La Voix De Sidi Bel Abbes

Débat: Langue, le français, ce “butin de guerre” aujourd’hui rejeté par l’Algérie

Nos parents et nos grands-parents étudiaient, écrivaient, parlaient et excellaient même en français. Aujourd’hui, la maîtrise de cette langue est en déclin en Algérie. Les élèves de médecine, pour ne citer qu’eux, sont nombreux à échouer dans leurs études supérieures simplement parce qu’ils ne comprennent pas correctement le français. Cette langue est victime d’un amas de représentations négatives, lesquelles perturbent la réussite de toute une partie de notre jeunesse. Algérie-Focus a rencontré Ouardia Aci, chercheur spécialiste en socio-didactique et ex-chef du département de français à l’Université de Blida, pour comprendre les enjeux qui entourent la langue française en Algérie.

La langue française est-elle en recul en Algérie ?

Oui énormément. Dans le domaine universitaire, tous les enseignants que j’ai pu rencontrer font le même constat : il y a une régression de la maîtrise du français. Quand un étudiant algérien arrive à l’université, il est indispensable qu’il connaisse cette langue pour poursuivre ses études, tout particulièrement dans les filières scientifiques où l’enseignement se fait uniquement en français. Là où les étudiants sont le plus en difficulté, ce sont dans les filières technologiques. Les professeurs affirment tous que le principal problème auquel sont confrontés les étudiants est la langue française. En effet, un nombre croissant d’étudiants qui commencent leur cursus universitaire ne parlent presque pas le français et l’écrivent très mal. Si on se livre à l’exercice des statistiques, on peut estimer que sur une promotion d’élèves, environ 30% disposent des prérequis nécessaires en langue française. Tandis que pour les 70% restants, leur français s’apparente plus à du bricolage.

Cela signifie-t-il que ces 70% d’étudiants ne réussiront par leurs études ?

Pas nécessairement. Certains étudiants sont tout à fait conscients de leurs défaillances et font beaucoup d’efforts pour se remettre à niveau. Du coup, ils sont motivés et essaient d’apprendre cette langue qu’ils rejetaient tant avant. Mais c’est souvent un peu tard. A l’inverse, il y a des étudiants qui s’autocensurent. Ils ont peur de ne pas être au niveau en français et de ne pas réussir dans un cursus francophone. Ils se tournent alors directement vers des filières en arabe, comme le droit ou les sciences humaines.

Quels sont les moyens mis à la disposition de ces élèves pour rattraper leur retard en français une fois à l’université ?

Les universités disposent de Centres d’enseignement intensif de langues (CEIL). Cela permet aux élèves de suivre des formations intensives pour se remettre à niveau. Mais dans de nombreux cas, ce n’est pas suffisant. En plus, les étudiants y apprennent des expressions pour pouvoir parler dans des situations particulières, ils ne rentrent pas vraiment dans le système et la logique de la langue et après ils manquent parfois de spontanéité. C’est en tout cas plus difficile car les élèves doivent rattraper en peu de temps ce qu’ils auraient dû apprendre en 12 ans. Et puis, il est plus facile d’assimiler une langue lorsque l’on est encore un enfant. Une fois les 18 ou les 20 ans atteints, c’est beaucoup plus dur.

On a évoqué le cas des étudiants, mais qu’en est-il des professeurs d’université ?

Les professeurs que je côtoie à l’université s’en sortent généralement bien en français. Je n’ai pas observé de problèmes à l’écrit, bien que certains aient tout de même un peu de mal à l’oral. En revanche, du côté de l’Education nationale j’ai eu des échos assez négatifs. Pour que les enfants apprennent correctement le français le plus tôt possible, il faut que les enseignants maîtrisent eux-mêmes parfaitement cette langue.

Constatez-vous une pénurie d’enseignants et de journalistes francophones ?

Il y a, en effet, une pénurie de personnel francophone au sein de certaines professions. Cela me semble normal car nous n’évoluons pas dans une société naturellement francophone. Enfin, cela dépend des villes et des régions. Par rapport au centre du pays, Alger, par exemple, dispose d’un environnement partiellement francophone. La population est plus facilement bilingue voire trilingue.

Kateb Yacine considérait le français comme un «butin de guerre», l’avons-nous perdu ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que nous l’avons perdu. Le français n’a en fait jamais cessé d’être utilisé, notamment en arabe algérien. Beaucoup de gens utilisent quotidiennement des mots français sans même s’en rendre compte. Ce «butin de guerre» n’est ainsi pas complètement perdu mais il est rejeté.

