La Voix De Sidi Bel Abbes

DU « MEDFAA » à la MAIDA d’antan…c’était le RAMADHAN KARIM….Khayi.

Ramadhan d’hier et, bien au delà de son aspect religieux et sacré est vécu aujourd’hui différemment .Lui qui était attendu tel un grand invité spécial, il y a plus d’un demi siècle ou moins mobilisant nos mamans et nos grands parents a malheureusement engendré de nos jours un nouveau courant de vie fascinant marqué par beaucoup d’outrance, des penchants gastronomiques ,des excès de tous genres et autres actes ostentatoires non sans omettre au passage les actuels lots  des laissés pour comptes et autres cohortes et quota de Mouawazines ciblés dans le cadre de l’aiguillon de la précarité sociale dans le pays du pétrole et du gaz.

Qu’il soit vécu en milieu rural ,en campagne profonde, et autres espaces à l’intérieur du périmètre urbain Bel-Abbésien ,au sein de ses multiples Houmas et quartiers autochtones de « village Errih » , « Abbou »,   « Sidi Yacine »  ou l’ex Gambetta aujourd’hui Larbi ben M’Hidi, le mois sacré de Ramadhan de part son ambiance ,ses rythmes, ses exigences de toute une époque aujourd’hui  révolue , n’est plus le même du moins coté forme, au delà de l’aspect religieux entendons-nous bien et ce, au sens des nouveaux espaces publics ,résultante de la libération du foncier et de tous les tacherons et autres grands maçons agréés qui ont bénéficié des terres arables ,des vergers et ce, lorsque les appellations accompagnatrices de ce désastre urbain ,une périphérie-danger qui s’appelaient  SNMC,EDIMCO ,SNS étaient sur les langues .Ces sigles acteurs et instruments de la dite politique  offraient ainsi des dizaines de  cités dortoirs et des milliers  de cages d’escalier sous couvert de l’immédiateté rendant tout hideux et mélancolique à la fois. Ils sont nombreux relève-t-on  les citoyens d’un certains âge qui demeurent légitimement nostalgiques quand  il faisait bon vivre dans l’ex Palissy, Prudon, Mercier Lacombe, Descartes , aujourd’hui  Sidi Khaled, Sidi Brahim, Sfisef, Benbadis pour ne les citer qu’à titre indicatif, Ramadhan était et demeure un événement fort attendu, c’est une des rares constantes en tentant selon les éléments en notre possession de se livrer à une modeste comparaison. Aout 2011 ,l’on  est  déjà plongé dans les doubles et couteuses journées de ce mois sacré qui comme on le dit généralement recule de douze jours annuellement, en évoquant double, on pense à la rentrée sociale ,synonyme de la rentrée scolaire et universitaire, avec elle, ses incontournables  lots  d’exigences  matérielles à satisfaire à la progéniture et à toute la marmaille scolarisée du « tahdhiri » au lycée et même au-delà . c’était le temps du MEDFAA (coups de canons pendant la colonisation) et de la MAIDA autour de laquelle se regroupait la famille. Bien des choses ont changé. Dans les faits, de nos jours presque tout le monde est pris dans un courant de vie fascinant et fou à la fois et qui selon les traditions communément vécues ne s’arrête qu’avec l’arrivée au final de l’Aid El Fitr lui aussi, au-delà de ses joies  et de l’aspect religieux qui entoure cette fête est difficilement vécu dans le sens matériel. Ramadhan 2011 a bien bousculé l’ordre des choses, à commencer par les fêtes familiales, principalement les mariages où l’agenda s’est rétréci comme une peau de chagrin avec deux semaines  en  moins  du  mois d’aout, le décor de l’exiguïté  du calendrier suscité est bel et bien planté. Il n’y a pas eu que cela ,la période des vacances ,voire les différentes destinations ont vu la durée retenue  se rétrécir  cet été et encore plus si dieu veut en 2012.A ces aléas se sont ajoutés ces fortes canicules qui ont caractérisé principalement le mois de Juillet passé et ces récentes journées d’aout 2011. L’inflation imposée par nos « frères commerçants » qui trouvent des justificatifs et des arguments massues en livrant leurs différents produits, fruits et légumes, Ils ne sont les seuls  dans cette saignée des humains que nous sommes ,les bouchers avaient emboité le pas dans toutes ces outrances de tout calibre et de tout autour ordre naturellement incompatibles avec les valeurs et les préceptes de Ramadhan ,théoriquement marqué par la sérénité la piété et bien sur l’exigeant évitement de toute exubérance aussi bien des actes malheureusement ostentatoires que des paroles saugrenues dont le mensonge brandi tel qu’un code de commerce et qui d’après nos exégètes altère considérablement la portée du jeune, du moins ceux qui font fi de la sobriété et la pondérations nécessaires et incontournables dans la sphère spirituelle privée des gens dont certains tentent à tout prix de remémorer  positivement les anciennes valeurs et comportements des lointains Ramadhans quand les jeunes enfants que nous étions se portaient au bon endroit pour guetter soit la naissance du croissant lors de « Leilat Echek » (nuit du doute ou l’incertitude, décisive  à l’affirmation  du début de Ramadhan) ou à entendre les coups de canon synonyme de rupture de jeune qu’on appelait  « MEDFAA ».

