La Voix De Sidi Bel Abbes

Bêtises de gamins: La ceinture (Sentoura) du père, la claquette (claquita) de la mère et la règle (rigla) du maître (el meyd)

Un bébé ébloui par la clarté d’une flamme, ignore le danger qu’elle dissimule, jusqu’au jour où il sentira la douleur en mettant sa main dans le feu. Plus tard, il cassera tous ses joujoux en cherchant à découvrir comment roule sa petite voiture ou d’où vient cette lumière étincelante quand il tire sur la gâchette de son pistolet… Plusieurs sont les exemples de ces actes infantiles qui se ressemblent presque tous. Autant que l’enfant grandisse, ses gestes maladroits grandissent avec lui pour devenir des bêtises, même agaçantes, tout gosse normal est apte à les commettre, c’est instinctif. Ces bêtises représentent souvent des étapes incontournables de l’auto apprentissage pour acquérir un certain savoir. Autrement dit, pour qu’on arrive à apprendre l’exact des choses, l’essai doit précéder. Mais quand l’enfant répète la même bêtise ou celle-ci dépasse les bornes de la curiosité et de l’apprentissage, on ne fait pas appel, dans ce cas, à la psychothérapie de… « Super Nanny » la blonde française de la chaine TV M6, elle n’est pas des nôtres. Nous, nous avions, à la maison, la bonne fessée corrective « Triha » qui remédiait toutes nos sottises et à l’école, la règle en aluminium du maitre qui ouvrait nos esprits.
Même si le lecteur n’est pas d’accord avec moi sur cette modeste introduction analytique, je suis certain que je réussirai à réveiller en lui, autant que moi, quelques anecdotes de bêtise de gamin qui sont ancrées dans nos cervelles même après tant d’année. Il suffit d’un stimulus, un mot ou un objet, pour que des anecdotes surgissent de nouveau, surtout celles qui finissaient par une fessée ou une raclée très douloureuse.
Tiens, en pensant à une raclée, une histoire de mes bêtises me vient subitement à l’esprit. Étant môme, on voulait souvent imiter les grands en inventant des jeux relevant de leurs métiers répandus dans la société, tel l’instituteur et ses élèves, l’épicier et ses clients, le gendarme et le voleur …cette fois-ci, moi et mon cousin, nous avons opté pour le jeu du coiffeur. Et pour faire, je me suis procuré d’une lame à raser, je ne sais pas d’où, d’un crayon de ma trousse scolaire, d’un morceau de glace pour servir de miroir et d’un peigne. Avec le crayon et la lame, j’ai conçu un rasoir ressemblant à celui de mon père. Au garage, notre salon de coiffure se fut équipé de tout. Moi, j’ai pris le rôle du coiffeur, mon cousin celui du client, il s’est installé sur un tabouret en face du miroir, j’ai humecté puis peigné ses cheveux déjà courts…puis j’ai posé la lame sur son crâne et en tirant, oups… j’ai soulevé un scalp. Paniqué devant l’écoulement du sang sur son front, il partait vite chez lui en pleurant. Sa mère, sans chercher le comment, procéda à l’hémostase en posant une poignée de poudre de café sur la plaie… Quant à moi j’ai réglé fissa ma peine par des fessées brulantes, une série de 3 ou 4 coups par la claquette de ma mère « changla », surtout sur cul-nu, était largement suffisante pour ne pouvoir plus seoir sur mon popotin durant toute la journée et jurer de ne plus refaire des sottises pareilles…mais c’est peine perdue, bientôt une récidive…

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Une autre connerie faisant autant rire que la première. Je devais avoir 7 à 8 ans quand mon oncle, jeune beau gosse et élégant, avait acheté un scooter neuf et était très content pour se pavaner devant ses amis. Un après midi, pas comme les autres, où tout le monde était dedans faisant la sieste, moi j’étais seul dans le garage assis sur le scooter en jouant le motard. Soudainement, une idée diabolique me fut parvenue quand j’ai aperçu sur l’étagère d’à coté un pot de peinture et un pinceau, et au bout de quelques minutes le beau scooter bleu devenait tout noir. On peut deviner facilement la suite, la Triha que j’ai « mangé » est inoubliable.

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Mon père avait une ceinture «Septa» suspendue sur un clou à coté de sa veste derrière la porte de sa chambre, une badine souple faite de vrai cuir, on pressentait à distance la douleur de ses coups. Il ne l’utilisait que rarement et en cas de tumulte intramuros, il n’avait qu’à demander à ma mère « apporter moi la cravache » pour que chacun s’éclipsât dans un coin et devînt sage comme une image …Mais ce jour là, j’ai dégusté un peu de sa saveur, j’ai entendu son sifflement avant qu’elle me cramait les fesses. La claquette est plus clémente que la ceinture.
Mon père est parti il y a longtemps que Dieu ait son âme, aussi sa cravache n’est plus mais je vois encore son ombre plaquée derrière la porte et j’entends son sifflement chaque fois en visitant le domicile paternel.
Au collège, tout le monde a été corrigé un jour ou l’autre par des raclées, et celui qui dit n’avoir pas reçu une, c’est qu’il n’y était jamais. Mon maître ne relâchait jamais sa règle en aluminium, c’était sa partenaire qui faisait régner le silence dans la classe et sa clé magique qui ouvrait les esprits verrouillés.