Vous avez parlé à plusieurs reprises de rejet, d’où vient-il et comment se manifeste-t-il ?

Le français reste la langue du colonisateur. Il y a donc un rejet très ancré dans la société algérienne. Dans l’esprit de nombreuses personnes, le français c’est le mal. Une langue qui irait à l’encontre de la société arabo-musulmane et qui serait même la langue de Satan pour certains. Ce sont des représentations que les Algériens ont, et que des enseignants véhiculent dès le primaire. Une fois que les élèves sont éduqués avec ces représentations négatives, il est difficile pour eux de les surmonter. Dans certaines régions, de nombreuses personnes ne reconnaissent même pas l’utilité du français. Il n’est donc pas évident pour eux ou pour leurs enfants d’admettre que cette langue leur sera utile par la suite dans leurs études.

Là où on voit qu’il y a bien une notion de rejet c’est lorsque l’on compare avec l’anglais. Ce qui est étrange, ou du moins surprenant, c’est que les étudiants algériens n’ont pas le même problème avec l’anglais. Le regard porté sur cette langue est bien moins négatif que celui porté sur le français. Tout est donc question de représentation. Pour preuve, dans l’université où je travaille, à Blida, le département d’anglais est plus peuplé et plus convoité que le département de français. Et les étudiants y réussissent bien.

Quelle est la solution : enseigner en arabe plutôt qu’en français, utiliser l’arabe algérien, imposer des cours de qualité en français dès le plus jeune âge… ?

Je ne suis pas pour l’arabisation des filières francophones. Nous devons garder des filières en français, mais il faudrait peut-être simplifier l’utilisation de la langue lors de l’enseignement. Des enseignants réfléchissent actuellement à adapter les manuels universitaires avec un champ lexical précis pour chaque spécialité afin que ce soit plus facile à comprendre et à utiliser.

Je ne pense pas qu’il faille enseigner directement en arabe algérien, en revanche on devrait s’appuyer sur cet outil linguistique. On nous a longtemps dit qu’il fallait parler et enseigner uniquement en arabe classique ou en français. Or, toutes les deux sont des langues étrangères et dans l’apprentissage d’une langue étrangère, il est très important de pouvoir utiliser la langue maternelle des élèves.

parlez-vous-francais

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Posté par le Mai 6 2014. inséré dans ACTUALITE, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

20 Commentaires pour “Débat: Langue, le français, ce “butin de guerre” aujourd’hui rejeté par l’Algérie”

  1. fethi

    Messieurs khiat ; Senni a vos plumes!

    • Mohamed-Senni

      @ Fethi.
      Si je dois m’exprimer, je risque de provoquer un tsunami. D’ailleurs j’ai eu à le faire en quelques occasions. La première fut à la date de la généralisation de l’utilisation de la langue arabe, parue d’abord en partie à la Une du quotidien d’Oran, ayant pour titre :  » Halte au complot ». Cela se passait,si mes souvenirs sont bons, le 5 juillet 1998. Le pouvoir nous a empêchés de récupérer notre langue arabe et a tout déployé pour barrer la route au français pour lequel nous avions de bonnes prédispositions. En sixième année primaire (CM2), et plus exactement en 1959, la France nous enseignait des notions de grammaire que des professeurs universitaires en lettres arabes ignorent aujourd’hui. J’ai publié, le 28 août 2012 sur la VDSBA un article intitulé « L’Etiolement de la cause arabo-musulmane » où j’ai abordé cet aspect voulu de la déliquescence de l’arabe…Quand je pense qu’une des recommandations de notre Prophète (s) incitait les Musulmans à apprendre les autres langues faisant que le grec, le latin, l’araméen, le syriaque et l’hébreu pour ne citer que ces langues allaient dominer dans les grandes écoles de traduction des textes anciens faisant que les sciences allaient passer en langue arabe du Moyen-Orient au monde occidental.
      Faîtes une rétrospective du niveau en arabe de nos dirigeants de l’Indépendance à nos jours et vous aurez toute l’explication sur la situation actuelle du naufrage de l’Ecole algérienne.

