La Voix De Sidi Bel Abbes

« Comment légitimer le substantif Hirak? par Oulhissane Tayeb

          La Rédaction de La VDSBA transmet le courrier sans photo envoyé par notre ami Mr Oulhissane Tayeb en tant que droit de réponse à un article de M.S. Houssine paru au Quotidien d’Oran le jeudi 21 mars 2019 page 5 sous le titre « Du tunnel aux pigeons au tunnel des facultés… » ,repris au soir de la même journée par la VDSBA.

Voici le message intégral très pédagogique de Si Tayeb que nous remercions :

 

—–Droit de réponse à Mr Houssine Mourad Salim,

—J’ai lu votre texte  car je suis un lecteur assidu du Quotidien d’Oran. Ce que vous soulevez est bien juste. Beaucoup de gens semblent oublier qu’un événement, aussi grandiose soit-il,  prend vie, forme et couleur, à partir des mots qui le décrivent.
  Dans la syntaxe arabe que j’enseignais je ne trouve pas où la grammaire peut dénicher ou inventer la règle qui peut dédouaner le mot « Hirak », le justifier et lui faire une place dans la lexicologie de la langue.
  Si mes élèves me demandaient une explication je ne saurais leur fournir une réponse convaincante, à moins de se référer à la racine du mot (haraka) et chercher chez Ibn Mandhor Ettilimçani, dans son illustre ouvrage ‘‘Liçan El Arab » le mot (harkala) qui signifie une façon de marcher mais sans la décrire et l’entourant d’une bulle de doute quant à sa réelle existence. Bref, on ne peut rien trancher, mais  »harkala » nous rappelle dans sa résonance phonétique la fameuse ‘‘harwala » politique qui a poussé certains pays arabes à reconnaître Israël avec précipitation.
   Le sens de ce terme à été pour moi depuis son apparition dans les rues de nos villes une haute muraille qui me surpasse de par sa hauteur et sa grandeur. C’est ce que j’ai écrit à un collègue. Je n’ai pu avoir dans la composition de ce mot le verbe qui légitimerait le substantif. Alors? Que peut-il en être? Une révolte qui remue, qui dérange, les us et les coutumes du parlement avec ses chambres et ses antichambres. Une clef qui ouvre les portes cadenassées. Un juge qui refuse les ordres venus d’en haut…
     Les journaux arabes et arabophones se sont emparés du mot avant d’être dépassés par ce  phénomène nouveau qui ouvre les rues aux libertés d’expression, de manifester, de bouger et faire vaciller les temples d’une république lasse de porter le poids d’une sorte de kommandantur civile, portant costume,  cravate, voiture personnelle, et qui vit en parasite dans le corps des couches sociales érodées par un pouvoir d’achat misérable, jusqu’à entre être refoulée physiologiquement, à devenir une nausée qui bat le pavé en libérant le silence, une suite de révolution où la jeune femme tend au policier une fleur et inquiète certains systèmes.
     Un journal électronique en particulier, suit notre Hirak de près. Il redoute qu’il lui vole la première place dans le monde arabe. Ce sont des gens qui, voilà presque 100 ans cherchent jusqu’à ce jour à s’implanter dans les pays des autres. Ils véhiculent une idéologie qui se nourrit des malheurs du peuple et d’une propagande insidieuse.
  En fin de compte, le Hirak est là. Il est passé par le Maroc où certains médias de ce pays n’ont pas manqué d’accuser l’Algérie d’avoir une main dans son déclenchement. Ce qui laisse apparaître le nôtre comme étant une velléité de la part de nos voisins de nous rendre la pareille, sauf que notre Hirak ne dépendait pas d’un seul nom, il est disséminé partout dans la terre et les hommes.
  Dans les années Seventies du siècle passé, on comparait entre les systèmes des 3 pays de la glorieuse Étoile Nord-Africaine et on disait: l’Algérie est un pays où tout le monde est président !
  Si Mourad, telle est mon opinion sur les événements que connaît notre pays.

Merci au Quotidien d’Oran et à La Voix De Sidi Bel Abbès !

-Courrier du samedi 23 mars 2019 ,  par Tayeb Oulhissane

 Inspecteur de l’enseignement moyen (en retraite) 

    pedatayeb22@gmail.com                    

 

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=76439

Posté par le Mar 24 2019. inséré dans ACTUALITE, ÉDUCATION, ORANIE, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

1 Commentaire pour “« Comment légitimer le substantif Hirak? par Oulhissane Tayeb”

  1. السلام عليكم ورحمة الله
    بخصوص تساؤلكم عن جذر كلمة حراك؛ فهو حـ ـر ك، وقد ورد مصدرها في الشعر منذ القديم، ولعل أقربها: يصرعن ذا اللب حتى لا حراك به// وهن أضعف خلق الله أركانا.. وهذا البيت مشهور ومعروف.
    وحراك بفتح الحاء وكسرها مصدر فعله حـَرُكَ بضم الراء..
    وقد استعمل مصطلح الحراك في العصور الحديث ليدل على الحركة الاجتماعية التي تقوم بها فئة للمطالبة بتغيير في مكانتها الاجتماعية، فهذا التغيير هو ماأطلق عليه الحراك.. وقد نطق ببه مكسور الحاء أوا مرة في اليمن في حركتهم الأخيرة، وقد سمعت المعلومة من معلق في قناة، ولا أدري إن كان اليمنيون فعلا هم من نطقوا الكلمة مكسورة الحاء..

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