles avec Aimé Césaire et bien d’autres il n’ y a pas eu le déclic salutaire. Peut être que pour la majorité des habitants de ces îles les injustices n’ont pas encore atteint la masse critique, nécessaire pour déclencher la révolution, ou que peut être le papillon est dépourvu d’ailes dans ces contrées là.

  4. badissie

    hommage a frantz fanon et tout les européen qui sont mort pour la cause algérienne , ils sont nombreux ont aime bien que la voix de sidi bel abbés leur consacre un long article

  5. Mustapha

    Bien dit Mr Badissie et croyez-moi ils sont nombreux ces oubliés. Il faut leur rendre hommage pendant leur vivant

  6. Arbi

    Fanon restera un grand exemple de combattant tiers mondiste

    • Mémoria,

      Gravement blessé lors de la traversée du Rhin pendant la seconde guerre mondiale,après des études en Martinique et en France,Frantz Fanon est nommé en 1953 médecin-chef à l’höpital de Blida (Joinville)et établit rapidement des contacts avec les militants de base du FLN de la wilaya 4…entre autres le célèbre chanteur de Châabi feu Abderrahman Azziz.

      Dans son livre « Les damnés de la terre » édité par les éditions Maspéro en 1961,dans le deuxième chapitre »Mésaventures de la conscience nationale »,le visionnaire à qui nous ne cesserons de rendre hommage reste d’une lucidité étonnante dans sa critique des bourgeoisies post Indépendance en écrivant notamment:
      « Courroie de transmission,la bourgeoisie nationale prend la place de l’ancien peuplement européen:médecins,commerçants,avocats,représentants,agents généraux,transitaires…Elle estime,pour la dignité du pays et sa propre sauvegarde,devoir occuper tous ces postes…La bourgeoisie nationale se découvre la mission historique de servir d’intermédiaire…Comme on le voit il ne s’agit pas d’une vocation à transformer la nation mais prosaïquement à servir de courroie de transmission à un capitalisme acculé au camouflage et qui se pare aujourd’hui du masque du néo-colonialisme.La bourgeoisie nationale va se complaire, sans complexe et en toute dignité,dans le rôle d’agents d’affaires de la bourgeoisie occidentale… »
      No Comment !

      Il y a lieu de ne pas oublier-ou de se rappelez?- qu’en 1955 un confrère psychiatre de Frantz Fanon le Dr Georges Counillon montera au maquis des Aurès sur injonction de Si Larbi Ben M’hidi car le Nidham avait besoin de médecins…Il y mourra au milieu de « ses » frères suite à des luttes intestines après la mort de Ben Boulaïd et loin de la protection de notre héros national.

      Hommage à leur engagement humaniste et politique !

  7. Karim10

    Frantz Fanon (déclaré hors-la- loi ! -dixit Francis Jeanson),un « anti colonialiste professionnel » selon France-Inter.A fait parti des collaborateurs de M’hamed Yaziz, GPRA en 1958.
    Paradoxalement Mr Mémoria, Il faut dire que A.Cesaire que vous évoquez dans le texte avait bien ouvert la voie, dans un style plus romanesque….en affirmant : « Un pays colonial est un pays raciste ».Bon c’est vrai que c’est une affirmation peu simplette. Mais selon moi elle ouvre un grand débat ! N’est ce pas ? La mayonnaise a pris ! Il faut le préciser Mr Mémoria.

    • Mémoria,

      Salam Si Karim,

      Il y a lieu de préciser que le texte ci-dessus proposé à débat dont la confrontation « posthume » entre Aimé Césaire et Frantz Fanon est de Mr Michel Herland Professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane ,Martinique,et cela dans la revue mondiale de la francophonie,un site très intéressant pour les universitaires et chercheurs:

      MondesFrancophones.com

      Bonne soirée Si Karim !

