La Voix De Sidi Bel Abbes

« Complément d’objet d’amour » par Josette Jomaray-Ayroles.

COMPLEMENT D’OBJET D’AMOUR 

« Mon pays natal me manque.
J’avais 19 ans lorsque j’ai quitté ce lieu paradisiaque
Le temps passant ramène à ma mémoire des images de ce pays qui m’a construite.

Femmes aux portes du désert.

Les silhouettes de ces femmes enveloppées dans leurs draps blancs immaculés. Elles ondoyaient sous le soleil ardent. La luminosité m’aveuglait mais donnait un charme à tous ces arbres et cette flore exotiques. Arabesques, cailloux dans cette atmosphère de bleus irremplaçables. » (Jomaray)

 

 

         Je suis née le 15 juillet 1943 à Sidi Bel Abbès à la clinique Reigner.

    Mon père se trouve en Allemagne enrôlé pour cette guerre franco- allemande. Je ne le connaîtrai qu’à l’âge de vingt- huit mois.

       A la sortie de la clinique ma mère me ramena chez mes grands- parents paternels maraîchers à la Vallée des Jardins. Rue Lamartine plus précisément.

 

             Au retour de mon père le jeune couple s’installe à la rue Jean-Jacques Rousseau. Mon père s’associe au vulcanisateur Lanié avant de s’installer lui-même sur la route d’Oran au numéro 1.

Ce fut une période difficile pour moi. Je dois apprendre à vivre avec mes parents.

Mes grands –parents, oncles, tantes, voisins me choyaient. Meubles Juan à Sidi-Bel-Abbès, un petit lit cage rose avec deux anges en fer qui se faisait la bise au-dessus de ma tête. Oui il me plaisait au magasin. La nuit venue il n’était plus question que je me couche dedans. Ma mère me donna la main jusqu’à ce que je m’endorme et ce pendant quelques années.

       A l’âge de trois ans je fus inscrite à l’école Chabrière puis à Fénelon jusqu’en quatrième. Le lycée de jeunes filles m’amènera jusqu’au Baccalauréat.

A nouveau déménagement sur la route d’Oran près de l’atelier de mon père.

Il était revenu de la guerre avec les pieds gelés. Sa souffrance est extrême.

Mes parents achètent une villa à la rue Sarcey un petit paradis sur terre où j’ai passé de belles années pendant mon adolescence parmi les fleurs, les palmiers, citronniers orangers amers. Des dépendances qui me permettaient de jouer, des espaces vastes, une vaste terrasse qui était mon refuge où je dominais le quartier interpellée par l’appel à la prière du Muezzin. A vol d’oiseau la Mosquée était bien visible.

Mon père souffre de plus en plus de ses jambes. Il entre à la clinique Raynal pour une petite intervention et en sort deux mois après amputé de la jambe au-dessous du genou. Toute la famille va s’impliquer dans cette situation. Ma mère va rester jour et nuit auprès de lui il est en état d’amnésie et de démence. Il retrouvera ses esprits en revenant à la maison. Il vit sa nouvelle situation aidé par ma mère. Il oublie parfois et chute du lit. L’appareillage se fait à Alger au ravin de la femme sauvage. Un orthopédiste lui fait une jambe sur mesure et lui réapprend à marcher avec. Le séjour aura duré deux mois. Nous sommes logés chez l’habitant.

La rue Duguesclin est rude à monter. Ils vendent la villa. L’avenue Kléber en face de l’usine à gaz sera notre dernière demeure chez nous. Il s’est aménagé une bicyclette avec une pédale.

Nous arrivons à l’année 1958 . Une grenade lancée dans l’épicerie Nahon près du pont de la Mekerra à l’avenue Loubet blesse grièvement ma mère qui s’y trouvait elle sera criblée d’éclats elle restera entre la vie et la mort pendant un mois et gardera à vie tous ses éclats. Un des éclats passé près du cœur faillit lui coûter la vie.

J’ai quinze ans à ce moment. La famille nous entoure. La vie continue. Mon père achète une Dauphine. Nous allons de temps en temps sur les plages passer la journée. Les attentats se succèdent. Les départs des européens commencent.

1961 je passe le baccalauréat au lycée Laperrine et au lycée Lamoricière à Oran. Des coopérants sont venus de France pour corriger les copies. Les copies de ma série ont disparu. L’Académie d’Oran en vacances ne répond pas. En septembre elle se manifeste et nous propose de revenir au lycée. Les recherches vont se faire nous serons avertis. Les grèves se succèdent, personne ne s’occupera plus de nous. D’autres problèmes plus meurtriers se posent. Nous recommençons l’année. L’affaire est étouffée.

En juin 1962 je suis sollicitée et invitée à faire partie d’un départ organisé par l’Institution Fénelon afin que nous passions le Bac à Avignon la maison mère des Trinitaires.

Mon père a décidé que quoiqu’il advienne nous continuerons notre vie à SBA. Il a son atelier de vulcanisation 1 route d’Oran.

Nous vivons les derniers temps dans la frayeur du lendemain de l’indépendance les rumeurs sont mauvaises pour nous qui restons. Je ne veux pas partir je n’ai pas voulu suivre la proposition des religieuses. J’ai passé le Baccalauréat en Septembre 1962 avec succès. Les religieuses m’ont proposé un poste d’enseignante.

Vers le vingt décembre tout va se jouer. La mère supérieure alarme mes parents, trois hommes dans une traction noire veulent me rencontrer. Je ne suis pas présente. Avaient-ils l’air criminel je ne le saurai pas. Elle informe le consulat et aussitôt tout est mis en œuvre pour que nous quittions l’Algérie. J’ai dix -neuf ans et demi. Cette fois mon père et ma mère s’activent pour penser ce départ en urgence. Je ne suis pas prévenue. Un cadre ramassant quelques affaires par un déménageur foireux qui n’aura pas payé son assurance, et nous voilà partis en Dauphine sur Oran pour embarquer aussitôt sur l’El Djezair via Port Vendres.

Départ d’Algérie le 25 décembre 1962.

                                                                                                                           

             

           

                                           

                 A ce moment un trou béant s’installe en moi. Je ne me souviens pas d’avoir quitté notre maison et surtout pas que nous la quittions définitivement. Je ne me souviens de rien sauf d’un grand malaise dans le bateau cabine de première classe où je n’ai pas arrêté de vomir mes tripes croyant ne pas en réchapper. Nous étions le 25 décembre 1962. Je n’avais pas intégré que le bateau s’éloignerait à tout jamais de cette âme que je laissais dans mon pays natal.

     Le cadre, sur le quai de Sète, pillé éclaté vidé plongé dans l’eau, déterminera l’accueil qui nous fut fait. Mais il fallait survivre dans ce pays hostile. Nous fîmes semblant de réapprendre à vivre sans beaucoup de soleil. Sans la chaleur humaine de nos arabes, nos juifs, avec lesquels nous échangions nos fêtes, seuls nous étions, les compatriotes, la famille tous éparpillés sur ce territoire glacial.

Je passerai sur la souffrance due à la réinstallation. Ma vie recommence avec mon entrée à l’Ecole de Sages-Femmes de Montpellier. J’avais vingt- deux ans.

Pas de long fleuve tranquille. Un enracinement qui n’arrive toujours pas à se mettre en place.

L’art s’est emparé de moi alors que je n’étais qu’une petite fille. Enfoui dans un tiroir je l’ai ressorti étant jeune femme. D’autres souffrances sont arrivées. J’ai eu la chance de sublimer par cette discipline.

Une vie d’artiste. Quelques photos montreront que mon âme est bien restée à Sidi-Bel-Abbès le plus beau nom qui soit pour moi il est chantant heureux comme j’ai été heureuse malgré tout.

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6 septembre 2018

 

            Ma ville, mon Pays, mes amis que j’ai grâce aux réseaux sociaux je retrouve cette chaleur qui m’a tant manquée avant de pouvoir remettre les pieds dans mon pays dès que je le pourrai si Dieu le veut.

InchAllah !


Liens :   http://data.bnf.fr/14608144/josette_jomaray-ayroles/

https://www.ladepeche.fr/article/2014/03/27/1849085-balma-l-artiste-jomaray-ouvre-son-atelier.html

https://www.ladepeche.fr/article/2008/12/06/504347-gaure-peintures-jomaray-vigne-symbole-vie.html

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=73841

Posté par le Sep 6 2018. inséré dans ACT OPINIONS, CULTURE, EVOCATION, MONDE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

38 Commentaires pour “« Complément d’objet d’amour » par Josette Jomaray-Ayroles.”

  1. Mme CH

    Une belle femme…..souriante, qui a bien la tête sur les épaules, une artiste,….. j’aime bien le tableau Femmes aux portes du désert…même si je voudrais bien comprendre le fond de la toile…!!!
    une belle/triste histoire vécue en Algérie française mais en face il y a des histoires horribles…!!!
    « un petit lit cage rose avec deux anges en fer qui se faisait la bise au-dessus de ma tête… », je me demande ce qu’avaient les filles « indigènes » au dessus de leur tête lorsqu’elles dormaient par terre sur une Hssira…….?

