La Voix De Sidi Bel Abbes

En attendant le tramway de Sidi Bel Abbes « Les anciens moyens de transport revisités » Par notre ami Mohamed Ghalouni.

20160516_213912Franchement la dernière visite chez Hadj Benaoum ( BESMMA NET) est venue a point nommé pour notre VDSBA a laquelle il semblait utile de voir selon moi ses contributeurs et prolifiques lecteurs se rassembler de nouveau. Ce début de retrouvailles de ses fidèles lecteurs et contributeurs fut mémorial et parmi ses multiples serviteurs figurait notre ami GHALOUNI Mohamed qui fut lui aussi très heureux de participer a cette BESSMA NET ou il est un de ses premiers artisans En signe de reconnaissance de ses multiples contributions dans son journal la VDBSA J’ai tenu a partager avec nos amis (es) lecteurs (ces) un des ses beaux textes sur les anciens moyens de transport en attendant l’avènement du tramway qui reste un des projets structurants de la ville de Sidi Bel Abbes Cette fois ci mes amis on fait partager une de ses brillantes contributions mais on ne sait pas que pourra t’il nous réserver la prochaine fois MARHABA chez lui!
Par Ayadoun Sidahmed

En attendant le tramway de Sidi Bel Abbes « Les anciens moyens de transport revisités » Par notre ami Mohamed Ghalouni.
Evoquer les anciens transports de voyageurs Bel-Abbésiens , suscite sans aucun doute un brin de nostalgie notamment chez les autochtones qui ont connu et emprunté les différents moyens de locomotion et de déplacement très prisés en leur temps . En effet, il est loin le temps des calèches qui sillonnaient autrefois la ville, ce mode de transport urbain , fort agréable et de surcroît écologique s’est vu disparaître , chassé par des véhicules plus prétentieux ; ces voitures hippomobiles offraient un charme certain aux rues , jadis pavées , d’où l’on entendait les pas rythmés des chevaux tirant la calèche dès les premières lueurs du jour . Dans le silence matinal du Petit Paris , on ne peut se lasser d’écouter avec beaucoup de bonheur le petit trot et le bruit des sabots des chevaux qui annonçaient , d’ores et déjà , une nouvelle journée prometteuse , notamment pour les cochers qui ne se bousculèrent point pour se garer aux endroits appropriés , gare , coupole , hôpital … et attendre patiemment leurs clients . L’habitacle particulier de ces calèches pittoresques fascinait grands et petits qui apprécièrent beaucoup plus la ballade, qui se voulait dans la joie et l’allégresse , que la course . Dans le même sillage , la bicyclette qui fut également un excellent moyen de transport individuel a fait les beaux jours et le bonheur des Bel-Abbésiens , très pratique en raison de la planéité et la quiétude de la ville , hommes , femmes , enfants usaient du vélo qui fut avant tout un mode de déplacement aux multiples avantages : efficace , rapide , économique , non polluant et silencieux , en outre il est important de distinguer l’usage de la petite reine en tant que loisir et bienfait pour la santé . La mobylette a aussi marqué son temps dans le développement du déplacement quotidien des Bel-Abésiens , en particulier la Motobécane-Motoconfort , la célèbre bleue et la rouge (oranger) les utilisateurs trouvaient plus d’autonomie et d’indépendance , mains sur le guidon , un coup d’accélérateur et on démarre illico presto vers sa destination , libre de toute contingence . D’autre part , de nombreux Bel-Abbésiens se rappellent de certains noms relatifs aux transports collectifs d’une époque révolue à l’image de la compagnie RUFFIER , appelée communément « Riffi » qui devint TRCFA (Transports Routiers des Chemins de Fer Algériens) et desservait les localités dépourvues de lignes de chemins de fer , ses cars stationnaient sur l’Avenue Larbi Tebbessi ex Rue Prudon , au même titre que les cars BENNABI M’hadji , MABROUK , BOURAS (ex Torra) qui assuraient certains itinéraires déterminés ; des octogénaires affirment l’existence des cars TOURNAMI , peu connus , qui stationnaient devant l’ex café Salazar , ainsi selon UZMO , de son vrai nom Hebri Abdelkader , une mémoire vivante Bel-Abbésienne , il y eut un sympathique receveur du nom de Bendimered Belkacem qui travaillait dans ces cars d’où la fameuse expression « Roule Bendimered Roule » !!! Les cars GRONDONNA , de leur côté , assuraient la desserte Boulet (Mostafa Benbrahim) , Mercier Lacombe (Sfisef) , Bouhanifia , Mascara … postindépendance ils deviennent CTBA (Complexe des Transports Bel-Abbésiens) au même emplacement sur le boulevard de Verdun (Didouche Mourad) . Et en passant par cet endroit sur l’autre coin , on ne peut ne pas s’en souvenir du studio de Âammi Bouhadjar le célèbre photographe (Rahimahou Allah) un Bel-Abbésien très attaché à sa ville , populaire et estimé par tous , il ne ratait aucun évènement : défilés , fantasias (goum) festivités culturelles et sportives notamment les matchs de football … qu’il prenait en photos pour ensuite les exposer en vitrine , une aubaine pour ceux qui auraient loupé ces occasions de se rattraper , sans omettre que bon nombre de Bel-Abbésiens de l’époque se sont fait photographier chez âammi Bouhadjar , notamment les enfants qui grouillaient en période des festivités de l’Aid . On peut dire que la ville de Sidi Bel-Abbés n’a pas été en déficit par le passé en matière de transports de voyageurs si l’on prend en considération les chemins de fer , ce fut un bonheur pour le citoyen et un privilège pour la ville qui s’est vu construire deux gares ferroviaires : la gare P.L.M dont l’inauguration de la ligne Tlélat-Sidi Bel-Abbes eut lieu le 1er Mai 1877 et la Gare de l’Etat inaugurée en 1920 , point de départ d’une ligne étroite Sidi Bel-ABBES –Mascara via Mercier Lacombe (Sfisef) , devenue inutile , elle fut supprimée en 1936.
N.B : P.L.M fut le sigle de : Paris-Lyon-Méditerranée, une ancienne compagnie ferroviaire privée Française qui fut nationalisée par la SNCF , l’actuelle gare de Bel-Abbes devient SNCFA puis finalement SNTF.

