La Voix De Sidi Bel Abbes

Bérenguer, l’abbé anti-croisades (1915-1996)

abbeberenguer5Paroissien, souvent rebelle, l’Abbé Bérenguer (1915-1996) cet homme de foi et de religion a laissé le souvenir d’un homme de conviction, juste et courageux qui, dès 1955, en s’exprimant à travers un long article publié dans la revue Simoun paraissant à Oran, prit fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie. Son combat pour la liberté et l’indépendance inspira aux Algériens une autre image. Différente de celle que leurs parents avaient vécu au XIXe, avec des religieux animés d’un zèle apostolique, et, symbolisant au nom de la foi chrétienne, leurs croisades en Algérie et en Afrique. Des hussards, parmi eux, des hommes de foi les plus zélés, citons le cas du cardinal Lavigerie (1825-1892), fondateur des Pères blancs et de la société des missionnaires d’Afrique, archevêque d’Alger et de Carthage; Charles de Foulcaud (1858-1916), officier de l’armée explorateur, géographe, et missionnaire enfin, ermite. Alfred Bérenguer est né à Amria ex Lourmel. Fils d’immigrants espagnols originaires de Grenade (Espagne) son père, ouvrier- mécanicien, était venu s’installer en Algérie à la recherche de meilleures conditions de vie. Très conservateur, ce père n’avait, en effet, rien à voir avec les colons, leur arrogance et leur mépris, face aux Algériens mis au bord de la route. En s’installant un moment à Frenda, ville qui a vu naître le sociologue et spécialiste du Maghreb Jacques Berque (1910-1995), il vivait à la limite de la survie avec sa famille comptant plusieurs enfants. «Sa condition à peu près égale, sinon légèrement meilleure par rapport à une famille rurale algérienne», me disait-il, dans une interview, en 1972. C’est son père qui orienta son choix l’encourageant à y faire des études paroissiales. «A douze ans, après communion solennelle et confirmation, j’entre au petit séminaire d’Oran» expliquait-il. Aller à l’école laïque et républicaine a été pour lui une chance extraordinaire. Les valeurs morales qui fondent son engagement étaient influencées par la Révolution française et les idées humanistes prônant la liberté et la libération des peuples d’où son engagement politique aux côtés des exclus et aussi, son combat contre les privilèges au sein même de l’Eglise. Il était favorable à une laïcité ouverte et généreuse, «qui n’est pas hostile par principe à quelque chose, qui n’est pas exclusive, qui est très large, tolérante. Chrétiens, Musulmans, Juifs, enfants de francs-maçons ou d’athées, nous étions tous sur un pied d’égalité, unis dans la création», disait-il, dans un entretien avec l’historienne Geneviève Dermendjian. Curé laïc et républicain, il était très proche du milieu des fellahs, les travailleurs de la terre dont il le trait direct de caractère avec un sens naturel de l’amitié. La laïcité était au cœur de sa pensée religieuse. Elle traduisait les sentiments profonds de cet homme de foi en faveur de l’union et de la solidarité entre les hommes loin de toutes barrières sociale, culturelle, religieuse celle imposée par la foi de l’autre. Nommé curé de la paroisse à Montagnac (Remchi), il accomplissait sa tâche avec beaucoup d’humilité et surtout d’amour, affichant modestement une image entièrement vouée à l’homme et à sa fidélité. Dans sa foi chrétienne il réagissait sévèrement contre les pratiques archaïques entrées dans les mœurs et qui consistaient à mélanger foi et argent et cela, lors des baptêmes et autres cérémonies œcuméniques. Proche du combat des hommes pour la liberté et la justice, les ingrédients révolutionnaires étaient déjà réunis dans sa pensée. Derrière ce révérant et humaniste passionné se cachait, en effet, un idéal immense de liberté, de générosité et d’ouverture. Par son appartenance au Croissant rouge algérien, son attitude distanciée et sans complaisance à l’égard des colons, il incarnait l’amour et une humanité au-delà de toute barrière religieuse. D’esprit libre, très critique, il était fortement attaché à l’idée d’une religion qui vit son temps, loin des contraintes de conscience imposées par les dignitaires œcuméniques. Dictée par un choix clair, celui du courage de dire ou la lâcheté, son attitude était de ce fait, un acte de foi voulant empêcher une guerre meurtrière, dont il n’arrivait pas à convaincre les colons, de ses conséquences. Se positionnant par rapport à l’avenir, il sera parmi les rares hommes de religion à se déterminer en prenant, en faveur des Algériens, voix contre les injustices. Il était, disait –il, «contre le religieux colonisateur à visage masqué». En théologie, il fut influencé par le courant ‘’Jeunesse de l’Eglise’’ et par les jésuites comme Teilhard de Chardin qui était, lui aussi, disait-il, persécuté par la hiérarchie catholique. Sa position favorable à l’indépendance de l’Algérie, l’algérianisation de l’église que la guerre ne fit point bouger et d’autres raisons du point de vue des valeurs fondamentales ont fait qu’il confrontait tant de problèmes, d’où sa marginalisation puis, son expulsion, en 1958.  Dans le sillage de son combat quelques prêtres, natifs d’Algérie pour la plupart, manifestaient eux aussi, des positions franches épousant la cause algérienne, nous citerons par là : le père Jean Scotto (1913-1993) né à Alger, un pacifiste, curé de Bab el-Oued puis évêque de Constantine, le curé Katan de Souk Ahras, Monseigneur Duval… dont l’engagement en faveur de l’indépendance avait gêné, au moment où les Algériens étaient meurtris, durant la guerre de libération. Avec les curés Alfred Berenguer et P. J Lethielleux j’étais longtemps en affinité partageant ensemble, la passion du passé de l’Algérie et du Maghreb. Nos échanges se manifestaient régulièrement lors de nos rencontres sur les chantiers de fouilles archéologiques, à Agadir, Bettioua (Saint- Leu), Honaïne, Siga… chargé de leur organisation, en ma qualité de responsable des services des antiquités et des monuments historiques, quelques années après l’indépendance. Les idéaux humanitaires de ce petit bonhomme de curé au béret noir espagnol, enfant du pays épris d’histoire dont les qualificatifs ne manquaient pas, à droite comme à gauche, souvent divisée sur la question algérienne, pour le considérer comme un «déserteur», son engagement paraissait paradoxal aux yeux des Français, feront qu’il réagit, les derniers moments de la colonisation, avant le soulèvement armé, contre «une église souterraine obéissant aux colons», disait-il, propriétaires des latifundia, obnubilés par leurs intérêts. Du côté algérien, il partageait entièrement la vie de ces hommes répondant au nom «d’indigènes», c’est-à-dire d’hommes au statut politique de «néant humain», ressentant la souffrance du monde qui les entoure, surtout en dehors des villes, dans les campagnes et sur lesquels il pose un regard plein d’humanité occupant le premier plan de sa conscience.