  8. Karim10

    Bonjour.
    Oui ! Absolument ! Le texte proposé nous offre une confrontation « posthume » entre Aimé Césaire et Frantz Fanon.
    J’ai écris ce commentaire justement pour éclairer le débat à nos amis de la vdsba qui préfèrent sans doute un débat sur FANON sans Césaire ! « Aux Antilles où les problèmes se posent en d’autres termes » écris encore Césaire ! Tu vois Mémoria je suis tjr sincère.
    La polémique est réelle ! (Fantaisiste il est vrai).Au fait ! Vous pourriez m’éclairer ! … « C’est un Paraclet », a dit de lui Aimé Césaire. « Il y a des vies qui constituent des appels à vivre. » L’œuvre et le nom de Frantz Fanon, après avoir « appelé » l’engagement des existentialistes français dans les années qui ont précédé la décolonisation, et notamment celle de l’Algérie, nourrissent la révolte et les espoirs des « damnés de la terre ». (Source encyclopédis).Que veut dire Césaire par un PARACLET ? (qui un mot de la bible).Une réflexion très sérieuse développée dans ce livre 2011, Chapitre II et III. Le tragique ? Tu me suis Mémoria ? Drôle dommage n’est ce pas ?
    « Cet Antillais n’aura pas trouvé des Antilles à sa taille et d’avoir été, parmi les siens, un solitaire »écrit l’auteur de ce livre. C’est un livre vraiment nouveau il a inventé un nouveau débat intellectuel alors que chez nous ! On ne fait presque RIEN pour cet Algérien.
    FANON a analysé le phénomène de domination et la lutte contre cette domination comme des phénomènes sociaux. C’est un sujet d’actualité 50 ans apés la mort de FANON. Bravo pour le choix Mémoria de cette approche dialectique liant dominant et dominés, oppresseurs et oppressés, racistes et victimes. Fanon « ignorait » volontairement les barrières entre la psychiatrie et l’Histoire ,politique ,l’économie et l’anthropologie…..Nous sommes tous des FANONIENS Algériens !
    A vos plumes lecteurs de la vdsba . Peut être qu’il faudrait demander à « Hallilozitch » de « rappeler » Smiley !
    Un témoignage : La femme DE fanon mme Jossie repose en terre Algérienne. Son fils Fanon Olivier (il travaille actu à l’embrassade d’Algérie) a été scolarisé à Alger au lycée amarra Rachid et El mokrani. C’est à dire avec les algériens (ouled-chaab). Dont acte !
    Je débattrai plus tard sur la « bourgeoisie nationale selon Fanon un sujet encore d’actualité » et peut être que d’ici là cette rubrique « culture » ce trouvera dans les archives .j’avoue que à la vdsba les pages tournent vite. A mon avis au lieu d’engager un débat « à chaud » c’est plutôt « à froid » qu’il fallait ouvrir l’appétit « après » ce deuxième anniversaire orné de connivence même si chaque anniversaire suppose une mémoire oublieuse à ouvrir les oreilles. Enfin comme dirait Fanon ou Freud cette « remise en mémoire » me tenait par le cœur.
    Merci .Un ami de la vdsba.

  9. badissie

    pourquoi lorsqu’on parle des européen , qui était avec la cause Algérienne , ont voit aucun commentaires des européen ??????

  10. Mémoria,

    @L.assidu,
    Merci de m’avoir permis de faire le lien entre le socio-diagnostic du Dr Frantz Fanon sur le voile (Haïk) des Algériennes et l’espace colonial…..Et de quel auteur enterré à ce jour en terre Algérienne selon ses voeux !
    Peu de Français,Martiniquais et Algériens savent que Frantz Fanon avait une mère d’origine Alsacienne et de race germanique,ce qui ne fait qu’ajouter à l’aura et universalité de ce révolutionnaire à la fois indépendantiste et humaniste pour ne pas dire internationaliste si nous savons que son combat focalisa sur la ségrégation coloniale et l’exploitation de l’homme par l’homme.
    Frantz Fanon n’était pas un nationaliste Algérien;il n’appartenait pas à la mouvance négritude(Césaire,Senghor,…) comme veulent le classer les universitaires français;cela aurait été une insulte à sa mémoire et à son oeuvre! Fanon était un révolutionnaire et il aurait bien voulu continuer ce combat de titan aux Antilles si ça n’avait été la maladie qui eût raison(?) de lui….La langue française a parfois de « ses » tournures bizarres…

    Cordialement !

  11. Albarracin

    A Badissie!!

    La pudeur monsieur….et aussi par respect des souffrances des petits, des sans grades, pour qui le déracinement n’avait aucun justificatif, tellement leur vie était sans relief, sans arrogance….
    Cordialement

  12. sekkal

    Selon moi Memoria et Albaracin vont ressortir des belles idées nous éclairant.

  13. badissie

    merci messieurs Memoria et Karim10 , vos commentaires des encyclopédies , ces européens et pays d »outre mer ( pays colonisée jusqu’a nos jours) , qui ont combattue pour la cause algérienne , sont toujours discret , alors que les autres dont l OAS et les traitres les salle harkis , réclame leur soit disons droit , et leur appartenance a cette terre , ALLAH YERHAME ECHOUHADA ET VIVE L ALGERIE INDEPENDANTE

  14. camarade

    Je n’ai pas pu trouver les mots adéquats pour dire ce que je ressens a te lire..bravo c’est ce que je dis pour cet instant.

