La Voix De Sidi Bel Abbes

« El-Hadj KANDSI Slimane : Cet ange qui mérite mieux que d’être boudé » (1ère PARTIE)

Dans le monde artistique Bel -Abbésien, et parmi la pléthore  de comédien-humoristique, qui existèrent, et qui firent les beaux jours de la  cité de la Mékerra, le personnage  de Hadj Kandsi Slimane. Qui ne connaît pas Kandsi Slimane ? Aujourd’hui âgé de 81 ans, dont long et riche parcours artistique a débuté en 1949. C’est  un illustre monument  de la scène, faisant  partie du décor de notre ville et que la Voix de Sidi-Bel-Abbès a jugé indispensable de mémoriser par une interview, qu’il a accepté de nous accorder par l’intermédiaire de son fils Kandsi Kaddour..

Notre sincère et timide visite auprès de « Ami Slimane » l’artiste qui a consacré la plus grande partie de sa vie à la comédie  et au rire  se trouve semble t-il, depuis de longues année totalement omis et de la sorte l’homme qui avait le pouvoir de gonfler a bloc le moral de ceux qui l’approchaient, se retrouve dans une situation  d’abattement moral important causé, par l’indifférence  caractérisé et les successions de déception..

A l’approche de son domicile, je me sentais envahi par un  gène inexplicable, je me sentais  confus et dépaysé à la vision de cet homme que j’ai connu  autrement dans le passé, de par, la joviabilité accrochante qui nous affrontait, de par la simplicité de son langage quotidien  honnête et resplendissant  de bonheur, de par les vagues incessantes de fou rire qu’il causait dans ses passages ;

Aujourd’hui, je ne peux cacher que je me trouve malheureux de le croiser dans cet état de santé, ou il me serait difficile de tirer de lui une anecdote récente. Je me sens malheureux de ne pas être à la place de ceux qui auraient dut, lui rendre visite pour lui donner à leur tour, un peux de bonheur, comme il a su le faire dans un passé de bonne santé et de succès. « Le Bouffon du roi » semble ne pas intéresser grand monde. Hadj Kandsi Slimane me reçoit avec grande joie, mais….

Ami Kandsi, nous recevait avec grande joie, mais une joie qui cache en son intérieur, des fleuves de déception, qu’il nous imageait difficilement, avec certains de ces  propos amères, qu’il dissimulait autant que possible pour que notre  rencontre avec lui se déroule dans  les parfaites usages d’hospitalité. Ami Kandsi, me lançait, pour ouvrir  la discussion : « Le destin pour frapper, revêt plus souvent son déguisement le plus ordinaire, son costume de tous les jours »Je restais un bon moment sans comprendre se qu’il voulait me dire par là, mais je me résignais de l’importuner par une demande d’explication car  je savais que Ami Slimane était très fort par ces citations.

Nous tenons a signaler que notre artiste n’est plus celui que tout le monde connaissait. Son état de santé et son âge  démolis cruellement  par la « marginalisation », ont fait disparaitre, ses répartis et ses mimiques du temps, que nous connaissons et avec lesquelles nous étions habitué.

Les limites de l’indifférence, semble ne point avoir de limite, en voyant un tel tableau, qui semble t-il touche grand nombre de ceux qui se consacre à l’art. Instinctivement mon esprits et ma mémoire, firent volte face et s’en est retourné vers le passé, pour se figer devant l’écran de la télévision, et revoir cette image  nous montrant un  Ahmed Wahbi malade , pleurant et se désolant de se voir oublié et non aidé. Je revois ce fabuleux Chanteur se plaindre de l’abandon et de l’omission de sa personne qui a tant donné à la musique et au chant Algérien.