L’IMAGE D’UN HOMME DU PEUPLE

Cette image d’homme du peuple très proche des Algériens le rendit aux yeux des colons, peu crédible non seulement dans sa foi, mais aussi, dans sa citoyenneté, en tant que Français, soupçonné d’être, dans ses convictions politiques et sa foi, du côté des Algériens. A Tlemcen, où pendant des années il occupa le poste de professeur d’espagnol au lycée de garçon il était plutôt dans son monde, au contact de ses habitants et de son élite cultivée héritière, socialement et culturellement, des vieilles traditions de citadinité. Professeur au lycée docteur Benzerdjeb il était en lien d’amitié avec son confrère Cheikh Mohamed Zerdoumi connu pour son érudition et son attitude symbolique représentant le parfait «intellectuel arabe». Dans la ville natale de Messali Hadj (1898-1972) (1), père du nationalisme algérien, il connaissait tout le monde. Il était une des personnalités en vue. En dehors du lycée, ses meilleures relations se comptaient parmi les intellectuels français et algériens engagés, nombreux à Tlemcen, communistes ou nationalistes, «fréquentables», jugeait-il, car «leur engagement était porteur d’un idéal en faveur du progrès humain». Le milieu progressiste à Tlemcen comptait une brillante élite d’un fort courant parmi notamment les instituteurs. Ce courant était marqué par l’influence de personnalités françaises et algériennes affranchies, parfaitement imbues des idées progressistes parmi lesquelles nous citerons Mohamed Badsi, nom qui apparaît dans la trilogie de Mohamed Dib «la grande maison», Mohamed al-Yebri, le professeur de philosophie au collège de Slane Pierre Minne dont l’épouse Jacqueline Netter, se remarie avec le militant Djilali Gerroudj, membre du parti communiste, recherché par la police et sauvé par l’Abbé Berenguer, en 1956 (voir son livre d’entretien sur notre abbé intitulé ‘’En toute liberté’’) . Jaqueline héroïne de la bataille d’Alger et son mari Abdelkader Guerroudj étaient tous les deux condamnés à mort, puis graciés. Ils appartenaient au réseau de Ferdinand Iveton. L’Abbé Bérenguer et Abdelkader Guerroudj se retrouveront plus tard, à l’indépendance, en 1962, membres, tous les deux, de l’assemblée constituante algérienne. Notre Abbé était en lien très proche aussi, avec le professeur de musique Roger Béllissant, figure de proue du mouvement progressiste à Tlemcen, dont la fille Colette, épousa l’écrivain algérien, Mohamed Dib (1920-2003). L’Abbé Alfred Bérenguer était en partage d’idées avec d’autres éminentes personnalités algériennes et françaises, activistes communistes ou progressistes de gauche parmi lesquels, nous citerons entre autres, le professeur d’histoire-géographie Sid Ahmed Inal, mort au maquis, les armes à la main, le docteur Benzerdjeb lâchement assassiné, en 1956, les militants Moughlam Mustapha, le pharmacien Mered Abdelghani… A Tlemcen, cette ville riche, intellectuellement vivante, l’Abbé fréquentait le milieu des intellectuels, catholiques et musulmans, politiquement acquis à la cause anticoloniale, voire l’écrivain algérien Mohamed Dib, les médecins-martyrs Bénaouda Benzerdjeb et Tidjani Damerdji, le juriste-nationaliste enfin, grand mécène, l’avocat Omar Boukli Hacène fondateur en exil du Croissant rouge algérien à Tanger, le professeur de philosophie du collège de Slane et ancien avocat du F.L.N Djilali El hassar, Mohamed Méziane, militant de l’UDMA … Il prisait les moments de longues discussions avec les érudits de la ville, citons entre autres l’homme politique, linguiste et hispanisant Abdelkader Mahdad, connu pour ses travaux dont «Zad al-Mousafir» (le viatique du voyageur) un commentaire de l’oeuvre de l’andalou Aboubekr Soufiane ibn Idriss de Murcie (XIIe). Cet agrégé de langue arabe était membre-fondateur de l’UDMA aux côtés de Ferhat Abbas et du docteur Saadane. Nous citerons aussi Mohamed Gnanèche, un nationaliste de la génération de l’Etoile nord africaine, devenu responsable du journal «Ech-Chaab» après l’arrestation de Moufdi Zakariya (1908-1977), militant de l’Etoile nord-africaine et du Parti du Peuple Algérien (P.P.A); l’ancien professeur de philosophie au collège de Slane devenu avocat du F.L.N Djilali El Hassar ; Mohamed Méziane militant de l’U.D.M.A ; le médecin Mohamed Tebbal ; les instituteurs Mohamed Berber ; Sid Ahmed Triqui instituteur ; Sid Ahmed Bouali homme de lettres… En dehors du milieu de l’élite de la cité considérée comme un grand foyer de mobilisation, ce prêtre algérien très respecté était aussi très proche du petit peuple, celui des artisans usant de sa faconde, un des traits particuliers de son caractère, pour exprimer ses idées émancipatrices, entraînant parfois de longs moments de discussions. Les lieux de convivialité étaient les échoppes comme chez son ami, le vieux cordonnier du quartier, près du presbytaire, à la rue Bab Ilan (Babylone)… Avec le milieu des intellectuels, ses rencontres se tenaient dans les lieux ouverts, des cafés ou dans les cercles (les nadis) ces espaces mythiques dont l’idée s’est imposée au début du XXe et qui ont accompagné la forte politisation de l’opinion à Tlemcen. Les sujets à l’ordre du jour surfaient les grands moments de l’histoire de l’Algérie, les expériences personnelles des instituteurs qui représentaient l’élite enfin, l’avenir dans les domaines de l’éducation et de la formation préoccupés surtout, par l’émergence d’une élite algérienne d’avant-garde. Soucieux d’édification d’un pays de progrès, il déclarait : «Je me tranquillisais à l’idée de voir s’intéresser au pays la nouvelle génération des Algériens acquis aux idées de progrès, de civilisation et de libération des peuples dans le monde», me disait-il, ( interview, accordée en 1978, au siège monastère de Saint Benoît et, où il avait élu domicile, jusqu’à sa mort) . En dénonçant la myopie des politiques français sur la question du soulèvement, notre paroissien était dans un autre regard, sur le combat mené par le peuple algérien. Cet homme d’église dans sa grande sincérité, écrivait : «Les rebelles, sont des combattants de la patrie». Ce curé de la liberté soutenait qu’il peut être légitime voire nécessaire de se rebeller contre le pouvoir établi. Son engagement était alors, tout à fait nouveau et inattendu, car c’était la première fois qu’un curé en pays dominé