La Voix De Sidi Bel Abbes

États-Unis : la police abat un jeune Noir près de Ferguson

À Berkeley, ville limitrophe de Ferguson, les forces de l’ordre expliquent avoir agi en état de légitime défense face à un suspect qui brandissait une arme. Un ami d’Antonio Martin explique au contraire que ce dernier a été abattu parce qu’il refusait de se mettre à terre.

La police américaine a-t-elle sur les bras une nouvelle affaire Ferguson ? Un jeune homme afro-américain de 18 ans a été abattu dans la nuit de mardi à mercredi, par la police, à Berkeley dans leMissouri aux États-Unis. Berkeley est une ville limitrophe de Ferguson, là où un policier blanc avait tué en août un autre jeune de 18 ans, Michael Brown. Son décès avait réveillé les tensions raciales outre-Atlantique. La victime s’appelle Antonio Martin. Il était avec un ami dans une station-service de Berkeley quand il a été abattu.

La police a mis plusieurs heures a confirmer le décès du jeune homme. Elle assure avoir agi en état de légitime défense: «Le fonctionnaire de police approchait les deux jeunes hommes quand l’un d’eux a sorti un pistolet et l’a braqué sur le policier. Craignant pour sa vie ce dernier a ouvert le feu», explique un communiqué. «Le suspect a été mortellement blessé tandis que son compagnon a pris la fuite. Les enquêteurs ont retrouvé sur place l’arme du suspect».

L’ami d’Antonio Martin donne lui une version tout à fait différente aux journalistes: Antonio et lui auraient été sommés de s’arrêter et de se coucher à terre par un agent de police car le duo correspondait au signalement de cambrioleurs recherchés. L’ami aurait obtempéré mais Antonio Martin aurait refusé de suivre les consignes à deux reprises et le policier aurait fait feu. Cet ami ne fait aucune mention d’une arme dans la main de la victime.

Les secours n’auraient pas été appelés

Un revolver peut être aperçu sur la scène du drame sans que l’on sache s’il appartient à la victime ou à un officier de police.

Des rumeurs assurent qu’Antonio Martin était encore en vie une demi-heure après avoir été touché, mais qu’aucune ambulance n’aurait été appelée et que la police l’aurait laissé se vider de son sang. La station-service dispose de caméra de vidéosurveillance.

Foule en colère et nerveuse, des arrestations et des actes de vandalisme

Une foule d’une soixantaine de personnes a vite convergé vers le lieu de la fusillade. Certains ont commencé à bouger le corps mais ont arrêté quand on leur a fait remarquer que seuls les experts médico-légaux étaient autorisés à le faire. Des passants décrivent minute par minute la situation sur Twitter. Un flux vidéo en direct de la station-service fonctionne également. On a pu entendre les cris de la mère d’Antonio Martin se lamentant «C’est mon petit, tuez-moi».

Les images vidéo montrent une ambiance tendue, des slogans de colère fusent contre la police qui a du mal à contenir l’attroupement qui s’est formé. Trois personnes ont été arrêtées et les fonctionnaires de police ont fait usage de gaz lacrymogènes. Le magasin de la station service a été vandalisé.

La mort de Michael Brown, 18 ans, tué en août par un policier blanc à Ferguson, dans le Missouri, puis celle de plusieurs autres hommes noirs sans armes, dont un enfant de 12 ans à Cleveland dans l’Ohio, et celle d’Eric Garner à New York, ont choqué et réveillé les tensions raciales à travers le pays.

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Posté par le Déc 24 2014. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

8 Commentaires pour “États-Unis : la police abat un jeune Noir près de Ferguson”

  1. Mohand

    Plusieurs Noirs tués par des policiers depuis cet été
    – 17 juillet: Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, meurt lors d’une interpellation musclée sur l’île de Staten Island à New York par des policiers blancs qui le soupçonnaient de vente illégale de cigarettes. Dans une vidéo amateur dont les images on fait le tour du monde, on voit l’un d’eux lui serrer le cou. Plaqué au sol, Garner répète à plusieurs reprises «je ne peux pas respirer». Il est déclaré mort à l’hôpital, le médecin légiste concluant à un homicide.

    Début décembre, la décision du grand jury – assemblée de citoyens ordinaires – de ne pas inculper l’un des policiers impliqué dans la mort de Garner déclenche une vague de manifestations parfois violentes dans plusieurs villes du pays.

    – 9 août: Michael Brown, 18 ans, est abattu, alors qu’il n’était pas armé, par un policier blanc, Darren Wilson, à Ferguson, dans le Missouri. Sa mort entraîne plusieurs jours de violentes émeutes raciales dans cette ville de la banlieue de Saint Louis à majorité noire.

