La Voix De Sidi Bel Abbes

Culture : Sila 2014, Vol au-dessus d’un nid de bouquins

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De manière relative, le Sila est devenu une sorte de rentrée littéraire, même si depuis quelques années il se tient pour l’essentiel début novembre. Nous ne disposons pas de statistiques, hélas, mais le volume des nouveautés nous paraît encore faible par rapport au nombre d’éditeurs algériens, 267, annoncé en cette 19e édition. Cela dit, la plupart d’entre eux n’assurent pas une promotion suffisante de leurs ouvrages.Raison de plus pour encourager ceux qui enrichissent leur catalogue et le font savoir. Survol donc des parutions d’ouvrages dont nous présenterons certains dans les éditions à venir. Commençons par les éditions Sédia qui se distinguent par une série de traductions. Sept romans écrits en français deviennent accessibles aux lecteurs arabophones, contribuant à briser les barrières linguistiques. Il s’agit de Nulle part dans la maison de mon père de Assia Djebar ; Les Amants désunis de Anouar Abdelmalek et pas moins de cinq titres de Yasmina Khadra : Ce que le jour doit à la nuit» ; Cousine K ; La part du mort ; A quoi rêvent les loups ? et L’imposture des mots.Cette maison propose également deux rééditions de Rachid Mimouni, Une peine à vivre (1991, Stock, Paris), roman sur la dictature et Le printemps n’en sera que plus beau (1978, ENAL, Alger) sur la guerre de Libération, ainsi que l’unique et posthume roman de Mazouz Ould Abderrahmane, Le Café maure. Cadet du grand dramaturge Kaki et comédien de théâtre, Mazouz est décédé en 2012 au Canada où il résidait. Deux essais viennent s’ajouter aux sorties Sédia : Histoire des Croisades de Jacques Heers, spécialiste français de l’histoire médiévale, décédé l’an dernier et un passionnant L’Algérie de Pétain de Pierre Darmon paru cette année (Perrin, Paris) et sous-titré Les Algériens ont la parole.L’auteur s’est en effet appuyé sur des archives très particulières restituant de manière directe ou indirecte les propos des Algériens durant cette période : rapports de police, écoutes téléphoniques, contrôle postal, lettres de délation, correspondances adressées à l’Administration, etc. Signalons enfin un bel album de photographies de Armand Vial sur Constantine sous le titre de Ksar Tina sur lequel nous reviendrons. Les éditions Barzakh, dans la foulée du beau succès de Meursault, contre-enquête (2013) de Kamel Daoud, confirment leur prédilection littéraire sans négliger les autres segments de leur catalogue, et notamment les essais.Notre confrère Chawki Amari, avec son nouveau roman, L’Âne mort, vient donner une belle épaisseur narrative à une expression populaire algérienne, construisant une histoire désopilante mais foncièrement sérieuse sur l’Algérie actuelle, oscillant entre l’imaginaire d’un Boris Vian et celui d’un Apulée de Madaure, antique auteur numide de L’Âne d’Or. Pour sa part, Amine Zaoui signe Le Miel de la sieste, présenté par l’éditeur comme «une célébration de l’outrance et de la poésie, un hommage érudit et ludique aux Mille et Une Nuits». L’auteur, fidèle à sa verve politico-érotique, s’attache à un personnage frappé d’une particularité physique pour le moins originale, surfant sur ses fantasmes, souvenirs et récits. Enfin, toujours chez Barzakh, cette Querelle autour d’un cochon italianissime à San Salvario, œuvre de Amara Lakhous, cas particulier de la littérature algérienne contemporaine, puisque vivant et éditant en Italie, dans la langue de ce pays. Il nous sert ici, avec son humour habituel, une dénonciation de «la malhonnêteté d’une certaine presse, plus prompte à désigner des boucs émissaires qu’à analyser des phénomènes complexes». Au chapitre des essais, on notera la sortie de Souvenirs d’un rescapé de la wilaya III de Mohand Sebkhi, récit