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Les raclées, j’en ai goûté de toutes les sortes, de la traditionnelle sur les paumes des mains à celle sur les bouts des doigts passant par la fameuse raclée sur les plantes des pieds par un segment de tuyau ou une branche d’olivier de « Si El Meghazi » le Taleb de l’école coranique dont aucune anecdote ne me revient en mémoire à l’instant, sauf que je n’ai pas remis mes pieds chez lui après avoir m’infliger une bonne correction.
En fin, ce sont simplement des histoires relatant les fautes d’un gamin et les corrections des grands. Mais quand je me vois dans un miroir et je vois la personne que je suis, je n’approuve que de la gratitude envers tous ceux qui m’ont puni, un certain jour, à cause de mes bêtises et qui ont été les initiateurs de mon éducation et mon apprentissage, mes parents et mes maitres.

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Posté par le Août 24 2016. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

7 Commentaires pour “Bêtises de gamins: La ceinture (Sentoura) du père, la claquette (claquita) de la mère et la règle (rigla) du maître (el meyd)”

  1. Imène

    Ne cherchez pas , c’est lui ! Le Dr Douar !
    Douar , enfant ..je le reconnaîtrais entre mille ! plutôt je reconnais ses bêtises : Toutes plus énormes les unes que les autres et qu’il enchaîne avec une assiduité épatante ! Il opère toujours dans le garage de la maison familiale , aux heures paisibles de la sieste ! en voulant jouer au coiffeur , il a tout simplement scalpé le crâne de sa « victime  » de jeu ,un petit cousin.. en voulant s’improviser en peintre il a bousillé le scooter flambant neuf de son oncle avec de la peinture noire ! Oh , il en a pris pour son grade le pauvre chou ..les trihettes il en a  » goûté  » de toutes les sortes : sebta , cravache , la claquette , la règle du maître d’école , mais il faut dire qui’il les  » méritait  » bien ces corrections ! ses bêtises étaient moumentales .. bien qu’au fond on ne sétonne pas de se prendre d’affection pour cet enfant turbulent certes , mais futé , imaginatif , intelligent , farceur , p’tit loup ! il faut bien que l’enfance se passe …
    Les trihettes, les fessées à mon avis sont necéssaires pour corriger les enfants qui font des bêtises , tout comme il faut les récompenser quand il font des choses biens ..entendons nous bien je ne dis pas qu’il faille les battre mais les corriger , ils faut qu’ils craignent  » quelqu’un  » en l’occurence le père , la mère , le maître d’école ..si les enfants ne craignent rien , que les parents n’ont aucune autorité sur leurs gamins , alors c’est la porte ouverte à toutes les dérives ! Pour le cas de l’enfant Douar , il n’éprouve que gratitude envers ceux qui l’ont puni !
    ça a fait de lui un DOCTEUR ! c’est pratiquement le cas de tous les enfants ayant subi des corrections même sévères pour leur bêtises , et qui sont devenus de GRANDS HOMMES ( ou femmes ) éprouvent tous ce sentiment de reconnaissance pour leur parents et maîtres..
    les bêtises forgent le caractère des enfants et aident à l’auto apprentissage des choses , du monde qui les entoure..et forment dans un sens leur personnalité ..un enfant trop sage , il faut s’inquiéter !!

  2. sba

    C ‘était l’ére d’une éducation ou l’autorité parentale et celle de l’institution scolaire avait un effet quoiqu’il est mis parfois des réserves qui ne pèsent pas assez. Merci à l’auteur de nous faire revivre cette époque et ses épreuves importantes qui ont forgé des générations

  3. Ayadoun Sidahmed

    Ce n’est nullement cette époque, les rapports familiaux ont changé et la société c’est disloquée ce qui a engendré des difficultés dans l’éducation même à l’école ou le pouvoir de l’enseignement et contesté car il ne peut rien faire avec les mesures du châtiment corporel qui lui interdise la fessée. Cela et un constat et ce n’est pas une opinion figée sur ce sujet. Franchement les contributions du docteur Douar certes très nostalgique pour ce débat sur l’actualité et ce à quelque jour de la rentrée des classes ou sont annoncé des mesures relatives à la réforme entreprise par l’accueil ministre de l’éducation. Je me suis éloigner un petit peut et je m’en excuse pour redemander à notre ami le DR Douar de nous épater d’autres thèmes

  4. Imène

    Dr .Douar : Azzul !
    Je vais enfin vous la poser cette question qui me turlupine : Lorsque vos enfants font des bêtises ( ils en font certainement ) comment vous réagissez ?
    a/ A l’ancienne : vous payez cash ! la sentoura n’est jamais bien loin : on ne badine pas avec l’éducation des gamins .
    b/ A la moderne : vous privéligiez le dialogue , l’échange , le pourquoi , comment , faut pas ….
    c/ Le discours moralisateur : à votre âge , j’étais sage et obeissant..etc .. ( oups ! loool )
    d/ Laxiste : bof ! tous les enfants sont pareils , ya pire ..leur mère s’en chargera bien !
    c/ Un tendre : leurs sanglots , leurs petites mines déconfites vous font fondre , et vous regrettez illico votre geste , et d’un revers de main essuyer leurs larmes..
    d / Autres .
    Mais qu’est ce j’aimerais connaître la réponse mon cher Douar !!!

    • Sœur Imène bonsoir
      Il y a des bêtises et des bêtises, des bêtises qu’on n’aime pas que l’enfant les fasses et là on a la solution A.
      Des bêtises qu’on voit notre enfance à travers, il parait que les chromosomes jouent leur rôle aussi dans les bêtises ; dans ce cas je suis le protecteur ; leur maman frappe avec du n’importe quoi.
      Le dialogue et l’échange on les utilise quand l’enfant commence à comprendre le comment et le pourquoi.
      En tout cas les corrections dépendent de la gravité des bêtises qui varie de la simple qui fait rire au pire qui mérite une Triha.
      Salutations tjrs un plaisir de vous lire.

  5. SBA

    Le docteur toujours bon pedagogue.

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