  15. badissie

    merci monsieur Mémoria , vos commentaires un trésor , notre état doit avoir les archives qui sont entre les mains de l état français ,je sais que parmi les PN il y avait des gens bien , mais aussi des moins bien , car l OAS était constituée de mauvais PN . une fois il y avait la célébration du 8 mai 1945 , j ai assisté , ont et partie de sfisef vers m’cid , sur la route il y avait un puits dans ces parois des lames , comme des épées de la surface jusqu’au fond , ou pendant la révolution l’armé coloniale jetés les moudjahidines , il a etait fermer le jour ou un moudjahed a tirer dans le puits avec lui un officier de l armé coloniale, avez vous entendue une atrocités pareille , meme chez les nazis????une fois j ai vue un documentaires sur les soldats français qui ont participer a cette guerre il avait les larmes aux yeux quand il raconte la torture pendant notre révolution , a qui il ont participer ou assister ,maintenant avec l age ils ont des remords , je n aime pas le mot guerre d Algerie mais la révolution algérienne , mes respects monsieur Mémoria , merci monsieur ANAS mehdi jazak ALLAH kheir mon frère , mes amities a BENMOSTEFA ,

  16. badissie

    merci monsieur Mémoria , vos commentaires un trésor , notre état doit avoir les archives qui sont entre les mains de l état français ,je sais que parmi les PN il y avait des gens bien , mais aussi des moins bien , car l OAS était constituée de mauvais PN . une fois il y avait la célébration du 8 mai 1945 , j ai assisté , ont et partie de sfisef vers m’cid , sur la route il y avait un puits dans ces parois des lames , comme des épées de la surface jusqu’au fond , ou pendant la révolution l’armé coloniale jetés les moudjahidines , il a etait fermer le jour ou un moudjahed a tirer dans le puits avec lui un officier de l armé coloniale, avez vous entendue une atrocités pareille , meme chez les nazis????une fois j ai vue un documentaires sur les soldats français qui ont participer a cette guerre il avait les larmes aux yeux quand il raconte la torture pendant notre révolution , a qui il ont participer ou assister ,maintenant avec l age ils ont des remords , je n aime pas le mot guerre d Algerie mais la révolution algérienne , mes respects monsieur Mémoria , merci monsieur ANAS mehdi jazak ALLAH kheir mon frère , mes amities a BENMOSTEFA , ALLAH YERHAME ECHOUHADAS ET VIVE L ALGERIE

  17. badissie

    Cher mémoria , merci pour votre commentaire ,une j ai assisté aux festivités du
    8 mai 1945 ,a quelque kilomètres de sfisef en allant vers m’cid il y avait un puits , il l intérieur du haut jusqu’au fond il y avait des lames comme des épées , fixée sur les parois , pendant la guerre de libération , l armée coloniale jetée des moudjahidines a l intérieur du puits alors le corps arrive au fond déchiqueté ,le jour ou un moudjahid a réussie a tirer un officier français avec lui au fond du puits ils ont fermer le puits avez vous vue une pareille atrocités dans le monde ?????
    je sais il y avait des PN gentilles , mais il y avait des mauvais qui ont constituer
    L OAS , j ai vue un documentaires des anciens militaires français qui ont participer a la guerre 54 62 , il y avait des soldats qui avait des remords avec leur
    age , pour avoir participer ou assister aux tortures ,ils ont des cauchemars a nos jours , c est les gens bien , alors que d autre ne regrette rien pire ils se vente ,
    c’est les mauvais ,il est temps que notre état réclame les archives a l état français
    ALLAH YERHAME ECHOUHADA ET VIVE L ALGERIE INDEPENDANTE