  2. OUERRAD

    L Etat depuis l arabisation a saborde le savoir , l arabisation à l Egyptienne a ete un echec que l etat ne veut pas reconnaitre .On continue sur cette meme optique qui ne va nous mener nulle part , le plus grave les plus jeunes ne maitrisent ni le français ni l ARABE CLASSIQUE ?? Juste quelques mots tires des feuilletons et les quelques mots de français utilises dans notre PARLE de tous les jours .
    NI français ACADEMIQUE , ni ARABE CLASSIQUE à proprement parle .
    Le plus inquietant ces utilises dans le parle ALGERIEN sans en connaitre le sens ,tout est à revoir ,et pourtant c etait un GRAND CHANTIER de BOUMEDIENE ??

  3. KERROUCHA

    Le Francais a été victime des politiciens qui le parlent dans leur maison le font étudier a leur progéniture mais arabisent tout Au point ou venus a la fac les jeunes étudiants remarquent leur déficit car tout est en Francais

  4. gamra de sidi khaled

    Ceux qui parlent uniquement l’Arabe sont en campagne permanente la ou ils se trouvent contre l’utilisation du francais Les éducateurs qui ne sont pas bilingues ou trilingues sont les premiers a le faire ancrer aux petits enfants a l’école primaire C GRAVE

  5. nory

    le francais c’est pour les vieux qui le parlent les jeunes moins qu’eux Tenez les journaux en arabe lus par la jeunesse méme en sport les grands lisent buteur

  6. Claude.B

    Bonjour ,
    La question sur  » l’intérêt de la langue française » a été soulevée sur ce site par les partisans de l’inutilité pour les Algériens de la maîtriser ,au motif qu’il vaut mieux apprendre l’anglais !
    J’avais trouvé à l’époque cet argument un peu court et réducteur ,car il n’y a pas incompatibilité .
    Je me bornerais donc à préciser qu’il est regrettable de perdre un acquis quel qu’il soit ,on s’enrichit plus que l’on ne s’appauvrit en maîtrisant d’autres langues que sa langue maternelle .Et pourquoi y aurait il rivalité entre la langue nationale et une ou plusieurs langues étrangères ,ou plus grave ,rejet ,même si on l’associe à une période de l’histoire du pays .
    La construction et le développement d’un pays sont favorisés par la conservation de tout ce qui peut représenter un plus (butin de guerre ) ,tout ce qui donne une ouverture sur les autres ,plutôt que d’organiser le repli sur soit comme modèle de société .
    Et visiblement ,ce repli n’a pas été très constructif puisqu’on nous dit qu’en fin de compte à vouloir rejeter le français sans vraiment enseigner correctement la langue arabe ,on est arrivé à une situation d’échec vis à vis des 2 langues .
    Vous ne trouvez pas que c’est dommageable à toute une population ,et que deviennent les jeunes dans un tel projet éducatif ?
    Combien de générations sacrifiées sur l’autel de principes dépassés !!
    Cordialement .

  7. nory

    En effet madame ceux sont ces faux principes qui sont a l’origine de tout cela;il ya aussi l’hypocrisie des décideurs Pronant l’arabisation ils envoient leurs progéniture dans les grandes écoles francaises

  8. Mémoria

    Du butin de guerre….au cheval de Troie…!

    Au delà du débat sur la problématique de la récurrence de la langue française en Algérie un cinquantenaire après l’Indépendance,il y a lieu d’insister sur des variables que les institutionnels bien de chez nous passent sous silence et que beaucoup d’intellectuels algériens francophones taisent par connivence scolastique (Université F et/ou encadreurs) ou dépendance(Visas,maisons d’éditions) …aux panthéons de Paris !
    Et l’exemple le plus médiatisé qui semble choquer le citoyen lambda est la référence aux enfants de la nomenklatura d’Alger qui se font scolariser dans les institutions pédagogiques françaises de la capitale…et d’autres villes régionales…Ce que l’opinion publique algérienne semble ignorer à cause de la connivence de certains mass média francophones,ce sont les critères d’accès à ces écoles , lycées et instituts dirigés par une administration française et assimilée…qui cible en priorité les enfants de la nomenklatura et des décideurs publics et privés en investissant ainsi à moyen terme sur les castes qui devraient hériter de cette riche Algérie.D’autres appelleraient cela récupération et noyautage par la langue du dominant /dominé ! Les effets ne se sont pas fait attendre sur le processus démocratique en Algérie,et je dénonce personnellement la connivence des vecteurs actuels de la langue/culture française en Algérie dans le maintien d’une nomenklatura économique pourtant démasquée même par des clans à l’intérieur du système algérien actuel et que nous soutenons par éthique !
    Je ne suis pas un arabophone exclusif même si j’aime cette langue arabe d’Abou Nouas et Adonis comme j’aime la langue de Molière , Robespierre ,Saint Just et Jean Moulin comme peut l’aimer Monsieur Senni ! Mais j’adore cette langue du chant des Partisans qui est contre le féodalisme,la royauté et l’exploitation des hommes par l’homme…Je vénère cette langue de feu ‘Edouard Glissant des Antilles qui est contre la marginalisation des écrivains périphériques,contre la récurrence des panthéons à Paname et l’annulation du rapport à la langue dominant/dominé dans le Monde…. de l’Université de Louisiane à Papeete en passant par Madagascar et ….l’Institut d’Alger…Sahel!

