La Voix De Sidi Bel Abbes

C’est l’Algérie de deux collèges, ceux qui souffrent pour se faire soigner et ceux qui s’offrent les meilleurs hôpitaux français (salariés de Sonatrach).

Notre source ce soir vient de nous révéler que l’entreprise nationale de la Sonatrach vient de s’offrir les meilleurs hôpitaux français pour faire soigner ses salariès. C’est là une Algérie de deux collèges, pour ne pas dire un mot qui n’est plus de rigueur à l’heure de la mondialisation à savoir deux classes. Enfin, ceux sont des des soins à l’étranger pour les uns, les souffrances pour les autres : Les Algériens de plus en plus inégaux face à la maladie

Depuis quelques années, l’Algérie ne soigne pas convenablement ses malades. La situation s’est aggravée ces derniers mois. La politique de réduction des importations engagée par le gouvernement Ouyahia a touché de plein fouet le secteur de la santé. Les hôpitaux publics sont sinistrés. Les cliniques privées courent après le gain facile.

Les soins sont de plus en plus chers et inaccessibles, même pour la classe moyenne. Un séjour dans un hôpital public peut ruiner une famille modeste. Les analyses médicales, les scanners et autres examens nécessaires pour établir le diagnostic se font dans des laboratoires privés à des prix élevés. Exemples : une mammographie coûte 4 000 dinars, un scanner plus de 15 000 dinars tandis que l’IRM est facturée plus de 20 000 dinars. Souvent, la Sécurité sociale ne rembourse que des sommes dérisoires. En plus des prix élevés, les places sont rares et difficiles à obtenir dans les hôpitaux. Les rendez‑vous pour la radiothérapie s’étalent sur plusieurs mois. Des ruptures de médicaments et des pannes d’appareils de radiothérapie aggravent la souffrance de nombreux malades, notamment les cancéreux.

Et si les malades souffrant de pathologies ordinaires réussissent parfois à trouver une place dans un hôpital, ce n’est pas le cas pour les malades atteints de pathologies rares, comme l’HPN (hémoglobinurie paroxystique nocturne). Les personnes atteintes de cette maladie, une dizaine de cas recensés en Algérie, reçoivent seulement des traitements symptomatiques, notamment les transfusions sanguines. Les demandes faites par les hôpitaux pour l’importation de médicaments destinés au traitement de cette malade grave n’aboutissent pas.

Pourtant, l’Algérie ne manque pas d’argent. Avec plus de 180 milliards de dollars de réserves de change et le budget colossal de plus de 4 milliards d’euros du ministère de la Santé, la situation du secteur est de plus en plus incompréhensible. D’autant que comme le montre le contrat signé par Sonatrach avec une société française, certaines entreprises publiques savent débourser pour s’offrir des prestations de santé luxueuses à l’étranger. La présidence de la République dispose aussi d’un budget colossal pour la prise en charge de malades, selon des critères souvent arbitraires car laissés à la seule discrétion du président Bouteflika et de ses proches collaborateurs.

Alors que les Algériens peinent à se faire soigner correctement, Sonatrach s’offre donc les meilleurs hôpitaux français pour les soins médicaux de ses salariés. Le groupe pétrolier public a attribué jeudi dernier un contrat de « prestation de transfert, de prise en charge médicale et d’assistance des patients à l’étranger » au Centre méditerranéen de diagnostic (CMD) pour 41 millions d’euros.

Présent à Paris et à Montpellier, le CMD assure une prise en charge médicale de haute qualité dans les meilleurs hôpitaux de France et peut mettre à la disposition de ses clients des avions médicaux pour le rapatriement des malades.

Le communiqué de Sonatrach annonçant l’attribution de ce marché à cette entreprise française ne donne aucune précision sur la durée de ce contrat ni sur les personnes bénéficiaires de ces prestations de haute qualité dans un pays où l’accès au soin est devenu de plus en plus difficile pour le simple citoyen. Durant toute la journée de ce dimanche, nous avons tenté d’obtenir des informations et des explications de la part de la direction de Sonatrach. Mais ni la direction de la communication, ni celle des affaires sociales n’ont souhaité répondre à nos questions.

