La Voix De Sidi Bel Abbes

Christian Vezon : Souvenirs d’Ain Fatiss et content quand il trouve un Algérien.

Tout récemment, les lecteurs de notre journal ont certainement remarqué qu’a partir d’un article consacré au cadre de vie (Du quartier Mon Plaisir, du chef lieu de Sidi Bel Abbes), que de nouveaux lecteurs ayant un lien avec leur ville de naissance ou de passage Sidi Bel Abbes se sont exprimé, et là les commentaires étaient libres pour tous. Cela n’est pas l’objectif de notre présent papier puisque des rapports et des échanges entre lecteurs se tissèrent…! Parmi ce groupe de lecteurs figurait un ex potache du l’ex lycée Laperrine (aujourd’hui Azza Abdelkader), il s’agit de Mr. Christion Vezon qui s’est déjà exprimé par le biais d’un commentaire dans le site ami des quat’zas (site de l’association des anciens élèves du lycée Azza Abdelkader et que préside notre frère et ami Hadj Lakhal Benyahia). revoyons ce qu’il a dit :  »J’étais au Lycée en 1961, en 3 eme Moderne.J’ai des souvenirs assez diffus.Madame Lepneuveu, Monsieur Sananés.Les copains de classe comme Christian Jampoc ,Gendre,Jeanine Martin.Pas de photos hélas et les cadeaux de Noel sous notre serviette au réfectoire pour les internes,car j’étais interne.Les évènements ont faits que la peur a dissuadé nos confrères algériens de venir aux cours .Je n’ai donc pas de souvenirs complets de ce grand lycée. » Pour notre part nous vous soumettons quelques souvenirs qu’il garde d’Ain Fatiss (Entre Telagh, Saida, Bertheot  »aujourd’hui Daoud »), pour demeurer fidéles au titre de son auteur en l’occurrence Mr. Christian Vezon qui souligne qu’aujourd’hui installé en France, il est content de croiser un Algérien et il le dit dans son écrit  »Je croise,dans les collines autour de chez moi,beaucoup d’ouvriers agricoles du Maghreb ,je les salue toujours en arabe ,leur demande d’où ils sont,et je suis content quand je trouve un Algérien ». Néomoin, il est preferable de lire la totalité de son ecrit :  »Christian Vezon né en 1946 à El Eulma (Willaya de Sétif) ou Saint Arnaud  (dépt Constantine),élevé à Aîn Fatiss, habitant occasionnel de la rue Dupuytren,de la rue du Chemin de fer et pensionnaire du Lycée Laperrine à Sidi Bel Abbés de 1961/1962