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Posté par le Mai 16 2016. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

27 Commentaires pour “En attendant le tramway de Sidi Bel Abbes « Les anciens moyens de transport revisités » Par notre ami Mohamed Ghalouni.”

  1. SBA

    Un bon voyage dans le passé.Le tramway est pour bientôt espérons le.

  2. Cheniti Gh.

    @ mon ami Ghalouni, salam,
    Un vrai régal , ce récit ! Au fur et à mesure que je lisais , je me délectais de l’éclat des mots , de chaque voyelle, de chaque consonne et où les verbes nourrir et discourir ont tout leur sens
    dans ce voyage que tu nous proposes si Ghalouni , à travers les moyens de transport de jadis!
    ah la calèche( el caliche comme on disait !)et que nos parents louaient pour pour nous emmener faire un tour au lac de Sidi Mohamed Bénali le temps d’une journée printanière ! Merci khouya Mohamed de nous permettre de revoir ces très belles séquences extraites de notre mémoire!
    Bonne soirée et merci !

  3. SBA

    Je rebondis pour souhaiter savoir le taux d’avancement des travaux du tramway car une date butoir fut fixée. Sera t’emmène respectee?

  4. Abbassi22

    Salam a tous et a toutes

    Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux et celles qui collaborent pour la continuite et la reussite de notre journal

    Qu’il me soit permis, tout d’abord, de saluer et remercier Grand Frere Mohamed pour ce Big return avec cette fabuleuse randonnee dans le temps.Quel plaisir! quel delice de nous permettre de voyager gratis et de savourer quelques fabuleuses sequences de notre jeunesse ou une multitudes de souvenirs indelibiles se melangent dans un passe present dans nos coeurs et nos esprits. Grand bravo
    A tous ces moyens de locomotion s’ajoute un autre moyen ,certes lent mais tres efficace que pas mal d’entre nous ont du certainement utiliser pour faire de petites emplettes en l’occurrence le fameux Doudah ou Cerceau (juste pour rire)
    A bientot

  5. Amirouche

    Ghalouni Mohamed,

    Salam,

    Un grand merci pour ton récit mêlant lecture et histoire des transports qu’avait connu SidiBelAbbès, avec tes repères temporels et spacieux. Je ne peux manquer de saluer la construction succincte et précise en même temps, nous permettant de revisiter l’évolution historique de ces moyens de locomotion…
    Vivement une autre contribution de ta part sur l’automobile et son évolution. La traction, la Deudeuche, la 4L, la DS, la Simca…etc, …Mais « please », surtout aucun mot sur la voiture TATA et le bus Karsan, je préfère de loin « el carro » de 3ami Chakroune Allah yarhmehe…

    Cordialement

    Bonne fin de journée.