La conclusion de ce contrat intervient dans une conjoncture particulière marquée par la détérioration du secteur de la santé en Algérie : manque de médicaments, hôpitaux surchargés, transfert des malades à l’étranger de plus en plus difficile à cause du conflit entre la Cnas et les hôpitaux français sur le paiement de factures de soins de malades algériens et du refus des autorités de lever l’interdiction de transférer à l’étranger les patients atteints de maladies graves, notamment de cancer, etc. Du coup, les salariés de Sonatrach sont favorisés par rapport aux Algériens qui ne travaillent pas au sein du groupe pétrolier.

Pourtant, Sonatrach tire sa richesse de l’exportation massive des hydrocarbures qui appartiennent à tous les Algériens. Les salariés des autres entreprises, publiques et privées, n’ont‑ils pas le droit d’accéder eux aussi à des soins à l’étranger lorsqu’ils tombent malades ou lorsqu’ils sont victimes d’accidents de travail ?

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Posté par le Avr 22 2012. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

5 Commentaires pour “C’est l’Algérie de deux collèges, ceux qui souffrent pour se faire soigner et ceux qui s’offrent les meilleurs hôpitaux français (salariés de Sonatrach).”

  1. un retraité

    méme a la caisse nationale de retraites(cnr) il ya une algérie de 2 colléges (les retraités moudjahidines et les simples salariés)

  2. Le Nouvel Observateur

    En Algérie il y a le commun des mortels et les plus que parfaits, je l’ai toujours dit. Le problème c’est que les critères de « sélection » pour ces deux catégories n’ont rien d’objectif.
    Il y a ceux qui sont nés avant 1962 et puis le reste… Le reste qui reste vraiment sur le carreau et là point n’est besoin d’avoir des diplômes ou pas. Heureusement que vous ayez précisé que ce soit la politique d’Ouyahia qui soit catastrophique pour les CdM, car pour les PqP on se demande est ce qu’ils vivent parmi nous ?

  3. ammou de sba

    un sujet qui jete le voile sur notre pays ou notre sociieté nos malheurs avec cette discrimination

  4. Yahia Louhibi

    C’est le système de l’apartheid qui s’installe en Algérie. Non seulement ces gens là volent l’argent du peuple mais ils le méprisent en plus.

  5. Mme CH

    C’est toujours et encore la SONA -TRACH, la vache laitière ou la manne pétrolière. qu’est ce que vous croyez, pourquoi certaines personnes ne veulent pas lâcher le pouvoir même s’il fallait éliminer la moitié du peuple. Notre pays a beaucoup de prétendants parce qu’il est beau et riche. Il est la propriété privé d’une mafia politico-financière téléguidé par des satellites étrangers. Même le défunt BOUDIAF n’a pas échappé à leurs fourbis. Pourquoi pas, puisque l’Algérie est bien le paradis des importateurs., Elle est aussi, très réfractaire à l’investissement productif (sleeping partner oblige), cela signifie, pour le pouvoir, la fin de la sensation d’urgence, voire de besoin de réformes.
    Et pourquoi croyez-vous que dans le compromis Evian, il y avait toute une clause sur les hydrocarbures.
    Alors ceux qui s’offrent les meilleurs hôpitaux Français sont bien accueillis pour deux raisons:
    Primo: ils ont de l’argent à débourser
    secundo: Ils sont bien soignés pour services rendus.
    Quant à la deuxième catégorie, je dirai tout simplement « Hasbiya Allah wa Ni3ma El Wakil ». Mais la Roue de la fortune ne cesse pas de tourner et elle risque de surprendre, un jour, les bouffeurs du HRAM « Yâakoulouna Ennara fi botonihoum ».
    « wa Tilka El Ayamou Noudawilouha Beyna Ennass ».

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