  18. Karim10

    Bonsoir,
    Pour Frantz Fanon c’est le BLANC qui crée le NEGRE, mais c’est le NEGRE qui crée la NEGRITUDE. (…..).Donc pour lui la culture NATIONALE est induite ! Il trouve une origine de sa critique de la négritude (Lui qui avait une peau noire).L’Homme est un OUI.(pour la vie). L’Homme est un NON.(à l’indignité).exit son –livre (Peau noire, masques blancs).
    Nous ne sommes rien sur cette terre si nous ne sommes pas d’abord l’esclave d’une cause celle du peuple, la justice et la liberté »dit-il. Pour Fanon se battre pour la culture nationale c’est d’abord ce battre pour la libération de la nation. Les HISTORIENS se demandent pourquoi Fanon n’a pas essayé d’arracher l’indépendance de la Martinique à la France avant de s’exiler en Algérie pour aider « notre » pays à devenir une Nation libre.
    Il faut préciser aussi que Fanon ne divise pas la bourgeoisie nationale et attribut un rôle excessif à la paysannerie. Ahmed Ben Bella (1° président) et bcp de dirigeants FLN on crut à cette thèse. L’Historien Mohamed HARBI a écrit : « L’idée que Frantz Fanon et, avec lui, nombre de dirigeants du FLN dont Ben Bella se faisaient de la paysannerie ne correspondait ni politiquement ni socialement à la réalité de cette classe. L’Algérie, contrairement à la Chine et au Viêtnam, n’a pas connu de mouvement paysan ».Avant lui l’Historien Ch.Robert Agéron a publié « Histoire de l’Algérie Contemporaine »édition Que sais je ? 1964. Pour lui les dirigeants du FLN en 1962 « Le Socialisme était finalement une catégorie du nationalisme ». (C’est Fanon qui avait tord ou c’est le FLN62 qui n’a pas bien comprit Fanon ? )
    On est presque tenté de se demander si FANON n’etait pas l’un de ces personnages tragiques de l’histoire dont la vie a commencé par une illusion (né en France) et s’est terminée par une illusion ! (…. ?????)
    MEMORIA ! Je vous confirme une chose : Fanon considérait la Martinique comme une cause perdue et l’Algérie comme le contraire. C’est pourquoi Fanon tenta de sauver la dernière plutôt que la première.
    Enfin le jour ou Frantz FANON est mort ! Aimé Césaire a écrit : « Il ne cesse de nous parler, mais son cœur a cessé de battre ».Quelle classe : CESAIRE – FANON : DEUX GRANDS INTELECTUELS. Merci Mémoria pour ce rappel.

  19. Smiley

    Salam Karim 10

    Vu le silence éloquent de vos ‘collègues’ et devant la résilience de Mémoria , je vous condamne tous les deux à figurer sur la feuille de match de toutes les rencontres et de couvrir tous les espaces du débat. je vous laisse décider l’organisation technico- tactique et vous assure de mon soutien moral. Mon âge qui devient canonique me cantonnera sur les gradins mais jje ne serai pas avare de mes applaudissements.
    J’invite à votre débat en Fanonistes et Seghoro-Cesairiens , un troisième homme qui a troublé le jeu de ce tête-à-tête dans des joutes universitaires nombreuses.
    Applaudissez l’entrée sur le terrain de Wole Soyinka, le seul africain à avoir reçu le prix nobel de littérature et opposant déterminé du concept de la négritude dans lequel il voit un enfermement et une dérive esthétique d’enfants gâtés de la francophonie. Il voit dans » le grand cri nègre » de ces auteurs une limite , un péché originel et un aveu que le ‘noir n’est pas rentré dans son histoire’ (vous voyez à qui je pense.)
    Si la quête de la dignité reste légitime, Soyinka va railler la ‘négritude’ en inventant le concept de « la tigritude » avec son formidable slogan:
    A tiger doesn’t proclaim his tigritude, he bounces’
    ( un tigre ne proclame pas sa tigritude? Il bondit…et dévore sa proie)
    Sur Fanon, le rédacteur en chef du Moudjahid des années de lutte glorieuses dont je relis certaines épreuves de sa plume avec délectation et admiration, il aura cru à la révolution tiers-mondiste impulsée non pas par un prolétariat inexixtant mais par une paysannerie guidée par une avant-garde révolutionnaire et ne voyait pas dans la couleur un déterminisme ni une condition exclusive de la détermination du choix des combats idéologiques à mener.
    Ces approches restent complémentaires et le chantre de la fierté noire, Cheick Mokhtar Anta Diop a versé dans un extrémisme de type racial qui le poussera à mettra le noir au centre de tout ce qui constitue la culture et la civilisation.Ultime avatar d’un racisme à rebours.
    Soyinka, vraie conscience africaine, prisonnier dans les geôles du dictateur Nigérian Abacha, exilé et condamné à mort reste une lumière non sollicitée car nous souffrons tous du syndrome du lampadaire. (Mon nouveau concept que je developperai plus tard Inch Allah) La foule continue à trahir le peuple!
    Amicalement.

    PS: extrait d’un oème satirique de Wolé sur le ghetto de la différenciation par l’épiderme.
    – Are you dark?…. Are you light or very dark?
    – HOW DARK? OR VERY LIGHT?

    …. I choose African sepia…..
    My bottom raven dark.

