La Voix De Sidi Bel Abbes

. Du « Medfaa » et la Maida d’antan…c’était le ramadhan karim…a un autre.vécu autrement……Khayis ! par KADIRI M

Le présent papier ,bien que déjà publié donc a relire pour une bonne partie de nos lecteurs a pour objectif  de tenter de refaire un survol sur Ramadhan d’antan que je dédie a notre amis  d’outremer dont un du canada qui il ya un moment nous reparlait de sidna ramadhan dans le forum Il s’agit de TEWFIKHAYI et bien sur a tous les anciens du Bled.et autres lecteurs de notre journal.
Bien au delà de son aspect religieux et sacré est vécu aujourd’hui différemment .Lui qui était attendu tel un grand invité spécial, il y a plus d’un demi siècle ou moins mobilisant nos mamans et nos grands parents a malheureusement engendré de nos jours un nouveau courant de vie fascinant marqué par beaucoup d’outrance, des penchants gastronomiques ,des excès de tous genres et autres actes ostentatoires non sans omettre au passage les actuels lots des laissés pour comptes et autres cohortes et quota de Mouawazines ciblés dans le cadre de l’aiguillon de la précarité sociale dans le pays du pétrole et du gaz.Et que les pouvoirs publics a travers le me dispositif viennent d »entamer des mesures par le biais de ce qui est appelé ici  par Meidet ramadhan…..un tour du coté du lycéé Azza aek  a titre indicatif renseigne vos lanternes. Passons pour nous retremper dans le passé.
Qu’il soit vécu en milieu rural ,en campagne profonde, et autres espaces à l’intérieur du périmètre urbain Bel-Abbésien ,au sein de ses multiples Houmas et quartiers autochtones de « village Errih » , « Abbou », « Sidi Yacine » ou l’ex Gambetta aujourd’hui Larbi ben M’Hidi, le mois sacré de Ramadhan de part son ambiance ,ses rythmes, ses exigences de toute une époque aujourd’hui révolue , n’est plus le même du moins coté forme, au delà de l’aspect religieux entendons-nous bien et ce, au sens des nouveaux espaces publics ,résultante de la libération du foncier et de tous les tacherons et autres grands maçons agréés qui ont bénéficié des terres arables ,des vergers et ce, lorsque les appellations accompagnatrices de ce désastre urbain ,une périphérie-danger qui s’appelaient SNMC,EDIMCO ,SNS étaient sur les langues .Ces sigles acteurs et instruments de la dite politique offraient ainsi des dizaines de cités dortoirs et des milliers de cages d’escalier sous couvert de l’immédiateté rendant tout hideux et mélancolique à la fois. Ils sont nombreux relève-t-on les citoyens d’un certains âge qui demeurent légitimement nostalgiques quand il faisait bon vivre dans l’ex Palissy, Prudon, Mercier Lacombe, Descartes , aujourd’hui Sidi Khaled, Sidi Brahim, Sfisef, Benbadis pour ne les citer qu’à titre indicatif, Ramadhan était et demeure un événement fort attendu, c’est une des rares constantes en tentant selon les éléments en notre possession de se livrer à une modeste comparaison. Juillet 2013 ,l’on est déjà plongé dans les doubles et couteuses journées de ce mois sacré qui comme on le dit généralement recule de douze jours annuellement, en évoquant double, on pense à la rentrée sociale ,synonyme de la rentrée scolaire et universitaire, avec elle, ses incontournables lots d’exigences matérielles à satisfaire à la progéniture et à toute la marmaille scolarisée du « tahdhiri » au lycée et même au-delà . c’était le temps du MEDFAA(coups de canons pendant lavant 1962) et de la MAIDA autour de laquelle se regroupait la famille. Bien des choses ont changé. Dans les faits, de nos jours presque tout le monde est pris dans un courant de vie fascinant et fou à la fois et qui selon les traditions communément vécues ne s’arrête qu’avec l’arrivée au final de l’Aid El Fitr lui aussi, au-delà de ses joies et de l’aspect religieux qui entoure cette fête est difficilement vécu dans le sens matériel. Ramadhan 2013 a bien bousculé l’ordre des choses, à commencer par les fêtes familiales, principalement les mariages où l’agenda s’est rétréci comme une peau de chagrin avec deux semaines en moins du mois d’aout, le décor de l’exiguïté du calendrier suscité est bel et bien planté. Il n’y a pas eu que cela ,la période des vacances ,voire les différentes destinations ont vu la durée retenue se rétrécir cet été et encore plus si dieu veut en 2014. A ces aléas se sont ajoutés ces quelques journée caniculaires qui ont caractérisé principalement le mois de Juin passé et aussi ce début de ramadhan 2013. L’inflation est encore imposée par nos « frères commerçants » qui trouvent des justificatifs et des arguments massues en livrant leurs différents produits, fruits et légumes, Ils ne sont les seuls dans cette saignée des humains que nous sommes ,les bouchers ont vite emboité le pas dans toutes ces outrances de tout calibre et de tout autour ordre naturellement incompatibles avec les valeurs et les préceptes de Ramadhan ,théoriquement marqué par la sérénité la piété et bien sur l’exigeant évitement de toute exubérance aussi bien des actes malheureusement ostentatoires que des paroles saugrenues dont le mensonge brandi tel qu’un code de commerce et qui d’après nos exégètes altère considérablement la portée du jeune, du moins ceux qui font fi de la sobriété et la pondérations nécessaires et incontournables dans la sphère spirituelle privée des gens dont certains tentent à tout prix de remémorer positivement les anciennes valeurs et comportements des lointains Ramadhans quand les jeunes enfants que nous étions se portaient au bon endroit pour guetter soit la naissance du croissant lors de « Leilat Echek » (nuit du doute ou l’incertitude, décisive à l’affirmation du début de Ramadhan) ou à entendre les coups de canon synonyme de rupture de jeune qu’on appelait « MEDFAA ».