allait, politiquement, soutenir une rébellion populaire, légitimant aussi, le principe de la Révolution. Il écrivait : «Le peuple a raison de se révolter, car il a le droit de se libérer», quand le pouvoir nie la raison de vivre en entente, des hommes. L’option idéologique était parfaitement aboutie donnant sens à un modèle dynamique de prêtre politisé, contribuant ainsi à l’évolution des idées qui ont forcé jusque – là, la représentation du régime colonial. Pour cet homme de religion dont l’attitude avait surpris les siens et ses disciples «religion, politique et révolution» pouvaient coexister sans se heurter, car une seule voie y mène, à savoir : la libération de l’homme. Le curé réfractaire et objecteur de conscience, enfant terrible de l’Eglise qu’il était ne pouvait outre mesure, cacher son engagement en faveur du peuple algérien dont il connaissait les qualités humaines ancestrales, ayant étudié profondément l’œuvre de ses grands penseurs : Apulée, Saint Augustin, Saint Cyprien, Ibn Khaldoun, l’émir Abdelkader. A propos de son étiquette de rebelle il s’en explique en disant : «C’est deux évêques d’Oran qui m’ont appelé l’enfant terrible par ce que je refusais d’être traité comme un mineur, quel que soit celui qui ordonne ou qui écrase, sous prétexte qu’il est le supérieur, le prêtre, le professeur, l’évêque. Je ne suis pas celui qui dit toujours amen, qui se plie, qui vit à genoux». En 1955, l’assassinat du martyr Bénaouda Benzerdjeb, premier médecin algérien tombé au champ d’honneur, fut le détonateur d’une grande colère populaire et cela, pour soutenir la mobilisation qui dura plusieurs jours. Elle avait, rappelons-le, donné lieu à une grande révolte qui secoua la ville pendant et après la mort du jeune Belkaïd, âgé de 17 ans, tombé sous les balles de la police. Craignant son impact général à travers le pays, elle plongea dans le désarroi les autorités coloniales. Face à cette situation d’insurrection, appel à la rescousse était fait aux bons offices de ce curé et d’autres personnalités du courant civil, pour tenter de conjurer cette colère. Son premier appel face à la crise algérienne fut l’article intitulé «Regards chrétiens sur l’Algérie» qu’il publia en 1956, dans la revue littéraire, bimestrielle, «Simoun» (1952-1961). Cette revue était connue pour avoir fait paraître des textes signés par Emmanuel Roblès, Albert Camus, Mohamed Dib… Elle paraissait à Oran, jusqu’en 1961. Dans cet article, il y laisse s’exprimer son cœur, sa foi et sa raison : «J’appréhendais longtemps cette guerre et tout juste après la fin de la seconde guerre mondiale avec les évènements meurtriers de Sétif». L’intérêt de la France supposait, selon son engagement, une plus grande ouverture et des réformes politiques modifiant les relations en faveur des Algériens, mais trop tard, «la Révolution était déjà dans la rue». L’abbé Alfed Berengueur était contre la force des armes. Il déplorait, en tant qu’intellectuel, le cynisme des politiciens de l’Algérie française de la même manière soutenu dans l’opinion par les intellectuels engagés : Maurice Audin, Frantz Fanon, Jean Paul Sartre…, et d’autres progressistes acquis à la cause de l’indépendance de l’Algérie. Dans «Regards chrétiens», il interpelle le pouvoir politique français pour n’avoir pas pris parti en faveur du règlement du problème algérien, dès 1945, à la fin de la première guerre mondiale, c’est-à-dire tout juste après que les Algériens aient fait couler leur sang, aux côtés des soldats de l’alliance, sur divers fronts après la seconde guerre mondiale. C’est tout juste après cette guerre «absurde» que sa personnalité connut un destin bien différent. La montée du nationalisme et les crises qui s’annonçaient déjà, augmentèrent ses inquiétudes quant à l’avenir de l’entente dans le pays. A ce moment l’Abbé ne croyait plus déjà à une solution pacifique au conflit. «C’est un problème politique. Il fallait s’y attaquer dès 1945 et hardiment. Nous ne l’avons pas fait… On peut le regretter» écrivait-il, dans cet article paru dans la revue Simoun. Rédigé dans la forme d’un réquisitoire, cet homme d’église met, dans ce même article, à nu l’ordre colonial : «Les «hors-la-loi», écrivait cet homme de proposition et d’engagement, ne sont qu’une poignée, oui mais tout un peuple est avec eux. Pourquoi nous leurrer nous-mêmes ? Les protestations de loyalisme plus ou moins provoquées, les communiqués optimistes auxquels leurs auteurs croient peu ou proue, l’apparente apathie des masses, trompent ceux-là seulement qui veulent être trompés. Il ne s’agit pas ici de porter un jugement moral, d’approuver ou de blâmer, nous en sommes à regarder le réel. Cela me sera-t-il défendu, parce que je suis prêtre ? Se tenir en l’air, assis sur les nuées, est une position fort incommode, impossible à garder longtemps. L’avion lui-même atterrit. Je regarde les faits, je constate que le cœur de l’Algérie musulmane bat à l’unisson de celui des «rebelles» et je le dis. Il ne s’agit plus d’une révolte, d’une insurrection, comme telle ou telle flambée qui fut vite éteinte jadis. D’un bout du monde à l’autre, les peuples jusqu’ici colonisés secouent la tutelle occidentale et obéissent à un «mythe», le mythe de l’émancipation, de la libération. L’hégémonie de l’Europe n’est plus acceptée : c’est comme ça». Cet article eut, comme effet, de libérer la parole parmi les français favorables à l’indépendance de l’Algérie. «Ces hors la loi, ce sont des combattants», assénait-il, quelque soit le vocabulaire plaqué sur eux. Sa position à l’égard de la lutte des Algériens pour l’indépendance conforta son image dans les milieux nationalistes autant qu’elle le discrédita aux yeux des colons qui manifestèrent à son égard une haine jusqu’à lui valoir des menaces, rendant sa présence impossible en Algérie. Son article «Regards chrétiens» était aussi un appel au dialogue, à l’entente revendiquant le passage de la colonisation à celui, de la liberté et de l’indépendance, à un moment où la communication sur les problèmes de l’Algérie était devenue difficile, sinon impossible. Malgré la pression morale et les menaces dont il subit profondément les effets, son engagement militant ne ralentira point ses efforts sur le terrain, se donnant pour mission d’expliquer le pourquoi du combat du peuple algérien.

