La Voix De Sidi Bel Abbes

Deux icônes exceptionnelles « Abdelkader Alloula et Che Guevarra » avaient-ils bu l’eau de Ain el Berd ?

De Douar H

Dr Douar

Deux icônes exceptionnelles, chacune avait son temps, son espace et sa façon d’agir mais un point commun les rassemblait, c’est le combat qu’elles avaient mené durant toutes leurs existences jusqu’à leur fin tragique: Défendre les nobles causes, la dignité et la liberté. Chacune avait son outil propre du combat, l’une croyait à la révolution et l’autre formulait le verbe pour transmettre son opinion.
Selon le témoignage de Mr Makri Mustapha (fils de Oued Imbert), ces deux personnalités éminentes avaient buvoté, un jour, l’eau de la source de Ain El Berd ex Oued Imbert, mais sans trinquer leurs verres.
Témoignage : 1
Quand Mr Alloula père fut muté à Ain El Berd ex Oued Imbert, en 1948, en sa qualité d’auxiliaire interprète de la gendarmerie; ses deux enfants Abdelkader et Abelmalek étaient déjà nés à Ghazaouet ex Nemours. Pendant son séjour dans ce petit village qui se situe à 24 km de Sidi Bel Abbes, la famille Alloula a occupé une maison en location appartenant à un colon nommé : Oggard. Elle est située au centre du village devant l’école de garçons; faisant coin entre la rue de la mosquée et la rue des oliviers. Madame Alloula Zoubida avait un désir obsessionnel d’avoir une fille, elle avait consulté beaucoup de médecins et imploré tous les marabouts vénérés. Finalement à Oued Imbert son vœu fut exaucé en accouchant d’une fille qu’elle a appelé Dalila.
Dans l’école primaire Abdelkader me dépassait de trois classes, il était grand et fort et en toutes occasions, il savait, avec sa forte corpulence, comment se défendre et aussi défendre ses amis de l’école. Un jour, un fils d’espagnol plus âgé que nous, montra une attitude insolente envers Abdelkader et… il lui a lancé le défi de se battre après la classe sur la place publique. Tous les mômes étaient présents au rendez vous. Nous nous étions mis en cercle, d’un coté les arabes et de l’autre les fils de pieds noirs. J’ai eu l’honneur, ce jour là, de tenir le cartable d’Abdelkader. La lutte a duré un bon quart d’heure et notre héros a eu le dessus provoquant, évidement, notre joie et notre fierté.
Abdelkader avait comme ami proche un certain Jelloul Bouzekoura, ils étaient les seuls arabes à posséder des vélos, Abdelkader me prêtait le sien de temps à autre…
En 1956, avec les événements locaux de la guerre de libération, la famille Alloula déménagea vers Oran… et une nouvelle vie commença pour le jeune Abdelkader.
En fin, ce cercle de gamins sur la place publique de mon village, n’était pas, pour Alloula, un signe prémonitoire de la « Halqa» qui a été toujours présente dans ses œuvres théâtrales et qui à travers lesquelles a exprimé le sentiment des humbles et a défendu les nobles causes durant toute sa vie?

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Témoignage : 2
A l’aube de mars 1963, eurent été édictés les décrets relatifs aux modes de fonctionnement de l’autogestion agricole. Désormais, Terres / Fermes laissées par les colons et dites « Domaines biens vacants » seront gérées et exploitées par des Algériens. Dans ce temps là, à la petite bourgade d’Ain el Berd ex Oued Imbert, exerçait un médecin de nationalité cubaine, il occupait avec sa petite famille la résidence du colon Avarguez. En été 1963, ce médecin avait reçu, pendant une courte durée, un invité. Un bel homme portant une barbe noire bien soignée, lui aussi médecin. Nous étions étonné par le comportement de cet étranger, très curieux, il visitait tous les lieux du village, il s’est même rendu au tombeau de Sidi Maâchou. Avec un esprit ouvert, il n’hésitait pas à discuter avec toutes les personnes rencontrées sur son chemin. A quelques encablures du village, un groupe d’ouvriers agricoles menaient la campagne de moisson à l’aide d’une machine toute neuve laissée par un colon de la région : une John Deere type coteau, c’était le top des moissonneuses de l’époque. Notre hôte cubain ébahi par ce matériel moderne, s’approcha des ouvriers et sans hésitation, il se mêla au travail en aidant un fellah à charger quelques sacs de blé sur la remorque puis autour d’un café ,il entama avec l’ensemble du groupe, une discussion sur l’agriculture et sur le système de l’autogestion en leurs demandant de prendre bien soin et de protéger ce riche patrimoine agricole laissé par les colons et qui constitue un Butin de guerre.
Ce médecin barbu qui avait passé trois jours chez nous à Ain el Berd. C’était bien Ernesto Che Guevarra !

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Posté par le Juin 6 2015. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

4 Commentaires pour “Deux icônes exceptionnelles « Abdelkader Alloula et Che Guevarra » avaient-ils bu l’eau de Ain el Berd ?”

  1. OUERRAD

    POIGNANTS , ces deux temoignages merci doc .
    J ai eu affaire , a ce medecin c est lui qui decelat la tumeur qui a emportee mon feu pere rabi yarhmou .C etait la coqueluche du village , il m a ete conseille par un ami de la famille qui est passe lui aussi par AIN EL BERD , dans un autre domaine les PTT .Lui aussi disparu RABI YARHMOU .

  2. boiterfax

    Merci Dr Douar pour cette petite tourné a oued inbert, un village mythique.
    Allouka tenait la plume sans doute de la lignée de sa mére, une ligné de ecole
    Coranique dite  »chri3a » ou on enseignait le droit musulman si vous preferez la chari3a
    Qui n’est synonyme malheureusement pour certain que coupur des mains et flagellations des Couple sortant des boites de nuits..le droit musulman est tres vaste dans ces chri3a on étudiait le droit comparé c’est a dire dissequer la bible l’evengile pour comprendre
    Le droit musulman, car beaucoup de lois islamique sont copiés de la bible. Certain n’aimaient pas ces israiliate mais l’etude de droit dans les chri3a etait un passage obligé. Alloula n’est pas seulement un ecrivain pour le theatre mais il était dans une lignée de savant typiquement algerien, tout le perimetre mascara mostaganem tiaret etaient connu par leurs grands savoir.
    Alloula kader n’est pas issus du neant….s’i l n’yavait pas eu un foiseneme’t de débats scienfique entre les arabe les chretien et juif en algerie  »ibnou khaldoune ne serait jamais ibnou khaldoune…et la mokadima ne serait jamais composé

    Sinon pour le ché les cubains eux meme int un teint cuivré de nos sudiste de n3ama el beyed
    Sans doute imigré vers l’espagne ensuite vers cuba..ils ont le sang de l’oposition et fierté arabe dans le sang c’est pourquoi ils envoient baladé l’amerique et leurs hamburger..ils se sentent chez nous comme chez eux..
    Merci

  3. Menouar

    docteur c’est bien nouveau je ne savais pas cela

  4. Amirouche

    Moi aussi j’ai bu de l’eau de Aid el berd , mais rien se sait passé mon ami Douar !!
    La prochaine fois, j’en boirai « hata nend3eze  » chez les Senouci ……
    Mes amitiés
    Sallam

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