  6. mohamedDD

    Et les quelques taxis interurbains qui avaient pour station d’arrêt ce même boulevard face à la Coupolle (marché de gros fruits & légumes), qui sur sa gauche la nouvelle gare routière des cars intervilles-Ouest post-indépendance – je me rappelles particulièrement, le même taxieur (je vois son visage mais le nom m’échappe Allah yarhamouh)qui assurait SBA-Saida pendant des années , c’était hier !!!! Quand, je me rappelles que les belabbésiens marchaient d’un bout à l’autre de la ville .. d’autres roulaient surtout en vélo, ou en calèches (ça n’a pas trop duré) et en cyclomoteurs surtout la vélosolex et en (rares) voitures particulieres (pour certains et par décence, on voyait même pas le véhicule comme celui de la famille Choukchou, .. zmen el kheir- Le transport était fluide, des gens souriants, des rares femmes belksa haik, … nass aux coeurs Gros comme ça

    fhem ya fahem ,
    المعاونـا تغلــب السبـــع El m3awna taghleb el sba3
    الكـلام فـي وقتـو دواء El klam fi waqtou dawa

  7. Quelle apparition mon ami Ghalouni « Dakhla mtina » !! Tu nous offres un voyage gratuit dans le passé guidé par ta douce plume qui est comme d’habitude un régal pour la lecture.
    Quand on parle des moyens de transport d’autrefois, il ne faut pas omettre ce bel animal qui restera toujours beau jusqu’à la fin des temps.Et si aujourd’hui il offre à son maitre tout le plaisir dans l’équitation, les courses hippiques ou la fantasia, son ancêtre nous confiait toute sa puissance en tractant toutes sortes de véhicules hippomobiles utilisés jadis dans le transport des personnes : calèche, break, diligence, omnibus, tramway…dans le transport des charges lourdes, dans l‘agriculture et surtout dans la mobilisation des armées durant les différentes guerres qu’a connu l’homme.
    Encore merci mon ami Ghalouni.

  8. Mme CH

    Hé oui, je vous avais dit que Mr Ghalouni était un Grand Monsieur, que je remercie d’ailleurs, pour ce beau récit…que les nostalgériques vont aimer aussi…on y peut rien..!!!

    Un très beau voyage dans le temps; je me rappelle surtout les voyages que je faisais en train avec mes parents Rabbi Yahfadhoum étant petite, j’aimais m’asseoir du côté de la vitre pour contempler le paysage et voir les animaux au passage, les images défilent encore dans ma petite tête d’autruche…..c’était verrrrrrtttt….!!!

    Je me rappelle aussi que ma belle maîtresse (toujours avec un chignon banane) partait toujours en mobylette (derrière son mari) après la fin des cours …..!!!

    Cependant, j’avais envie de connaître la sensation qu’on éprouvait en montant sur un « Carro » tiré par un âne, après avoir connu celle du cheval…. alors, il y a quelques petites années j’ai pu réaliser mon souhait; ce n’était pas confortable mais c’était génial…..!!!

    Ah! Ma bicyclette rouge, me manque beaucoup…!!!

    Merci Mr Ghalouni pour ce magnifique retour en arrière en attendant d’aller de l’avant mais ça n’a pas le même goût…!!!!

  9. BENHADDOU BOUBAKAR

    un « at home » fracassant ,avec un rècit bien rèussi dans la mesure où ce voyage à travers le temps nous a fait revenir bien des annèes en arrière en èvoquant les differents moyens de dèplacements de jadis! bonne soirèe à tous!

  10. ABBES2

    Grand merci Mr ayadoun pour vos efforts et pour votre choix.
    Merci Mr GHALOUNI pour ce beau voyage dans le passé.
    C’était une très belle époque,pleine d’amour et de confiance,de simplicité et de modestie,de sagesse et de respect,de calme et de contentement.
    IL se peut que la nostalgie qui me pousse à parler comme ça,comme il se peut que j’ai raison.
    Que dira demain la génération d’aujourd’hui de son passé.
    Es ce qu’elle le vois comme nous le voyons,ou es ce que la nostalgie le décrira comme nous décrivons le notre?