ENFANT TERRIBLE DE L’EGLISE

L’abbé Alfred Bérengueur est dans le même combat de la liberté, par la parole et l’action comme sur les montagnes de Cassino, pendant la campagne d’Italie lors la seconde guerre mondiale, où, en tant qu’aumônier et membre du corps expéditionnaire commandé par le général Alphonse Juin il portait les secours humanitaires aux blessés, Algériens et Français. C’est d’ailleurs sur les champs de bataille France qu’il connut son ami Ahmed Benbella, futur premier président de l’Algérie indépendante et de la même manière qu’il se mobilisa pour les secours, acheminant les médicaments aux blessés algériens des maquis du djebel Fillaoussène (Tlemcen). Son combat pour la dignité et le respect des choix en faveur de la liberté est un bel exemple d’idéal humain, au-delà des barrières de la religion. Son exil, suivi d’une condamnation par contumace et à la déchéance de ses droits civiques, renforça davantage sa conviction à porter la voix de l’Algérie en lutte pour son indépendance. Sous le couvert du Croissant rouge algérien, partout à travers le monde, dans les arènes politiques et les forums il est cet infatigable ambassadeur de la cause algérienne, usant de son sens aigu des mots et son talent de la parole. En Amérique latine, où il représentait le Croissant rouge algérien, de 1959 à 1960, ce communiquant de talent sera ensuite, en tant délégué permanent du gouvernement provisoire d’Algérie, le meilleur ambassadeur pour faire entendre la voix de son pays, sur la scène internationale. De corpulence chétive il sera, malgré ses problèmes respiratoires dus à une blessure de guerre, cet infatigable porte-parole de la lutte d’indépendance dans les milieux universitaires, à Santiago du Chili, à la Havane… multipliant les interviews et les conférences. Son discours était très dur à l’égard des colonialismes d’une manière générale et surtout, en Afrique, en Angola, au Mozambique… Grand ami du révolutionnaire latino-américain, Che Guévara, il le fit venir en Algérie, en 1964. Il sera aussi, un temps, conseiller du président cubain Fidel Castro pour les questions concernant le Vatican. Il sera poursuivi jusqu’aux pays lointains par la propagande orchestrée contre lui, par André Malraux, l’auteur de la condition humaine et ministre de la culture sous le pouvoir du général de Gaulle, peu convaincu par la cause algérienne. Le père Bérenguer sera, par la presse coloniale culpabilisé de citoyen français rebelle avec des étiquettes sur le mode de l’excommunication. «Enfant terrible, je consens à l’être, disait-il. Je l’ai été et je le resterai de cette façon là, quel que soit l’âge, parce que j’ai mis la liberté par-dessus tout et c’est la liberté qui fait des enfants terribles, qui pose des problèmes aux autres comme à moi». Le père Bérenguer dans la perspective chrétienne qui est la sienne, fut, sans le moindre doute, un antiraciste et un anticolonialiste résolu. Ne cautionnant pas le coup d’état de 1965, il abandonnera son poste de conseiller à la présidence à l’avènement au pouvoir du colonel Houari Boumédiène. En accord avec ses principes il refusera de percevoir son salaire en tant que député, mais aussi, en tant que moudjahid, «en soutane», et, de curé, algérien. Ses convictions profondes l’empêchèrent d’accepter la rente ou le «pensionnariat» et, par là, de monnayer son sacrifice pour la noble cause de la libération de la patrie «Algérie». «Tous les grands crimes, toutes les grandes guerres sont faits au nom du nationalisme. Le patriotisme c’est différent. C’est aimer la patrie, la terre de ses pères. Et ma patrie, ce n’est pas l’Espagne, parce que je suis né ici, en Algérie, que j’ai voulu vivre ici. Ici, c’est ma terre, c’est ma patrie que j’aime» déclarait-il, dans le livre d’entretien intitulé «en toute liberté».

L’IDEAL D’ENTENTE ET DE DIALOGUE

A l’indépendance il rentrera dans le même avion que Benyoussef Benkhedda, président du gouvernement provisoire de l’Algérie indépendante. Il sera député de la première constituante, puis conseiller à la présidence sous Ahmed Benbella, avant de se démarquer définitivement du pouvoir, après le coup d’état de 1965. Son engagement sera, depuis, de dénoncer les dictatures qui se chassaient l’une, l’autre dans les pays, notamment en Afrique. Dans ses derniers moments de repli à l’abbaye des bénédictins abandonnée, en 1963, par son fondateur d’origine allemande dom Raphaël Walzer, il se consacra à la méditation et pendant le reste du temps, il rédigeait ses articles à caractère biographique traitant de la vie et de l’œuvre des grandes figures du passé maghrébin (Massinissa, Yaghmoracen, al-Idrissi ou Léon l’Africain…) qu’il fit publier sur les pages du journal «El moudjahid». L’association «Pax» pour la paix, l’amitié et le dialogue créée, avant son retour définitif à Tlemcen, était un lieu propice à des rencontres favorisant l’amitié et le dialogue interreligieux dont il était déjà, un des précurseurs donnant, par la pensée et l’action, le meilleur exemple. Il rêvait de la création d’un espace culturel de rencontres et d’échanges pour l’amitié et le dialogue inter – religieux. L’âge et la maladie, n’avaient point émoussé son engagement. C’est ainsi qu’il participa, avec un petit groupe d’amis, à la création de l’association «Ahbab ettourath» (Les Amis du patrimoine). Son objectif était, avec d’autres acteurs, de donner une impulsion au militantisme associatif en repli du fait de la politique menée par le parti unique. A son retour définitif, en 1975, à Tlemcen après un séjour à Oran où il fut, pendant plusieurs années à son université où il avait pris en charge des cours gratuits de langue espagnole, il relança l’association ‘’Pax ‘’pour les échanges et le dialogue inter–religieux’’, à l’abbaye du «Saint-Benoît». Connaisseur en matière d’histoire de l’Algérie, il savait parfaitement que ce pays n’était pas un terrain «ex nihilo» et que, le peuple algérien chemine un itinéraire millénaire à travers une longue histoire et une culture. Ce souci de la mémoire et du passé le fera autrement réagir, un jour, au delà les liens de l’Eglise, face à son confrère, père P. J. Lethielleux, le curé de la paroisse de Bénisaf, déjà connu pour sa contribution à l’écriture de l’histoire de la ville de Laghouat (Paris, 1974, Guethner) et sur «Le littoral de l’Oranie occidentale» (fac-similé), sous l’égide du centre de documentation économique et sociale d’Oran, en 1974. Le père Berenguer avait en effet, réagi contre des fouilles archéologiques clandestines que son confrère-curé effectuait, profitant au professeur Pierre Salama de l’université d’Alger, dont il présenta les découvertes lors d’un congrès sur le «Limès», organisé à Lauzanne, en 1972. Père Alfred Bérenguer ce passionné d’histoire de l’Algérie connaissait, certes, parfaitement ce site de l’époque romaine, situé dans la commune de la ville côtière Bénisaf et dont il découvrit pour la première fois les traces qu’il fit découvrir dans un article, par lui publié, en 1952, dans la revue les «Amis du vieux Tlemcen». Insurgé et dérangeant de l’ordre colonial, «source du mal», l’Abbé laissa une riche bibliothèque, ainsi que, plusieurs manuscrits qu’il souhaitait éditer avant sa mort. Son livre intitulé «Un curé d’Algérie en Amérique latine», paraissant en 1964 édité par la SNED connut un grand succès. «Un homme de liberté» est aussi le titre d’un autre livre publié sous la forme d’un entretien qu’il accorda, en 1993, à l’historienne Geneviève Dermendjian, paru aux éditions Centurion (France). D’un intérêt biographique ce dernier offre une lecture celle-ci, très intéressante sur les problèmes de l’Eglise et l’attitude du Vatican à l’égard des peuples confrontés aux inégalités et à l’injustice. Je teminerais mon exposé rappelant aussi, à titre de mémoire, sa participation active à l’organisation de la première semaine culturelle de Tlemcen, en 1966, animant plusieurs conférences et rencontres aux côtés d’éminentes figures algériennes de l’histoire et de la littérature dont Kateb Yacine, Mahfoud Keddache, Hachemi Tidjani, Mouloud Maameri… La seule fois qu’il quittait l’Algérie, depuis l’indépendance, c’était pour se faire soigner en France, avec un passeport algérien. En formulant le vœu de se faire enterrer en Algérie, les durs moments de la décennie noire, il donne une nouvelle fois la preuve de son attachement indéfectible à son pays, l’Algérie. Son enterrement eut lieu, selon ses vœux, en présence de Monseigneur Teissier, cardinal d’Alger, et une foule d’amis et de personnalités de la société civile qui sont venus de partout, accompagner sa dépouille, jusqu’au cimetière chrétien d’al-Kalaa.  L’Abbé Bérenguer cet homme de liberté, de coexistence entre les peuples. Sa vie, d’un riche parcours, est un testament vivant laissé par un homme épris de paix en faveur de l’entente et de la libération des peuples du joug colonial. Il restera pour toujours, une figure historique qui, parmi d’autres intellectuels et hommes de combat encore dans l’oubli, méritent une place au panthéon de la mémoire de l’Algérie moderne, tolérante et enfin, libre.  – Mohamed Badsi grand voyageur figurait parmi les pionniers du mouvement progressiste à Tlemcen. Il fut fondateur avec un groupe d’amis, en 1928, de l’association les «Amis de l’URSS». En 1935 il participa aux côtés de son ami Amar Ouzeguane à la 3ième internationale socialiste qui s’est tenue à Lyon (France ).

