La Voix De Sidi Bel Abbes

Cinéma : Notre BIENNALE, nos WESTERNS……KHAYI (1ère Partie)

La venue ou le retour de Kader Kada, cinéaste Belabesien, installé à Paris, a été l’occasion pour relancer le projet de la biennale du cinéma à Sidi Bel Abbes. En parallèle à cela, cette manifestation artistique, vient d’être assistée de la naissance des amis de la biennale, qu’animera notre confrère Mehaoudi Ahmed. Cette biennale nécessite conjugaison d’efforts et notre fierté nous fait dire que Sidi Bel Abbes s’enorgueillie d’une pléiade d’artistes et producteurs de cinéma. Nous vint l’idée d’évoquer a titre indicatif , le film «L’aide au retour» de Latrèche Mohamed, nous relèverons une fois de plus que ce réalisateur bélabbésien installé en Europe est méconnu malgré son talent, et ce dans sa propre ville qui a enfanté une pléiade d’artistes de renom, à l’image de Brahim Tsaki, Kader Kada, alias Benchiha, qui prépare sa biennale, nous a-t-il confirmé, Mustapha Chadli et autres pour demeurer dans le registre du cinéma. Le dit film «L’aide au retour» du fils du populeux quartier de Calle del Sol (lire Cayassone), ou route du soleil, dans la partie sud du chef-lieu, avec son succès retentissent. Tout ceci vient de provoquer un véritable débat, voire tout un démarrage sur la Biennale du Cinéma de Kader Kada, qui est son principal parrain avec tout un dossier ficelé remis, dit-il, à Madame la ministre de la Culture, Khalida Toumi. Ce dernier, à savoir M. Kader Kada, avait même suggéré, il y a de cela 2 ans, le nom du commissaire de cette importante rencontre cinématographique, à savoir M. Mellak Djillali, dont le choix avait fait l’unanimité dans les sphères culturelles.

Ainsi, les efforts des réalisateurs natifs du bled viennent de provoquer de larges commentaires, fort légitimes, quand on sait qu’il y a plus de deux année, Sidi-Bel-Abbès avait abrité la 9e édition du Festival du film amazigh au sein du vieux cinéma Rio, qui aura connu plusieurs vies, celle du cinéma Moksi (des monts locaux) a laissé place à la construction d’une belle salle de cinémathèque inaugurée en 2008 et qui ne demande qu’à être exploitée vu que cette belle architecture a non seulement bonifié le cadre de vie du principal boulevard de l’armature urbaine, mais s’attend à la programmation continue de joutes cinématographiques. Quand, pour ne pas aller trop loin, l’autre grand du cinéma national, Brahim Tsaki, fut le digne ambassadeur dans la 21e édition du Fespaco de Ouagadougou… Et quelle émotion ressent l’Algérien et le Bélabbésien devant «Histoire d’une rencontre», qui, comme «Les enfants du vent, constituent des oeuvres maîtresses du cinéma d’auteur algérien et d’un fils des monts du Tessala.

Ces films à ce jour n’accusent aucune ride, soutiennent les spécialistes. Des oeuvres originales bourrées de trouvailles dites «cinématographiques». En un mot, Tsaki Brahim, en cette 21e édition du Fespaco, avait dominé la totalité des programmes. Et s’il est palpable qu’un effondrement de la production subsiste ces dernières décennies, des raisons existent et ceci est certain.

Les Bélabbésiens sont en droit de voir se concrétiser le projet de la Biennale, nous rétorque-t-on sur les lieux. Kader Kada, qui est établi en France, nous a interpellés, et nous le faisons aujourd’hui, car nous sommes persuadés qu’une ouïe attentive existe tant au sein de la médiation locale qu’au niveau des décideurs, et c’est tant mieux.

Pour revenir au film de Latrèche Mohamed, c’est un regard tranquille d’un cinéaste, voire du scénario, qui évoque la tentative entreprise par les gouvernements européens pour contrer le flux migratoire en inventant une formule pour «encourager» les ressortissants étrangers à retourner dans leur pays d’origine. Le film, rappellerons-nous, s’intitule «L’aide au retour». A savoir «on vous donne de l’argent pour peu que vous partiez». C’est là, résumé, l’esprit de cette formule présentée par les experts de Bruxelles. Cela a ainsi inspiré des collégiens de la région de Toulouse pour écrire un petit scénario sur la base du récit d’un élève originaire du Kosovo, dont les parents ont vu une proposition de 3.500 euros offerte par l’Etat… pour démarrer une nouvelle vie dans leur pays. Mais ce pays, le Kosovo, connaît de sérieuses difficultés. Il milite depuis 1990 pour son indépendance après avoir connu déjà une purification ethnique. Nous soulignons cela pour les besoins d’un éclairage sur le film qui avait soulevé ainsi un vif intérêt. Passons pour attendre d’autres échos sur la biennale du cinéma.