d’un simple moudjahid recueilli et préfacé par l’historien Daho Djerbal, ouvrage qui apparaît comme une tentative de renouvellement du genre en Algérie et que l’éditeur présente comme «un témoignage à hauteur d’homme, qui s’impose par son humilité et un désir de vérité si fort, si tendu, qu’on peut imaginer combien il en a coûté à son auteur». Plus loin dans le temps, Chronique arabes des Croisades de Francesco Gabrieli que ce grand arabisant italien a élaboré à partir d’archives rares ou inédites, apportant une vision précise et plus juste de cette période historique majeure.Ouvrage très original, A travers le mur de Jean-Charles Depaule aborde les mille et une façons de concevoir les seuils et les percées des habitations du Machreq, d’un point de vue architectural mais également symbolique. Enfin, Algérie-Kabylie, études et interventions, regroupe des textes du professeur anglais Hugh Roberts sur la période contemporaine de notre pays, et ce, jusqu’aux années 2000. Les éditions Chihab ont présenté au Sila de nombreuses nouveautés. Roman en langue arabe, Chifar min sarab (Code de mirage*) de Ismaïl Bensaâda, est un roman d’espionnage, le deuxième de l’auteur après Fou de Tripoli. Nacira Belloula, qui écrit depuis quelques années à partir du Canada, sort Terre des femmes où elle sublime le courage et la grandeur des femmes des Aurès à travers quelques personnages emblématiques. Algérienne née à Damas en 1984, Amel Bouchareb signe son premier ouvrage, un recueil de nouvelles intitulé Alayha thalathatou aâchar (Treize sur elle), que l’on promet étonnant. Avec Les Sauvages II, Sabri Louatah propose un deuxième tome à son premier roman. Une histoire politico-rocambolesque où un certain Idder Chaouch, candidat à la présidentielle française, est victime d’un attentat. Dans son offre 2014, Chihab affiche surtout des essais, dont plusieurs consacrés à l’histoire de la libération de l’Algérie.Mémoires d’une combattante de l’ALN de Zohra Drif Bitat, qui avait marqué le Sila 2013, sort enfin en version arabe. Document exceptionnel paru en 1960, La Pacification de Hafidh Keramane, ou Le livre noir de six années de guerre en Algérie, dénonçait avec précision la répression coloniale. Sa réédition, avec une préface de Nils Anderson qui l’avait initialement publié en Suisse, est une aubaine pour les passionnés d’histoire comme pour les chercheurs. Biographie détaillée d’un grand combattant des Aurès, Abbès Laghrour, du militantisme au combat de Salah Laghrour apporte un éclairage sur les moudjahidine du 1er Novembre 1954 tout en faisant découvrir un homme exceptionnel décédé dans des conditions encore «opaques». Notons également Guerre de libération, histoire de la révolution algérienne de Malek Abada qui propose une vision large de cette période. Il est intéressant de noter que sur les livres consacrés à la guerre d’indépendance, deux s’attachent à la dimension culturelle de cette période. Il s’agit du très attendu Cinéma et guerre de libération ; Algérie, des batailles d’images de Ahmed Bedjaoui, le Monsieur Cinéma de l’Algérie, et du remarquable Editeurs et éditions pendant la guerre d’Algérie de Nicholas Hubert. On y découvrira comment l’image et le livre ont été aussi des terrains d’affrontement historiques. Le professeur Amina Azza Bekkat propose un Dictionnaire des écrivains algériens de langue française (1990-2010) dont elle a dirigé la rédaction. Sur le même plan, Chihab publie Jean El-Mouhouv Amrouche : algérien universel de Réjane Le Baut, biographie magistrale parue en France en 2006 (Ed. Alteredit). Enfin, de Achille Mbembe, professeur à Johannesburg, Sortir de la grande nuit : essai sur l’Afrique décolonisée et, de Fadela Sammari, Chroniques françaises, destins algériens, cinquante portraits de Franco-algériens dressés avec émotion et précision par une