    « Les attentats se succèdent. Les départs des européens commencent. »
    « D’autres problèmes plus meurtriers se posent…. » Notre amie l’artiste ne nous dit pas qui étaient à l’origine de ces attentats…???

    « Je ne veux pas partir je n’ai pas voulu suivre la proposition des religieuses. »…Pourquoi les religieuses ont insisté pour que vous partiez, pourtant plusieurs familles sont restées à SBA, y compris les religieuses…!!??

    Mais, il y a une chose qui taraude l’esprit de ma petite cervelle d’autruche….notre amie Josette n’a pas dit un mot sur les belabbésiens autochtones, ni si elle avait une petite copine « indigène » par exemple…!?????

    Encore une petite chose, à toute fin utile, les femmes ne sont pas enveloppées dans un drap blanc, mais dans un Haïk, un tissu spécial (fabriqué à partir de tissu de laine, de soie ou de soie synthétique par des tisserands) …..

    Tant que cela reste un Complément d’Objet Indirect d’Amour…..il n’y a aucun problème…!
    Soyez la bienvenue chez nous chère Josette…!

  2. Mémoria

    Notre soeur Imène me rappellait que la guerre est un drame humain et nous devons respecter ses traumatismes ! La guerre et ses réminiscences alimentent à posteriori l’Art par ses « convois » d’estropiés,traumatisés ou tout simplement ses spectateurs de proximité comme les enfants de la tourmente,des déplacements d’une mobilité « asociale ».La guerre et ses violences détruisent… et l’art et la création culturelle essaient de restructurer ce qui a été soufflé,blasté,brûlé,perforé,criblé et éparpillé aux quatre vents de la détresse humaine !
    Témoignage poignant d’un vécu d’une enfant de la vallée des jardins de Sidi Bel Abbès qui se relèvera difficilement d’une séparation brutale de ses enfance et adolescence qu’elle réussira à sublimer à l’âge adulte grâce aux arts plastiques dans lequels elle s’investira totalement .Jomaray l’artiste n’est pas une inconnue pour certains belabbésiens surfant sur les réseaux sociaux et elle renouera ce contact avec …ses souvenirs sur la Toile…et les toiles et peintures très personnalisées du terroir ! Merci Josette pour cet hymne à l’enfance et à l’Art !

  3. Mme CH

    Et celui qui n’a pas eu la chance de connaître l’art et la création culturelle, qu’est ce qu’il fera…?? Qu’est ce qu’il deviendra seul avec tout ce qui été « soufflé, blasté,brûlé, perforé, criblé et éparpillé aux quatre vents de la détresse humaine… » ???? Des crimes qui sont restés jusqu’à ce jour impunis…!!!

    Et qui respecte les traumatismes de ceux qui ont été colonisés…?? En tout cas les traumatismes de ceux qui ont colonisé sont incomparables devant les traumatismes de ceux qui ont été colonisés, les premiers ont choisi, les autochtones ont subi…!

    Ceci dit, je salue l’artiste et son art…qui a été le fruit d’un « traumatisme » ou peut être un remède pour ce « traumatisme »…..!

  4. MS

    Enfant, j’étais traumatisé pendant cette période par la misère et surtout le froid en hivers, dans un haouch de graba………….enfin je ne peux raconter la suite.

  5. Mémoria

    @Mme CH
    Le Cygne des temps incertains continue de mélanger les usages protocolaires relevant d’un Ministère de l’art et de la culture avec la gestion à la prussienne d’une artillerie lourde comme… dissuasion pour ne pas débattre ! Les discours pompeux et populistes n’ont pas eu raison de la sagesse de l’Agora fataliste allergique au double langage .Entre une artiste PN qui exhibe son amour à la terre de son enfance et son environnement ressenti puis projeté sur les arts plastiques,je doute de votre compétence in case et je vous vois plus héliportée pour récupérer un ancien Ministre des anciens moudjahidines -Shérif de son district en son temps- en perdition depuis plusieurs années en territoire « ennemi »…pardon je voulais dire en France !

  6. Imène

    Azzul !
    C’est terrible !
    Je me sens tiraillée entre le ton conciliant , réparateur , dépassionné de Mémoria , et le pragmatisme froid de Mme CH qui ne laisse place à aucune empathie !
    Le témoignage de Josette Jomaray est d’une sincérité désarmante ..on se prendrait presque en sympathie pour cette enfant de PN qui « exhibe son amour à la terre de son enfance « ,où elle coulait des jours heureux « parmi les fleurs, les palmiers, citronniers orangers amers. » dans la villa rue Sarcey , un paradis su terre ..
    Moi , je ne trouve pas son récit » poignant « comme le décrit Mémoria : Josette a eu une enfance paisible au sein d’une famille aimante et très soudée – malgré les petits aléas de l’existence – vient ensuite la guerre , ses déchirements , les départs des européens , et enfin le refuge dans l’art , l’art salvateur ! a travers quoi elle va renouer avec le passé et les souvenirs heureux dans le pays qui l’a vue naître, du temps où les siens dominaient en maîtres absolus dans l’Algérie colonisée ..un récit touchant somme toute , bourré de nostalgie et on peut le comprendre .. Mme CH, elle , a cette « fâcheuse « tendance à ne jamais considérer les faits comme ils se présentent , mais à toujours fouiner dans l’envers du décor , les entre les lignes , les couleurs de l’arc –en ciel , ah ! J’allais oublier : les angles de vision !! ( je les connais tous ! lol ) Avec elle , c’est la piqûre de rappel dare –dare ! et pas question de lui faire avaler des couleuvres , ni les choux fourrés à la crème !! Bon , est ce vraiment un tort ? Oui et non ! Bien sûr , les traumatismes , les souffrances des uns et des autres ne sont pas les mêmes ! c’est le jour et la nuit ! Bien sûr que dans cette histoire qui n’a pas dit son dernier mot il y ‘avait un oppresseur tyrannique et des millions d’opprimés : Non ! on n’est pas du même côté de la barrière , ni du même monde …mais , mais , on aimerait juste « dépassionner « les différends qui nous divisent , tourner la page soigneusement sans la déchirer ..spécialement lorsque l’auteur (e ) du récit ne cherche pas à légitimer la colonisation ou quoit que ce soit …Au fait Khayti ! le père de la Josette n’a pas fait la guerre d’Algérie , il guerroyait contre les Allemands , une fois rentré on lui a amputé la jambe …Tu sais , les enfants de PN – dont les mains ne sont pas entachées de sang – c’est comme les enfants des Harkis , ils ne sont pas à priori responsables des méfaits de leurs parents .
    Khayticalement .

    • Hamza

      Salem, azull Imene j ai écris un commentaire du même Style a Mme CH mais n a pas été publié je ne sais pourquoi.? Moi j ai raconté à Mme CH que la gamine ne savais même pas qu’elle été dans un pays colonialiser et surtout j attendais une réponse hihihi ( Tu as retourné ta veste )et peut-être pire mais bon mon com n est passé khaycalement Hamza Toba

  7. Imène

    Salut Hamza !
    C’est trés possible qu’elle ne savait pas , c’était une enfant et à l’école on leur apprenait que l’Algérie était une terre Française …ses parents voulaient rester , mais les attentats , l’insécurité ont précipité leur départ , elle avait 19 ans . Autre chose , dans bcp de livres que j’ai lus , j’ai souvent rencontré l’expression  » drap blanc immaculé  » pour désigner  » el haik « ..mais comme le fait remarquer notre amie la CH , on peut penser que Josette n’était pas assez proche des indigènes de son âge , sauf peut être leur femme de ménage qui portait le drap blanc avant de sortir …
    Tu sais Hamza , moi j’ai envoyé une foultitude de postings qui me semblaient tout à fait anodins et qui ne sont pas passés ! L’Admin a ses raisons , et les voies de la Voix sont impénétrables mon frère ! Maaliche !
    Khaticalement .

