La Voix De Sidi Bel Abbes

Des pratiques rituelles ancestrales font encore les remèdes favoris dans le quotidien …par Docteur H.B Douar

Nos ancêtres , comme tous les êtres humains , s’opposaient à toutes les conditions qui troublaient leur confort social, corporel et mental, ils combattaient la souffrance et la maladie en procédant à tous les moyens thérapeutiques préjugés nécessaires d’apporter leur bien-être, ils croyaient à fond à la magie et pratiquaient de multiples gestes rituels contre différentes affections. Certains rites ont disparu spontanément, d’autres existent jusqu’à nos jours et font les remèdes favoris ou ultimes pour certains désespérés malgré les progrès qu’a connu la médecine.
On citera quelques maladies avec leur terminologie ancestrale et leur thérapie qu’on supposait jadis efficaces :
– L’orgelet, comme le chalazion, est une affection qui atteint les paupières, c’est un furoncle ou bouton d’un cil, généralement d’origine bactérienne, temporaire et bénigne, l’orgelet s’appelle en arabe Cha’ira — الشعيرة qui signifie poil ou cil. Nos ancêtres guérissaient l’orgelet par un rite magique, oublié définitivement de nos jours, il consistait à prendre 7 grains d’orge et les enfermer dans un petit tas de pierres élevées au milieu d’un chemin très fréquenté, le premier passant s’il renverse le tas serait atteint d’un orgelet et l’auteur du tas de pierres guéri. La guérison a renforcé chez eux la croyance de ce rite. Plus tard, les grains d’orge furent remplacés par une pièce de monnaie.
– L’épilepsie cette maladie neurologique a été considérée pendant longtemps comme d’origine démoniaque en croyant que l’épileptique est terrassé par un démon, d’où son appellation en arabe Açar3 — الصرع (terrasser) le remède magique consistait à des encensements du milieu en brulant les pierres du Jaoui ou les grains du Harmel, à mettre une clé dans la main du malade…
– Autre maladie neurologique qui est les convulsions chez l’enfant, appelée Oum es Cibyane — أم الصبيان (la mère des enfants) ou encore Oukht Es Seghar— أخت الصغار (la sœur de petits), cette appellation traduisait la croyance à un être démoniaque (une femme) qui faisait du mal aux enfants. Le traitement indiqué consistait à l’application des onctions de goudron (de l’arabe qaṭrān — قَطْران) sur la tète de l’enfant.
– Elil — الليل ( la nuit ) ce n’est qu’un ensemble de symptômes lié à la poussée dentaire chez le nourrisson, à savoir : une fièvre, des vomissements, un écoulement nasal, une diarrhée et trouble de l’humeur …s’accentuent pendant la nuit d’où son nom. Nos aïeux les guérissaient par une scarification faite au front de l’enfant laissant une cicatrice indélébile, aujourd’hui nombreux sont des adultes qui possèdent une cicatrice frontale et préfèrent eux aussi recourir à la scarification comme remède pour leurs enfants.
– Le cauchemar ou l’agitation nocturne ,encore chez l’enfant ,sont traités par une plante aromatique la Rue des jardins, appelée en arabe El Fayjel — الفيجل dont la maman posait ses feuilles avec un peu de sel sous l’oreiller de son bébé en croyant que le parfum particulier de « la Rue » chasse le démon. Cette pratique n’est pas abandonnée à nos jours.
La liste est longue, d’autre affections organiques très fréquentes dans notre société : la sciatique, la jaunisse ou l’hépatite A, les oreillons, les angines… contre lesquelles, certains malades utilisent aveuglement des pratiques et des rites sans recourir aux thérapies médicales.

Douar.