Alors,  comment  obliger  « Ami Kandsi » à garder son humour et sa verve quand  il est ignoré et marginalisé. ? Lui  qui  a  également  donné, tant de joies et de bonheur , seul ou aux  cotés  de Mustapha, Hazim et Hamid (le fameux trio Bila Houdoud), auprès  de Atika , de Ftaita, et hadj lakhdar et bien d’autre humoriste, que nos scènes et nos écrans  ont appréciés..

El Hadj Kandsi Slimane, nous recevait assis, sur le bord de son lit, a 81 ans de son âge..Il est né à Sidi-Bel-Abbès, un jour de printemps le 02 Mai 1930.

Des son jeune âge, Slimane, apparaissait aux yeux de ces amis, comme « un rigolo ».Il faisait tant bien que mal, ses études  primaire et se voyait échouer  a son examen du certificat d’étude Primaire, avec regret. Mais compte tenue de la vie difficile, qui dominait et  dans laquelle évoluait la famille de Kandsi, constituée d’une famille nombreuse, Ce dernier décidait  de s’engager dans  la vie active, grâce au bon vouloir d’un  commerçant, qui l’embauchait comme apprenti. et de la sorte il contribuait, avec son  modeste  salaire, aux besoin de  ses frères et sœurs.

De nature très éveillé, il décidait de fréquenter parallèlement à son travail, les S.M A (Scout Musulman Algérien), qui était une véritable école de la vie et qui possédait en son sein des troupes d’animation théâtrale dont il s’attachait à fréquenter  en compagnie  de son feu ami le regretté chanteur- d’humour Hamidouche avec lequel, il se produisait  en duo  dans de nombreuse  salles de théâtre.

C’est au cours d’une de ses tournées qu’il décidait vraiment de se destiner au monde des sketches. C’est grâce à la perception d’une ironie au cours d’une conversation avec des amis qu’Il s’en inspirait et en montait alors un sketch qu’il testa d’abord dans une petite salle. Rencontrant un vif succès, il croisait grâce a Hamidouche le chemin des frères Saim « Lakhdar El-Hadj » qui lui proposèrent de passer, dans tous leurs spectacles  en tant qu’humoriste. Il jouait  alors ses sketchs individuellement ou en duo ou avec la troupe de « Mesrah Achaabi », devant le public que leur garantissait le FLN.

La troupe théâtrale « Mesrah Achaabi » a été crée dans les années 1950, par Saim El Hadj et Issad Khaled, suivit de Issad Abdelkader dit « Chipa »… Elle fut par la suite renflouée  par une  pléiade de comédiens formés sur le tas. Elle devenait par la suite une véritable  école qui contribuait  à l’histoire du théâtre et de la culture à Sidi- Bel-Abbés.

Elle regroupait parmi ses comédiens de talent, des noms qui firent leur histoire dans le monde de la culture plus tard, en commençant par Saim El-Hadj (Metteur en scène, écrivain-poète,Directeur RTA d’Oran)- Saim Lakhdar(Chanteur et Directeur TNA SBA)- Benaoum Bénamar (Qui devenait commentateur de la RTA)- Issad Abdelkader dit « ChIPA »(Animateur MJS, puis animateur à la RTA)- Issad Khaled(Metteur en scène-Animateur de Théâtre)- Mehdi Kader(Journaliste)- Issad Abdou, -Sidhoum, -Hamidouch (Chanteur Humoriste), –Kandsi Slimane et bien d’autre encore qui ont fait l’admiration du public de la Mékerra.

Un public fidèle connaisseur qui ne ménageait aucun effort pour venir encourager la troupe Mesrah Achaabi en réclamait toujours plus. et l’équipe  de Saim El-Hadj s’acharnait à présenter à ses admirateurs, un répertoire de création très osée et pimentée de propos révolutionnaire, pour communiquer les messages et éveiller l’attention pour ne pas dire la conscience de bien des personnes et ce malgré, la présence d’inspecteur de la D.R.G de l’occupant dans la salle. Pour nos  jeunes talents de l’époque  le théâtre était leur forme de contribution  morale et pécuniaire à la lutte de libération nationale.