    • Mémoria

      L’Internet,surtout son débit fait des siennes cette semaine surtout en ce qui concerne les téléchargements .Algérie Poste avait annoncé la nouvelle sur la presse puis s’est ravisée en publiant un contre-communiqué…Tout juste si les pages s’ouvrent et ça s’arrête là ! Les clients payeront la facture quand même puisque les pages se sont ouvertes…sans télécharger les coms et autres dossiers des abonnés ! Terrible dites-vous Imène pour trouver un juste milieu…Mme Ch n’aime pas qu’on la critique .Elle est sûrement scientifique comme une fiole de laboratoire !Heureusement que l’épistémologie existe ! Bonne soirée !

  8. belamri abdelkader

    Restons pragmatiques , la dame ne plaide pas la colonisation pour se voir incriminer par des insinuations ; elle parle d’un déracinement qui peut être universellement attribué à quiconque ayant vécu sur une parcelle géographique sans définir avec exactitude pourquoi elle se trouvait là à s’imprégner du bien et du mal pour s’acclimater physiquement , intellectuellement et spirituellement du lieu et se voir , pour des raisons qui la dépassent, arracher à ses racines et basculer vers un inconnu qui ,peut être,la laissera vivre ce qu’elle a vécu elle -même avec les indigènes qu’elle a connus et peut être aimés .Alors soyons tolérants et je préfère un  »ennemi » d’hier qui compatit avec cette terre qu’un frère d’aujourd’hui qui m’abreuve de discours hypocrites pour ne jamais se départir dans ses idées cachées pour son amour à la FRANCE de ses comptes en banque , de l’université où vont ses enfants et les hôpitaux où toute sa famille se soigne.

  9. Hassan

    J’ai lu avec intérêt le texte de Mme Josette Jomaray et pour cause j’ai vécu à la même époque et au m^me lieu qu’elle. Je me rappelle trés bien des jeunes lycéennes de l’école Fénélon avec leurs corsages blancs, leurs jupes et chapeau marrons et leurs soquettes blanches.
    Effectivement les arabes et les européens se côtoyer mais ne se sont jamais rencontrés. C’est comme deux lignes parallèles , comme on le sait tous, qui ne se rencontrent jamais sauf si la grâce de dieu le permet. Dans notre cas cela ne s’est pas passé c’étaient deux solitudes.
    Je me rappelle trés biens des cafés, de la discothèque , du théâtre des alentours de la place Carnot ou les seuls arabes qui y avaient accès étaient des serveurs ou des ouvriers (res) qui faisaient le ménage. Pour les européens c’était  »El Bled » c.a.d le centre ville avec ses magasins, le primtania, la rue principale ou les jeunes et moins jeunes se tenant bras dessus bras dessous faisaient le boulevard. C’était Charmant. C’étaient le bon temps aurait dit n’importe quel colonisateur .
    Quand aux arabes ils vivaient dans leur univers: El Grabas avec Etahtaha avec ses médahas et Issaouas. Nos femmes étaient très belles et surtout très coquettes. Elles portaient avec un chic inouï  »El malhfa » qu’elles remontaient avec un geste calculé pour laisser entrevoir leurs mollets. Elles ressemblaient aux vestales ou à aphrodite.
    Chaque partie des habitants de Sidi Bel Abbès vaquait à ses occupations pour vivre . Il y avait de pauvres européens qui trimaient dur pour gagner leur croûte , surtout les espagnoles . Les arabes par définition étaient vu comme des sujets devant servir leurs maîtres. Un jeune pauvre arabe qui avait la chance d’étudier savait à l’avance que le maximum qu’il pouvait atteindre c’était d’être un instructeur dans une école primaire. Il pouvait lire et écrire la langue arabe seulement s’il l’a choisie comme langue étrangère. Bien sur nos ancêtres étaient des gaulois , mais parfois on entendait parler de sarasins (?).
    La gale, la teigne ,les poux et la misère étaient les compagnes des pauvres petits paysans qui vivaient dans les taudis (gourbis) et se nourrissaient pour la plupart de  »Tchicha) ou du coucous au lait. Les occasions pour manger de la viande étaient exceptionnelles.
    La communauté européenne n’a jamais voulue que la communauté indigéne soit son égale: Impossible. Les mariages mixtes : impossible.
    La vie à Sidi Bel abbés et en Algérie ,en général, était vu par chaque communauté à travers un prisme qui ne montrait que ce qu’on voulait voir.
    Le souvenir est un magicien et en ce sens je comprend parfaitement les sentiments de Mme Josette Jomaray pour son lieu natal. Je comprend aussi la déchirure de son exile en  »Terre étrangère » avec ses jours noirs et froids l’hivers. Rien n’empêche cette dame de revenir visiter sa ville natale.
    Moi je me rappelle de cette époque comme la plus sombre de ma vie , plus sombre qu’un trou noir. Puis ce fut le jour! le jour de l’indépendance!  »Jaa el hak ou zahouka el batal ina el batila kana zhouka ».
    A chacun son destin et à chacun son chemin (Comme le dit si bien la chanson).

    )

    • Mémoria

      Très beau témoignage où notre frère Hassan sait marier le subjectif du vécu et l’objectivité sociologique d’un espace/temps que des centaines de milliers de personnes,pour la plupart décédées aujourd’hui, ont assumé bon gré mal gré ! C’est vrai que le temps a dilué trig er raya/Ligne de démarcation .La règle était générale pour Hassan et nous tous mais des exceptions à la règle ont existé ! Qu’avons-nous pas entendu comme histoires d’amour surtout entre les espagnoles d’origine et nos anciens qui étaient très proches de par leur mode de vie précaire vivant parfois dans les mêmes maisons à cour intérieure hispano-mauresques ou haouchs .Des confessions ont existé sur des liaisons que le diktat du colonat refusait ;elles ne durèrent que le temps d’Aphrodite .Néanmoins le devoir de mémoire et d’histoire nous oblige à écrire que des idylles réussirent et se terminèrent par un mariage et beaucoup d’enfants entre feu le Beau Belabbès et la belle PN Isabelle…au Bario Alto !Nous garderons que les prénoms où chaque quartier eût ses histoires en pleine tourmente coloniale. Un autre couple mixte est décédé il y plusieurs décennies -après l’Indépendance-du côté des Amarnas,une histoire d’amour où il n’y eût pas d’enfants mais une longévité sans histoires ! C’est vrai Si Hassan et Si El Gambetti que je salue,c’est vrai que Josette est une artiste et « qu’elle ne plaide pas la colonisation » comme vous le dites si bien et qu’elle a droit de revoir le sol de ses souvenirs…J’espère que Mme CH n’aura pas mal interprété mon précédent com sinon je peux lui assurer que ce n’est qu’un malentendu ! J’espère qu’elle n’exigera pas « ma »repentance puisque cela est à la mode avec le rebondissement de l’affaire Maurice Audin ! Bonne soirée !

      • Imène

        Azzul !
        Je le confirme , le service internet ,si chèrement payé , est de qualité exécrable : L’arnaque n’a que trop duré !
        En effet , c’est un très beau témoignage , mais voyons ! venant de Hassan c’est sans surprise : Les affres de la colonisation , son lot d’injustices et de souffrances , pour lui , ce n’est pas que de la littérature , il l’a vécu ! A maints endroits sur la VOIX , il est revenu sur les souvenirs très durs – et combien émouvants – qui ont marqué sa petite enfance , et qu’il raconte avec une sincérité confondante , el hamdoulilleh le fils de la dechra s’en est plutôt bien sorti , même grandi ! comme dirait , l’épreuve qui ne vous tue pas vous renforce ! là , encore , comme à chaque fois que je lis ses témoignages poignants sur ces épisodes de notre histoire j’ai l’impression d’écouter Turambo , cet héros tellement attachant de yasmina Khadra ,et personnage principal de « les anges meurent de nos blessures « qui raconte la misère des siens confinés à el Graba , quartier mythique de SBA , dans une Algérie « soufflée , blastée, brûlée, perforée , criblée et éparpillé aux quatre vents de la détresse humaine… » ( Merci Memoria ! )
        Pour les mariages mixtes , des exceptions à la règle ont certainement existé , déjà au 19 eme S. avec Aicha bent ouled Ezzine ( je crois de T’lagh ) et Joseph le roumi ! mariés en 1854, ils eurent une ribambelle d’enfants ! plus proches de nous en 1965 la militante Djamila Bouhired , et l’avocat Jacques Vergès , deux enfants sont nés de cette union jugée « incongrue « mais …voyez vous cher Hassan , l’amour se moque bien des convenances , de l’histoire et de la géographie réunis !
        Ah ! hassen : pour la taguella , je ne connaissais pas , j’ai cherché : je n’ai-me – pas- du- tout !!! vous en prendrez avec Memoria et 3mirouche , ma sœur et moi , non merci ! en revanche le thé des Touaregs , parait il , c’est fort ! mon amie la CH va ramener la tarte au citron..mais où elle est passée ma khayti ??? On attend un peu avant le balagh .in chaAllah t’koun bekheir w besseha jaidda .
        Khayticalement ,
        Mme CH , si tu me lis : Salameettttt !
        Esxtraits et passages de « les anges meurent de nos blessures «

        • Imène

          Ah , j’ai oublié ! Pour ceux qui ne connaissent pas le livre de Yasmina Khadra , je vous conseille extraits et passages de  » les anges meurent de nos blessures  » sous forme de citations . trés interessant .