Il y a 60 ans (voir photos), devant cette habitation qui n’était,déjà, pas plus reluisante que beaucoup actuelles,ma mère mon frère ainé et mon amie d’enfance M’Louka.C’était dans une zone reculée ,à Aïn Fatiss .A la croisée des routes entre le Télagh,Saïda et Berthelot ,il y avait un chemin de terre qui menait à la ferme de mon grand père Joseph Segura.Vous verrez que nous sommes loin des demeures de riches “colons”,remarquez le sol en terre battue(plutôt du sable) et les murs lépreux.Mon grand père ,à sa mort ,habitait une HLM de Tarbes (voir photo).Mes deux oncles qui travaillaient à l’exploitation,ont fini ouvriers chez Peugeot,comme beaucoup d’algériens immigrés.Il est loin le mythe du “riche colon” qui avait exploité les ouvriers algériens et placé son argent en France. Chez mon grand père Segura ,comme au douar à 20 mètres de là, il  n’y avait pas l’électricité ,pas d’eau courante .Nous nous éclairions à la lampe à pétrole ou à la lampe au carbure (lampe acétylène,les anciens vous dirons ) Pas de radio,un phonographe à manivelle et des disques 78 tours. Les grands parents de mon grand père sont arrivés d’Espagne en 1860 et ont commencé à travailler dans les champs en se louant comme ouvriers agricoles comme leurs voisins arabes.Réussissant à économiser et acheter quelques terres ,ils sont devenus employeurs de leurs amis de la mechta voisine. Segura Joseph,mon grand père, avait capté une source ,à quelques distances de l’habitation,qu’il avait aménagé pour que tout le monde ait de l’eau.A proximité de cette source il y avait un cercle de pierres entassées,avec un arbre bas à coté:un lieu saint pour les musulmans qui venaient y prier et laisser un petit bout de tissus accroché aux branches.Mon grand père,lorsqu’il eut quelques économies,y a fait construire un “marabout” ,bâtisse cubique avec un dôme surmonté d’un croissant,pour que ses amis puissent venir s’y recueillir,lieu consacré par un imam .L’intéressant à savoir ,c’est que ma grand mère venait y prier,puisqu’elle me racontait un jour avoir laissé ses chaussures à l’extérieur ,et qu’un ‘djinn” ou un diable avait déplacé celles ci sur 100 mètres alors qu’elle était seule à des kms à la ronde . Surprenant,non,qu’une chrétienne espagnole puisse prier dans un lieu musulman ?Comme il était “le mahalem” Segura Joseph portait la responsabilité du douar à bout de bras.Il partait,d’abord en carriole attelée (voir photo) puis en voiture (une 202 Peugeot),faire les achats de semoule,de sucre,d’huile ,sel,et denrées diverses pour l’ensemble des ouvriers agricoles.J’ai vu Abdeloueb se faire ,en tombant,une plaie importante,hémorragique,,mon grand père le conduisant en voiture à l’hôpital de Bel Abbés ,le faire soigner, payer tous les frais et trouver cela normal.Nous étions ,avec mon frère,les deux seuls enfants européens,nos camarades de jeu étaient tous les enfants des ouvriers agricoles d’à coté.Ma mission était d’aller porter,avec mon amie M’Louka ,les casse croutes à mes oncles et aux ouvriers qui travaillaient ensemble aux champs,ou à l’élargissement de la route,combien de fois avons nous mangé ,en cachette,des bouts de la galette que faisait la femme de Kadour ?? Un de mes oncles nous a raconté nous avoir trouvé à la madrassa  locale où un meddeb (ou Taleb ??) enseignait ,assis sur une natte en alfa,comme nos petits copains.Je ne crois pas avoir eu droit à la “Falqua”. Je pourrais raconter les tribus du sud qui venaient ,chaque année en été,demander à mon grand père Segura l’autorisation de faire pacager les dromadaires et moutons sur nos terres moissonnées et profiter de la source.Et leurs fêtes devant les tentes,à leur départ, méchouis,patisseries à la fleur d’oranger,fantasias ,danses traditionnelles .Les baignades et la pêche au filet dans l’Oued Siffioun ,et les poissons grillés sur la braise.Les labours,assis sur le siège de la charrue et le passage au retour dans l’abreuvoir à chevaux pour nous faire décrasser à la brosse à chiendent .Je ne sais même pas s’il existe encore une contrée qui se nomme AIN FATISS .La langue arabe que je ne parle plus depuis cette époque,chante à mes oreilles.Je me suis surpris à regarder avec intérêt une série de films arabes des années 50 ( Ah Samia Gamal !) sur une chaine culturelle française.Je croise,dans les collines autour de chez moi,beaucoup d’ouvriers agricoles du Maghreb ,je les salue toujours en arabe ,leur demande d’où ils sont,et je suis content quand je trouve un Algérien. Voilà ce que je peux dire à ceux qui sont nés après la guerre , l’Histoire est faite par des êtres de chair et de sang,mais elle est écrite par les gouvernements .Les Livres ne disent pas toutes les vérités,la mémoire des hommes peut être différente Je me sentirai toujours Algérien de naissance et nous n’avons jamais été ni “colons” ni méprisants à l’égard de personne.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=7474

Posté par le Août 26 2011. inséré dans ACTUALITE, SBA D’ANTAN, SBA VILLE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

22 Commentaires pour “Christian Vezon : Souvenirs d’Ain Fatiss et content quand il trouve un Algérien.”

  1. Sahraoui tedj-Arles

    Oh c’est Baryanto mon quartier de naissance et la barriere du chemin de fer, quelle epoque Mettez nous d’autres photos de Sidi Bel Abbes. Seulement ou est Ain Fatiss c’est loin de chez moi ?