– Le patronyme «Messali» dérive du vieux nom berbère «Messahli» désignant le vieux peuple berbère les «massaessyles» qui occupait la moitié occidentale de l’Algérie, jusqu’à la Moulouya.
– Le monastère «Saint-Benoît» de Tlemcen fut fondé vers les années 1950 par dom Walzer qui, en quittant l’Algérie définitivement, en 196, transmis les clés à l’Abbé Alfred Bérenguer.
Sources bibliographiques :
– «Regards chrétiens sur l’Algérie» article publié dans la revue «Simoun», n.21, fév. 1956, p.3-19.
– En toute liberté. Alfred Bérenguer prêtre algérien (Entretien avec Geneviève Dermendjian). Centurion, 1994.
– Maghreb Lectures. Bénali El hassar. Edilivre. Paris 2013
– Les Jeunes Algériens et la mouvance moderniste au XX e siècle. Bénali El hassar. Edilive, Paris 2013

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Posté par le Août 19 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

57 Commentaires pour “Bérenguer, l’abbé anti-croisades (1915-1996)”

  1. Mohand

    L’habito non fa il monaco.

  2. Mohand

    J’avais lu ( il y a 15 ans) son livre intitulé ‘un cure d Algérie en Amérique latine’ ou il avait des difficultés à véhiculer le message politique quant à l’indépendance de notre pays. Je pense que ses déboires tiennent beaucoup plus à ses relations intimes avec les communistes .

  3. HBF

    je trouve cela bon a lire et un devoir de mémoire et de recvonnaissance

  4. BADISSI

    on aiment bien lire les avis des pieds noir

  5. BADISI

    pour critiquer ils sont les premiers mais des qu ils s agit du chrétiens pacifiste , qui étais du coté juste , aucune trace de nos chers pieds noires qui se disent Bélabéssiens !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Danielle B

      @ BADISSI et K/FARAOUN bonjour messieurs
      pendant cette guerre d’indépendance les enfants d’Algérie qu’ils soient musulmans ou chrétiens ont choisi leur camp , chacun en accord avec ses idées et sa conscience
      pourquoi voulez-vous messieurs que je donne mon avis sur ce sujet?????
      à l’époque j’avais choisi la france parce que nous étions FRANCAIS depuis plusieurs générations, c’est grace à la FRANCE que mes ascendants ont pu faire de ce pays ce qu’il était devenu en payant un lourd tribut, je l’ai dit et je le répète tout n’était pas parfait, des erreurs et des injustices ont été commises mais qui ne justifiaient pas le massacre du peuple français et Pn et une mise à la porte des plus honteuse dont vous n’avez pas à vous enorgueillir,
      de grandes réformes étaient à faire, alors dites moi messieurs, est-ce que celles-ci ont été faites par vos gouvernants depuis 62??????
      est-ce que le pays et le peuple sont heureux et plus riches depuis que nous sommes partis???????
      ne mélangez pas les guerres svp, elles ne sont pas comparables et nous assimiler nous Pn à Hitler est une insulte grave, mes grands-pères, mon père se sont battus en 14 et en 39 et s’ils pouvaient vous lire ils se retourneraient dans leurs tombes
      JE VOUS INTERDIS DE SALIR LEURS MEMOIRES
      ça me rend triste que le peuple Algérien n’ait pas eu ce qu’il avait souhaité mais personnellement je ne regrette pas mon choix et je souhaite vraiment du fond du coeur qu’un jour vous puissiez être tous trés heureux dans ce pays magnifique qui mérite mieux que ce que vous avez aujourd’hui, mais avec des mentalités aussi rétrogrades ce n’est pas pour aujourd’hui ni même pour demain
      voilà ce que votre bel-abbésienne avait à vous dire Messieurs
      cordialement à tous les deux et bonne journée

      • R.TARI

        Bonjour Amiga
        Comme tu le liras, j’ai cité, avec les sources, ce que certains prêtres ont fait durant la guerre d’Algérie et j’ai tenu à citer aussi, ce qui était arrivé à deux prêtres vivant en Algérie. Tous étaient là pour apporter leur aide aux plus démunis, chrétiens et musulmans, sans distinction. Beaucoup d’autres prêtres ont été massacrés, par des ignares et des assassins. Lorsque je lis des commentaires du style de ceux de Badissi et K/faraoun, l’un essayant de faire réagir les PN alors que la plupart du temps il insulte leurs interventions et l’autre faisant un parallèle pour le moins surprenant avec Hitler et sa doctrine, oubliant bien facilement le rôle de certains arabes auprès des nazis, tu peux deviner dans quel camp on pourrait classer ces deux-là…

      • BADISI

        @Danielle B
        bonsoir Madame
        personnellement je suis heureux dans mon pays , je peut circuler librement , nos enfants peuvent étudier , je dort tranquillement il y a pas la visite des militaires français la nuit , mais notre Armée National populaire (ANP) la descendante de ALN (armée libération national ) veillent sur nous , j entends le muezzin cinq fois par jour , je voit notre beaux drapeaux flotter partout , et chaque fois que je le voit je me rappel du prix fort payer par le peuple Algériens , nos gouvernants vont construire des logement pour tout le monde , les écoles partout même dans les douars éloigner , l électricité aussi , les centre médicaux , ect ……
        donner votre avis d accord , mais ne juger pas nos mentalités ,
        il faut reconnaître que la plupart du peuple Algériens a vécue dans la misère ,la peur , l oppression , votre france a confisqué sa terre pour la donner des envahisseur venue de je ne sais ou ,
        UNE DERNIÈRE QUESTION ETE VOUS FRANÇAISE OU BEL ABBESIENNE ??
        cordialement