        • Mme CH

          Salam et merci Khayti Imènus…! ça va , je ne suis pas très loin….je respire un peu d’air frais sur les monts de Tessala….espérant assister à des sauts sans parachute, mais en vain…!

          En tant que scientifique, j’ai appris que l’exception ne fait pas la règle…là, si on suppose qu’il y a vraiment exception…! Car je me rappelle une autre artiste R.T qui s’est avérée après des échanges vifs, être une fervente sympathisante de l’OAS… mais bon accordons le bénéfice du doute….!!!

          Tu sais chère amie, en respirant l’air frais, il m’est venu à l’esprit (d’autruche) qu’il nous fallait deux petites choses (après avoir lu certains commentaires):

          1/ construire un mur de lamentation (bis) à SBA pour permettre aux Corneilles noires et leurs adeptes de venir pleurnicher au moins une fois par an sur leur sort et le paradis perdu…

          2/ Chanter « l’Hymne à l’Amour » d’Edith Piaf à la place de « Kassaman » de Moufdi zakaria, avec un petit bonus « La vie en rose » d’Edith Piaf ….

          Pendant que certains de mes compatriotes sur la rive Sud caressent les oiseaux dans le sens des plumes noires , sur la rive Nord, ces oiseaux (la majorité) révisent l’histoire, réhabilitent et érigent des stèles à la gloire des terroristes de l’OAS, occultent et nient l’existence des accords d’Evian, empêchent la tenue de colloques sur la guerre d’Algérie, demandent la restitution de leurs soi-disant biens, grossissent les rangs du FN, …etc…etc…!!! Pôvre de Nous….!

          Tiens, cela me fait rappeler le grand visionnaire Malek Bannabi et son concept de « colonisabilité » et de la horde des « colonisables »….!!!!

          « Les facteurs de la décadence sont multiples : les problèmes de la culture, la lutte idéologique qui est une véritable guerre utilisée contre nos valeurs et nos idées, la fermeture des portes de l’Ijtihad, après la destruction au 13ème siècle de Bagdad, capitale de la vie intellectuelle, la foi dévote sombrant dans le maraboutisme, la négligence des sciences et de la technique, l’enseignement figé, l’absence de toute action positive, le divorce d’avec la pensée, l’absence de vision sur l’avenir, donc «colonisabilté». Affaiblis par ces facteurs internes de déliquescence qui définissent le concept de «colonisabilité», les pays musulmans sont devenus des terres d’invasion coloniale, laquelle n’est qu’un facteur externe accablant pour ainsi dire : «Il n’y a pas de colonisation sans colonisabilité». Au 19ème siècle, les pays de l’axe Tanger-Djakarta « axe des colonisés – colonisables», ont subi la domination : leurs territoires occupés, leurs ressources exploitées, leurs cultures et leur histoire sabotées, leur dignité atteinte… »

          «Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre»

          Ceci dit, je me demande pourquoi notre belle artiste n’est pas encore venue nous rendre visite ou exposer ses belles toiles au public belabbésien/algérien, elle qui aime tant SBA….!

          Au fait, chère amie, la tarte au citron à la meringue n’est pas encore prête, alors fumons du thé en attendant et restons éveillés le cauchemar continue… plus chaud que ce pragmatisme, il n’y en a pas…!!

          Salammmmmeeettttt…!

          • Imène

            Mme CH bonsoir ! HI all …
            Je vois que ces quelques jours au grand air t’ont donné du punch ya oukhti , et une humeur plutôt querelleuse !
            Alors un mur de lamentations à bel3abbes , l’hymne de Piaf , la colonisabilité !! eh , ho !! tu n’y penses tout de même pas ! charaki t’gouli ??? Choufi khayti , Je vais t’expliquer : supposes que toi ( ou moi , ou autre ) tu sois née dans une autre « parcelle géographique « ( pour dire comme Belamri AEK ) où tu as passé une enfance et une jeunesse heureuses , insouciantes , sans nuages , …yek ? tes parents , pour des raisons qui te dépassent , que tu ne comprends pas , décident de rentrer au pays ..essayes d’imaginer l’angoisse que tu peux ressentir par ce départ forcé , ce déracinement brutal ?? une fois installée au pays de tes origines , parceque toi , ton pays , tes souvenirs , tes attaches c la bas ..quel souvenir garderait tu alors de cette parcelle perdue à laquelle tu étais tant attachée ? c’est dans cet esprit que mes camarades et moi considérons la quête de Mme Jomaray et tous les PN désireux de renouer avec leurs souvenirs d’enfance , fouler la terre qui les a vu naître , visiter leurs maisons , leur écoles , réciter une prière sur la tombe de leurs parents et aïeux …pas plus que ça ! évidemment sont exclus de cette démarche les activistes ou sympathisants de l’OAS , les apologistes de la colonisation , ou ceux dont les mains sont entachées de sang …tout ceux là sont PNG -persona non grata – maintenant , ce qui se passe dans l’autre rive , avec ces stèles érigées à la gloire des criminels , que veux tu khayti , ils sont chez eux , en démocratie , ils font ce qu’ils veulent ..à titre perso je me fiche – mais complètement – de savoir que les rangs du FN grossissent … de toute façons le monde est un grand foutoir ! Bref , est ce que tu m’as compris ? ni mur de lamentations , ni colonisabilité , mais juste un hymne à la Paix !
            Azzulcalement.

            • Mme CH

              Salam chère amie Imènus…!! Moi, une humeur querelleuse …mais pas du tout…c’est juste ma façon de voir et de dire les choses…surtout quand je lis entre les lignes….!!

              Tu me demandes de supposer…..mais la colonisation n’était pas une supposition c’était la terreur sur terre…!! Et puis, nos parents n’ont colonisé aucune « parcelle géographique »….!! La nostalgie d’un pays où on est né, ou on a vécu, ou trimé….est une chose tout a fait normale, mais la nostalgie d’un pays que des parents ont colonisé, n’est pas normale, au contraire, ils devraient regretter, et demander pardon aux algériens pour le mal que leurs parents ont fait et les crimes contre l’humanité qu’ils ont commis…..c’est la moindre des choses………….quant à la douleur des enfants des PN qui étaient en bas âge à l’indépendance…..on la comprend….!

              A ce que je sache, les Corneilles noires ont été accueillies sans aucun problème en Algérie, pour réciter une prière sur la tombe de leurs aïeux qui nous ont colonisé et tués nos aïeux , ou visiter leurs maisons construites sur la terre de nos ancêtres ou leurs écoles qui étaient interdites aux petits « indigènes arabes »…etc…donc personne ne les a empêchés de venir en touristes, d’ailleurs, je me demande pourquoi Mme Jomaray n’a pas encore fait le voyage à SBA qui lui manque tant…Ils seront toujours les bienvenus chez-nous…!

              Au fait, chère IM 16-05, comment comptes-tu procéder pour faire le tri afin d’exclure les PNG, car en façade, ils sont tous beaux, gentils, souriants et aimables , as tu des listes établies…???

              « ce qui se passe dans l’autre rive , avec ces stèles érigées à la gloire des criminels , que veux tu khayti , ils sont chez eux …. » Ah bon, alors nous aussi on est chez-nous en démocratie et on pense, dit et fait ce qu’on veut…!

              Pour chanter l’hymne de la paix, il faut être deux, mais sur l’autre rive, beaucoup n’ont pas encore gobé le fait que les « indigènes » sont libres maintenant..ils demandent même la restitution de leurs biens…..et tant que ces nostalgériques existent…l’hymne de la paix ne sera pas chanté…!

              Azzulcaleeeeettttttt…!!!

              • Mme CH

                Chère Iménus, j’aimerais bien savoir ce que tu penses de l’article qui suit, d’ailleurs, je voudrais même connaître l’avis de notre artiste Mme Jomaray sur ce qui suit…! Merci..!

                « Des pieds-noirs créent un Etat et veulent «un bout de territoire» en Algérie » (AP, le 4/11/2017, K.B).

                « Dans le sillage des mouvements indépendantistes qui ont défrayé la chronique ces dernières semaines, des pieds-noirs ont décidé de créer un «gouvernement provisoire en exil».

