La Voix De Sidi Bel Abbes

Détendez- vous mes amis(es): BA ALI ET LES TROIS VOLEURS. Par Dr Douar

Un paysan, nommé Ba Ali, menait au Souk une chèvre; il était monté sur son âne et la chèvre, ayant une clochette au col, le suivait. Il avait l’intention de les vendre.
Trois voleurs virent passer cette petite caravane et ne tardèrent pas à la convoiter.
— Je gage, dit le premier, que je ravirai la chèvre de cet homme, sans qu’il ne s’avise jamais de me la redemander.
— Et moi, dit le second, je lui enlèverai l’âne sur lequel il est monté.
— Voilà qui est bien difficile, dit le dernier : moi je veux lui ôter tous ses habits, et qu’il en soit bien aise.
Le premier voleur, suivant le paysan à pas comptés, délie adroitement la clochette du col de la chèvre, l’attache à la queue de l’âne, et se retire avec sa proie. Ba Ali, monté sur son âne, et qui entendait toujours le son de la clochette, croyait fermement être suivi par sa chèvre. Au bout de quelque temps, il tourne la tête et est bien étonné de ne plus trouver sa chèvre. Il en demande des nouvelles à tous les passants; le second filou s’avance et lui dit :
— Je viens d’apercevoir, du coin de cette ruelle, un homme qui fuyait entraînant une chèvre.
Le paysan descend avec précipitation de son âne et prie le filou de vouloir bien le lui garder, et se met à courir de toutes ses forces après le prétendu voleur: après avoir parcouru bien du terrain, il revient accablé de fatigue, et, pour comble de malheur, il ne trouve ni son âne, ni son gardien.
Les deux voleurs gagnaient au pied, chacun très content de leur proie.
Le troisième voleur attendit au bord d’un puits par où son homme devait nécessairement passer. Il pousse des cris douloureux, et se plaint si amèrement que Ba Ali est tenté d’accoster quelqu’un qui lui paraissait être bien affligé.
— Qu’avez-vous à vous désespérer, » lui dit le paysan : vous n’êtes sûrement pas si malheureux que moi? J’ai perdu deux animaux, mon âne et ma chèvre, que j’allais les vendre, dont le prix m’aurait rendu riche.
— Voilà une belle perte, reprit le filou ; avez-vous, comme moi, laissé tomber dans ce puits une cassette pleine d’or que j’étais chargé de porter à mon maître ? Peut-être serai-je jugé puis pendu, comme ravisseur.
— Que n’allez-vous au fond du puits, dit Ba Ali, chercher cette riche proie, il n’est pas profond!
— Hélas! Je ne suis pas adroit, repartit le filou; j’aime mieux courir le risque d’être pendu que de me noyer infailliblement; mais si quelqu’un voulait me rendre ce service, je lui donnerais volontiers dix pièces d’or.
Le pauvre dupe remercia Allah qui lui présentait une occasion si favorable de réparer la perte de son âne et de sa chèvre.
— Promettez-moi dix pièces d’or, et je vous rapporterai votre cassette.
Aussitôt dit, aussitôt fait; il ôte ses habits et descend dans le puits avec tant de légèreté, que le filou vit bien qu’il n’avait que le temps d’enlever sa proie.
Le pauvre Ba Ali, arrivé au fond du puits, n’y trouva point de cassette; et, quand il fut remonté, il ne put plus douter de son malheur; les habits, l’âne et la chèvre avaient pris des chemins différents, et leur malheureux maître regagna avec bien de la peine un endroit où l’on voulût couvrir sa nudité!

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Posté par le Juin 15 2015. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

5 Commentaires pour “Détendez- vous mes amis(es): BA ALI ET LES TROIS VOLEURS. Par Dr Douar”

  1. OUERRAD

    Incorrigible , docteur DOUAR !
    Histoire veridique au marche à bestiaux de Sidi bel abbes ;en 1966 ecumait un vilain escroc qui prenait pour cible les vieux paysans descendus du bled pour y vendre leur cheptel .Ce jour là il cibla un vieux originaire de TELAGH. L ayant vu encaisse son du apres avoir vendu une vache et quelmques moutons . IL l aborda en lui tenant les propos suivant tout en pleurs .Mon pere est decede depuis peu et je devais lui acheter une veste , chose que je n ai pu faire il etait parti avant .Je me suis jurer d acheter une veste à un vieux qui lui ressemble or justement vous lui ressemblez .Mais mon fils allez voir quelqu un d autre moi je peux me la permettre . Non , mon perte vous lui ressemblez et c est cela qui me pousse vers vous .Le vieux voyant le jeune pleurer à chaudes larmes le suivit jusqu à el GRABA .Là ils entrerent tous deux dans un magasin , et le jeune choisit la soi disant veste desiree par son defunt pere . Pour , voir si elle lui allait , il lui dit de retirer la sienne la lui donner et aller l essayer dans la cabine d essayage .Mais quelle ne fut la surpris du vieux paysan quand il sortit de la cabine …..PLUS DE JEUNE .PLUS DE VESTE PLUS D ARGENT .

    • @M.OURRED , également à M.BENYAHIA LAKHAL et dans le même contexte : la relaxation par des histoires de filouterie et de ruse … Un paysan voulait vendre son cheval au souk, il a loué une camionnette pour le transporter. Au cours de route, le chauffeur faisait monter en arrière avec le cheval un autostoppeur (X), le paysan est assis à coté du chauffeur. À quelques encablures il prenait un deuxième (Y). Ce dernier (Y) croyant que l’animal appartenait à son compagnon (X), il voulait faire une affaire, l’acheter sur place ensuite le revendre une fois arrivé au souk. Le premier autostoppeur (X), en employant sa filouterie, demanda un prix attirant sa proie qui avait vite digéré la carotte. Le filou prit la somme et fit aussitôt signe au chauffeur pour lui déposer avant d’arriver au marché. Imaginer la suite !!! Un cheval avec deux propriétaires, le vrai qui voulait le faire descendre de la camionnette et le dupé qui n’a pas pu admettre la ruse qu’on lui a fait. Heureusement qu’il y avait un témoin, le transporteur…. Hadda eli chra el hout fel bhar.

  2. zlaoui

    A prague dans les année fin 80 y’avait rien comme en algerie des année des punirie
    Chez nous y’avait que du sucre au souk el fallah et chez eux y’avait que la bierre.
    Au labo de l’hopotal lorsque les techniciens faisaient les analyse en bas leur FLN unique faisait reunion et ensuite trinque a la vodka..trouvait une boiteille de vodka comme chez nous trouver une télé CT3 sonelec..apres la chute de mur de berlin je ne sais pas ce qui se passe dans ce bled..y’avait que des disque 33 tours a acheter de la musique classique, dans les salles de cinéma y’avait que de films de la 2iemme guerre mondiale..on m’a rien piqué
    Meme au change des devises il payent au centime prés. Ils n’avaient rien mais ils étaient genreux et

  3. Imène

    Pauvre BA ALI !
    Décidement le monde est plein de polissons , la crapulerie des hommes n’est plus à démontrer : On ne se méfie jamais assez !  » Il n’ya d’autre enfer pour l’homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables .. » le marquis de Sade . trés juste ..une belle réverence Mr. le marquis !!
    Merci Dr. Douar !

  4. Amirouche

    Tellement que Monsieur BA Ali était dupe que son unique fils Sahnoune est devenu comme lui .Le jour où BA Ali est mort ,quelques personnes sont venues  » beche yaazouhe » et un voisin galeh :  » ya dra beche mète ton père BA Ali ?! » ,  » mon père mète bel survette el zerga  » a répondu Sahnoune !

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