La Voix De Sidi Bel Abbes

« Décembre 1960 »,par Tayeb Oulhissane

DÉCEMBRE 1960

      Décembre au cœur de nos hivers,

Un rêve appelant au défi,

Par-delà des terres et des mers,

Mourir pour sa patrie est vie…

Unis dans la grande avenue

Le torse en avant, les pieds nus,

Bruns de teint, le charme cruel,

Côté face et le cœur rebelle,

Les yeux noirs, et noirs comme jais

Les cheveux ras, coupés sans raie,

Drapeau hissé, ils entonnaient,

Ces « mutins », le chant des aînés…

La patrie bat, et forts de coeur,

D’un pas sûr avancent sans peur,

Ils sont-là, au combat acquis,

Comblés de foi et d’espérance,

Novembre, du haut des maquis,

Étalait son ombre en silence,

Grondait dans les flots de leurs veines,

Prêtant le serment de briser

Les chimères, les lourdes chaînes,

De leur sang vermeil en puiser…

Quand la nuit jettera son voile,

Les enfants qui jouaient dehors

Verront dans le ciel une étoile

Leur ramenant un nouveau sort,

Parée de son croissant, descendre,

Luire et renaître de ses cendres…

Oulhissane Tayeb ~ Sidi Bel Abbes-                    pedatayeb22@gmail.com

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=75234

Posté par le Déc 9 2018. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE, CULTURE, EVOCATION, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

9 Commentaires pour “« Décembre 1960 »,par Tayeb Oulhissane”

  1. Mme CH

    Merci M. Tayeb pour ce beau et émouvant poème,…… c’est comme si j’ y était (à ces manifestations du 11 décembre 1960) alors que je n’étais pas encore née…!

    C’est une date qu’il n’est pas permis d’oublier car le peuple Algérien unis a mis à nu la thèse de « l’Algérie française ». Ce jour là, le peuple a dit son mot en brandissant l’emblème national « Vive le GPRA », « Vive le FLN », « Algérie Musulmane Indépendante », non à la soumission et à l’assimilation. Ces manifestations ont donné un second souffle à la révolution algérienne, et elles ont représenté un grand virage à l’intérieur et à l’extérieur.

    Il faut noter que le soulèvement du 11 décembre a commencé réellement par les manifestations du 09 décembre 1960 à Ain-Témouchent, lors de la visite de Di Goulle à cette ville.

    Ces manifestations qui durèrent plus d’une semaine, s’étendirent également à plusieurs villes algériennes, entre autres, Oran , Sidi Bel Abbès, Chlef, Blida, Béjaïa, Constantine, Annaba et autres au cours desquelles le peuple portait les mêmes slogans

    Il faut rappeler que le le Président du gouvernement provisoire,Ferhat Abbès, prononça le 16.12.1960, un discours dans lequel il loua le courage du peuple algérien et son attachement à l’indépendance et dénonça publiquement les crimes et la barbarie du colonialisme.

    « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »

    Les enfants qui jouaient dehors
    Verront dans le ciel une étoile
    Leur ramenant un nouveau sort,
    Parée de son croissant, descendre,
    Luire et renaître de ses cendres…

    Qui des jeunes sait aujourd’hui ce que signifie la date du 11 décembre 1960…? Il est temps que la ministresse (entre autres) laisse sa place à des personnes qui aiment plus leur pays, son histoire, sa culture et sa religion…un long séjour là bas chez-nous entourée de ses amies entre autres Vallaud, Dati et compagnie lui fera un grand bien…!
    Vive l’Algérie Algérienne, et sans Harkis intellecutels SVP..!

  2. Tayeb Oulhissane

    Vous avez tout dit.
    Nos enfants doivent voir cette étoile parée du croissant.

  3. Hassan

    @ Dr. Douar

    Douar

    Dans mon souvenir il y a un douar
    que je conserve toujours par devoir,
    envers ceux qui sont morts au maquis.
    et ceux qui sont, pour toujours,partis.

    C’est un douar accroché à une colline
    qui surplombe la plaine qu’il domine.
    Ce sont de gourbis couverts de chaume,
    il est inutile que je vous le nomme.

    Le douar lieu de nos traditions ancestrales,
    appartient désormais au vent et au chacal.
    Il a subit dans le passé un bombardement colonial
    et on y entend encore des sons de tir en rafales.

    Le colonialisme a été effacé,
    son immonde image a été cassée
    et nous l’avons jeté dans un fossé.
    Il appartient définitivement au passé.

    Pendant la Révolution on nous a dit,
    vous devez tuer vos chiens avant lundi.
    Après l’indépendance chacun aura le sien,
    mais malheureusement jusqu’à présent rien.

    Dans notre Douar pas d’eau ni électricité,
    mais il y avait beaucoup de solidarité.
    A notre patrie nous n’avons rien demandé,
    nous voulions seulement vivre en paix.

    Puis certains ont quitté le douar,
    ils sont partis vers le sud ,vers Adrar.
    D’autres ont pris un grand bateau
    et ont traversé la grande mare d’eau.

    Ils sont arrivés dans un pays froid,
    ou’ l’individualisme est roi.
    Cela a été dur de trouver un toit :
    Ils sentirent qu’ils n’étaient plus chez-soit.

    Ils reviendront sûrement un jour :
    Pour leur pays ils ont un grand amour.
    Ils reconstruiront pierre par pierre leur douar,
    oui ils ont toujours gardé un espoir.

    Mais le temps a fui comme un voleur
    et ils y vécurent leurs vies entières.
    Ils vieillirent loin, loin de chez-eux
    et chacun doucement vit comme il peut.

    Cependant le douar a de nouveau fleuri
    et ses fellahs y habitent, mangent et rient.
    Les ennemis de notre peuple ont péri
    et notre pays est sorti de l’épreuve aguerri.

