La Voix De Sidi Bel Abbes

Emilie Busquant, la plus algérienne des Françaises.

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Le parcours d’une femme d’engagement qui lutta auprès de son mari, Messali Hadj, pour l’indépendance de l’Algérie.

 

 C’est une femme engagée que l’Histoire a oubliée. Même dans son village lorrain, très peu de gens avaient entendu parler  d’Emilie Busquant (1901-1953). Il a fallu attendre  2003 et la pose d’une plaque commémorant l’anniversaire de sa mort sur un des murs de sa maison natale, à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), pour savoir  qui elle était. « Dans mon cœur de Française, il n’y a pas de frontière dans la lutte pour la liberté », peut-on lire  sur cette pierre où l’on découvre qu’elle fut l’épouse de Messali Hadj, le fondateur du Mouvement national algérien, auprès duquel elle a lutté pour l’indépendance de l’Algérie.

 

LE GOÛT DE LA JUSTICE

C’est en octobre 1923 que sa vie bascule : dans son petit appartement, sa voisine lui présente un ami, venu à Paris, comme elle, pour échapper  à la misère et trouver  un travail. Lui arrive d’Algérie. Emilie, 22 ans, fille d’un anarchiste syndicaliste, a, depuis l’enfance, le goût des combats pour la justice . Avec Messali, 25 ans, ils vont ensemble se battre  pour que ce qui était alors un département français devienne une nation à part entière. Ils vont même créer , en 1926, avec le soutien des communistes français, le premier parti politique  indépendantiste algérien : l’Etoile nord-africaine.

Son mari sera à plusieurs reprises emprisonné par les autorités françaises. Lors de ces différentes détentions, Emilie Busquant n’hésitera pas à assumer  la responsabilité du mouvement national. C’est de ses mains que fut cousu le premier drapeau algérien.

LE COUPLE RACONTÉ PAR LEUR FILLE

Emilie Busquant, une passion algérienne revient sur le parcours méconnu de cette militante. Rabah Zanoun, le réalisateur, a choisi de faire raconter la destinée de ce couple improbable par leur fille Djanina Messali-Benkelfat. C’est elle qui retrace la vie amoureuse et politique de ses parents en se rendant à Neuves-Maisons, à Paris, à Tlemcen et même dans une prison algérienne. Avec douceur, leur fille, aujourd’hui âgée de 76 ans, nous plonge dans une époque tendue et évoque une femme qui a su au nom de la liberté – et parce qu’elle se sentait profondément française – tenir  tout à la fois son rôle de mère, d’épouse et de leader politique . Ce documentaire exhume un personnage passionnant et passionné qui mérite pleinement sa place dans l’histoire de France et d’Algérie.

« Emilie Busquant, une passion algérienne », de Rabah Zanoun

 

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=58104

Posté par le Jan 27 2015. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

11 Commentaires pour “Emilie Busquant, la plus algérienne des Françaises.”

  1. Bel Abbesien

    Ce qu’illustre cet article est certes le devoir de memoire vis à vis de cette grande dame qui lutta aux côtés de son mari qui malheureusement se trouva récemment attaqué par l’ancien chef du rassemblement culturel berbère Hors cette étrange sortie vit des réactions légitimes ayant conduit l’histoire devant les tribunaux. Je risque de m’éloigner de Emilie qui demeure un bon exemple de militantisme de citoyens épris pour la liberté et la paix. Les Algériens surtout nos enfants doivent le savoir eux aussi éloignés des hauts faits d’armes et de gloire. Merci Tewfik À B

  2. SAKARA

    MERCI MON FRERE TEWFIK

  3. un ami

    Ce soir sur France trois. Une émission lui est réservée. Franchement vous êtes événementiel sahbi!

  4. Omar

    Ce n’est qu’un illustre exemple parmi tant d’autres simplement voilà nous autres Algériens avons la mémoire courte, le nombre de Français-ses qui ont oeuvrés pour que vive l’Algérie libre et indépendante.De nos jours la plupart ne connaissent pas leur histoire qui à mon avis est primordiale pour les générations futur. on a bafoués opprimés désillusionnés non seulement chouhada mais leur histoires.Cinquante ans après on est pas sortis de l’auberge,quelle ingratitude tout fout le camp on est devenus amnésiques ce qui compte de nos jours c’est à qui se remplisse les fouilles, mais rassurez-vous tout ce paye aux nos noms de nos « abrar », le monde arabo-musulman n’est plus crédible aux yeux du monde occidental on s’entretue pour le (korsi) on n’a pas d’histoire que du vent, nous semions du vent et continuions à récolter de l’a brutisme de par notre comportement néfaste pour toute la société en général,nous sommes au fond du puits et continuions à creuser jusqu’à quand ? Quand le soleil fleurira.

  5. Amirouche

    Malgré une multitude de thèses et supputations sur la création du drapeau algérien ,l’historien M. Yahia affirme que c’est Émilie Busquant, épouse de Messali El Hadj, qui a conçu la forme définitive de notre drapeau actuel mais que les couleurs et la disposition du drapeau ont été fixées auparavant en 1934(article paru en 1997 dans El Wattan). Lors d’une réunion de l’Étoile nord-africaine, en 1934, que sont choisies les couleurs du drapeau et que cette dame était chargée de sa confection.
    Quoi qu’il en soit, le 14 juillet 1939, Émilie Busquant, avec Mohamed Khider et Mohamed Douar, avait défilé en tête du cortège organisé par le PPA derrière le drapeau algérien ……

  6. L'écoeuré

    Des personne comme Émilie Busquant ,il y en a eu sauf que notre histoire algérienne n’en parle pas ou ne veut pas en parler pour leur rendre hommage et surtout notre pays n’a pas l’impression de mesurer le poids de l’histoire algérienne qui s’est faite bien avant 1954.
    Y aura-t-il un jour la vérité sur notre histoire et nos enfants et petits enfants la connaitront-ils.
    Il faudrait pour cela entamer le chant à la gloire de tous les partisans qui ont combattu pour une liberté qui non pas connu .
    Gloire à tous ceux qui sont mort pour la cause algerienne le rest
    Nous le connaissons presque tous.

  7. Jamel

    un plus de HADJ amirouche

  8. lecteur

    Un bon article pour un savoir historique omis souvent.

  9. NASRI Télaghi

    Que Said Saadi se documente davantage sur les HOMMES Historiques qui ont sacrifié leur vie pour que notre ALGERIE soit Algérienne oui Algérienne et Libre !!!

  10. NASRI Télaghi

    Que Said Saadi se documente davantage sur les Hommes Historiques qui ont sacrifié leur VIE pour notre ALGERIE soit Algérienne oui Algérienne et

  11. BADISI

    J aurais aimé un article sur la moudjahida Jacqueline guerrouj décédée cette semaine a l age de 95 ans

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