auteure, issue de l’émigration, qui effectue une carrière professionnelle de niveau international tout en agissant dans la société civile. De chez Dalimen nous sont parvenus deux albums de BD, l’un des domaines de prédilection de la maison d’édition. Notre confrère Le Hic fait encore des siennes. Avec Le quatrième mandat expliqué à ma fille et, accessoirement, Facebook expliqué à ma mère, il propose un album désopilant sur l’univers de la politique et des nouvelles technologies. L’auteur n’hésite pas à se mettre en scène et il nous prouve au passage qu’il n’est pas seulement caricaturiste mais aussi un véritable auteur de BD. Toujours dans le 9e art et toujours chez Dalimen, Gyps revient avec AlgeReine, un album caustique sur la femme en Algérie, au quotidien mais aussi dans l’histoire. On y sent la progression d’un talent déjà affirmé. Notons ce livre de Anissa Zouiouche, Les Couleurs de ma vie ; lettre à mes petits-enfants, un texte atypique, entre autobiographie, récit et témoignage qui embrasse sa vie personnelle, l’évolution de l’Algérie et des questions philosophiques. Notre collaboratrice, Nadia Agsous, propose pour sa part Des hommes et leurs mondes, recueil d’entretiens avec le sociologue Smaïn Laâcher, faisant aujourd’hui autorité en Europe et dans le monde dans sa discipline. Un voyage dans les migrations humaines mais également à travers le monde arabe et musulman, montrant notamment comment les protestations qui s’y sont déroulées ne sont pas des révolutions.Les éditions El Kalima,  à la faveur du centenaire de la naissance d’Emmanuel Roblès, publient Malika et autres nouvelles d’Algérie de l’écrivain né à Oran. Elles publient également trois ouvrages relatifs à la guerre d’indépendance : La Villa Sésini, tortures en Algérie de Henri Pouillot, La résistance à l’occupation française dans la région de Miliana (disponible en langues arabe et française) de Ahmed Benblidia et Mémoires de prisons (1956-1962) de Felix Colozzi. Dar El Othmania annonce seize nouveautés cette année, dont une majorité d’essais comme Médias et liberté d’expression en Algérie de Belkacem Mostefaoui ou Ibn Khaldoun, nouvelles du Maghreb au XIVe siècle de Mohamed Saouli.  Avec la romancière Maïssa Bey pour marraine, le Prix de la nouvelle fantastique 2014, organisé par l’Institut français en Algérie, enfante d’une publication qui détonne par sa fraîcheur. Edité par Média-Plus (Constantine), Noces fantastiques, dix nouvelles d’Algérie s’ouvre sur le texte de la lauréate, Gamra Essia Benbakir-Bougherra, Noces de miel, et présente les nouvelles des 9 autres candidats sélectionnés par concours. L’édition 2015 est en cours de lancement, toujours sur les traces d’Edgar Allan Poe. Signalons ici, pour l’écho qu’ils ont eu, des livres qui portent sur la guerre de Libération nationale et sur la période post-indépendance : Quand une nation s’éveille de Sadek Hadjerès (Ed. Inas) ainsi que Ils ont trahi notre combat de Zoulikha Bekkadour et Heureux les martyrs qui n’ont rien vu de Mohand-Arab Bessaoud, publiés aux éditions Koukou. Nesrine Sellal, notre consœur d’El Watan Week-end qui nous a quittés en juillet dernier à l’âge de 27 ans, voit ses nouvelles publiées posthumément par les éditions Lazhari Labter sous le titre Journal intime d’une condamnée à vivre. Enfin, les éditions Flites de Médéa nous ont agréablement surpris en lançant une splendide réédition de Proverbes d’Algérie et du Maghreb de Mohamed Ben Cheneb dont la première édition remonte à 1906. Plus de 700 pages comprenant 3121 proverbes et de nombreux adages accompagnés des notes érudites de ce savant qui tutoyait l’arabe, le français, le latin, l’allemand, l’hébreu, etc. Nous parlerons plus tard de ce livre-monument que tout Algérien devrait avoir chez lui. Et n’oubliez pas qu’il y a une vie après le Sila. En librairie…