Dans les plateaux de l’unique Télévision d’antan ,l’ex RTA de post-indépendance aujourd’hui ENTV ,la déclaration officielle du « Majliss » qui supervise la « Rooya » (vue) du croissant dans les différents coins de notre beau pays était synonyme à l’aval donné aux fidèles pour le commencement du mois sacré, cela était régulièrement suivi de l’apparition du musicien feu Boualem Titiche qui avec sa Zorna apportait son de gaieté ,de profonde sérénité et de pitié que devait caractérisé les 29 ou 30 jours de jeune ,d’ailleurs en chaque grande localité on voyait un Boualem Titiche et Sidi Bel-Abbes.

Sont encore sur les langues des septuagénaires et autres autochtones de la ville d’ailleurs le même rituel ,Majliss et Zorna se répétaient la dernière nuit du Ramadhan voir le 29ème et 30ème jour pour annoncer cette fois ci l’Aid-El-Fitr .Ceux sont là de grands moments chargés d’images de nos quartiers populaires à village Errih au bord de l’oued Mekerra où la pêche et la nage étaient possibles dans l’ex Gambetta, sur le monticule de Sidi Yacine ,à village Abbou, à mon plaisir dans la mythique quartier commerçant de Graba, dans l’arrière pays en wilaya profonde du coté de sidi Khaled, sidi lahcen, boukhanéfis sidibrahim  aïn el berd, belarbi etc, Beaucoup furtives furent ces images d’antan et autres repères tel feu Antar , Moul Ouada, des cafés de baba,du Nil,du Sahel et bien sur du Bosphore sans omettre la mosquée El Adham et la Medersa ,Toujours omniprésents dans la mémoire collective que l’on vous évoque à ce jour tels des motifs d’orgueil de fierté et qui défilent à l’instantané. On s’arrête pour cette première partie, pour vous souhaiter « Bon repas  « . et « siyem makboul »                                                              Par M. KADIRI M.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=30061