  11. Bouchentouf

    Salem Si Med Ghalouni, je n’ai pas résisté au plaisir de répondre à ces souvenirs du Bel Abbés d’antan que tu viens d’évoquer ici car pour moi c’était un voyage dans l’enfance retrouvée. Mais elle est où ma ville adoptif si joyeuse d’autrefois ? Je ne l’ai pas trouvée ou si peu lors de mon dernier séjour comme si elle s’était noyée dans l’indéterminé de la Mekerra……. Au-delà du simple déplacement qui se faisait autrefois à pied, à cheval ou à dos d’âne, le car signifiait pour la majorité d’entre nous le voyage sûr et rapide. Il parcourait de grandes distances et c’était déjà le passage d’un champ de conscience à un autre où les gens commençaient à réaliser la notion du groupe social. S’y installé était le signe avant coureur de projets futurs après une période transitoire plus ou moins pénible pour les villageois. On perçoit qu’il y avait déjà un passé et que l’on aborde un avenir. Ils sont nombreux ceux qui dans les années soixante et bien après ont pris ce moyen de transport magique pour rejoindre leur travail ou bien leur lycée comme moi. Je me rappelle avec émotion de ces voyages égaillés dans un car crachotant, cahotant et poussif, accompagné par l’inquiétude et les recommandations de ma mère pour qui Sidi Bel-Abbés c’était déjà un autre monde. Tous les villageois connaissaient ces fameux cars ruraux qui leur permettaient de se rendre à « El M’dina » comme on disait et pour qui s’ennuyait chez lui, le meilleur refuge c’était bien cette ville longiligne où miroitaient toutes les convoitises et les passions inassouvies. Mais pour la poignée de lycéens des villages de la ligne Chanzy/Sidi-Bel-Abbès, ceux que l’on continuait encore d’appeler les cars « Tora » malgré leur mise sous tutelle par un ancien moudjahid nommé Bouras et surnommé « Djeha » pour la circonstance à cause de sa roublardise débonnaire, signifiaient aussi un saut du lit très matinal dans l’aube humide, pour rejoindre le lycée en titubant dans le noir, l’esprit rêveur et somnolent. Abandonnés à des « boujadis », à des novices inexpérimentés après le départ de leur propriétaire, on pressentait déjà leur fin inéluctable quand ils puaient le mazout en dégorgeant leur carburateur d’une acre fumée après un coup de pédale rageur, cependant cahin-caha, ils continuèrent à rendre un précieux service à la population locale, courrier, journaux, médicaments y transitaient avec la bienveillance du même équipage toujours souriant et magnanime. Ces mastodontes hauts sur pattes, peints aux couleurs crème et chocolat, étaient déjà au bout du rouleau après tant d’années de service le long de la nationale qui suivait les méandres de l’oued Mekerra. Se rendre à la place de la mairie déserte, attendre le car et s’y engouffrer en se disant pourvu qu’il ne tombe pas en panne, étaient la hantise du Lundi matin où tout retard était sanctionné par M Boukhdimi l’intransigeant surgé de l’internat adepte de la baffe où le revers après le plat de la main vous réveillait définitivement. Je me souviens justement d’un jour où accroché à son volant, les yeux rougis par le sommeil, le chauffeur s’efforçait de lutter contre un épais brouillard inhabituel. Automatiquement, il passait ses vitesses, débrayait, embrayait puis accélérait sans douceur au grand dam des voyageurs qui dormaient dans un paquet de djellabas et de turbans jaunis. Assis sagement derrière lui, je fixais au-delà des vitres, la route presque invisible en pensant que rien ne pouvait l’empêcher de rouler. Sacré chauffeur, toujours pressé, comme s’il ne pouvait pas ralentir, c’est quand même plus tranquille et meilleur pour le confort des infortunés voyageurs. Rien ne pouvait l’arrêter, ni les cahots de la route, ni l’atroce écran de buée sur les vitres parcourues par une épaisse brume. Au bout d’une heure de ce périple encombré on devinait déjà au loin la lueur glauque de la ville, quand soudain après une descente vertigineuse, un âne surgit de nulle part pétrifié par le halo des phares, dans un réflexe inouï le chauffeur essaya bien de l’éviter en freinant à mort, trop tard ! Le choc fut inévitable. Les voyageurs surpris, allèrent buter sur les banquettes en grommelant, quelques bagages leurs tombèrent sur la tête, mais rien de grave, sinon que le car se trouva immobilisé sur le bas coté, moteur calé. Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? Que se passe t-il ? Tout le monde s’interrogeait anxieusement en s’en prenant rageusement au chauffeur. Moustache en brosse, cigarette au bec, celui-ci impassible laissa passer l’algarade puis descendît inspecter les lieux enveloppé dans un épais brouillard. Il ouvrit le capot et comme tout chauffeur algérien digne de ce nom, il fourrageait en vain dans le moteur à la lueur des phares. Blasé, il s’excusa auprès des voyageurs médusés, c’est de ma faute, nous avons heurtés un âne sans trop de dommage, mais nous sommes en panne, il va falloir trouver un tracteur pour nous sortir de l’ornière et je n’en vois pas un pour l’instant concéda t-il avec humilité. Personne ne se soucia de l’âne gisant à demi conscient de l’autre coté de la route, qu’importe « e’slama fi errass » [pourvu qu’on soit sain et sauf] semblait dire les voyageurs qui au bout d’un moment et de guerre lasse commencèrent par quitter le car afin de rejoindre la ville à pied. Quand soudain le ronronnement d’un tracteur tout feu éteint se fit entendre, le chauffeur se frotta les mains et courut à la rencontre de l’engin providentiel. Après les salamalecs d’usages et bien de conseils inutiles car sans un bon attelage pour le tirer de là, on décida finalement de pousser le car. Un, deux, trois… Yallah ! Le car s’ébranla enfin sans trop de dégâts, moteur tournant à plein régime. Sans aucune parole, le chauffeur alluma une autre cigarette et attendit de nouveau que tout ce beau monde s’engouffra à l’intérieur pour continuer le voyage. Bientôt les premières habitations de la ville devinrent visibles et le car se gara à son emplacement habituel derrière l’ancienne station d’essence (Lakméche) à côté du siège de la Wilaya. Il ne fallait surtout pas trainer encore longtemps et vite regagner l’internat pour échapper à la punition tant redoutée. Amicalement