C’est notre biennale mais aussi un survol sur un autre genre de films que les générations actuelles n’on pas connu, à savoir le WESTERN. C’était une époque Khayi ou plusieurs activités  culturelles existaient autour des places publiques, la Tahtaha, les cinémas de la ville…il n’y avait pas que cela dans le domaine musical, des vedettes de l’époque Mahmoud Abd Elaziz, Farid El Atrach, Mohamed Abd El Waheb… offraient quelque peu une sorte d’illusion mirifique et éphémère de Misr « Oum Eddounia ». En somme, une ambiance particulière qui faisait occulter momentanément le cinéma colonial qui ne visait qu’à distraire les exploités que nous étions, aïeux, grands-parents et parents… et ce en leur faisant à tout prix oublier la présence d’un corps étranger sur leurs terres, leur bien. Et là les exemples à titre indicatif des titres de films de « Ali Barbouyou », « le Musulman rigolo » suffisent pour illustrer les dits propos. Dans sa vision, le colonisateur ne centrait pas uniquement son activité vers les périmètres urbains à concentration « indigène ». Cette « mission » de loisirs, d’amusement de pure pacifique des populations visait les agglomérations rurales qui étaient jointes par l’intermédiaire d’unités mobiles (voitures légères, camions…) et dont la date de passage des films retenus était connue d’avance. L’administration locale, à savoir les mairies de l’occupant donnaient à leur tour à cette grande propagande qui bénéficiait d’une large publicité, où étaient mobilisés les crieurs, ce qu’on appelait « berrahs » doublés le jour du spectacle de speakers bilingues qui commentaient à leur façon les films projetés visant la pure défloration de la conscience nationale. Mais le souvenir immémorial de plusieurs générations de Belabbésiens et de Belabbésiennes est celui qu’a laissé le cinéma Alhambra, l’unique situé en « ville arabe » car Sidi Bel-Abbès a été plus d’un siècle et demi une ville duelle arabe et européenne. En cet espace étaient projetés des films arabes, égyptiens notamment, hindous… et ce non loin du saint vénéré Sidi Mohamed, inconnu des indus occupants lui comme le sont Mokhtar, Yacine, Bouazza que la ferveur des croyants vénère et auxquels elle a élevé des marabouts. La salle Alhambra était spécialement réservée aux femmes le vendredi… plusieurs décennies après l’indépendance venue voir arraché au prix de sacrifices humains et un lourd tribut, cette journée a une grande valeur chez nous en tant que musulmans est devenue jour de repos. Quant aux films présentés, ils n’engendraient nullement l’ennui, bien au contraire ils donnaient lieu à de grands commentaires et passionnantes discussions qui duraient des semaines au sein des familles, dans la rue, dans les quartiers autochtones de village Abbou (fief de notre Cheikh el Matreg), Errih, l’ex-Gambetta, sur les hauteurs de Sidi Yacine, mamélon au sein du populeux Callasone (rue du Soleil), espagnol « calle del sol ». Pour en revenir au cinéma Alhambra de la Graba où l’on projetait des films qui avaient longtemps titillé toute la bravoure chevaleresque du chevalier bédouin, voire arabe. D’ailleurs un célèbre personnage qui a longtemps animé des « halqates » au sein de l’ex-place Bugeaud dans la ville porte à juste titre le nom de place des Fidas, portait le pseudonyme de Antar. D’autres personnages tels les feus Benalioua, Ammi Mehadji ont longtemps propagé l’humour, la gaieté, la convivialité, l’amitié. Mais Dieu ! Comme c’est oublié tout ce havre de paix, de ces familles belabbésiennes unies par le coeur, la chair, le sang… l’amour dans son sens divin, la communauté d’un destin qui fut plus d’une fois ébranlé par l’arrivisme et autres atteintes morales, autres agressions et faux clichés. Antar le Belabbésien est mort. La « halqa » a survécu. Antar a ainsi longtemps fredonné les différentes chansonnettes de l’époque. Il n’y avait pas que cela dans l’air de ces temps passés. « Bissat Errih ala Baghdad » qui a certes égratigné tout Algérien en faisant l’impasse sur l’Algérie et « Taxi El Gharam » étaient sur les lèvres. Le film arabe, égyptien en particulier, n’avait pas le monopole et bien avant « Janitou », nos aînés réévoquent « Mangala » fille des Indes et cet autre « Mother India » et tout ce qui passait dans la mythique salle de l’Alhambra entre les années cinquante jusqu’à l’indépendance et beaucoup plus. Lorsque le site du cinéma Alhambra aura connu plusieurs vies. Tout le monde chanta hindou sans comprendre un mot, le témoin de cette ferveur passe d’une génération à une autre……………… A suivre Khayi.

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Posté par le Avr 19 2011. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

1 Commentaire pour “Cinéma : Notre BIENNALE, nos WESTERNS……KHAYI (1ère Partie)”

  1. sahouri hors sidi abbes

    quelle nostagie

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