Ce fut alors, la véritable période de son lancement dans  le monde des sketchs.et de la prise de conscience  que le théâtre qu’il faisait était une véritable mission à accomplir. S‘ était son mode de participation a la  lutte contre l’occupation Française. Cette année là, il prenait conscience de son don et ses capacités à faire rire les autres.

Nous sommes arriver au stade, ou l’artiste humoriste Kandsi Slimane, a compris que l’humour pouvait  être employé dans différents buts et se révéler par exemple, comme moyen pédagogique  ou militant. Il comprenait intérieurement que s’était une arme redoutable qu’il faut savoir maitriser par la performance du jeu.

Comme tout bon musulman, il  trouvait le temps nécessaire, pour se rendre à la « mederssa », de la « Graba », pour s’imprégner  des prêches qu’assurait  Cheikh Kebati, pour  enrichir profondément son éducation religieuse.

Hadj Kandsi Slimane, s’attachait  consciencieusement, durant plusieurs années, à s’initier avec passion dans toutes les activités  auxquelles, il se  consacrait, essentiellement à celle qui se rapportaient à l’apprentissage de l’école de la vie.

Par bonheur, pour lui, il fut recruté en qualité de  « gardien du stade municipal », et cette proximité avec le monde du sport l’encourageait miraculeusement à le pratiquer  tant bien que mal, en raison de son handicap physique  et si les sciences médicales démontrent aujourd’hui que l’handicap  ne pouvait être un frein pour l’épanouissement de l’individu, Kandsi Slimane est parvenu en 1960 à nous donner cette fabuleuse leçon.

Ensuite, il se sentait disponible et en mesure, pour  s’engager  dans le corps  arbitral  en 1962 et évoluer avec Benzellat Hadj Slimane, Cette carrière d’arbitre a durer une vingtaine d’années (20 ans), Mr Kandsi  Slimane devenait ensuite Membre de la ligue régionale de Football.

Et c’est durant ces années de plaisir footballistique, que Kandsi Slimane, se distinguait parfaitement  sans pour autant être  promus et c’est durant ces années, qu’il nous inondait , par de célèbres  anecdotes qui ont fait long chemin en se transmettant de bouche à bouche pour le plaisir de rire, tel que celle, « ou lors d’un tour  éliminatoire  de la coupe d’Algérie, au cours  d’un match choc qui  devait opposer deux  équipes d’une même localité, hadj slimane qui était désigné pour diriger cette houleuse empoignante, qui a vue d’œil lui paraissait risquée, contraint notre arbitre Kandsi Slimane à réunir les deux équipes avant le coup d’envoie et leur demandait de se prononcer sur l’éventuel vainqueur de la coupe d’Algérie.MCA dirent les uns, CRB  pronostiquèrent les autres. Les avis semblaient partagé devant cette situation, Mr Kandsi rappelle aux deux formations qu’elles étaient tout simplement entrains de perdre leur temps et qu’il y avait lieu d’éviter le déplacement »

Pour ses jeux de mots et anecdotes paraboliques, dont les spectateurs raffolaient, il s’inspirait également de nombreuses  situations retenues par son regard qu’il traduisait. Et mine de rien Kandsi Slimane transmettait les  citations, à travers ses discours, qui ont fait de lui un, parmi les plus grands humoristes de notre pays.

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Posté par le Avr 16 2011. inséré dans ACTUALITE, HOTE DU JOURNAL. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

1 Commentaire pour “« El-Hadj KANDSI Slimane : Cet ange qui mérite mieux que d’être boudé » (1ère PARTIE)”

  1. NORDINE BENZELMAT

    De la part de la famille BENZELMAT mes sincéres condoléances KHAYI!!!
    Je t annonce aussi le décés de notre ami ZOUAOUI Bouterfase de l association SBA KHAYI ton frère NORI!!!!

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