    • BENHADDOU BOUBAKAR

      salam cousin Bouchentouf: ce bon rècit m’a fait rappeller les voyages d’antan que je faisais avec mon dèfunt père (bouziane que tu connaissais bien) en allant visiter chaque fin de semaine mes tantes à boukanèfis et tabia,les cars Torra me plaisaient bien,on prenait la route boukanèfis-tabia à pieds,c’ètait bien de marcher et surtout passer la nuit chez mes cousins à tabia! le car c’ètait le seul transport disponible à l’èpoque (pas de taxis)! le matin du retour à sidi belabbes,on se reveillait tot avant d’entendre les klaxons du car de loin qui annonce son entrèe au village!!! et puisque j’ètais avec mon père ,je n’avais nullement peur d’arriver en retard ! mes salutations cousin :

    • Imène

      Azzul !
      Merci Bouchentouf !
      Une narration captivante avec le souci aigu du détail – comme on les aime- d’un voyage cahoteux émaillé de péripéties : la ligne Chanzy/ Sba comme si vous étiez !! Les voyageurs ballottés dans un car crachotant , cahotant ..ou dormaient dans un paquet de djellabas et de turbans jaunis , le chauffeur imperturbable appuie sur la pédale, le brouillard épais inhabituel; l’âne qui surgit de nulle part…et sur la banquette arrière était sagement assis le jeune lycéen , la tête lourde de sommeil , de rêves ? tout s’est bien terminé enfin , plus de peur que de mal , il va pouvoir rejoindre son établissement sans crainte de punition..
      Magnifique ! Merci Bouchentouf , écrivez encore ..c’est un tel plaisir de vous lire !

    • Mme CH

      Quelle histoire….!!! Et ce n’est pas de la fiction….!! C’est lui, ça ne fait aucun doute maintenant…c’est notre ami Bouchentouf qui nous régale toujours avec ses écrits, même si parfois on n’est pas d’accord sur le fond, ce qui est tout à fait normal, on ne peut pas ne pas aimer le style et l’élégance…!!!

      Par ailleurs, la phrase qui m’a beaucoup plu dans ce récit imagé c’est:  » Il parcourait de grandes distances et c’était déjà le passage d’un champ de conscience à un autre.. » c’est du Top…!!!

      Je pense que ce commentaire est tellement beau et riche que je demande à qui de droit de le publier comme article…..!!!

      Toujours un plaisir de vous lire…!!!

      • Mme CH

        Mr Bouchentouf, permettez-moi de vous dédier cette chanson:

        Je connais des bateaux qui restent dans le port
        De peur que les courants les entraînent trop fort,
        Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
        À ne jamais risquer une voile au dehors.