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Posté par le Oct 18 2013. inséré dans ACTUALITE, SANTé, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

9 Commentaires pour “Des pratiques rituelles ancestrales font encore les remèdes favoris dans le quotidien …par Docteur H.B Douar”

  1. fethi

    je lis un article bien différent qui nous parle de choses pratiquées et qui réussissaient parles mains généreuses de nos mères poules quand on tombait malades Certes les temps ont évolué mais ces expériences demeurent relayées

  2. hamid

    Les vieilles pratiques subsistent de générations a générations

  3. Danielle B

    bonjour à tous
    Dieu sait que nous avons tous les médicaments qu’il nous faut ici en france et pourtant bien souvent je continue à soigner certains PETITS bobos avec les vieux remèdes de nos grands-mères et arrière-grands-mères qui sont sans danger, efficaces et pas chers, il suffit tout simplement d’aller dans les herboristeries qui regorgent de trésors naturels, lieux que j’aime retrouver et qui me rappelle mon enfance
    bonne journée

  4. hamid

    Merci madame Danielle B vous me confortez dans mes pratiques héritées merci

  5. Mohammed.Ghalouni ,

    Bonjoir mon ami Douar , le roi incontesté des sujets de société et nostalgique.
    Effectivement ce que vous nous proposez est un état de fait vécu dans de nombreux foyers et que nul n’ignore du fait que ces pratiques thérapeutiques ancestrales font partie de nos traditions séculaires et sans vouloir nier ,elles ont porté ses fruits en donnant des résultats positifs . Nos vieilles mères et grand’mères crédules et convaincues ne pouvaient s’assurer que par ces thérapies rituelles héritées de nos aïeux , avec leurs expériences garanties , aucune maladie ne les inquiétait , tout mal a son remède en l’absence de la médecine moderne qui ne s’accommode guère avec certaines de ces pratiques . Le ‘ Taleb ‘ du coin faisait office de médecin avec diagnostic performant dont il suffit seulement de lui prononcer le mal….un bébé qui n’arrête pas de pleurer toute la nuit sera calmé , le soir même , après avoir consulté ce Taleb… !! Autrefois, on entendait dire que telle personne est guérie d’une maladie , plus ou moins compliquées , suite à la visite d’un marabout auquel il faut égorgé une offrande sur les lieux même (poule , coq , agneau…) cette application a pratiquement disparue vu que la religion est claire dans ce contexte . Autant d’anecdotes et de croyances dans ce système de médecine ont fait le quotidien de nos prédécesseurs !!

    Mes amitiés , Si Douar !!

  6. Belamri abdelkader

    Qui n’est pas passé, dans sa petite vie, par le chemin le plus court en matière thérapeutique de la » médecine » traditionnelle qui faisait office de guérison des indigènes que nous étions, en faisant appel au taleb du coin, qui trouvait là, matière à s’enrichir sur l’incrédulité des gens fragiles à tout point de vue. Si l’enfant fiévreux se réveille le lendemain par le seul fait de ses anticorps, on attribue cette guérison miracle au charlatan d’à coté qu’on se précipite de lui faire une publicité extraordinaire ; et gars à celui qui oserait remettre en question son pouvoir autoproclamé. Même les maux de dents les plus atroces trouvaient remède aux yeux de taleb qui ne lâchait rien pour arnaquer les pauvres malheureux en leur transcrivant quelques mots du coran sur la joue et en leur murmurant des mots incompréhensibles à l’oreille pour les rassurer. L’appétit vient en mangeant,il élargit son champ d’action à tous les maux de la société pour devenir un généraliste patenté.Les sujets sociétaux ,souvent soulevés , par notre ami Douar sont significatifs d’intérêt et parfois pédagogiques ,du fait que ces pratiques continuent d’alimenter les chroniques des journaux de nos jours,malgré l‘ouverture sur les sociétés modernes à travers les différents medias accessibles à toute les franges de la société

  7. reffas mohamed

    nous somme la devant un sujet patiOnnant par le faite que ces pratiques ont fait l’objet d’une résistance de l’algérien contre les tentative *s de rapprochement du colonialisme en utilisant la médecine .
    c ce que détaille YVONNE Turin dans son recueil AFFRONTEMENTS CULTURELLE

  8. medjahed ouamara

    l’histoire nous apprend que lorseque nos ancetres developpait la science et le savoire en andalousie et a bagdad et a isphahan , croyez moi chers amis que ces pratiques de charlatantisme allaient etre banni de la societe musulmane. mais le sort a fait que cette civilisation a subi la sunna de l’alternance( la moudawala des jours) et avec l’apparition des invasions et du colonialisme(l’istidmar) le retour de l’ignorance a encouragè la reapparition de ces pratiques.

  9. fethi

    Honnetement Mr medjahed vousj’ai bien aimé votre réaction bien circonscrite

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