    -Oui à la langue française en Algérie sans un rapport dominant/dominé dans ses supports…
    -Oui à la langue arabe en Algérie sans aucun ….schisme !

    PS: J’ai sacrifié cet article pour commenter ….sur l’autel de la priorité du débat dans cette rubrique et par respect aux lecteurs/contributeurs potentiels ! Par souci méthodologique aussi pour continuer un débat que la VDSBA a souvent géré….!
    Amicalement Vôtre !!!

    • Mémoria

      Précision:
      …….des panthéons à Paname et pour l’annulation du rapport à la langue dominant/dominé…..
      Mes excuses au lectorat !

      • Amirouche

        @Mémoria

        Bonjour
        Un point très important à mon avis ,ayant trait avec votre commentaire quand vous dites « cette langue du chant…………..contre la récurrence des panthéons à Paname….. ». , « corrigez-moi si je me trompe » , est celui des élus du quai de Conti .Je pense qu’il est très difficile d’ être élu à l’Académie française ,prendre un fauteuil et porter le célèbre habit vert parmi les quarante ,mais une algérienne a réussi à devenir « immortelle » ! c’est l’académicienne Assia DJEBAR ; le moins qu’on puisse dire pour cette femme , qui était directrice du Centre d’études françaises et francophones de Louisiane aux États-Unis et aussi est élue membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique , est un honneur pour l’Algérie ,chose que j’espère pour notre frère Mémoria.
        Question : Existe-il une Académie de langue arabe dans le monde arabe?

        C’est un plaisir de vous lire Mémoria

    • Mohamed-Senni

      @Mémoria.
      Je découvre que vous jouissez de la qualité de devin. La poésie arabe est pour moi une drogue dure. Quelques 25 000 vers s’étalant sur environ quinze siècles m’accompagnent depuis que je les ai appris, dans des circonstances exceptionnelles, de novembre 1964 à juin 1965. Ces vers étaient jouxtés par ceux de Lamartine, Musset; Vigny, les poètes maudits, Hugo, Eluard et tant et tant d’autres. En revanche je n’ai pas apprécié celle de Sully Prudhomme, pourtant premier Prix Nobel de littérature de l’Histoire. Le fait de le citer me rappelle des commentaires qui ont été faits sur Yasmina Khadra où certains intervenants – et je figure au nombre -reconnaissent que la notoriété est parfois surfaite par les médias ou des tractations de coulisses. A ce titre, je reviens à Sully Prudhomme, pour dire – et j’accepterais fièrement que vous me corrigiez – que c’est un poète presque méconnu dans son pays du fait que peu de français le connaissent. Il a pourtant obtenu le premier Prix Nobel de la Littérature (je crois que c’était en 1901) alors qu’ à son époque vivaient deux géants de la littérature universelle : son compatriote Emile Zola et le Russe Léon Tolstoï. Et le Nobel auquel j’ai fini par ne lui reconnaître aucune vertu n’allait pas s’arrêter là. Il fut octroyé à des assassins (deux), à l’ONU dont le rôle essentiel était de veiller à la paix et qui a donné son aval faisant que des pays arabes ont été renvoyés au Moyen Age, à Monsieur Obama après quelques semaines de son investiture et …et…
      Devin vous l’êtes pour avoir soutenu que j’aimais Jean Moulin qui fut au sommet de la résistance française et le français qui l’a donné à la Gestapo est, semble-t-il, mort dans son lit. En faisant mes études supérieures à Lyon, je suis monté au quartier de la Croix-Rousse où je me suis longuement arrêté devant la maison où il a été pris.
      Restons dans cette belle langue pour rapporter cette anecdote:
      Le regretté Léopold Sedar Senghor que j’ai eu la chance de voir-sans l’approcher bien sûr car il était avec Hassan II -le 2 janvier 1981 à Marrakech, fit partie de l’Assemblée Nationale Française. Son Président, levant la séance de réception pour une pause-café, Senghor, avec des amis, s’attabla et demanda un café noir. Passe alors une des rares députées femme et, le remarquant lui posa cette question en langage indien : « Monsieur y en a bon café? » Après une courte hésitation il lui répond : »Ah! Café oui y en a très bon café. Madame veut très bon café? » Elle le remercia et fit son chemin. De retour dans l’hémicycle, le Président annonça qu’il allait procéder à l’écoute des interventions des députés qui étaient prévus de prendre la parole et invita l’Africain à passer au pupitre. Il fit son discours et fut longuement applaudi par les députés debout. En retournant à sa place, il passe devant la dame qui l’avait interpellé au café et lui dit : » Y en a bon discours Madame? ». Le Président de la Banque Européenne, Monsieur Trichet, reconnut dans un débat télévisé sur la poésie qu’il avait été amené à devenir poète grâce à lui. Le futur Président du Sénégal deviendra Prince de la Langue Française avec le grand philosophe marocain, Mohamed Laaziz Lahbabi qui devait recevoir le prix Nobel de Littérature en 1988. Hassan II lui barra la route et la « respectable » Institution de Stockholm le décerna à Naguib Mahfoudh!