        Je connais des bateaux qui oublient de partir
        Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
        Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
        Leur voyage est fini avant de commencer.

        Je connais des bateaux tellement enchaînés
        Qu’ils en ont désappris comment se regarder,
        Je connais des bateaux qui restent à clapoter
        Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

        Je connais des bateaux qui s’en vont deux par deux
        Affronter le gros temps quand l’orage est sur eux,
        Je connais des bateaux qui s’égratignent un peu
        Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

        Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini
        De s’épouser encore chaque jour de leur vie,
        Et qui ne craignent pas, parfois, de s’éloigner
        L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

        Je connais des bateaux qui reviennent au port
        Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
        Je connais des bateaux étrangement pareils
        Quand ils ont partagé des années de soleil.

        Je connais des bateaux qui reviennent d’amour
        Quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour,
        Sans jamais replier leurs ailes de géants
        Parce qu’ils ont le cœur à taille d’océan.

        Amicalement…!

        • Bouchentouf

          Salem Mme CH…. Merci pour la dédicace de ce poème subliminal de bateaux qui s’en vont deux par deux affronter le gros temps quand l’orage est sur eux. Il me semble que nos deux bateaux sont au bout du rouleau mais espérons qu’au fond ils ne sombrent pas dans une eau pourrie que fuient même les mulets, ces poissons éboueurs qui pullulent dans nos ports. Ne me prenez pas pour un vieux loup de mer car je peux vous dire que je ne suis pas un authentique marin, je n’ai pratiqué la navigation que peu de temps mais j’en ai eu assez pour en comprendre les difficultés d’un milieu spécial où j’ai apprécié l’endurance et la solidarité des hommes, surtout face aux éléments déchainés qu’affrontent vos deux bateaux. Et même si encore une fois je n’ai pas beaucoup navigué, il me reste encore des souvenirs, surtout ceux du début de ma carrière où j’ai vu les mousses, les gabiers et les vaillants capitaines, partir en chantant vers des rives lointaines. J’ai vu glisser leurs bateaux sur les flots sombres, quand la foudre éclate et que le tonnerre gronde. J’ai vu sur la mer naitre des fantômes, de frêles esquifs, de fiers vaisseaux, quand l’océan s’embrase et qu’il se couvre d’ombres. J’ai vu des sémaphores porter le deuil quand à leur pointe extrême flotte un drapeau noir. J’ai vu un jour de tempête terrible et sinistre un jeune marin dans le golfe de Gascogne, la gorge serrée le cœur en haleine dans un bateau qui se courbe glissant sur les flots sombres. J’ai vu le tyran des ondes et ma fin proche et j’ai imploré Allah auquel nul ici bas ne peut se soustraire. Un grand navigateur avait dit : « La mer est un monde à part. C’est une palette de couleurs, ce sont des odeurs, c’est une piste d’hommes libres, un lieu d’évasion et, en même temps, une arène où on se mesure avec les éléments, c’est-à-dire la vérité » Et pour moi ce jour là cette vérité ne peut être Qu’Allah Soub’hanou ! Notre monde est un vaste océan, pas étonnant alors qu’un jour un homme soit parti sur la mer. Pas étonnant aussi que l’histoire des hommes depuis Nouh (Noé) [paix sur lui] et son Arche soit une longue aventure, une longue découverte de cette mer qui nous entoure et qui un jour peut être deviendra le toit tranquille où marcheront les colombes, espérons le au moins pour notre chère Mer Méditerranée.
          PS : « Chegleb Megleb » c’est fini depuis que la pudeur pudibonde a envahie les bords de la paresseuse Mekerra. Amicalement

          • Mme CH

            Salam Mr Bouchentouf…!!! Je dois avouer que je suis subjuguée par la beauté et la profondeur de ce récit sublime….!!!

            Effectivement la mer est un monde à part que j’adore…et devinez le reste…!!! Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, même dans une mer en colère et déchaînée, le bateau navigue encore et n’est pas prêt d’accoster.. Inchaallah..!!!

            Qu’on le veuille ou pas, nous sommes devenus « amis », et ça nous change un peu du fromage puant…(rires)….!!!

            Cependant « Chegleb Megleb » restera dans les annales même si c’est plutôt l’impureté qui a envahi les bords de l’Oued Mekerra charmeur et rebelle qui attend toujours de retrouver la pudeur de son corps…!!!

            Toujours un plaisir de vous lire….!!! Amicalement..!

            • Cheniti Gh.