Posté par le Juil 10 2013. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

8 Commentaires pour “. Du « Medfaa » et la Maida d’antan…c’était le ramadhan karim…a un autre.vécu autrement……Khayis ! par KADIRI M”

  1. abbes

    l’ego a pris le dessus

  2. chaibdraa tani djamel

    Le coup du MEDFAA du ramadhan d’antan qu’on entendait venait dans la terasse de la petite mosquée qu’on appelait KAHOUETE EL 3ASSEKRI rue SEKKAL CHAIB (GRABA) trigue l’article et bon ramadhan à tout les musulmans du monde

  3. Belabbes

    le ramadhan est plus gastronomique que spirituel trop de dépenses et peu de ferveur religieuse a débuter par les commercants

  4. samia

    ramadhan a suivi des évolutions comportementales la famille n estt plus la même. le matérialisme a tout achevé en nous.

  5. benali

    les générations du medfaa sont prsque partie

  6. Bouchentouf

    Salem, Joumouâa Moubaraka
    Voici encore un souvenir de Boukhanéfis que j’avais partagé avec des amis dont M Brikci S le sympathique administrateur par mail, pour leur souhaiter un bon Ramadhan et devant le manque de mémoire regrettable pour un mois aussi marquant du corps et de l’esprit que celui du Ramadhan, je me permets de venir bousculer la léthargie du jour concernant cet article de Sieur Kadiri qui mérite tout de même notre empathie pour ressentir ce qu’il ressentait en ce mois béni.
    Dans le passé, le mois de Ramadhan se signalait par les parfums appétissants qu’exhalaient les foyers. Audible et sensible, il l’était déjà plusieurs semaines avant son arrivée. Notre maison accolée au gourbi véritable garde manger où déambulaient poules et lapins, bruissait du martèlement du pilon, le « méh’raz » écrasant les herbes aromatiques qui exhalaient des odeurs entêtantes et des effluves exquis, manifestation de patients préparatifs qu’exige un mois qui, bien que placé sous le signe de l’abstinence, est le prétexte à fortes ripailles joyeuses dés la tombée du jour qui annonçait la rupture du jeûne, le « f’tour ». Dans l’unique pièce fraîchement badigeonnée à la chaux pour l’occasion, la tâche était dévolue à ma mère, à laquelle ma petite sœur prêtait main forte, si bien que chez nous toutes les provisions pour affronter le Ramadhan étaient faites maison, vermicelle fin pour la chorba, semoule de couscous pour la « seffa » du s’hour, olives, raisins secs, beurre ou sauce tomate, rien ne nous manquait ou presque. Il faut dire aussi qu’après une époque de la guerre où la vie n’était pas facile pour la majorité des Algériens, nous nous étions habitués à ne rien gaspiller non plus. Malgré tout, ma mère, que Dieu ait son âme, disait toujours pendant le Ramadan qu’une table sur laquelle s’étalaient une profusion de plats donnait à la maison un air de fête, c’est pour cette raison que pendant cette période bénie, elle n’arrêtait pas de cuisiner des mets aussi délicieux les uns que les autres, de la viande sucrée aux pruneaux, du tajine aux artichauts et même de la carpe de l’oued Mekerra à la sauce tomate dont je me régalais en me pourléchant les babines.
    C’est avec cette mémoire parfumée de nostalgie et de souvenirs que je trouve un plaisir énorme à revivre ces bons moments du Ramadhan comme lorsque j’ai jeûné pour la première fois. Chaque mois lunaire se déplaçant sur le long des saisons, je ne me rappelle pas exactement du temps qu’il faisait ce jour là, mais peu importe, je me souviens que l’après-midi se mettaient à flotter dans la maison peu à peu le goût parfumé de la chorba, puis l’odeur alléchante du pain cuit au four artisanal commun au quartier indigène de Chabrières où nous vivions en autarcie au milieu d’une grand famille où la solidarité n’était pas vaine, celui aussi des galettes au beurre croquantes[m’bessés] et autres délices interdites la journée, et enfin