                Le quotidien régional français Midi Libre, qui rapporte l’information, explique que cette initiative insolite «lancée il y a quelques mois (…) entre dans sa phase concrète». Il s’agit, écrit le quotidien paraissant dans le Sud-Ouest de la France, d’une sorte d’Etat «baptisé Fédération des deux rives» et dont la création a été «actée lors d’une réunion organisée près de Montpellier».

                Cette instance est présidée par Pierre Granès et comprend un «parlement» composée de trente-cinq «députés désignés». Le parlement est présidé par Christian Schembré, président montpelliérain de l’Association pour la promotion du peuple pied-noir, souligne le journal, qui ajoute que le «gouvernement» est composé de treize ministres et est dirigé par Jacques Villard, cofondateur du «Cercle algérianiste» en 1973.

                «La création de notre Etat s’appuie sur la Convention de Montevideo du 26 décembre 1933 qui officialise le droit des peuples à se constituer en Etat. Or, le peuple pied-noir est une réalité de 5 millions d’âmes, dont 1,3 million résidant en France», explique Jacques Villard au Midi Libre.

                L’«Etat» créé par les pieds-noirs comporte également des ambassadeurs et est doté d’un drapeau et d’un hymne, note-t-on. Les initiateurs de ce projet extravagant cherchent à acquérir un territoire «entre Gênes et Alicante». Ils ont adressé un courrier au président Abdelaziz Bouteflika auprès duquel ils ont sollicité une audience pour lui «présenter l’initiative», a affirmé Jacques Villard, qui semble vouloir obtenir «un bout de territoire» en Algérie…. »

                Petit à petit l’oiseau fait son nid…!!

                • Imène

                  Mme CH : Bsr ! tlm…
                  J’ai vu cet article il n’y a pas longtemps sur AP : d’abord estomaquée par le culot de ses PN en état de pétage de plombs ! même le quotidien régional FR qui a révélé l’info a qualifié leur projet de « initiative insolite « Avec le recul , moi ce qui me fait vraiment peur ce n’est pas ces divagations de PN séniles et revanchards , mais ce qui se trame dans l’ombre , et les réponses – à venir – des nôtres aux multiples requêtes des anciens d’Algérie …déjà avec Mr. Ouyahia , piqué par on ne sait quelle mouche avait jeté un pavé dans la mare avec cette histoire de « booster les exportations « en faisant appel aux PN…tu sais , ils sont capables de tout, wallah ! il ya un « tayyar harki s’hih « ( un courant Harki solide , bien positionné dans les hautes sphères : vraiment flippant ! khalli el bir beghtah !
                  J’ai cru comprendre qu’ils veulent – entre autres , acquérir un territoire entre Gênes et Alicante « Pourquoi pas Nice ? anyway : Allah y’ssahel , 9ilouna bark !
                  Pour ce qui est du tri entre PN et PNG : ya khayti je ne sais pas ! Je suppose qu’il doit y avoir des fichiers pour ces touristes , comme pour tous les étrangers résidents ou pas dans notre pays : on ne rentre pas dans n’importe quel Bled comme dans un moulin ! Les PNG seront interdits d’accès en Algérie hada ma kan .
                  Azzulcalement.

    • Amirouche

      Hassan,

      Twahachnek si Hassan. Qu’Allah te protège.

      • Hassan

        @ Si El Hadj Amirouche, je te remercie et je prie dieu pour te préserver du mal et t’accorder la santé afin que tu continues à alimenter la VSBA de tes commentaires. Les vicissitudes de la vie nous empêchent parfois d’être présents , mais je lis avec plaisirs tes écrits ainsi que ceux de nos sœurs Imène et Mme CH . Je profite de l’occasion pour les saluer ainsi que notre Grand et inimitable Mémoria.
        J’espère qu’un jour nos routes se croiseront , ainsi qu’avec nos sœurs Imène et Mme CH, et Mémoria pour prendre un thé au Sahara accompagné d’une  »Taguela » bien de chez-nous.
        Bien le bonjour à toutes et tous .
        Hassan vous salue bien.

    • Hamza

      Salem, Merci Si Hassan très beau témoignage mon beau père m’a raconté comment c été a la compagne franchement très dur et rabessant certain pied noir me disaient qu’ ils ne voyaient pas se qui se passé a la compagne et vous vous venez de nous raconter ce qu’ils ne voulez pas nous raconté ou ne voyer même pas merci si Hassan Hamza Toba

  10. MS

    La bonne dame a fait des dizaines d’expositions à travers le monde, pourquoi n’a t-elle pas pensé à une petite galerie d’art en Algérie ou dans sa ville natale? A travers ses toiles et son site web , cette artiste parait toute heureuse et épanouie , avec des couleurs vives et éblouissantes. L’objet de l’art n’est pas la nature mais l’esprit, il ne semble donc pas devoir se contenter d’imiter la nature, ou de reproduire la réalité qui nous entoure.