              @ mon ami Bouchentouf G.et @ ma chère soeur Mme CH, Salam ,
              A contrario de my dear sister Mme CH , ton récit captivant ne m’a pas…………
               » subjugué  » mais … disons qu’il m’a donné du travail avec le dictionnaire à mon âge (rires) et a fortiori, lorsque le tyran des ondes force aussi les vaisseaux les plus performants à tanguer et à faire des Chegleb Meglebs ,sans aucune pudeur , dans des mers houleuses où même « le vieil homme et la mer  » paraîtrait petit malgré son combat épique contre le marlin !
              Très content de te lire cher ami et ne quitte plus car notre Oued Mekerra a besoin de ses matelots sans la menace du Romain Aquilon ou du Grec Borée .
              A toi et à Mme CH Je vous (e)dédie la chanson de Bahr ettoufane de Mohamed el Badji .Avec toutes mes amitiés . Bonne soirée !

              • SBA

                L’ancien footballeur’veiille et trouve les mots. Merci de donner une joie aux lecteurs du journal.. La rencontre avec le doyen des imams à ravivé la voix.

    • Amirouche

      Bouchentouf,

      Salam,

      Votre récit est un régal. Plongé dans la narration de ce voyage, j’ai eu l’impression d’avoir pris un siège à l’intérieur de ce car et vivre ce « périple » Chanzy/Sidi-Bel-Abbès avec vous. J’ai même dû me réveiller, ce matin, avec des courbatures suite au coup de main donné pour pousser le bus en panne avec les voyageurs (rires). Je ne suis pas du tout étonné de la douceur de votre plume puisque je garde toujours en mémoire quelques unes de vos belles contributions, « La première nuit de Noces », « Au hammam »…etc. Vos récits charment toutes les générations de la VDSBA.

      Ya3tike el saha

      A l’instant, ma pensée va vers monsieur BELARBI de « Parmentier », Sidi Ali Boussedi, qu’on nommait « Barmanti »…Ya hasrehe, un très ancien bon chauffeur …Allah yarhmehe.

      Bien cordialement.

  12. HANIFI

    Jouissif, vivant et restituant fidèlement une période que nous avons appris à regretter.
    Ne soyez pas avare de vos posts Si Bouchentouf.
    La verve de l’adulte au service des souvenirs de l’enfant. un vrai bonheur d’écriture.

  13. Mohamed Ghalouni

    Bonjour tout le monde ,

    -En fait cette rétrospective sur les anciens transports Bel-Abbésiens est une republication qui avait , effectivement , suscité un brin de nostalgie notamment chez ceux qui vécu cette époque . Je vois que Si Bouchentouf n’a rien perdu de ses habitudes , il revient comme dans le temps , avec un récit époustouflant , bravo à tous pour cette flambée de souvenirs qui nous aide à garder le cap de l’esperance et de la bonne humeur .
    Et dommage pour cette ville qui a perdu tout son charme , qui s’en va lentement emportant avec elle de nombreux pans de son histoire … peut-être que nous n’avons pas les mêmes valeurs que nos aînés pour la préserver … dommage que nous n’ayons pas su conserver du colonisateur ses qualités qui en ont fait une puissance , étant donné que nous avions payé extrêment cher notre indépendance . Habitués à la médiocrité sur toute la ligne , nous sommes contraint d’apprécier l’éclat du passé pour oublier la grisaille du présent .
    Je salue et je remercie tous mes amis pour leur encouragement , la Grande Dame CH , Amirouche , Cheniti Ghalem , Boubaker , El-Hadj Douar , Mohamed DD , Abbassi 22 , Sidahmed Ayadoun … sans oublier Si Ghalem Bouchentouf .

  14. Imène

    Azzul !
    Imaginez le retour des calèches ! comme dans les films d’antan..le bruit des sabots sur le pavé de nos artères.. Mon Dieu ce serait génial ! et tellement romantique ..enfant , je voyageais bcp par train ( en famille )qu’on prenait à la gare de l’Agha.. comme mon amie la CH j’aimais me mettre du côté de la vitre pour regarder les paysages défiler et c’est vrai aussi la verdure était partout..aujourd’hui , ça fait un bail que je ne suis pas montée dans un train , peut ^tre un de ces quatre juste par curiosité , par nostalgie ..mon rêve à moi , est de faire un voyage en bateau ( jamais fait ) mais j’appréhende le mal de mer ( qui peut gâcher les plus belles croisères.. c’est ce qu’on dit ) Merci , Salem tlm !