  9. Mémoria

    Salut frère Amirouche!

    Vous êtes toujours au point espace/temps qu’il faut pour moi pour faire un raccord…! Ou peut être y-a-t-il télépathie ? Je parle du chant des partisans de la Résistance française contre l’occupant nazi et composé en 1941.
    Quant à Assia Djebbar,je ne l’ai aucunement cité dans mon commentaire et je reste content qu’elle soit d’origine algérienne; j’avais pensé en rédigeant ce Com au Pr Alexandre Leupin professeur distingué au Dpt d’études françaises de Louisiana State University et directeur de la revue mondiale de la francophonie « MondesFrancophones »…
    Quant à un strapontin à l’Académie française ,même Kateb Yacine n’y a eu droit post Mortem parce que trop rebelle et algérien…pour les métropolitains !
    Et puis Si Amirouche,je ne « rêve » aucunement perdre la moitié de mon âme même si je suis né en Lorraine dans les années cinquante ! Mon père débarqué en France en 1947 et membre actif de la Fédération de France du FLN ne serait pas fier de moi ….de la tombe de Sidi Bel Abbès où il repose !!!

    Aussi vous me donnez l’occasion Si Amirouche de vous laisser un lien d’une interview de feu Kateb Yacine sur les massacres du 8 mai 1945 que nous commémorons aujourd’hui! Fraternellement !

    http//:youtu.be/Gu9fSq6NcKY

    • Amirouche

      @Mémoria
      Salut
      je viens de voir le film de Yacine de ce 08/05/1945 .Atmosphère de joie ,jour d’un marché bondé de gens ,beaucoup de jeunes scout, soudain la panique ,vagues de répressions et des tirs de feu résultant 45000 algériens atrocement morts ,selon la commission de l’ambassade Américaine et Algérienne ,pourtant le gouverneur général était un socialiste !! …..d’illusion en illusion .
      C’est un imminent intellectuel qui ,signalons le,a passé plusieurs années à SidiBelAbbès ,marchant anonymement dans « graba et la tahtaha » alors qu’il pouvait facilement avoir un « strapontin » à Lutèce .
      Vous savez Mémoria , l’Algérie a d’innombrables talents et intellectuels que s’ils étaient d’un autre pays ,mille panthéons leurs seront construits chacun en son nom .
      Le pédiatre de mes enfants ,un syrien, trouvant le poète Zekri Cheikh « Moufdi » le meilleur de son temps m’a demandé de lui procurer la panoplie de ces poèmes à n’importe quel prix ! me disant qu’il n’est pas seulement poète de la révolution ,mais c’est un prodige ,dépassant de loin Kabbani selon lui .