  11. Argos

    Je comprend tout à fait ce que que ressent cette honorable Dame en pensant au pays qui l’a vu naître et à la ville de Sidi Bel Abbés où son âme traîne encore dans ses ruelles animées et joyeuses comme autrefois. Bien sur que la France nous a massacré mais tous les Français n’étaient pas des tortionnaires qui faisaient suer le burnous de l’Arabe, même parmi les militaires il y avait des objecteurs de conscience qui désertèrent les rangs de l’armée pour aider nos combattants et d’autres aussi parmi les civils qui savaient et ne les dénonçaient jamais.
    Souvenir : Déjà pour nous les petits, cette fin annoncée de l’occupation coloniale début de l’année 1962, il n’y avait plus d’école l’après-midi, c’était plutôt amusant, des vacances tout le temps et la rue comme aire de jeu. Quand les premiers combattants apparurent dans le village après la signature du cessez le feu du 19 Mars, on sentait que c’était bientôt la délivrance, on allait enfin être libre comme le vent. Les gens les entouraient, empressés, respectueux, se pâmant d’admiration devant leur tenue de combat et leurs fusils en bandoulière. Ils déambulaient sereinement en terrain conquis sous les youyous des femmes excitées à chacun de leur passage. Au début, on craignait un affrontement avec les gendarmes supervisant l’évacuation des dernier pied-noirs mais il n’y a pas eu de confrontation et la cohabitation fut scrupuleusement respectée selon un accord tacite entre les belligérants. Des chefs d’îlots furent aussitôt désignés dans chaque quartier du village pour organiser des défilés où nous marchions au pas cadencé en chantant des chants patriotiques d’un nouveau genre, fini la gloire à la « Marseillaise » place au serment de « Kassaméne » ! On était tous fière de nos armes en bois que l’on portait sur l’épaule pour défiler au pas cadencé devant les villageois, émerveillés par autant de mise en scène. Mis à part quelques harkis enfermés à double tour chez eux de peur des représailles ou ceux des français qui hésitaient encore à rester ou à partir? Tout le monde était joyeux dans une liesse collective où les hommes et les femmes étaient mélangés pour rire et danser comme pour exhumer une longue souffrance. Subitement tout devint paisible le 5 juillet 1962 sous le drapeau vert, blanc, frappé de l’étoile et du croissant rouge qui flotte désormais sur le toit de la mairie du village, devant laquelle une foule de tout rang, de tout âge euphorique criait sa joie d’être enfin libre ce jour tant attendu de l’indépendance qui nous délivra de la nuit obscure du colonialisme.
    Après les festivités de la libération, j’étais content de retrouver mon école, sans Mr Garcia parti depuis longtemps mais avec les mêmes fables de la Fontaine que j’ai eu tout le temps d’apprendre par cœur! J’étais triste aussi car mon copain d’enfance Joaquim n’étais plus là pour me prêter ses billes et partager son goûté dans la cour de récréation. Nous avions le même âge et habitions le même quartier où nous partagions presque toutes les aventures de notre enfance. Juste après le cessez le feu où régnait le chaos à travers le pays, il a quitté sa maison précipitamment pour ne jamais plus y revenir. Je ne savais rien de ce départ prématuré ; mais après avoir lu des reportages sur le rapatriement des Français d’Algérie, j’imagine que lui et les siens ont dus en souffrir comme tant d’autres familles qui avaient suivies le même chemin d’un exil forcé. J’imagine aussi qu’en ce début du printemps capricieux où alternaient soleil et ondée, Isabelle la mère de Joaquim trouvait peut être encore belle cette journée, malgré un départ imminent vers un ciel inconnu dont elle ignorait encore la beauté. Elle était peut être restée un long moment derrière la fenêtre qui donnait sur le jardin de son mari pour méditer sur son sort. Sur l’un des grenadiers en fleur au bord du ruisseau, elle guettait le couple d’oiseaux qui donnait leur concert de piaillement joyeux . Elle semblait puiser dans cette contemplation matinale l’espérance, l’énergie qui lui permettra d’affronter les événements qui s’annonçaient terribles ces derniers jours. Isabelle avait peur bien qu’elle n’avait rien à se reprocher envers ses voisins arabes, surtout leurs femmes dont ma mère qu’elle fréquentait dans une ambiance sereine en se partageant les recettes de cuisine et en se rendant des menus services quand le sel ou le sucre venait à manquer. Mais Isabelle était légitimement inquiète pour sa famille, pour ses biens qu’allaient-ils devenir maintenant que l’indépendance de l’Algérie était inéluctable ? C’est ainsi qu’un jour c’est en toute hâte que la famille Morias quitta le village discrètement, laissant derrière elle tout un pan de sa vie et de son histoire. Direction probablement le port d’Oran pour un embarquement immédiat vers la France ce pays qu’elle n’a jamais connu. La région était à feu et à sang, pour ceux que l’on appelait alors les français d’Algérie, il a fallu faire les valises et vite déguerpir. On craignait une vengeance, les règlements de compte dont la rumeur rapportait son lot de morts inutiles ayant déjà commencés dans les grandes villes comme Oran ou Sidi Bel abbés. C’est ainsi que Joaquim mon copain d’enfance, ce grand blond aux yeux rieurs qui a partagé toutes mes facéties et ma bonne humeur, est parti sans me dire au revoir. La traversée en bateau aurait eut presque un goût de vacances pour lui, si ce n’est qu’il allait vers une terre inconnue à laquelle il fallait s’adapter à nouveau. Dans ce bric-à-brac, constitué de bagages, de petits mobiliers, de tout ce qui pouvait compter dans la vie de ces exilés, ils avaient l’air perdu ces voyageurs hagards quittant précipitamment leur pays et prenant conscience du drame qui s’y déroulait. Depuis ce que l’on appelait alors pudiquement les événements d’Algérie où le fossé entre les deux communautés s’était encore élargi, impossible de vivre ensemble maintenant. En pensant à ce tragique dénouement Isabelle était triste, elle avait du mal à retenir les larmes qui coulaient sur ses joues.
    -où va-t-on maman ?
    Demanda soudain le petit Joaquim en salopette
    -Là où il fait moins chaud, mon chéri…Murmura Isabelle la voix pleine de sanglots.
    -On reviendra quand? Répond l’enfant
    -Ça m’étonnerai, répliqua la mère sur un drôle de ton comme si elle retenait sa peine.
    Appuyé au bastingage du pont supérieur et insouciant, Joaquim tend sa main en direction d’un cargo qui rentre au port dans l’autre sens à tribord, ainsi va la vie semble dire ce bateau fantôme au creux de la vague ignorant le danger. Les couleurs du jour sont inversés maintenant que le soleil est au zénith, le ciel est devenu d’un bleu épais uniforme comme pour bien éclairer le chemin du retour. En quittant le port, au bout de la jetée, Isabelle a entendu pour la dernière fois depuis le grand minaret de la ville, l’appel à la prière du dhohr du Muezzin et elle a ressentit ces incantations de plus en plus lointaines comme un adieu douloureux. Ceux qui n’ont pas vécu ces moments là ne peuvent pas comprendre objectivement cette histoire, in fine ce sont les capitalistes ou les bourgeois, les politiques et les militaires des deux bords qui en tirèrent profit, regardez-les comme ils s’entendent à merveille et c’est le peuple comme toujours qui est le dindon de la farce. Cela fait des années maintenant que le village est désormais libre, il avait récupéré ses terres, elles étaient le symbole de son indépendance, elles sont devenues le symbole de sa déchéance après une politique agricole désastreuse des nouveaux maîtres de l’Algérie indépendante.

    • Imène

      C’est Ma- gni- fique … Merci Argos ! Pas plus de commentaires .
      Au fait , avez vous essayé de retrouver Joaquim ? Il ya des sites qui peuvent vous aider efficacement dans votre démarche si vous le souhaitez …
      J’essaie seulement d’imaginer les retrouvailles de ces deux gamins devenus grands ! kholalaaaaa …

      • Argos

        Bonsoir Mme Iméne et Mme Ch……….
        La force du témoignage est de rendre compte du ressenti de la personne qui témoigne en l’occurrence ici celui de Mme Josette Martinez (Jomaraya), plein d’humanité au cœur du conflit et contenant des traces de bienveillance qui m’ont intéressées. Bien sur que j’ai essayé de retrouver mon copain de classe ainsi que d’autres du village, mais je crois qu’il était trop tard car le temps a fini par cicatrisé la plaie si bien que parler de cette époque à la fin douloureuse pour lui et sa famille, risquerait de réveiller peut être des cauchemars.
        Non ! Mme Ch… vous n’avez pas le monopole du patriotisme, j’aime mon pays et je suis fier de son indépendance acquise de haute lutte mais je suis déçu par sa gouvernance. Comment ne pas parler de déchéance quand un Président malade se fait soigner à l’étranger. Je serais indulgent si c’était la Russie ou la Turquie pourquoi pas, mais chez l’ennemi d’hier la France, c’est pitoyable ! Ou bien Boutef est entouré d’un staff médical incompétent ou alors il ne leur fait pas confiance et c’est indigne ! Dans cette histoire si controversée entre les deux pays, il y a la conscience du vainqueur et celle du vaincu et entre les deux, il y a conscience qui reste quand le drame est consommé, la conscience des humbles, des inconnus dont je fais parti et beaucoup d’autres qui aspirent selon leur conscience pour que nos relations soient meilleurs. Je pari que notre Ch.. ». » icône du site n’a jamais rencontré un Français pour avoir autant de rancœur. Dans un sketch de Fellag racontait que dans son douar de Kabylie, les gens n’avaient jamais vus l’ombre d’un Français, seule la rumeur apportait son lot de contradiction. Mais un jour alerte générale, les soldats Français allaient investir le douar perché sur une colline. Vite, tout le monde aux abris pour se protéger contre ces féroces soldats Français que la rumeur toujours assimilait à des ogres impitoyables. Les guetteurs enfants restés dehors les aperçurent de loin et tremblaient déjà de terreur. Après quelques heures de crapahute, les voilà enfin ces Français si redoutés : Oh déception ! les Français étaient noirs et même que l’un d’eux demanda à l’un des enfants présents où se trouvait la mosquée, ça alors…. en plus ils sont musulmans comme nous s’esclaffa le gamin ! Vous l’avez compris, c’était des tirailleurs Sénégalais……. Certes je ne la raconte pas aussi bien que l’excellent Fellag mais ceci pour vous dire qu’il faut se méfier des idées reçues et elles vous étouffent sous votre voile Madame Ch…….

        • Mme CH

          Salam Argos…! On pourrait s’entendre sur d’autres sujets, mais sur ce coup là, je vois qu’une mer nous sépare…!

          1/ L’article n’aborde pas le sujet de la gouvernance de l’Algérie, donc je m’abstiens de tout commentaire même s’il y a beaucoup de choses à dire…….mais le linge sale doit se laver entre Algériens….!!!

          2/ Bien sûr que je n’ai pas le monopole du patriotisme, car il y a beaucoup plus de patriotes en Algérie qu’on ne le croit et ce malgré les tentatives de défiguration et de destruction de l’identité, des valeurs morales, des repères, de l’histoire, de la culture et de la religion de notre nation par la pieuvre du mal et ses satellites géostationnaires…!! Cependant, il y a différents Amours……l’Amour à distance loin des grabuges (loin des yeux loin du cœur) et l’Amour en pleine tourmente…!!

          3/ Vous avez perdu le pari, car j’ai connu des étrangers , parmi eux des français mais qui n’avaient rien à voir avec la colonisation de l’Algérie…..par contre je n’ai jamais connu de Corneilles noires……Oui, peut être virtuellement un échantillon bien organisé sur ce journal , et là, on a même eu droit à des sympathisants (es) de l’OAS qui sont venus chanter aux benêts la rengaine de l’amitié et du rapprochement pendant qu’ils érigeaient des stèles à la gloire des terroristes de l’oas….! Non, je n’ai aucune rancœur contre les français en général, mais je n’aime pas les colons qui nous ont colonisés et commis des atrocités envers mes ancêtres, ainsi que la classe politique hypocrite qui est une marionnette entre les mains du Crif et des PN surtout avant chaque élection…!!! Alors qu’il y ait eu des traumatismes, ce n’est pas mon problème, ça relève des compétences d’un Psy peut être, car personne ne les a invités à envahir nos terres et à nous agresser.! D’ailleurs, ils avaient tous une origine « before » venir s’installer en Algérie après avoir chassé les autochtones , Espagnole, maltaise, Portugaise, Italienne…etc…donc aucun problème ne devrait se poser de ce côté là, d’autant plus que l’Algérie française n’existe plus….si, dans les boîtes d’archives…!
          Au fait, personne ne parle des traumatismes des « indigènes » et des 8 millions d’Algériens assassinés depuis 1830….!! Et Sir Macron vient de reconnaître l’assassinat de Maurice Audin par FaFa ………..et les autres Ben M’hidi, Ali Boumendjel…etc..qui les a torturés et exécutés…..??? Pufffffff…quelle hypocrisie…!