    • R.TARI

      Des Chrétiens dans la guerre d’Algérie de Sybille Chapeu, l’action de la Mission de France
      « Une part de l’histoire franco-algérienne a été écrite par les prêtres de la Mission de France. L’apport de ces chrétiens à la décolonisation algérienne a contribué à l’instauration de relations entre les deux peuples dès la proclamation de l’indépendance. Responsables des réseaux engagés dans une activité clandestine quasi-quotidienne, simples sympathisants qui acceptent de rendre ponctuellement un service à un Algérien anonyme, militants politiques aguerris qui tentent de renverser le courant d’une opinion publique indifférente ou hostile, ceux qui hébergent des nationalistes ou qui prêtent leur nom pour acheter une voiture ou un appartement au profit du FLN, la liste est longue dans la Mission de ceux qui ont décidé ou accepté de participer à cette lutte. Rêvant de révolutionner le sacerdoce, ces hommes ont constitué un groupe inédit dans la vie de l’Église et dans la vie politique française. »

      Autres destins dans cette guerre d’Algérie :
      (le Monde du 18 octobre 1962)
      « Enlevés le 6 octobre 1962 par les hommes en uniformes à St-Cyprien-des-Attaf, à 30 km d’Orléansville, deux prêtres, les pères Py et Chassine, sont tués au bord du Cheliff. Le Ministère de l’information algérien dénonce un acte inadmissible. A Paris, ces religieux n’auront droit à aucune mention officielle. Nul ne parlera de « martyres » à leur sujet. Nul ne parlera d’eux, tout comme s’il y avait de bonnes et de mauvaises victimes. Les assassins des deux prêtres seront arrêtés le 17 octobre »

  6. K/faraoun

    Certains PN ont été pour l’indépendance de l’Algérie et d’autres pour l’Algérie coloniale Donc les PN ne sont pas les memes et si les premiers détestent la colonisation et Hitler , les seconds aiment la colonisation et la doctrine du fuhrer mais pas le fuhrer lui meme

  7. abbés

    La guerre que nous allons faire n’est plus une guerre à coups de fusil. C’est en enlevant aux Arabes les ressources que le sol leur procure, que nous pourrons en finir avec eux.
    Maréchal Bugeaud, 14 mai 1840

    • abbés

      Lettres d’un soldat, neuf années de campagnes en Afrique, Lucien de Montagnac, éd. Plon, 1885, p. 158

    • Danielle B

      @ ABBES Bonjour Monsieur
      les français ont fait prospérer l’Algérie
      et depuis 62 ce sont vos dirigeants qui dilapident vos richesses
      faites un retour en arrière et comparez les périodes , en sortant du contexte politique et si vous pesez le pour et le contre objectivement je pense Monsieur que vous constaterez la différence entre ces 2 périodes
      que vous ne désiriez plus la présence française je peux comprendre mais le pays a-il évolué ou régressé?????? posez vous sincèrement la question et se la poser c’est y répondre
      cordialement
      bonne après-midi

      • R.TARI

        Danielle B
        A moins d’une erreur de ma part, il me semble que Abbes et abbés sont deux personnes différentes. Peut-être que l’un des deux pourra nous le confirmer.

        • Danielle B

          @ R.TARI
          bonsoir amiga
          oui tout comme toi je suis étonnée, ce n’est pas dans les habitudes de mr Abbes de nous inonder de faits et de dates
          je pense que son pseudo a été « Piraté »

      • Enfant de la terre

        @Danielle B
        de quoi je me mêle? nous sommes chez nous aujourd’hui on est libre de faire ce que l’on veut , on aime notre magnifique pays du quel on vous a chassé car vous ne le méritiez pas et vous ne le meriterez jamais même pas dans vos rêves car vous êtes coupables. allez OUSTE ! les voleurs, les criminels fashistes, génocidaires
        occupez vous de vos ognons avec vos alliés les sionistes qui vous mênnent du bout du nez
        vous devriez mieux vous repentir et demander pardons ici bas avant de passer au jugement dernier
        on verra si vous aurez votre langue a ce moment là

        • Danielle B

          @ ENFANT DE LA TERRE
          Et vous qui êtes vous pour oser me parler de cette manière
          vous n’êtes qu’un grossier personnage que Dieu jugera le moment venu
          pour n’être qu’un vil personnage qui se croit tout permis
          je ne me permettrai pas de parler de la Décennie noire , puisque Dieu nous l’a épargnée à nous PN
          je n’ai pas à me repentir pour des choses que je n’ai pas commises , quant à vous demander pardon c’est à vous que je dis
          MEME PAS DANS VOS REVES
          en parlant comme vous venez de le faire, vous deshonnorez l’Algérie, les Algériens et ce forum
          me faire mener par le bout du nez par les sionistes, vous êtes tellement haineux et sot que vous ne savez plus quoi dire pour deverser le trop plein de haine qui vous ronge le coeur

          • Enfant de la terre

            @Danielle B
            comparer l’Algérie libre et indépendante a la période coloniale fashiste raciste esclavagiste tortionnaire et génocidaire et une preuve de votres haine de votre nostalgie de l’Algérie soumise votre jalousie que nous puissions enfin respirer tranquillement l’air pur de notre beau pays et vivre pleinnement notre indépendance aquise par le sang de nos valeureux martires NOUS SUFFIS LARGEMENT . on vous dois rien et on vous demande rien si ce n’est de nous foutre la paix.
            quand a la decénie noire vous savez très bien que c’est les nostalgique de l’Algérie française et les anti musulmans et l’islam qui sont derrière .
            Encore une tentative en vain pour diviser notre peuple et s’emparer de nouveau de notre magnifique terre
            jamais dans vos rêves

            • Danielle B

              @ ENFANT DE LA TERRE
              Vous êtes tellement bête que vous ne savez plus distinguer le bien du mal et le vrai du faux
              oser dire que nous PN sommes les instigateurs de la plus affreuse période de votre pays c’est INIMAGINABLE
              vous êtes au dessous de tout monsieur et beaucoup doivent se moquer de vous en vous lisant tellement vos facultés intellectuelles sont limites voire inexistantes

              • Enfant de la terre

                @Danielle B
                vous voyez je vous l’ai déjà dis vous essayez toujours de rabaisser votre interlocuteur, vous êtes ET VOUS LE RESTEREZ toujours raciste .
                regardez l’historique de vos interventions
                celui qui aime l’Algérie et l’a chérie avec son peuple est le bien venu celui qui ne l’aime pas car il n’aime pas les arabes et plus particulièrement les musulman , eh bien qu’il adhère au FN pour se soulager un peu et se voiler la face .
                Tien,, j’ai une bonne idée, vous devriez vous consoler avec la chanson de votre bien aimé le sioniste de première MACIAS avec son gémissement sur le beau soleil de notre pays qu’il a perdu car
                pendant ce temps là nous on se régale et jouissons pleinement de notre indépendance chèrement acquise .
                VIVE L’ALGERIE LIBRE ET INDEPENDANTE ! GLOIRE ET HONNEUR A NOS VALEUREUX MARTIRES

                • Abbés

                  Moi je lui propose celle des légionnaires qui devaient la répéter depuis le19 mars, intitulé adieu mon pays.
                  Et vu les crimes qu’ils ont commi depuis 1932 ,ils pensaient qu’en ce jour on allait les remercier, mah , mah.