      Fraternellement

      • gherbi sba

        @ Amirouche Moufdi zakaria doit son assistance pour faciliter son exil a des militants belabbésiens étant donné qu’il transita par SBA

  10. Albarracin de Sidi Bel Abés

    @ Tous
    Dieu merci, les avis en ligne , relatifs « au parlez vous français;], ne s’inspirent pas d’un ethnocentrisme défavorable, visant à rejeter les formes de cultures autres que celles qui s’inspireraient d’un nationalime étriqué! Je pense à R Garaudy pour son travail « pour un dialogue des civilisations »
    Un des faits fondamental pour la formation de la France , réside dans la présence en son territoire dans son passé,et encore aujourd hui d’éléments ethniques différents..D’autres pays sont sur ce point des exemples à méditer!
    Je pense aussi, aux échanges entre régions du monde des élèves scolarisés et en apprentissage d’une ou de plusieurs langues étrangères! Autant de moyens qui favorisent cette ouverture d’esprit et de compréhension au monde qui nous entoure !
    Cordialement

    • Mohamed-Senni

      @Albarracin de Sidi Bel Abbès.
      Pour avoir cité « Pour un dialogue des civilisations » de Garaudy, permettez-moi de vous signaler le livre du philosophe marocain Mohamed Laaziz Lahbabi qui a pour titre : « Du clos à l’ouvert ». Les deux auteurs étaient très liés entre eux et très liées au Professeur Abdelmadjid Meziane.

  11. badsi

    @Mr Albarracin L’ouverture d’esprit est incontournable Les clichés réducteurs existent sur plusieurs langues pas forcément celles des anciennes colonies dominatrices Seuls les citoyens en perpétuel mouvement maintiennent les dialogues J’ajouterai a R Garaudy feu bonne journée Belabbésien

    • Albarracin de Sidi Bel Abés

      @Mohamed – Senni et Badsi

      Je partage l’importance d’une large ouverture , et je vous remercie des indications d’auteurs !
      En revanche, je m’abrite pour me protéger de Mme CH, toujours trés pugnace et avec beaucoup de brio por nous décrire le Zoo de Vincennes , mais qui ne manque pas de talents!
      Bonne soirée

  12. Mme CH

    Mais pourquoi toute cette inquiétude, je ne sens pas l’odeur de brûlé puisqu’il n’y a pas de feu, alors pourquoi veut-on à tout prix appeler les pompiers…???

    Parlez-vous français…??? Eh bien, la preuve, vous voyez bien qu’on parle français sur ce site et sur d’autres….!!! Ou bien, le verbe parler ne suffit pas à certains, ils veulent procéder à un ‘clonage’….ou quoi….????

    Mr Kateb Yacine a eu, au moins la finesse et la clairvoyance de parler « de butin de guerre » et non pas de bienfait de la colonisation comme les orbitons de Hizb França et les manchots qui se prennent pour des pingouins, mais, à cette époque, il ne savait pas peut être, que c’était un butin empoisonné et à double tranchant….!!!!
    Nous sommes pour les échanges culturels et l’apprentissage de toutes les langues, disons que la langue française a une place privilégiée qu’elle avait obtenue par la force, mais ma3lich, maintenant que nous sommes devant le fait accompli, il faut bien gérer la situation et faire en sorte de former des autruches comme moi qui parlent l’Algérien en Français et non pas des francophiles qui sont programmés pour piloter l’avion après l’extinction de la génération du 1er Novembre (Bien sûr, je ne parle pas des oursons en peluche et des faux déserteurs de l’armée française de De Gaulle )…!!!

    Actuellement, nous souffrons de l’ingérence française en Algérie, exactement comme souffre la France de l’ingérence de l’axe américano-sioniste. Pour comprendre un peu le schéma, lisez , sous tous les angles, l’article intitulé: « Le projet Rivkin: comment la mondialisation utilise le multiculturalisme pour assujettir des nations souveraines »….vous allez bien comprendre ce qui se trame, enfin je ne parle pas pour les benêts….!!!!
    Nous voulons bien lire le travail de Garaudy tout en ayant un oeil sur le travail de S. Huntington ‘le choc des civilisations’ ainsi que ce projet Rivkin…!!!!

    Quant au perpétuel mouvement, c’est bon, mais il faut faire attention aux vertiges…!!!

    Apprenons d’abord à nos enfants leur langue, leur religion, leur identité, leurs valeurs, leurs repères, ensuite complétons avec ce qu’il y a de mieux dans le monde culturel et scientifique des autres, tout en veillant à ce que tout ça ne va pas à l’encontre de nos principes, nos concepts et de l’intérêt général….!!!
    Mais de là à vouloir produire des petits pingouins…..????!!!!

    Bonne fin de journée à tous et à toutes…!!!

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