          4/ Il ne faut pas essayer de noyer le poisson dans un bocal vide en plus, et si ce Fellag nous disait qui a fait appel aux Sénégalais pour tuer ses aïeuls…tout comme Lalijou à SBA….!!! Pourquoi, Fellag n’a pas fait par exemple, un sketch sur la plus importante insurrection contre le pouvoir colonial français en Kabylie: « La Révolte des Mokrani » le 16 mars 1871….hein..??

          5/ N’ayez aucune crainte, je me méfie des idées reçues, des choux à la crème, avariée, des couleuvres et des Caméléons qui ne savent pas de quelle couleur ils sont lorsqu’ils se regardent dans une glace (coucou à Imènus)….il y a l’histoire qui nous a appris qu’il y a un Oppresseur et des Opprimés…et « un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »…! Quant aux exceptions par ci et par là, elles ne font pas la règle….!

          6/ Cher Argos, ce qui m’étouffe vraiment , ce sont les manchots nourris au fromage puant qui se prennent pour des Pingouins, les Aras bleus, les Petites Marionnettes qui font trois petits tours et puis s’en vont, les Gardiens des châteaux en ruine, la horde des colonisés colonisables qui font pitié……. et j’ajouterais même ceux qui veulent nous téléguider par télécommande à distance sous le voile des illusions….!!!

          Khouk Khouk La Yghorak Sahbek…!

    • Mme CH

      Certains regrettent-ils déjà l’indépendance de notre pays s/c d' »une politique agricole désastreuse des nouveaux maîtres de l’Algérie indépendante. »…?? Les maîtres d’antan (colonisateurs) seraient- ils meilleurs que ceux d’aujourd’hui…??? Si oui doivent ils revenir…??

      Au fait, ce ne sont pas les nouveaux maîtres, ce sont les « vrais maîtres », de toujours, les « propriétaires » des terres, les autochtones, malgré toutes les insuffisances et tous les problèmes que nous devons régler entre Algériens….!

      Ah! Nostalfrance quant tu nous tiens…!!!!

  12. Merci à vous tous pour vos commentaires qui m’ont beaucoup touchée.
    Je dois tout relire pour répondre à chaque attente.
    Je reviens vers vous dans quelques jours.
    Merci de patienter un peu.
    Je vous embrasse
    Jomaray.
    Josette Martinez.

  13. MS

    Devant nous il y a des milliers de vies qu’on pourrait vivre, mais quand le moment sera venu il n’y en aura plus qu’une.

  14. Mme CH

    De rien , Mme Jomaray, je vois que vous êtes une lectrice de la VDSBA,….. une voix qui s’ajoute aux autres voix….. une voix qui sait bien ce qu’elle fait…!

    Je dois dire que vous paraissez très sympathique sur la photo (la joie de vivre), avec de jolis yeux très expressifs et un beau sourire…….Vous portez aussi un très joli prénom, pourrais-je connaître l’origine et le sens de Jomaray, svp….merci..!

    Votre tableau « femmes aux portes du désert m’a beaucoup plu, même si je n’ai pas tout compris, je veux dire le fond de la toile…!

    Au plaisir de vous relire…!

  15. Hassan

    En lisant un commentaire de Mme CH je me suis souvenu du fait suivant:
    Je venais juste de terminer mes études d’ingénieur et j’étais impatient de travailler pour l’édification de notre pays. Avec quelques camarades de promo , on était les premiers spécialistes algériens dans notre domaine. Notre spécialité est rare sur le marché de l’emploi, Une ambassade étrangère nous a contacté et proposé d’aller travailler chez-eux pour un salaire de 2000$US /mois. Je me rappelle comme si c’était hier aucun de nous n’a accepter . Le salaire qui nous était payé en Algérie était 1480 dinars/mois (Dinar d’alors je précise). Je fut recruté par une entreprise publique qui m’ affecta au sud. Je ne savais rien du sud algérien. Avec un groupe d’ingénieurs expatriés je pris l’avion pour Tamanrasset. Une fois arrivé à l’aéroport de Tamanrasset , qui en ce temps était constitué d’une cabine saharienne et un grillage, le chargé de l’accueil des expatriés les accueillit et ils se dirigèrent vers la voiture de service. J’ai suivi le groupe d’ingénieurs mais le chauffeur ne voulu point me permettre de monter à bord du véhicule . Aprés mainte palabres et l’intervention d’un ingénieur étranger on me permis de partir avec eux. Une fois arrivé à la base-vie le directeur accueillit notre groupe. Il dit au chef de base  »accompagnes les ingénieurs à la villa de transit ». Je suivi le groupe, c’est alors qu’il me dit  »toi va dans les cabines avec les ouvriers et prends une couverture en passant au magasin »
    Le lendemain on m’indiqua un véhicule qui allait sur le chantier et je pris la route avec le chauffeur. La distance est 250 km au sud est de Tam. J’étais émerveillé par l’espace et le vide minéral: Des roches et du sable à perte de vue. Pas de route goudronnée, pas de poteaux électriques, pas de maison -Rien. Au milieu du trajet on aperçu un groupe de personnes sortis de nulle part qui marchaient à pieds et nous faisaient des signes pour venir vers eux. Le puits d’eau le plus proche se trouvait à 80 km. Je dis au chauffeur allons les secourir sinon ils vont surement mourir de soif et de faim. Il me regarda d’une façon étrange et me dit »Tu es fou? Si on va à eux ils nous prendront la voiture et on sera à leur place.  » Il accélère et s’éloigna d’eux et on continua notre route. J’étais triste pour ces gens. Une fois arrivé à la base le chef de base envoya un camion avec de la nourriture et de l’eau pour les secourir et les ramener à la base . C’était des nigériens qui poussés par la misère se dirigeaient vers Tamanrasset.
    Le groupe de travail était constitué d’ingénieurs et techniciens russes , de techniciens algériens et de personnel de soutien algérien. Je fus bien accueilli par le chef technique qui me mit au courant du travail que je devais faire demain. J’étais le seul ingénieur algérien dans ce groupe. De bonne heure une voiture me transporta à une vingtaine de km , me déposa et repartit vers d’autres objectifs. Je me suis retrouvé seul . Il n’y avait aucun bruit, pas d’animaux rien . J’étais seul . Je regardais à gauche, puis à droite, devant derrière rien. J’entendais le silence. C’était oppressant. Je commençais à siffler et puis je me mis au travail…..
    Le complexe du colonisé est dans la tête des gens: N’importe quel européen est considéré meilleur qu’un fils d’Algérie . Je pense que jusqu’à présent certains algériens, malheureusement ont toujours ce complexe:  »un béret troué vaut mieux qu’un chéche ». C’est pourquoi nos gouvernants vont se soigner et envoient leur progéniture à l’étranger, alors que nous avons de très bons médecins et professeurs.
     »Thamurt al Jazaire a 3zizan ».

  16. Mme CH

    Salam et Merci frère Hassan d’avoir lu mon commentaire et contente qu’il vous ait permis de vous souvenir de bonnes choses, seule tâche noire; ces réflexes du colonisé colonisable..! Je sais que vous êtes un homme de terrain et de laboratoire très compétent, Allah Ybarek Fi 3omrek

    Effectivement, moi personnellement, je considère notre beau Sahara comme étant la planète Mars sur Terre…Soubhan Allah Fi Khal9ih…! J’ai eu l’occasion de faire quelques petits séjours ça et là, c’est vraiment sublime…!

    C’est drôle, comme vous, j’ai eu la même opportunité de pouvoir aller à l’étranger, mais j’ai choisi de rester dans mon pays malgré tous les problèmes, les insuffisances et la mentalité de la horde des colonisés/colonisables et des News H….!

    Au fait, cher frère, pourquoi avez-vous sifflé before beginning work…..??

    « Thamurt al Jazaire a 3zizan « .

    Salammmeeettttt…!