      • BADISI

        @Danielle B
        bonsoir
        La vous aller un peu loin comparer la période des génocides a aujourd’hui ??
        malheureusement je n ai pas vécue cette période de la colonisation Barbare , mais on croie nos parents et grands parents , et tout le monde connait cette vérité , il y ale témoignage de vos anciens soldats sur les torture aujourd’hui ils le regrettent , laisser nos dirigeants tranquille quelque soit les problèmes si une affaire entre nous ALGÉRIENS , et occuper vous des vôtres , vos soldats disent : on a pratiquer la même torture que celle des Nazis (personnellement je crois plus ) ET JE VOUS RÉPOND A LA PLACE DE MONSIEUR ABBÉS LE PAYS A ÉVOLUER au moins pour nous ces vrais habitant , ne me dite pas que le colonisateur vivait comme le colonisée
        cordialement

  8. abbés

    C’est peu de traverser les montagnes et de battre une ou deux fois les montagnards; pour les réduire, il faut attaquer leurs intérêts. On ne peut y parvenir en passant comme un trait; il faut s’arranger de manière à avoir assez de vivres pour y rester le temps nécessaire pour détruire les villages, couper les arbres fruitiers, brûler ou arracher les récoltes, vider les silos, fouiller les ravins, les roches et les grottes, pour y saisir les femmes, les enfants, les vieillards, les troupeaux et le mobilier; ce n’est qu’ainsi qu’on peut faire capituler ces fiers montagnards.

    Maréchal Bugeaud, 1842, dans Alexis de Tocqueville, De la colonie en Algérie, paru Complexe, 1988, p.30, Tzvetan Todorov.

  9. abbés

    J’espère qu’après votre heureuse razzia le temps, quoique souvent mauvais, vous aura permis de pousser en avant et de tomber sur ces populations que vous avez si souvent mises en fuite et que vous finirez par détruire, sinon par la force du moins par la famine et les autres misères.
    Maréchal Bugeaud

  10. abbés

    L’idée de l’extermination eut longtemps cours en Afrique [du Nord].
    Hippolyte Castille

  11. abbés

    Dans la falaise est une excavation profonde formant une grotte. Les Arabes y sont. On pétarada l’entrée de la grotte et on y accumula des fagots de broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain quelques Sbéahs se présentèrent à l’entrée de la grotte, demandant l’aman à nos postes avancés. Leurs compagnons, les femmes et les enfants étaient morts…Telle fut la première affaire des grottes. On n’en parla guère, parce que le colonel Cavaignac, aves sa prudence ordinaire, ne s’était pas étendu sur le nombre des Arabes morts lors de l’enfumade.

    1844, enfumades des Sbeah (Dahra) par Cavaignac, rapport de Canrobert un de ses officier

  12. abbés

    En vertu des instructions du général en chef de Rovigo, un corps de troupe sorti d’Alger, pendant la nuit du 6 avril 1832, surprit au point du jours la tribu endormie sous ses tentes, et égorgea tous les malheureux El-Ouffia sans qu’un seul chercha même à se défendre. Tout ce qui vivait fut voué à la mort ; on ne fit aucune distinction d’âge ni de sexe. Au retour de cette honteuse expédition, nos cavaliers portaient des têtes au bout des lances.

    printemps 1832, après le massacre de la tribu des El-Ouffia par le général en chef duc de Rovigo

  13. abbés

    Le 7 mai 1832, des Arabes d’une tribu inconnue vinrent, sous les murs de la ville, s’emparer de quelques boeufs. Le capitaine Yusuf [Joseph Vantini] décida que les maraudeurs appartenaient à la tribu des Kharejas ; le même soir il partit avec les Turcs, fut s’embusquer de nuit dans les environs, et lorsque le jour commençait à paraître, il massacra femmes, enfants et vieillards. Une réflexion bien triste suivit cette victoire, lorsqu’on apprit que cette même tribu était la seule qui, depuis notre occupation de Bône, approvisionnait notre marché.
    L’Afrique française, Pierre Christian, éd. A. Barbier, 1846, p. 148

  14. abbés

    Quelle plume saurait rendre ce tableau ? Voir au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes français occupé à entretenir un feu infernal ! Entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des animaux ; le craquement des rochers calcinés s’écroulant, et les continuelles détonations des armes ! Dans cette nuit, il y eut une terrible lutte d’hommes et d’animaux ! Le matin, quand on chercha à dégager l’entrée des cavernes, un hideux spectacle frappa des yeux les assaillants. J’ai visité les trois grottes, voici ce que j’y ai vu : A l’entrée, gisaient des boeufs, des ânes, des moutons ; leur instinct les avait conduits à l’ouverture de la grotte pour respirer l’air qui manquait à l’intérieur. Parmi ces animaux, et entassés sous eux, on trouvait des hommes, des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main crispée sur la corne d’un boeuf. Devant lui était une femme tenant son enfant dans ses bras. Cet homme, il était facile de le reconnaître, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le boeuf, au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal. Les grottes sont immenses ; on a compté 760 cadavres ; une soixantaine d’individus seulement sont sortis, aux trois quart morts ; quarante n’ont pu survivre ; dix sont à l’ambulance, dangereusement malades ; les dix derniers, qui peuvent se traîner encore, ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus ; ils n’ont plus qu’à pleurer sur des ruines.

    récit d’un soldat témoin de l’enfumade de la tribu des Oued-Riah le 19 juin 1845 par le général Pélissier

  15. abbés

    La France se trouve vis-à-vis des Arabes d’Algérie dans une situation dont elle ne peut sortir que par deux issues : la conversion des musulmans ou l’extermination plus ou moins lente de la race indigène. La fusion pacifique des musulmans et des chrétiens n’est qu’un rêve irréalisable.

    • abbés

      Le Correspondant, Le Correspondant, éd. Sagnier et Bray, 1851, t. 28, p. 114

      • Belaziz Rafik

        @Abbès : 60 lignes de « copier-coller » et pas une seule sur l’Abbé Bérenguer!

