La Voix De Sidi Bel Abbes

Concessionnaires automobiles : comprendre le scandale en 5 points

Rappel des faits

Le gouvernement a annoncé, fin 2014, l’introduction de nouvelles normes pour toute importation de véhicules neufs. Le nouveau cahier des charges a été signé le 23 mars 2015 par le ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb. Fait inédit, le ministre a fait l’annonce de la signature du décret via un communiqué de presse, diffusé le 30 mars. Le 9 avril, l’Association des banques et établissement financiers (Abef) intervient, à travers une note inhabituelle pour une telle organisation, pour demander aux banques de surseoir à toute domiciliation d’importation de véhicules. Le 15 avril, le nouveau cahier des charges a été publié au Journal Officiel (J.O).

Pour quelle raison Bouchouareb a-t-il publié un tel communiqué, avant la publication du cahier des charges au J.O ? Pourquoi l’Abef s’est-elle saisie d’un dossier qui ne fait pas partie de ses prérogatives ? Une loi n’entre en vigueur qu’au moment de la publication de la version papier du Journal Officiel. L’enchaînement de ces événements prenait tout son sens avec la publication, mercredi 22 avril, de la lettre du Premier ministre Abdelmalek Sellal. La missive de Sellal révélait que certains concessionnaires, apprenant l’imminence de l’entrée en vigueur des nouvelles normes, ont procédé, entre le 23 mars (signature du décret) et le 9 avril (intervention de l’Abef), à l’importation massive de véhicules non-conformes aux « futures » normes de sécurité. Montant de l’opération : 613 millions d’euros en 18 jours, selon la lettre du Premier ministre.

But de la manœuvre ? Contourner légalement le nouveau cahier des charges en constituant un stock de voitures sans les équipements de sécurité obligatoires, continuer à vendre des véhicules à moindre prix et se procurer ainsi un avantage par rapport aux concurrents.

Les concessionnaires impliqués

Selon une source bien au fait du dossier, quasiment tous les concessionnaires ont augmenté leurs commandes de véhicules ces dernières semaines. En revanche, quatre concessionnaires sortent du lot. Ils « ont exagéré », selon notre source. Il s’agit de Toyota, Renault, Peugeot et Hyundai. Le revendeur de la marque japonaise (Toyota) est en première ligne avec une multiplication par sept de ses commandes de véhicules par rapport à la même période de l’année dernière, toujours selon la même source. Renault est deuxième avec près de cinq (4,8) fois plus de véhicules commandés en comparaison avec 2014. Les chiffres de Peugeot ne sont pas encore disponibles. Hyundai est un cas particulier : le concessionnaire a approché El Baraka Banque, qui lui a refusé la ligne de crédit, sachant que le nouveau texte réglementaire était sur le point d’être publié. Face à ce refus, le représentant de la marque asiatique a fermé son compte au niveau de cette banque et s’est dirigé vers d’autres établissements bancaires, plus coopératifs ou moins scrupuleux.

Les banques ont-elles fauté ?

La démarche des banques est parfaitement légale et n’enfreint aucun règlement. Le nouveau cahier des charges n’était pas encore en vigueur au moment des domiciliations. Le caractère commercial des banques fait que leur but est de réaliser un maximum de bénéfices. Une telle opération d’importation massive représente une aubaine pour ces banques qui prélèvent des commissions sur les opérations d’importation. Le rôle des banques n’est pas de vérifier la conformité des importations et des marchandises, surtout lorsqu’il s’agit d’une éventuelle future législation… Cela dit, le Premier ministre a pointé du doigt « la complicité de ces banques commerciales privées ». Cet argument, invalide sur le plan strictement juridique, prend son sens sur le plan de la déontologie. Ces banques ont participé à une « arnaque légale ». En revanche, les concessionnaires se sont rendus coupables d’une forme de « délit d’initié ».

Qu’est-ce qu’un délit d’initié ?

Ce terme est généralement réservé aux échanges sur les marchés financiers, en particulier à la Bourse. Il consiste à tirer profit d’une information privilégiée, à laquelle le reste des acteurs n’a pas accès, afin de faire des bénéfices. C’est une forme de concurrence déloyale qui est interdite par la réglementation. Un initié est une personne qui, de par sa position (fonction), détient des informations privilégiées. Le délit consiste donc à utiliser ces informations pour obtenir des gains financiers. Dans le cas des concessionnaires, ces derniers ont obtenu des informations sur la signature et la publication imminente du nouveau cahier des charges. Ils ont alors profité de cette situation pour importer massivement des voitures avant l’entrée en vigueur du décret et pourront donc revendre des véhicules moins chers que ceux équipés des nouveaux dispositifs réglementaires de sécurité (4 airbags, ABS…).

La communication inhabituelle de Bouchouareb est-elle en cause ?