Dans les plateaux de l’unique Télévision d’antan ,l’ex RTA de post-indépendance aujourd’hui ENTV ,la déclaration officielle du « Majliss » qui supervise la « Rooya » (vue) du croissant dans les différents coins de notre beau pays était synonyme à l’aval donné aux fidèles pour le commencement du mois sacré, cela était régulièrement suivi de l’apparition du musicien feu Boualem Titiche qui avec sa Zorna apportait son  de gaieté ,de profonde sérénité et de pitié que devait caractérisé les 29 ou 30 jours de jeune ,d’ailleurs en chaque grande localité on voyait un Boualem Titiche et Sidi Bel-Abbes

Sont encore sur les langues des septuagénaires et autres autochtones de la ville d’ailleurs le même rituel ,Majliss et Zorna se répétaient la dernière nuit du Ramadhan voir le 29ème et 30ème jour pour annoncer cette fois ci l’Aid-El-Fitr .Ceux sont là de grands moments chargés d’images de nos quartiers populaires à village Errih au bord de l’oued Mekerra où la pêche et la nage étaient possibles dans l’ex Gambetta, sur le monticule de Sidi Yacine ,à village Abbou, à mon plaisir dans la mythique quartier commercant de Graba, dans l’arrière pays en wilaya profonde du coté de sidi Khaled ,Tilmouni ,Zérouala que l’on appelait « Deligny », Beaucoup furtives furent ces images d’antan et autres repères tel feu Antar , Moul Ouada, des cafés de baba,du Nil,du Sahel et bien sur du Bosphore sans omettre  la mosquée El Adham et la Medersa ,Toujours omniprésents dans la mémoire collective que l’on vous évoque à ce jour tels des motifs d’orgueil de fierté et qui défilent à l’instantané. On s’arrêt pour cette première partie, pour vous souhaiter BON SHOR

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Posté par le Août 9 2011. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

9 Commentaires pour “DU « MEDFAA » à la MAIDA d’antan…c’était le RAMADHAN KARIM….Khayi.”

  1. BENALI T RETAITE

    A LA LECTURE DE CE PAPIER RETRO J AI EU ENVIE DE PLEURER MA VILLE CHERIE SOUMISE AU CHAOS PROGRAMME

  2. chaib draa tani djamel cnasc

    ce n’est pas que toi qui a envie de pleurer mr benali c’est tout les belabbesiens qui suivent les rubriques des correspondants de ce fameux journal que je les remercis d’avance et pour le medfaa c’était dans dar el aaskri à la petite soumaa qu’on tirait du canon pour la rupture du jeun et je suis fier de mon quartier graba avec son histoire

  3. kerroucha

    une belle page ecrite par un maitre si kadiri fou de sa ville de son passe des grands hommes et femmes qui l’ont honore et bien represente vous en avez parle et en ce mois que dieu preserve toutes les bonnes volontes.

  4. mestari a retraitee

    de grand moments de convivialite de bon voisinage d’amitie on avait pas le confort d’aujourdhui mais on etait tres heureux dans notre simplicite cette boulimie on ne la connaissait pas je salue votre journal au passage et essayez de le mettre en arabe pour nos enfants

  5. bouchentouf

    un beau texte par un grand belabbesien je ne peux le cacher .mohamed modeste et discret a ce merite de nous faire revivre notre enfance la sienne aussi et il le dit bien.
    saha ftourkoum a belabbes.

  6. haj dekar

    des comportements sociaux d’un passe revolu ou on etait bien arabes et musulmans malgre la guerre on etait unis amis

  7. rahmani r madin m sba

    je releve ici de nombreux signes disparus dans notre societe de consommtion.en evoquant la nostalgie cet auteur distille des messges

  8. dekkiche paris

    ou vous nous avez remmene kadiri le ramadan d’antan laourika la gueguerre vdes houmas on se connaissait que trop bien.un article du terroir belabbesien le journal doit imperativement avoir lesoutien des universitaires en general ceux du bled c une lachete s-ils ne s impliquent pas a votre travail.ce n’est pas evident de realiser tout cela

  9. harrach miramas france

    un belle couture le ramadhan dans ses vieux nostalgiques etats avant la boulimie gargantuesque

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