    • Mme CH

      Salam Imènus…..!!! Crois-moi, tu ferais bien de te débarrasser de ton Napoléon pour aller faire un beau voyage en bateau, c’est magique surtout si tu aimes la mer , son charme, ses secrets et le bruit des vagues….!!! En attendant saute dans le train, ça te fera beaucoup de bien tu verras…!!!

      Je te dédie ces deux chansons: La mer de C.Trenet !

      La mer
      Qu’on voit danser le long des golfes clairs
      À des reflets d’argent
      La mer
      Des reflets changeants
      Sous la pluie

      La mer
      Au ciel d’été confond
      Ses blancs moutons
      Avec les anges si purs
      La mer bergère d’azur Infinie

      Voyez
      Près des étangs
      Ces grands roseaux mouillés
      Voyez
      Ces oiseaux blancs
      Et ces maisons rouillées

      La mer
      Les a bercés
      Le long des golfes clairs
      Et d’une chanson d’amour
      La mer
      À bercé mon cœur pour la vie

      Et la chanson: J’entends siffler le train de R.Antony

      Je pouvais t´imaginer, toute seule, abandonnée
      Sur le quai, dans la cohue des « au revoir ».
      Et j´entends siffler le train,
      Et j´entends siffler le train,
      Que c´est triste un train qui siffle dans le soir…

      J´ai failli courir vers toi, j´ai failli crier vers toi.
      C´est à peine si j´ai pu me retenir!
      Que c´est loin où tu t´en vas,
      Que c´est loin où tu t´en vas,
      Auras-tu jamais le temps de revenir?

      Bien à toi mon amie…!!!

  15. Imène

    Merci mon amie pour les dédicaces !
    Arrêtes de me coller Napol sur le dos , tu le connais mieux que moi ! loool ! Le texte de Trenet est magnifique ..comme toi , j’aime la mer , qu’elle soit paisible ou démontée , ça vue me fascine terriblement ! c’est vrai la mer est un monde à part ( ds le texte de Bouchentouf ) on se sent extrêment petit , insignifiant face à cette masse d’eau incommensurable ..mais vois tu , je suis un tantinet fragile : jai la phobie de l’air , j’appréhende le mal de mer..pffffff ! il reste le train ! looool…Allez , c’est promis je vais faire un petit  » voyage  » de 30 mn dans le bateau  » ain benian , port el djamila , la pêcherie , et je te dirai ( je ne sais pas si l’embarcation est tjrs opérationnelle ! lool ) c’est pour toi , cette dédicace , c’est de Hugues Aurafy :

    C´est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau.
    Hissez haut Santiano !
    Dix huit nœuds, quatre cents tonneaux :
    Je suis fier d´y être matelot.

    Tiens bon la vague et tiens bon le vent.
    Hissez haut Santiano !
    Si Dieu veut toujours droit devant,
    Nous irons jusqu’à San Francisco…
    Salem khayti .

    • Mme CH

      Salam Iménus et merci pour la dédicace, une belle chanson….!!! Je vois que nous partageons beaucoup de choses toi et moi….hein….!!! La mer et son coucher de soleil me fascinent….!!! Hé bien, je dois dire à Mr Bouchentouf que s’il veut reprendre la navigation en mer, il peut compter sur 2 matelots femmes…..ce sera tout droit vers le triangle des Bermudes (rires)….!!!!

      ce serait intéressant un voyage en bateau entre les différentes villes côtières d’Algérie, allez juste un peu de courage mon amie et tu vas adorer…!!!

      Quant à Napoléon, c’est lui qui ne veut te lâcher, je n’y peux rien….!!!

      Azzulcalement….!!!

  16. Amirouche

    Salam tout le monde

    C’est juste pour vous passer El Salam…
    Je viens de lire que le premier métro du monde a ouvert ses portes en 1863. Après dix ans de travaux ce nouveau mode de transport avait accueilli ses premiers passagers à Londres, il fonctionnait à la vapeur. Durant sa journée inaugurale, la première ligne « of the tube » de 6,5 km, transportera 30 000 passagers. Le métro de Paris n’arrivera que plusieurs décennies plus tard, en 1900. L’initiative du métro d’Alger a été lancée à la fin des années 70 et mise en service le 1er Novembre 2011, soit 147 ans après « Lenglize »!

    CH22IM1605OU2231AM2275…C’est le nouveau code de mon coffre fort.

    Khayicalement

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