  17. MS

    Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l’aube. Pourquoi ? parce que la tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d’autre. elle vient de l’intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repère dans l’espace ; par moments, même, le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.

  18. MS

    Akh Saligane:
    Une vieille carte postale (CPA) de collection est venue par hasard réveiller mes vieux souvenirs douloureux de l’époque coloniale. Une carte d’époque presque centenaire animée et illustrée par des soldats sénégalais de l’infanterie dans une caserne d’Orléans ville.
    Une vieille carte qui témoigne d’une époque de l’Algérie . En noir et blanc, elle représente une caserne et des soldats tirailleurs sénégalais en train de manger la soupe dans leurs gamelles en plein air à Orléans ville. Une photo qui est tombée comme un cheveu sur la soupe pour me rappeler les années de braise vécues sous le joug du colonialisme ici à Orléans ville. Une carte postale ancienne intitulée ‘La soupe aux Sénégalais ; et quel titre ! Qu’ils avalent leur soupe de…, ces vendus ! On garde les pires souvenirs de ce régiment de soldats sénégalais dans les rangs des troupes coloniales françaises. Ils étaient méchants, sauvages et violents et sans scrupules et n’avaient aucun sentiment de pitié lorsqu’ils étaient munis de leurs manches de pioche en bois qu’ils utilisaient pour tabasser les pauvres Algériens. Plusieurs contestataires malchanceux qui participaient aux cortèges dans la ville et les quartiers de la banlieue en ont fait les frais au cours des manifestations de 1960. Ces soldats ont brisé le dos et les membres de pauvres Algériens alors qu’ils étaient sortis chercher de l’eau de la fontaine du quartier au moment du couvre-feu instauré dans la ville. Les soldats sénégalais étaient de forte corpulence et très élancés et haineux. Ils avaient une force terrible lorsqu’ils se mettaient à quatre pour rouer de coups de pauvres infortunés sans aucun remord. Ils étaient violents et inhumains, ils étaient sans pitié. Ils agissaient durement pour maltraiter la population sans défense. Les soldats roumis laissaient faire leurs hommes de main pour sévir avec une grande brutalité contre ceux qui ont la malchance d »être sur leur chemin. Akh Saligane ! (Attention les Sénégalais !), s’écriaient les gens à la vue de la patrouille militaire de ces forcenés.
    Hamid Dahmani
    N.B: Ma mère et surtout ma grande mère avaient peur des soldats sénégalais et des Harkis, car imprévisibles et haineux, d’autant plus qu’ils étaient soit disant musulmans.
    Un musulman doit aimer son frère , et au delà de tout sa patrie.

  19. MS

    Enfin je dirai à Angela qu’il n’y aura pas de camps de concentration d’africains en Algérie quel que soit leur origine, et que cela ne fait pas partie de notre culture. Tous les Algériens sont les bienvenus sur leur terre parmi les siens.
    Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.

  20. Mme CH

    Pourquoi, on nous demande de se la fermer, et d’être pragmatique….???

    « Pieds-noirs et harkis : quand l’imposture s’ajoute aux crimes contre l’humanité » (AP, 19/08/2018, Kaddor Naïmi)

    « L’oligarchie dominant la France relance encore la question des harkis, des pieds-noirs et autres ex-représentants colonialistes, en évoquant des «droits» à récupérer. C’est ajouter au crime contre l’humanité, en l’occurrence contre le peuple algérien et sa terre, l’imposture.

    En effet, qui étaient donc les harkis et les pieds-noirs dans leur grande majorité et essentiellement ? Les seconds étaient des profiteurs du système colonial et les premiers ses supplétifs indigènes, profitant, eux aussi, à leur manière, du même système colonial.

    Quant à ceux qui évoquent les «bienfaits» du colonialisme, donnant comme preuves les écoles, les lignes de chemin de fer, les routes, les barrages d’eau, les hôpitaux, les industries, l’agriculture, la «culture», etc., ceux-là oublient, ou feignent oublier, que toutes ces réalisations furent décidées et concrétisées d’abord, et principalement, pour servir les intérêts de l’oligarchie colonialiste de France et de ses représentants en Algérie.

    Faut-il encore rappeler ce qu’était le système colonial français en Algérie ? Massacres de populations avec tentative de génocide total, à la manière des Européens en Amérique contre les populations autochtones ; ensuite, asservissement de la population survivante, en faisant «suer le burnous» des travailleurs et en traquant, torturant et assassinant les révoltés contre l’occupation coloniale et ses crimes ; enfin, une guerre totale pour empêcher un peuple de conquérir son indépendance, et cela par les bombes au napalm, la torture systématique, les assassinats de dirigeants, les massacres de civils soutenant la lutte de libération nationale, etc. La présence de la «France» en Algérie, c’est-à-dire de sa composante colonialiste, c’est d’abord du sang et des larmes, ensuite de la sueur et encore des larmes et du sang. Après tout cela, les descendants de ces auteurs de crimes contre l’humanité osent encore réclamer des droits.

    Comment expliquer cette insolente imposture sinon par le fait que le peuple algérien, à travers son Etat, a montré de la compréhension et de la clémence ? De la compréhension et de la clémence envers les colonialistes exploiteurs, tortionnaires, tueurs et leurs infâmes soutiens.

    Alors que le peuple algérien, à travers son Etat, aurait dû réclamer ses droits légitimes afin que les descendants de l’oligarchie coloniale ne puissent pas ajouter au crime contre l’humanité l’imposture, en réclamant des indemnités, des compensations et des dédommagements pour tous les actes et crimes du colonialisme : agression contre le peuple et le pays, massacres de populations entières, accaparement de terres et de ses ressources naturelles, exploitation de la sueur du peuple, guerre d’extermination contre lui, napalm contre sa végétation et ses montagnes, etc. A combien s’élèverait le montant ?

    Pourquoi l’Allemagne a-t-elle reconnu ses crimes contre les juifs – environ 6 millions de victimes de confession juive durant le laps de temps qu’a duré la domination nazie – et a octroyé des indemnités financières à Israël tandis que l’oligarchie de France, plutôt que d’agir de la même manière envers le peuple algérien – quelque 10 millions de victimes pendant 132 ans d’occupation – a le culot scandaleux d’évoquer des «compensations» pour ses supplétifs harkis et ses pieds-noirs d’origine européenne (ou française) ? Que dirait-on de représentants de l’oligarchie allemande actuelle qui réclamerait des «droits» en France pour leurs concitoyens qui ont dominé et exploité le peuple de France et pour les «collabos» autochtones qui les ont servis ?

    Cette oligarchie française, non seulement réclame des «droits» illégitimes, mais a l’infamie de ne pas reconnaître de manière publique et entière ses crimes contre le peuple algérien, qui ont tous les caractéristiques de crimes contre l’humanité. Et les représentants de cette oligarchie ont l’odieuse hypocrisie de parler de réconciliation, en oubliant également leurs actions néocolonialistes qui continuent aujourd’hui pour maintenir une forme de domination sur l’Algérie et son peuple. Décidément, les oligarchies colonialistes ne voient que leurs égoïstes et illégitimes intérêts de castes, en ignorant avec un insolent mépris les droits légitimes d’un peuple qu’ils ont odieusement exploité et massacré.

    Si les représentants de cette oligarchie colonialiste persistent dans leur prétention à des «droits», alors que le peuple algérien, à travers son Etat, leur présente la facture de 132 ans de méfaits et de crimes colonialistes.

    PS. :Le lecteur aura noté qu’il est question de l’oligarchie de France, passée et présente et de ses suppôts d’origine européenne ou algérienne, et non pas du peuple de France, lequel est, lui aussi, d’une certaine manière, victime de cette même oligarchie.

    Le lecteur qui penserait que ce texte serait violent devrait d’abord se rappeler ce que fut la violence en acte du colonialisme en Algérie. Ces considérations ne sont nourries par aucun dérisoire ressentiment ; leur souci est seulement de rappeler les faits concrets et de les considérer du point de vue de la justice et de la raison humaines. »

  21. renard

    Josette ne peux nier qu’elle est partie vers une ville d’art de science; le destin lui avait fait un bon choix. question religion sachez qu’une fois un korechite vint chez le prophéte et lui dire
     »prophete j’aime Dieu  »
    le prophète lui répondit
    ((a bin mon vieux ….alors Attends toi a de rude épreuves »
    L’algerie et ce qu’elle abritent est en épreuve depuis plusieurs siècle chaque génération avait sa part d’un déluge de flagellation
    mais Josette la sœur t’avait pas dit l’art et la peinture c’est aussi la mode de l’habillement …faites la peinture de soie et faite nous embellir les petites filles..
    dimanche moubarak

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