Qui a donc donné cette information privilégiée aux concessionnaires ? Tous les regards, y compris celui du Premier ministre, se tournent vers le ministère de l’Industrie, dirigé par Abdeslam Bouchouareb. Selon nos informations, les services du Premier ministre sont actuellement à la recherche de la source de la fuite. En règle générale, c’est le ministre lui-même qui signe le texte. À ce titre, il devrait être parmi les seuls, avec ses plus proches collaborateurs et le Premier ministre, à connaître la date de signature et de publication d’un décret ministériel. Même ses confères au gouvernement ne sont pas nécessairement mis au courant de tels détails.

L’annonce, par le ministre de l’Industrie, de la signature d’un décret avant sa publication est une première en Algérie. Et sans doute dans le monde. Cette communication étrange de Bouchouareb serait-elle à l’origine de l’augmentation des importations de véhicules par les concessionnaires ? Dans tous les cas, la responsabilité du ministre et de son équipe au ministère semble engagée. Le plus inquiétant est que des éléments proches des centres de décisions soient, directement ou indirectement, sciemment ou inconsciemment au service d’intérêts étrangers. Les sanctions promises par le ministre du Commerce, Amara Benyounès, iront-elles au fond du problème ?

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Posté par le Avr 27 2015. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

5 Commentaires pour “Concessionnaires automobiles : comprendre le scandale en 5 points”

  1. zlaoui

    ne vous inquietez pas le gouvernement n’a pas le’choix la voitures c’est sa vache laitiére..
    demain il va passer porte par porte  »une voiture a 800 da par mois si vous roulez gaz algerien » ensuite les assuarance vont augmenter de 20 % chaque année a 5 ans vous etes obliger de liquidez et vous recevez toujours la meme offre a la porte allez seulement  »1 millions apr mois si vous roulez en gaz algerien »
    l’essence etand de l’importation il sera multiplié par 10..le maroc crie au scandale..les maghnaouis vont a bomoplage vendre des boissons et chipsfoins pour les chevres installé sur des decapotable, bomoplage est devenu une concession pour decapotable..
    une guerre eclate, entre oranais et maghnawis qui viennent ma’ger le pain des oranais..les maghnawi exedé vont desendre sur hammame boughrara et contruire une gigantesque tranché inscrit dessus  »piscine conscession pour decapotable » toutes les chevres de l’oranie auront ainsi l’ocasion de mettre des lunettes et bikini et faire la bronzette dans les concessions a l’afrique du sud..
    les algeriennes elles ont la tunisie pour faire l’emplete.
    et venez vite tapez a nos porte vous savez pour allez en tunisie ils faut pas moins de 10 pleins de gaz a faire, autoroute a payer, parking a occuper,…

  2. OUERRAD

    Pourquoi , scandale ; ce n est rien par rapport à tout le reste : sonatract 1 et 2 khalil chakib gaz sakhri etc ,, Nos honorables mini stre ne sont là que pour se servir et servir les siens et toutes les combines sont valables .
    Quand TAYEB EL WATANI s est ecrie ou va l ALGERIE ? c est en visionnaire avere qu il a ecrit ce livre . RABI YARHMOU
    Les concesionnaires impliques , donc les coupables sont connus ; pourquoi poser des questions betes pareilles ? Que la justice s auto saisisse , ils nous pompent l air car incapables .

  3. BADISSI

    c est un coup montée pour faire marcher la catastrophique symbole de oued tlélate ,

  4. mohamedDD

    Est-ce que, l’Algérie est devenue la risée de ses propres citoyens???????????????????
    les soi-disant leaders, la presse, …. s’en réjouissent presque et sans pudeur ni retenues à étaler scandale sur scandales, j’en ai honte pas vous pas vous où est la fierté, le nif,.. tout est tombé par les néo colonialistes et les férues du mondialisme ou globalisme attention à leurs valeurs sans valeurs démocratie, droits de l’homme, liberté d’expression…. Allah a dévoilé leurs ver tues. … mille pardons aux chouhadas et à nos héros (majorité dans la discrétion), le peu de bonne graine généreras INCH’ALLAH des hommes et des femmes qui défendront sans aucun doute les vraies valeurs

  5. walid

    Le bras de fer qui oppose le gouvernement et les concessionnaires automobile a engendré le blocage des ports véhicules, ou ce trouve des centaines de voiture particulier et autre, sur les ports de Mostaganem et Jijel dans l’attente d’être livré à leurs propriétaires, ces dernier qui se sont retrouvé au milieux de ce combat d’intérêt , ou ils sont seul à subir les préjudices de ce conflit sans être bris en considération par les deux parties
    Nous demandant au concessionnaires que notre cas soit régularise c’est-à-dire le déblocage de nos véhicule et à être indemnisé pour tous les torts causé par ce retard de livraison (commerçant particulier entreprise …)

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