    Les enfants avec le temps ont grandi,
    ils n’ont pas connu ce temps maudits.
    Malheureusement ils ne savent pas l’histoire
    des fellahs qui vivaient dans les douars.

    Certains sont devenus des militaires,
    qui gardent nuit et jour nos frontières.
    Ils assurent notre quiétude et sécurité,
    ils sont issus de toutes les localités.

    D’autres sont devenus des chercheurs
    qui ont pour toujours la patrie dans le c?ur.
    Ils construisent des chars et des drones,
    pour être prêts quand l’heure sonne.

    Ils ont envoyé pas plus tard qu’hier
    des satellites qui auscultent la Terre.
    Ils apprennent à maîtriser le nucléaire
    oui ils défendront le pays avec l’éclair.

    Toi qui lit ce modeste poème,
    fait une prière et verse une larme
    pour ceux qui sont morts au maquis
    et ont tout abandonné pour la patrie.

    • Mme CH

      Merci frère Hassan pour ce très beau poème, très émouvant , qui est aussi un hommage à tous les Algériens qui bossent dans l’ombre et qui malgré tout n’ont pas quitté leur pays alors qu’ils en avaient l’occasion!

    • Mme CH

      Merci frère Hassan pour ce beau poème, c’est aussi un hommage pour les Algériens qui ont fait le choix de rester dans leur pays malgré toutes les insuffisances.
      Gloire à nos martyrs qui se sont sacrifiés pour que vive l’Algérie libre et souveraine, (même si certains n’ont pas respecté leur sens du devoir et du sacrifice).

      Un coucou à notre ami Dr Douar , ces billets nous manquent vraiment.

      Salammmmeeetttt

      • Imène

        Mme CH : Bonsoir khayti !
        Notre ami Dr. Douar a irréversiblement quitté le navire ! Le poème de Hassan lui est destiné mais il n’a pas souhaité réagir…inchaAllah ya rabbi y koun bekheir , et tout le bonheur pour lui . On pourra toujours lire ses billets , chargés d’émotion sur le SBA d’anton sur la Voix .
        Quant au Douars ( dwawirs DZ ) qui ont donné le meilleur pour le pays , des hommes des sacrifices ..ces douars là sont restés à l’abandon et manquent de tout – hélas –
        Azzulcalement .

  4. Hassan

    @ Nos aîné(e)s
    Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son cœur,
    Sans remords, sans regret, sans regarder l’heure.
    Aller de l’avant, arrêter d’avoir peur,
    Car à chaque âge se rattache un bonheur.
    Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son corps,
    Le garder sain en dedans, beau en dehors.
    Ne jamais abdiquer devant un effort.
    L’âge n’a rien à voir avec la mort.
    Vieillir en beauté, c’est donner un coup de pouce!
    À ceux qui se sentent perdus dans la brousse,
    Qui ne croient plus que la vie peut être douce
    Et qu’il y a toujours quelqu’un à la rescousse.
    Vieillir en beauté, c’est vieillir positivement.
    Ne pas pleurer sur ses souvenirs d’antan.
    Être fier d’avoir les cheveux blancs,
    Car pour être heureux, on a encore le temps.
    Vieillir en beauté, c’est vieillir avec amour,
    Savoir donner sans rien attendre en retour,
    Car où que l’on soit, à l’aube du jour,
    Il y a quelqu’un à qui dire bonjour.
    Vieillir en beauté, c’est vieillir avec espoir,
    Être content de soi en se couchant le soir.
    Et lorsque viendra le point de non-recevoir,
    Se dire qu’au fond, ce n’est qu’un au revoir!

    Ne regrette pas de vieillir.
    C’est un privilège refusé à beaucoup

    Auteur inconnu

  5. Imène

    Ma-gni-fique !
    L’appréhension ( la phobie même ) de la vieillesse est un sentiment humain des plus forts et des plus angoissants : La maladie , la solitude , la perte d’autonomie , le déclin …tout ces désagréments de l’âge qui nous font craindre de vivre trop longtemps …et pourtant ! la vieillesse est inéluctable -si Allah nous prête longévité-, mais cette étape de l’existence ne rime pas toujours avec sénilité et son lot d’incommodités, car au- delà des apparences , bien vieillir n’est pas du tout impossible : une bonne hygiène de vie saine et sans excès , la pratique régulière d’une activité physique permettent de prévenir bon nombre de maladies ..de même que la lecture , la mémorisation du saint coran , l’écriture , les jeux mentaux ( mots croisés , sudoku , scrabble ) préviennent l’altération des capacités cognitives des seniors ( ou des plus jeunes ) . Pour nos mères ou mamies qui ne savent ni lire , ni écrire , Il ya mieux que les jeux : Le Dhikr , le tasbih ( évocation d’Allah et son prophète qssl ) qui illuminent les cœurs et les visages ..
    Vieillir en beauté ? c’est vieillir avec son cœur , avec espoir , avec amour sans rien attendre en retour …Oui , la beauté intérieure , ça se cultive et c’est le meilleur antidote contre les aléas du temps qui passe et qui altère inexorablement la fraîcheur de nos belles années . « La beauté du cœur n’a nul besoin d’artifices pour durer éternellement « Citation .
    le poème est très émouvant , ça me parle incroyablement ! A travers mes parents ( à qui Allah a accordé une belle longévité ) la maladie de mam notamment ,- Allahoma arhamhoum ajma3ine – j’ai appris très tôt à respecter , puis à aimer profondément nos aînés ( qu’ils soient de la famille ou des inconnus (es ) il m’est insupportable de les voir malades , ou pire abandonnés ou maltraités ..
    Longue vie en beauté à tous les Vdsbéens .
    Merci bro Hassan pour le partage .

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