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Posté par le Nov 9 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

12 Commentaires pour “Culture : Sila 2014, Vol au-dessus d’un nid de bouquins”

  1. Hamid

    Vraiment dommage car ce nid est inaccessible pour nous citoyens deSBA

  2. OUERRAD en squatteur

    une vie apres le Sila , en librairie ??? Ou sont ces librairies ? J en ai vu une y a pas longtemps c etait ecrit en grandes lettres : LIBRERIE

  3. Badro

    S’agit d’un pan historique que la voix de belabbes vénère avec excès Trop même s’éloigner franchement des jeunes.

  4. Mr CH

    Une étude prospective réalisée par le Centre mondial de consulting économique et de prospective a indiqué que le taux de lecture de livres en Algérie ne dépasse pas 6,8%, alors que le taux de personnes ne lisant point est de 56,86%.

  5. Mr CH

    Monsieur Dubois demanda à Madame Nozière quel était le jour le plus funeste de l’histoire. Madame Nozière ne le savait pas.
    C’est, lui dit Monsieur Dubois, le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l’art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque ». (Anatole France, Œuvres IV, La vie en Fleur (1922), Gallimard, 1994, p. 1118)

  6. Mr CH

    La culture est le premier besoin après le pain

    La lecture, dans notre pays, devient-elle une option de classes ? Le livre a-t-il cessé d’être le meilleur compagnon pour nos enfants? Ont-ils perdu définitivement le goût de lire ? En tout état de cause, le livre a perdu de sa valeur. Il n’est plus ‘le riche terreau » de la culture. Il s’est vidé de son ‘humus intellectuel » en perdant, chaque jour davantage, du terrain face aux gadgets électroniques tels que l’internet, le SMS, la TV qui abrutissent plus qu’ils n’instruisent. Les jeunes n’ont plus de temps à consacrer à la lecture comme au bon vieux temps. Pourtant, les bibliothèques (scolaires, municipales, universitaires, nationales au nombre de 120 dans le pays) existent encore. Mais sont-elles suffisamment bien fournies et variées à même d’intéresser es lecteurs ? Même si ces établissements de lecture sont fonctionnels, il manque, néanmoins, une véritable pédagogie pour inciter l’Algérien à la lecture. L’une des raisons est la cherté du livre qui est devenu inaccessible parce qu’il n’est plus subventionné. D’autre part, le monde étant soumis à la matière : ‘on vit de bonne soupe et non de bonne lecture. »

  7. Mr CH

    Vive le livre ?

    La lecture vit-elle une crise réelle dans notre pays ? Selon le Directeur de la Bibliothèque Nationale, «Dire que les Algériens boudent le livre est incorrecte, il y a plutôt une absence des signes extérieurs de la lecture». Certes, nous ne réfutons pas l’allégation de ce responsable. Il est bien placé pour le savoir. Cependant, force est de constater que la lecture ne fait plus partie des bonnes mœurs chez nos compatriotes. Si les bibliothèques connaissent un afflux particulier durant les périodes de pointe telles que les vacances d’hiver et/ou de printemps, c’est par nécessité en ce que les élèves préparent leurs examens (6ème, BEF, Baccalauréat ). Autrement dit, ce n’est pas par habitude purement intellectuelle. Au contraire, c’est pour un besoin intéressé. Sitôt les examens obtenus, les élèves tournent le dos aux bibliothèques.

