La Voix De Sidi Bel Abbes

Carnet de « Moussafer » de notre ami Douar:  » Mezoued, Guerba, Rouina : C’était l’équipement du voyageur Algérien de l’ancienne époque ».

Tu voudras voyager, aller à Alger, Sétif, Biskra. C’est simple, tu as une bagnole, berline ou break, elle est neuve et climatisée; et même si tu n’as pas une bagnole, c’est encore simple, tu pourras prendre le car, le taxi, ou le train. Tu auras faim certainement et tu auras envie d’un café, il y a les aires de repos, les resto. Il y a aussi l’avion, si tu es pressé ou si tu voudra aller au delà de nos frontières. Nos ancêtres, eux aussi voyageaient, mais leurs moyens de déplacement variaient du simple au néant. Ils n’avaient pas connu ces noms là, ni auto ni avion ni resto. Ils disaient simplement « Qu’avec un Mezoued plein de Rouina sur une épaule et une Guerba remplie d’eau sur l’autre et un bâton à la main, le voyageur fut équipé pour les plus longues traversées ». L’Algérien d’antan voyagerait soit isolement, s’il connaissait bien la route ou si son voyage ne durait que quelques jours, soit il cherchait des compagnons en organisant une caravane pour un voyage bien sécurisé et d’une durée plus longues. Il pouvait traverser des steppes immenses et inhabitées et des terres arides en marchant du lever jusqu’au coucher du soleil, ne courait pas le risque de passer au voisinage de quelque tribu mal famée, il couchait à la belle étoile et vivait d’air et d’eau, mais parfois il trouva l’hospitalité dans quelque tribu où il passa un moment de détente sous l’ombre d’une tente en dégustant un repas chaud, un couscous… ou un méchoui si son hôte est aisé. L’arabe utilisait pour son voyage, s’il en avait les moyens, une monture saine et forte : un cheval, un chameau, un mulet ou un âne .Parfois il voyageait à pied quand la distance est de quelques jours. Il rendit le dos de sa monture plus confortable, en sellant son cheval d’une selle ou Serdj fabriqué en émail particulier, le mulet ou l’âne sont sellés d’une Bardaa tissée à partir d’alfa et celle du chameau faite de laine. Lorsqu’on voulait traverser des larges bandes inhabitées du Sahara on devait prendre ses mesures en emportant ses provisions qui devaient être suffisantes pour toute la durée du voyage : de l’eau, de la Rouina, des petits pains ronds, des dattes et du beurre. Le beurre étant destiné, dit-on, à préserver de la soif. La Rouina est une farine obtenue en grillant le blé dans une poêle et en le broyant à la meule de ménage. Cette farine constituait l’aliment fondamental du voyageur, elle fut transportée dans un sac, Mezoued, fabriqué à partir de la peau de mouton ou de chèvre, tannée et teintée en rouge. Un Mezoued plein de Rouina faisait les vivres de quatre voyageurs pour une semaine de marche. Quant à l’eau, on pouvait la conserver fraiche dans une Guerba ou Chenna durant six jours sans altération. La Guerba est encore un sac fait de la peau entière du chevreau mais qui garde son poil et reçoit à l’intérieur une couche de goudron rendant la peau imperméable. A l’exception d’une patte qui reste un orifice pour emplir et vider l’eau, les autres trous des pattes sont totalement cousus. Un autre équipement nécessaire pour le voyageur, représenté par une arme, utilisée pour se défendre ou pour chasser si l’occasion se présentait, un sabre, une épée, un couteau ou tout simplement un bâton ou Okkaz utile pour le voyageur à pied, il servait à tuer les serpents ou les scorpions du dessert ou encore à éloigner les chiens des tribus rencontrées sur son chemin. Austère, robuste et patient, sa nourriture se composait uniquement d’eau, de froment et de dattes mais il remerciait Allah pour ce don, tel était le voyageur Algérien d’autrefois.
Douar.

 

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Posté par le Mar 2 2014. inséré dans ACTUALITE, ÉDUCATION, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

12 Commentaires pour “Carnet de « Moussafer » de notre ami Douar:  » Mezoued, Guerba, Rouina : C’était l’équipement du voyageur Algérien de l’ancienne époque ».”

  1. @ la rédaction ,cet article n’est pas sur la une !!!

  2. VDBSA

    @Hadj Douar En effet une erreur qui vient d’étre vite rectifiée.Au moins votre message est des plus courtois Enfin aprés l’an trois .De l’ordre sera rétabli Cordialement

  3. Imène

    vivre de blé , d’air et d’eau fraîche, beaucoup de marche..une existence simple et frugale .l’algérein ne connaissait ni avc, ni cancer, ni stress, ni arrêt cardiaque !!
    un régal ce retour vers le passé .. ou le futur peut être bien ! si la frugalité, le goût des choses simples devenaient nos nouvelles tendances conso !!
    merci Douar..vous lire est un pur bonheur !

    • Omar

      Ma Chère Imène c’était une époque ou les Algériens vivaient avec peu mais de nos jours la majorité sont devenus cupide ni foi ni loi tout ce qui les intéressent c’est se remplir comme vous le dites si-bien »a chkara » quand au reste adviendra que pourra.Nous ne pensons pas pour le devenir des futurs générations et c’est là le hic! la morale de l’histoire la seul chose qui préoccupe la nation c’est se trémousser,les mariages en été et les divorces l’hiver bravo l’Algérie.une des plus grandes calamité.

  4. Hamid OURRAD

    Un grand merci à notre frère Docteur si Douar pour ses articles,o combien nostalgique,tous les sujets que propose Mr Douar sont captivants,et nous font rever un l’abs de temps .
    Merci si Douar

  5. Imène

    @ omar
    …parfois il voyageait A PIED quand la distance est de QUELQUES JOURS !!!!
    et nous qui prenions la voiture ( chauffée ou climatisée ) pour aller à la superette ..!c dingue !!
    pour le reste..il faut positiver , garder la tête froide ya omar..ça va maaal ! notre pays est au bord du gouffre ! ya settar ostour !

  6. khayi

    Délectueux bravo toubib

    • BEN

      Sallam @ Douar,

      J’ose ajouter à votre carnet ,que pour aller aux lieux saints, bravant tous les dangers , les pèlerins amenaient avec eux des victuailles , vivres et provisions en plus de la rouina tel que ( khliaa, guedid, tmar, zite zitoune, ..)
      Courtoisement

  7. NEB

    DOUAR NOUS RACONTE UNE ANCIENNE EPOQUE MAIS MAINTENANT IL EXISTE DES RESTAURANTS A LA MECQUE ET A MEDINE ALORS MANGER DANS LES RESTAURANTS ET CONSACRER VOTRE SEJOUR A LA PRATIQUE DE L’ISLAM .

  8. Douar

    @ Mr Hassan
    C’est vrai ,quand on a vécu une période ,sa description dictée par le cœur ne peut être que vérace et authentique,Vous l’avez merveilleusement décrit sans omettre l’infime détail, les petits détails font notre histoire, et comme vous l’avez dit tant mieux pour nous et nos enfants ,nous n’avons pas gouté de cette indigence que tous nos aïeux l’ont connu.
    Merci Mr Hassan pour l’article qui montre que vous aussi vous êtes parmi nous de cœur et d’âme.

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