    Fin novembre, l’abandon des poursuites contre le policier – qui a démissioné de la police peu après -déclenche une nouvelle explosion de colère émaillée d’émeutes et de scènes de pillage à Ferguson et des dizaines de manifestations dans le pays.

    – 20 novembre: Akai Gurley, un père de famille de 28 ans, est tué par balles «par accident» par un jeune policier blanc dans une cage d’escalier mal éclairée d’une HLM de Brooklyn, à New York.

    Ses obsèques se déroulent le 7 décembre alors que s’amplifient dans le pays les manifestations dénonçant les violences policières contre les Noirs et appelant à une réforme du système judiciaire.

    – 22 novembre: Tamir Rice, un garçon de 12 ans qui manipulait une arme factice dans une aire de jeux, est abattu par un policier à Cleveland (Ohio, nord). L’agent qui a tiré les coups de feu ne pouvait pas distinguer si l’arme était vraie ou fausse, affirme le chef de la police, tout en promettant toute la lumière sur cette «tragédie»

    L’Ohio avait été le théâtre d’un incident similaire en août, quand des policiers répondant à un appel d’urgence avaient abattu un Noir, John Crawford, dans un supermarché alors qu’il transportait un pistolet jouet, vendu sur place.

    – 23 décembre: Un policier tue un jeune Noir qui, selon la police, brandissait une arme dans une station-service à Berkeley, une ville proche de Ferguson.

    Par ailleurs, le 20 décembre, New York a connu un autre drame avec l’assassinat de deux policiers par un homme noir de 28 ans dans un geste apparent de revanche.

    Les deux policiers de 32 et 40 ans, Wenjian Liu et Rafael Ramos, ont été atteints en pleine tête dans leur voiture stationnée devant une cité HLM de Brooklyn. Leur agresseur, membre présumé du gang «Black Guerilla Family», connu des services de police, s’est ensuite suicidé sur un quai de métro.

    • Mme CH

      Dans un article intitulé: « Marginalité et exclusion des Noirs aux U.S.A. », on peut lire ces passages: « une fois l’esclavage aboli et qu’il fut permis au Noir américain de participer à la vie culturelle des peuples parmi lesquels il vivait, celui-ci s’est retrouvé sur la marge de deux cultures et de deux sociétés (américaine d’une part et africaine d’autre part) dont la fusion ne s’est jamais réalisée.

      L’Africain, déporté en Amérique pour travailler dans les champs de coton, a perdu une partie de ses racines et a mélangé ce qui lui restait de sa culture avec des éléments culturels occidentaux. Devenu un « hybride culturel », sa différence lui a sans cesse été rappelée par la couleur de sa peau. Cependant, le traitement inégal qu’il a subi et son exclusion raciale sous-tendent la société américaine selon Philippe Paraire.

      L’Amérique est hétérogène pour des raisons historiques. Elle est composée d’autochtones indiens, d’immigrants blancs et d’esclaves noirs amenés de force. C’est pourquoi la population du Nouveau Monde chercha divers moyens pour constituer un corps social et politique. Selon Paraire , elle retint en fin de compte l’exclusion raciale comme principe d’homogénéisation de la population blanche. Ainsi, l’histoire de l’Amérique correspond à l’histoire de l’exclusion. Le massacre des indiens est une première étape dans l’élaboration de l’exclusion socio-ethnique. Le parcours des Noirs américains constitue une étape plus élaborée du concept. Etant nécessaires et exploitables sur le plan économique, les Africains d’Amérique n’ont pas été détruits comme les Indiens.

      Pour les Noirs, les mécanismes d’exclusion ont été affinés et continuent de l’être encore aujourd’hui. Selon Paraire, ils sont passés par trois statuts successifs : d’abord esclaves, ils ont été, par la suite, libérés mais maintenus, jusqu’au début des années septante du XXème siècle, à l’écart de la vie économique, politique et culturelle par un arsenal de lois ségrégationnistes. Enfin, confinés dans des « downtowns » surveillés par la police bien qu’officiellement, leurs droits étaient équivalents à ceux des Blancs américains.

      Pour justifier l’exclusion raciale, il a fallu démontrer la nature infra humaine de la population noire par diverses stratégies.