    Nonobstant, rien ne dispense le Ministère de la Culture à revoir et corriger sa feuille de route pour, non seulement (ré) instaurer mais, en sus, de booster et conforter les assises de la lecture, donc, de la culture dans notre pays. Ceci ne peut se réaliser sans le précieux concours, à la fois, des ministères de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur appuyés, en cela, par les médias au moyen de spots publicitaires à même de sensibiliser les lecteurs potentiels sur les bienfaits de la lecture et, donc, à reprendre le livre. L’école algérienne, sérieusement éprouvée, peine, aujourd’hui, à apprendre à lire aux jeunes générations, en dépit des budgets colossaux, voire pharaoniques qui lui sont alloués. Elle est dirigée par des responsables qui manquent de visions stratégiques à moyen et long termes. Les réformes à répétition annihilent le goût à la lecture. Il est clair que trop de réformes nuisent à la bonne santé de notre Enseignement. Le climat culturel est menacé pour le pays aujourd’hui plus qu’hier. De quoi sera fait demain ? Seul l’avenir le dira. Élèves et étudiants sont psychologiquement affectés par un défaitisme chronique à même de les décourager non seulement à la lecture, voire même à l’acquisition du savoir, en général. Les Autorités politiques ont une lourde responsabilité en ce qu’ils déconsidèrent le détendeur du savoir, négligent l’intellectuel, le traitent avec dédain, le méprisent et refusent de voir en lui le ciment pour une bonne cohésion sociale. Elles favorisent, plus tôt, le maintien et la promotion de la médiocrité » pour des raisons absconses. « Pour éviter toute opposition dans les assemblées, on a fini par ne plus y admettre que les cancres. »

  8. Mr CH

    Le Commandement divin a modifié la société koraïchite par un nouveau mode de spiritualité prônant, à la fois, Foi et Savoir. La situation géographique du monde arabe, notamment méditerranéenne, et sa nouvelle religion ont permis à sa civilisation et sa culture de rayonner sur tout le bassin de la Méditerranée pendant que l’Europe du Moyen Âge (9ème-15ème siècle) croupissait dans l’ignorance et l’obscurantisme. Des dynasties entières ont veillé scrupuleusement sur le maintien de ce patrimoine prégnant et son développement des siècles durant, particulièrement sous le règne de Haroun Rachid, El Ma’moun et bien d’autres princes-philosophes. Le Savoir était considéré, alors, comme la deuxième religion après l’Islam. Il avait sa place, d’abord, dans les cœurs des gouvernants et, par suite, dans ceux des communs des Musulmans. Ce qui a permis à l’Islam de connaître ses siècles des Lumières. Il a démontré scientifiquement que le chemin du Savoir est la voie meilleure qui mène vers la prospérité morale et matérielle ; temporelle et spirituelle.

  9. Mr CH

    LA LECTURE EN ALGERIE, UNE AFFAIRE TRÈS COMPLEXE

    Le rôle des parents et de l’école
    Yacine Hirèche- Publié dans Le Soir d’Algérie le 29 – 09 – 2005

    Un débat sur le thème de La lecture : rôle des parents et de l’école a été animé par le professeur Mustapha Hadab et M. Bouhamidi, journaliste et président de l’Association pour la promotion de la lecture Sadek-Aïssat, lundi dernier au café littéraire du Sila. L’occasion, dira M. Bouhamidi, de chercher à comprendre ce manquement grave de la société algérienne à la lecture.
    Et d’enchaîner : L’Algérie ne dispose d’aucun chiffre nous informant sur le taux de lecteurs, aucune enquête sociologique dans le domaine n’a été menée et nous ne savons même pas ce que le mot livre signifie dans la tête des Algériens. Le débat s’est vite enrichi de plusieurs points de vue, comme celui de Sadek Kebir, qui a déploré l’absence dans un Salon du livre, notamment dans ce 10e Sila, d’espaces de lecture proprement dits et que même pendant les séances dédicaces il n’y ait jamais de lecture par l’auteur de son oeuvre. Lors d’un reportage pour une ONG étrangère, Sadek Kebir a confié avoir sillonné toute la ville de Constantine pendant 24 heures à la recherche d’une personne avec un livre à la main, il est revenu avec seulement une séquence d’un homme faisant des mots croisés dans un journal ! D’autres relèveront des problèmes socioéconomiques qui ne permettent pas à l’Algérien de penser au livre. Mais, à la fin, tous se sont accordés sur le fait que l’école ne doit pas être tenue pour seule responsable, les parents ont aussi une grande part de responsabilité, ainsi que l’Etat qui n’accorde pas d’importance à ce problème qui peut avoir des conséquences graves. L’essentiel , a conclut M. Bouhamidi, n’est pas de sortir de ce débat avec des réponses mais avec de bonnes questions dans la tête.

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