      • Danielle B

        @ ABBES – rebonsoir Monsieur
        qui voulez-vous convaincre en vous projetant à plus de 2 siècles en arrière????
        faites plutôt le constat du présent et surtout de votre avenir qui en lisant la presse ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, voire la Kabylie ou autre région qui commencent sérieusement à bouger et se révolter
        bonne soirée
        cordialement

        • anti brosseur

          @DanielleB
          les kabyles dont vous parler sont une minorite ceux du mag et ils sont financé par vos services secrét

          • Danielle B

            @ ANTI BROSSEUR – bonjour mr ou madame
            ça m’aurait étonné si nous n’avions pas été coupables et responsables
            rappelez vous 54 et même avant, ce sont des injustices qui vous ont amenés à votre indépendance
            les petits ruisseaux font les grandes rivières et voir la Kabylie comme une minorité peut vous couter cher, ne sous estimez pas ceux que vous considérez comme des moins que rien et qui ne réclament en fin de compte qu’une reconnaissance légitime de ce qu’ils ont toujours été, n’oubliez pas non plus que les Kabyles étaient en afrique du nord bien avant vous, et que ce sont les arabes qui les ont obligés à!!!!!!!!!!!
            bonne journée

            • anti brosseur

              @Danielle B
              Bonsoir Madame
              Je n ai pas dit que les kabyles etaient minoritaire ,mais ceux du MAG a leur tete le sioniste mheni qui sont minoritaire et que la majorité sont des nationalistes qui on combattue et chasser vos parents ,votre mauvaise politique n a pas changer après 52 ans vous ne reussirrez jamais a nous diviser vous n avait pas réussie pendant 132 ans il y a pas des Arabes et des Kabyles mais MUSULMANS ALGERIENS

              • Danielle B

                @ ANTI BROSSEUR – bonjour
                apparemment vous n’avez pas compris le sens de mes parales
                et vous partez encore et toujours sur la colonisation
                il ne s’agit pas de politique monsieur mais bien d’une réalité que même vos journaux étalent au grand-jour
                je constate encore avec tristesse que vous ne connaissez pas l’histoire de votre pays et que vous êtes aveugle pour ce qui concerne la Kabylie, vous diviser monsieur???? vous n’avez pas besoin d’aide, vous le faites tellement bien sans nous

                bonne journée

          • MADANI

            ce n’est pas le MAG c’est le MAK mouvement autonomie kabyle le débat est devenu du N’IMPORTE QUOI .

  16. Mohand

    Un véritable génocide !

  17. Chot Lahcène

    le génocide colonialiste à commis un crime contre l’humanité ……

    j’ai posté trois post depuis ce matin ,qui apparaissent et disparaissent …..rien ne m’étonne sur ce site …..il est sous influence satanique …..

    SEUL ALLAH EST BEAU

    • Mohand

      Oui mon ami, génocide,animaucide,insectide, il n’ont rien laisse .
      C grave, les algériens se sont cachés dans des grottes!
      Enfumer ces grottes, mais c pire que Gaza .
      Et on vous dit qu’on vous apporte une civilisation . Yannal bouha civilisation.
      Jusqu’à maintenant ,ils n’ont pas oublié 14-18 .
      seul un malade mental ou un collabo pourra oublier ou nier le génocide colonial.
      Quant à la réaction des ottomans,je n’ouboierai jamais la phrase de ma grand mère, ahai ala tourk!

  18. MILOUA

    @REDACTION
    peut-on avoir en scoop la conference de presse de Serar president de l’usmba,je crois que VDSBA etait invitée merci

  19. Chot Lahcène

    La véritable réparation passera par la confiscation des mains de la bourgeoisie mondiale et de ses États tout ce qu’ils ont volé et pillé, par l’esclavage, par la colonisation et par le système capitaliste lui-même, véritable géniteur de l’esclavage et de l’exploitation moderne de l’homme par l’homme.tous les exploités et les pauvres, si tous ces esclaves modernes que sont les travailleurs exploités par les capitalistes s’armaient de cette volonté-là, ils pourraient récupérer les richesses accumulées sur leur dos, leur sueur et leur sang. Ils se feraient justice eux-mêmes et ce serait bien autre chose qu’une action purement symbolique ! Mais cela suppose une lutte de bien plus grande envergure que celle des associations qui réclament « réparation » : une lutte révolutionnaire contre les exploiteurs actuels pour les déposséder des richesses qu’ils ont volées, non seulement par l’esclavage mais par le colonialisme et l’exploitation sous toutes ses formes.

    ALLAH EST GRAND

  20. Amirouche

    @ une amie de la VDSBA

    Merci !

    Très bonne soirée

  21. BADISI

    l union des diables

  22. Salam a vous tous,
    SVP vous en tenir au sujet de l’article quand vous commentez,si vous voulez régler un différent entre vous veuillez par respect pour les autres lecteurs échanger vos mails et réglez ca entre vous
    Cordialement

  23. DZiri

    M Administrateur
    j’aimerais savoir svp, est-ce que le pb de publication ne me concerne que moi ?
    j’arrive pas à comprendre, tous c commentaires qui passent, sauf le ou les miens ?
    Au K d’un éventuel manquement aux regles de ma part, veuillez me le signifier.svp.
    Ps:: je constate également l’absence de comment de CH, serait-ce un congé ?
    Merci

    • Salam M DZiri,
      Je vous ai envoyé un mail pour toute réponse a votre question
      Cordialement

    • MADANI

      Mr dziri je lis dans vos commentaires pb c k je n’ai rien compris à ce langage pouvez vous m’expliquer ce que veut dire ces lettres merci je m’inquiète quand je ne comprends pas .

      • DZiri

        @Madani
        Sallamou Allaykum
        En effet M. Madani pb = problèmes.
        Et C ce que je rencontre dans l’envoi de mes post.Mes billets ne passent et/sont signalés en doublons !
        Le webmaster étant absent (cf courriell du site).
        pourtant certains autres billets passent
        Moi, je suis suspendu par je ne sais qui!!
        Sallamou Allaykum
        DZiri

        • MADANI

          @ DZIRI je ne pense pas qu’un lecteur comme vous soit suspendu il n’y a aucune raison je pense patience on espère que vos posts passent tous car ils sont sages et utiles peu être que c’est dû au vacances du webmaster attendons et laissons le temps au temps

    • Amirouche

      @DZiri

      Ce sujet sur l’Abbé Bérenguer est très intéressant pour connaitre un peu de la très riche vie de ses hommes et femmes à conviction , Il était un prêtre humaniste et un ardent défenseur de la cause algérienne ……
      L’absence de Mme CH se fait sentir !! , peut être qu’elle serait dans une crêperie pour faire une crêpe party !!! , je lui dirai alors, passez de très bonnes vacances si c’est le cas (rires)
      Sallam mon frère

  24. Omar

    Tous commentaires confondus il y’a de la dynamite dans l’air j’ai comme l’impression qu’ils y’a des règlements de comptes,mais chacun à sa façon,la haine engendre la haine et tue tous dialogues,à force de ouatasser.

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