La Voix De Sidi Bel Abbes

« Bibliothèque Assia Djebbar à Paris : Un graffiti douloureux…

          Le 1er février dernier, les personnels de la bibliothèque Assia Djebar (XXe arrondissement de paris), optaient pour la prudence. En accord avec leur droit de retrait, ils décidaient de ne pas ouvrir l’établissement, faisant face à « des conflits quotidiens ». Une journée de fermeture, qui aboutissait à la promesse d’un médiateur. Et depuis…

À l’époque, l’équipe de l’établissement s’était adressée à Claire Germain, directrice des affaires culturelles de la Ville. Et dans un courrier, d’évoquer « les relations tendues avec certains usagers [qui] sont devenus trop durs, traumatisants, la peur s’invite dans la bibliothèque et nous poursuit parfois même dans la rue ».

En somme, une angoisse véritable qui sourd, et des personnels qui fuyaient l’établissement — cinq d’entre eux étaient partis moins d’un an après l’ouverture des lieux. Deux autres étaient en cours.

Sensibilisée, la mairie de Paris avait réagi : Christophe Girard, adjoint à la culture, s’était déplacé quelques jours plus tard à la bibliothèque pour rencontrer les professionnels. Il expliquait alors à ActuaLitté avoir voulu « entendre la directrice, Sylvie Kha, et le personnel. C’est une équipe qui a des valeurs et qui ne veut pas céder au tout sécuritaire ».

“Nike le Vigil”, du bibliobaskethèque ?

Les problèmes relationnels allaient être pris pour partie en charge par un médiateur, quant aux dégradations et entretiens du bâtiment, la mairie allait s’en charger. Pourtant, ce 19 avril, une nouvelle dégradation survenue commence à faire déborder le vase. Un graffiti réalisé en « deux nuits successives », était apparu — et se retrouve toujours bien visibles trois semaines plus tard.

Depuis les espaces publics, il est apparent, et orne la vitre de l’un des bureaux de l’établissement. À ce titre, le syndicat Solidaires Sud a fait parvenir à Anne Hidalgo, ainsi qu’à la directrice des affaires culturelles, un courrier.

Et d’expliquer : « Malgré la situation déjà connue à Assia Djebar, cette attaque directe et publique contre un agent travaillant pour la Ville de Paris ne semble pas émouvoir l’administration, qui a commencé par rejeter la responsabilité du nettoyage sur le bailleur Paris Habitat, qui possède l’immeuble. »

La Direction de la prévention de la sécurité et de la protection (DPSP), se serait vu remettre le dossier, mais le graffiti est toujours bien en évidence.

Il devient choquant, estiment SUD Paris Culture, de constater « cette absence de considération ». En effet, une fermeture de plus de 15 jours est déjà survenue, « suite à l’exercice du droit de retrait des bibliothécaires ». Or, à cette heure, « quasiment aucune des mesures annoncées par l’administration n’a été suivie d’effet à ce jour, si ce n’est justement l’affectation stable d’un agent de sécurité ».

Lequel doit en effet subir le message relativement agressif qui lui est directement adressé, en venant travailler.

Et de demander à la Ma(i)rie d’intervenir, dans les meilleurs délais, pour faire disparaître ce message, d’une part, et d’autre part, de « tenir les promesses faites à l’équipe d’Assia Djebar ». À savoir :

• un accompagnement renforcé de l’équipe, en particulier autour des recrutements ;
• le recrutement effectif de deux médiateurs ou médiatrices hors de la filière bibliothèques

• l’attribution de la NBI (Nouvelle bonification incidaire) propre aux quartiers prioritaires de la politique de la ville, et des précisions sur les modalités de son versement — suivra-t-il un principe de rétroactivité ?

Contactée par ActuaLitté, la Mairie de Paris n’a pas encore donné suite à nos demandes. La bibliothèque n’était pas non plus joignable.

Lien : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/bibliotheque-assia-djebar-nike-le-vigil-un-graffiti-d-injure-douloureux/94827

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=77672

Posté par le Mai 16 2019. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE, COURRIER, CULTURE, EMIGRATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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