      La première a été d’imposer l’idée que les Noirs n’avaient pas d’histoire et qu’ils avaient toujours été passifs face à la situation de l’esclavage. En réalité, la résistance âpre et collective à l’ordre servile fit d’innombrables victimes et prouva la détermination des Africains d’Amérique à refuser le sort animal qui leur était fait et à nier ainsi, les armes à la main, cet état d’infériorité que l’esclavage avait défini pour eux. La résistance prit diverses formes : rebellions violentes, conspirations, brigandages, pillages, incendies, meurtres et évasions individuelles.
      La deuxième stratégie fut d’occulter l’extraordinaire contribution des Afro-américains à l’enrichissement du pays pendant la période de l’esclavage, mais aussi après leur émancipation depuis plus d’un siècle.
      La dernière stratégie fut l’exploitation des créations culturelles spécifiques du peuple noir américain.

      L’idéologie de l’Amérique conservatrice est parvenue à imposer l’idée que les Noirs américains n’ont pas une culture mais un ensemble confus d’instincts (la musique, le goût du sport, du sexe et le sens du rythme…). En utilisant ce melting pot et la destruction totale des racines culturelles africaines chez les esclaves, l’idéologie de l’exclusion parvient à voir l’influence blanche partout : il y aurait du blanc dans le Blues, dans le Jazz, dans les poèmes de L. Hughes, dans le cinéma de Spike Lee… En fait, ce qui est blanc dans tout cela, c’est le financement et donc le profit : les disques de Blues sont pressés et distribués, dans les années 20, par les directeurs blancs des Race Records ; les premières créations d’Elvis Presley sont des reprises édulcorées de Blues. »

      Et voilà le résultat de déculturation et de la déconfiture….que certains veulent nous imposer…!!!!

  2. Mohand

    je n’oublierai jamais cette phrase d’un collègue de Nuremberg: Aux USA il vaut mieux être blanc et policier, que noir et délinquant.

    • Mme CH

      Selon le rapport de l’institut Pew Research Center (Août 2013) certaines inégalités entres les noirs et les blancs se sont amenuisées, d’autres n’ont que peu bougé et certaines sont même en hausse. Si du point de vue de l’éducation ou encore de l’espérance de vie, les écarts se sont resserrés, les inégalités économiques se sont aggravées.

      « «Entre 1967 et 2011, le revenu médian d’un foyer noir de trois personnes est passé de 24.000 dollars [18.116 euros] à près de 40.000 dollars [30.194 euros]. Exprimé en pourcentage du revenu des blancs, les foyers noirs gagnent environ 59% de ce que les foyers blancs gagnent, une légère augmentation par rapport aux 55% de 1967. Mais exprimé en dollars, le fossé des revenus noir-blanc s’est creusé, d’à peu près 19.000 dollars [14.342 euros] à la fin des années 1960 à près de 27.000 dollars [20.381 euros] aujourd’hui. Le fossé racial de la richesse des foyers a augmenté de 75.224 dollars [56.783 euros] en 1984 à 84.960 dollars [64.132 euros] en 2011.»
      Selon le sondage du Pew Research Center, si 45% des américains pensent que beaucoup de progrès ont été faits, 49% estiment qu’il reste «beaucoup de travail.» Chez les afro-américains, ils sont même 79% à le penser. En plus de ces écarts de revenus, les différents taux de chômage sont alarmants: en 1954, 9,9% des noirs étaient au chômage contre 5% des blancs. Aujourd’hui, les chiffres sont respectivement de 13,4% contre 6,7%, c’est-à-dire que la probabilité d’être au chomâge pour un noir aux Etats-Unis reste deux fois plus importante qu’elle ne l’est pour un blanc….. »

      Comme l’explique le Pew Research Center:

      «Une explication commune, comme l’explique William A. Darity Jr. de la Duke University dans Salon en 2011, est que les noirs sont  »les derniers à être embauchés dans une économie en bonne santé, et lorsqu’il y a un ralentissement, ils sont les premiers licenciés. »»

      Eh oui; Mr Smiley, c’est de là, que commence l’extrémisme (partout dans le monde)…..!!!

  3. BADISI

    et certains de nos compatriote défendent cette état voyou !!!!!! on souhaite que les usa s »enflamme comme ils ont enflammer certains pays musulman la punition divine approche

  4. Mme CH

    Effectivement, c’est devenu un crime en série aux USA, qui se targuent d’être le pays des droits de l’homme, alors qu’elle ne rate pas une année pour distribuer les cartons jaunes et rouges aux autres pays de la planète….!!!!

    Qui est derrière ce cycle de violence et pourquoi….???? On le saura peut être dans les jours à venir….!!!

  5. Fethi

    Les conséquences du racisme font ces tristes drames

  6. un ancien

    Contrée des droits de l’homme et des cowboys.

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