les arômes d’un café mijotant indolemment sur un brasero. Après cette journée déprimante il faut bien en convenir, j’attendais avec impatience devant le seuil de la maison, l’appel du muezzin annonciateur de la rupture du jeûne qui avait remplacé depuis peu le coup de canon, le med’fâa de mauvais augure que des militaires actionnaient au coucher du soleil pour la cérémonie des couleurs sur la place de la mairie, la descente du pavillon au milieu d’une marmaille de gamins excités par le spectacle. J’entrais alors dans un élan de joie en criant : Adhéne ! Adhéne ! Çà y est ! M’ma… Pour m’attabler autour du « taïfour », une table basse bien garnie et déguster un repas cuit dans une cocotte en fonte à même la braise qui donnait un goût spécifique à la chorba. J’avais surtout soif, ma mère avait toujours un récipient en poterie qui gardait l’eau fraîche que je bus en une rasade sous son regard inquiet et fière à la fois de me voir accomplir ce rite séculaire bien ancré dans la tradition musulmane. Après la chorba, les m’semen croustilleront sous les dents et le palais, la table changera de décor, pour être parée du rituel café et d’une variété de douceurs dont la fameuse zlabia un gâteau de farine frite et dégoulinante de miel. De plus, ma mère mettait un point d’honneur à ce qu’il y ait toujours des parts supplémentaires à offrir aux voisins qui ne tardaient pas venir lui tenir compagnie pour la veillée qui s’annonçait tardive jusqu’au s’hour.
    Le repas fini, ce jour là cerise sur le gâteau, j’eus le droit d’accompagné mon frère cadet au café du coin pour une longue veillée sacrilège. Je me souviens de cette soirée joviale et bruyante au café « El-Ouaâd » qui résonne encore dans ma mémoire. Quand le mois de Ramadhan arrivait, cet unique café maure du village connaissait une ambiance particulière avec les différents jeux de hasard qui se poursuivaient toutes les nuits jusqu’au vingt-septième jour où pour une raison obscure une trêve était décrétée jusqu’à l’aïd El’fitr. Cartes, domino, loto, étaient fêtés avec une liesse et une joie indescriptibles où les plus malins et les plus tricheurs comme mon frère, engrangeaient des gains en buvant des boissons sur le compte des malheureux perdants. Je n’étais pas oublié dans cette aventure où je dégustais goulument dans l’odeur acre de la fumée les restes de bouteilles inachevées dans cet endroit où les tabous volaient en éclat quand fusaient des blagues et des gros mots a en faire pâlir la dame de cœur.
    Pour moi aujourd’hui en France tout est bâclé, le mois de Ramadhan a beaucoup perdu de son aura d’autrefois du pays. Le rythme vertigineux de la vie semble ne plus laisser du temps au temps en bousculant certaines de nos traditions où il n’est même pas suivi comme il se doit par nos progénitures. Mais je l’avais remarqué aussi chez nous, de plus en plus, le Ramadhan perd son caractère de fête prolongée et tend à devenir un simple rite, certes essentiel, de l’islam mais dénué de toute ferveur. Alors que son menu était équilibré et approprié, le Ramadhan est, aujourd’hui, le mois de toutes les extravagances culinaires. Montée de l’individualisme aidant, les valeurs sacrées du Ramadhan telles que le souci de l’autre et l’altruisme sont en net recul.
    Bon jeûne du mois de Ramadhan avec un peu de retard à tous (tes) ainsi qu’à vos familles et quelle meilleure rétribution que le Paradis pour celui qui le fait avec sagesse et patience en pensant à l’angoisse de tous les pauvres qui ne peuvent pas se nourrir dans ce bas monde. Cordialement.

  7. sofiane

    le présent commentaire est plus qu’un témoignage mais un vrai acte de dévotion JOUMOUA MAKBOULA

  8. NORE BARAKA

    merci mr Kadiri vous a la hauteur saha ramdanak bon courage Baraka;

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