  2. moi

    Au plus loin que me transportent mes souvenirs dans mon parcours à l’ex-Lycée Laperrine, ce sera plus particulièrement celui lié à l’évocation de notre professeur de français Mme Lepneveu , citée dans cet article, qui aura marqué les jeunes cervelles que nous étions à l’époque et qui étaient passées dans sa classe (attitrée) dans les « anciens bâtiments » comme on disait alors .

    Ah Madame Lepneveu!

    Combien de jeunes cervelles que nous étions alors vous avez pu faire fantasmer lorsque nous vous voyions arriver, heureux mais craintifs par votre sévérité déterminée, dans vos si belles et si élégantes tenues.

    C’était, entre autres agréments, les seuls moments de notre scolarité où nous aimions baisser nos regards d’hommes en herbe devant une femme, pour tenter d’apercevoir un petit centimètre carré de vos chevilles, au lieu de fixer nos yeux sur nos « Lagarde et Michard » que vous nous avez appris cependant à découvrir.

    Cette témérité était arrivée à un point tel que l’administration du lycée avait fait placer, et pour vous seule, un morceau de contre-plaqué en travers de votre bureau, et qui canalisait définitivement notre attention vers le studieux apprentissage de la langue française.

    Pour ces fugaces moments d’émotion, merci d’avoir gravé irrémédiablement ces tendres souvenirs dans nos mémoires.

    • Christian Vezon

      Saluty « MOI » ,Je vois que je ne suis pas le seul à avoir été marqué par la belle Mme Lepneuveu.Nous étions adolescents et effectivement ,toujours belle,bien habillée,un sourire magnifique ,elle était,pour beaucoup d’entre nous l’idéal de la femme.Monsieur Lepneveu était l »homme le plus envié et le plus detesté de Sidi Bel Abbés,non???

  3. Maitre mellali mostefa

    salem
    que de bons temoignages me sont parvenue de toi de NIMES mais des gents comme toi sont rares .

    • Christian Vezon

      Haleïkoum Salam,Maitre Mellali,je suis flatté,mais je n’ai fait que mon devoir,toujours faire ce qui est juste et dans le respect .

  4. hafida b maghnia

    je suis tres content de voir des ecrits rappprochants pleins de solidarite entre les citoyens du monde le reste n’est que litterature sans paraphreser quiconque rebienvenue christian c’etait un peu necessaires ces souvenirs de notre bled de naissance et d’adopton mon cas et d’autres.

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    cette in fo est partout et ce journal ne fait pas de pub pour tes terroristyes l’administ est seule maitre a bord on dirait un associe ou un heritier qui exige un article paru partout il ya une approche evenementielle elle est traitee par des contributions des personnes honorables interviennent regulierement des medecins psycologues..et ce qui interesse le plus est dans la wilaya sinon a quoi servirait un site local monsieur je dis monsieur reconnu

  7. arbi zazou sl

    la voix de s.b. a est localier de par ses themes ce nest pas l’afp.

  8. kebiche miramas france

    la rue du chemin de fer c’est notre vieux barrialtou aves la gare la joyeuse harmonie le marabout animation autour le vendredi matin sidibelabes nous manque terriblement. surtout notre ecole gaston julia.nos amis tres bagarreurs chasseursaux temps perduss nageurs

  9. amir

    bienque je ne vois pas le rapport avec ce que relatait mr CHRISTIAN vezon des odeurs du bled et sa nostalgie pour ce pays que nous adorons tous,cet imbroglio qui est relaye par medias interposes et par certains incendiaires et sanguinaires et a qui n’a pas suffi tous ces malheurs, persistent dans leurs demarche qui consiste a semer la terreur et le ko ,je dis a tous ceux la que le bien vain cra n’en deplaisent aux detracteurs et aux revenchards de jadis et de naguere ,et je dis soyons vigilants et solidaires contres toutes ces actions du mal.

  10. Smiley

    La terre alentour est un jardin nommé Mekkera
    L’eau qui l’irrigue est une âme qui remonte au ciel
    Et voyage à califourchon sur un nuage laiteux
    Pour retomber en perles de pluie selon son humeur
    Nous en avons fini avec les craintes funestes
    Pour nous encombrer avec les laideurs d’un monde moribond
    Et entrer en servitude volontaire pour des idées mitées
    La mémoire tenace et irrédentiste badigeonne nos rêves
    En trompant nos sens pour nous emmener toujours
    Et encore vers les rivages de l’enfance.

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