    • Argos

      Salem Smiley
      J’ai le blues de la négritude pour éviter de vous le chanter avec une fausse note, je préfère le laisser aux virtuoses que vous êtes en la matière, avec Messieurs Mémoria et Karim 10, dont j’apprécie le savoir dans ce domaine particulier sur Frantz Fanon où vous m’avez ouvert les yeux sur ce grand homme dont historiquement nous sommes redevables. J’avoue qu’à ma grande déconvenue et mis à part peut-être un lycée et une avenue portant son nom en Algérie, je me suis peu intéressé à ce révolutionnaire qui s’appropriait de la langue française pour la soumettre à la musique noire. Une de ses compatriotes contemporaine, Simone Schwarz-Bart disait à propos de la négritude détruite par l’esclavage qu’il combattait « Le pays dépend bien souvent du cœur de l’homme : il est minuscule si le cœur est petit, et immense si le cœur est grand » qu’en est-il du cœur de l’Algérien d’aujourd’hui, je me le demande ? Cordialement

      • Mémoria,

        Camarade Argos,

        Du gospel au blues/rock ,du rap au raï/blues, toute une recherche en musicologie sous tendue par la formidable osmose de talents multiculturels et multilingues…dans cette mondialisation qui est hédonistique et aussi ludique.
        Les courants littéraires sont aussi l’expression de vécus,rencontres,chocs et traumatismes.
        Simone Schwartz-Bart qui porte aussi le nom de son mari d’origine juive et polonaise,peu de gens chez nous devinent qu’elle est d’origine antillaise et qu’elle a été prolifique en défense des droits de la femme noire et créole…Appartient-elle pour autant à la négritude ? Etait-elle assimilationniste de toutes les minorités ? Je ne saurais l’affirmer !
        Son mari André Swart-Bart a écrit sur la Shoah,mais essaye de légitimer l' »héroïsme » des combattants juifs de Palestine en le comparant à la résistance des héros du Ghetto juif de Varsovie contre les hordes hitlériennes…!!! Difficile plaidoyer à tenir dans un tribunal des peuples …

        Quant à Fanon qui n’appartenait pas à la négritude de Senghor ni à la tigritude du Prix Nobel de littérature le Nigérian Wole Soyinka,peut-on considérer qu’il devrait appartenir au courant « Algérianiste » si nous constatons que ce dernier n’a jamais été le domaine réservé aux seuls français d’Algérie comme Derrida,Camus,Althusser et les autres….?

        Bonne soirée !

    • Arbi

      le débat est ce qu’il est avec les historiens ou avec les autres lecteurs Tout peut servir le lectorat y compris les grandes contributions .

  20. Karim10

    Eh si on revenait un peu en arrière ? Avec quel « bagage » est arrivé Franz FANON en Algérie ? Il faut noter que Fanon a formulé une demande pour un poste de MEDECN Chef psychiatre à l’Hôpital de DAKAR au SENEGAL (Lettre à Léopold Sedar Senghor lui-même, le grand idéologue de la mouvance négritude). Fanon disait sur l’héritage des chantres de la négritude : « je ne peux chanter mon passé au dépends de mon présent ».Que dites vous de cette citation musicale Mr Argos ?!
    Finalement ! Comme par HASARD malencontreux!!! Le « postulant » fut « réfuté » ! Alors ! Après cette demande Refusée, il rencontrera l’Algérie ! Avec l’Histoire il faut dire. Arrivé comme un jeune médecin psychiatre (de gauche) à Blida .Mais AVEC une tête de NEGRE. «Très influencé » comme bcp d’intellectuels de l’époque par « l’arome Antonio GRAMSCI ».Oui ! On a tendance à délaisser ce détail. (Sachez MON Cher ami Mémoria qu’il n’y avait Aucune communication dans ce sens « in » deux derniers colloques consacrés à FANON (2007+2009 à l´hôtel cinq (05) étoiles El-Aurassi a Alger TOUT là HAUT !!!).
    FANON était aussi fasciné par cette conviction gramscienne : « tous les hommes sont des intellectuels, mais que tous n’ont pas la fonction sociale d’intellectuels ».Fanon « convoqué » aussi comme GRAMSCI le « bloc historique » des forces sociales. FANON avançait aussi l’idée que les « intellectuels modernes » ne se contentaient pas de produire du discours, mais étaient impliqués dans l’organisation des pratiques sociale
    Mr Smiley (Merci pour le tuyau). Vous évoqué « le silence éloquent des collègues ».Eh bien ! A mon avis. Si FANON était encore vivant, il aurait pu trouver à ce type de situation un « mécanisme inconscient d’intellectuels traditionnelles et organiques» de la société politique et civile algérienne.
    Cordialement.

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