La Voix De Sidi Bel Abbes

Bencheikh Zouaoui témoigne : Mais qui est le Maire?

La semaine passée, nous avons mentionné qu’hebdomadairement, nos lecteurs allaient trouver un témoignage d’un acteur sur la vie locale. Pour le début, ou le lancement de la rubrique, c’est avec notre grand ami Bencheikh Zouaoui, qui fût président du CCP (Conseil communal provisoire) de la ville de Sidi Bel Abbes dans les années 90,  période très tumultueuse , ou le pays avait besoin de commis de l’état téméraires, pour sauvegarder le service public, en attendant le renouvèlement des APC (Assemblées Populaires Communales), que ceci fût opéré par un premier témoignage. Notons que ce choix est fortuit, et que très peu de commis de l’état, ou élus n’ont pu laisser au niveau des institutions étatiques des archives, et cela est un maillon très regrettable. Passons pour laisser notre source évoquer son second témoignage.

Kadiri. M

Après avoir paraphé des centaines de documents durant mes trois premiers jours sur le koursi municipal, je résolus à jouer mon vrai rôle de Maire.

Je m’aperçus qu’à la commune, tout le monde commandait, sauf moi, le Maire.

Je ne faisais que signer. Et regarder sans ne rien comprendre. Que se passait-il ?

Le secrétaire général, le pauvre, sincèrement, je l’embêtais. Pour un oui ou pour un non, je l’appelais. Vingt ans après, je lui demande encore une fois d’excuser mes ignorance et incompétence!

De fil en aiguille, je découvrais peu à peu que les services techniques de la wilaya  et de la daira, c’est-à-dire les Directeurs d’exécutif et leurs subordonnés, bref, tout le monde, avaient pris pour habitude de traiter directement avec les différents services de la commune. En fait, il s’agissait surtout d’ordres que la commune se devait d’exécuter.

Devant ce constat, mes rares cheveux se sont dressés.

J’ai eu tout de suite le sentiment d’être un roi sans royaume, un monarque sans sujets, un tsar sans empire.

Certes, je possédais le trône et la couronne. Mais pas le sceptre.

Tout le monde gérait, sauf moi. Suis-je le Maire ou non ? Si oui, il faut bien que je serve à quelque chose.

Il était donc indispensable que ces intrusions cessent car je me devais de recouvrer mes attributions. Et dans leur totalité. Question de nif.

Comme je suis impulsif, j’ai tout de suite pensé à l’inévitable bagarre.

Mais la bagarre contre qui ? Contre mes collègues-directeurs, c’est-à-dire ceux que j’allais rejoindre dans l’exécutif de wilaya quelques mois après l’achèvement de ma mission ?

Alors, la mairie ou les collègues ? Il fallait choisir. Douloureux dilemme. Pour moi, c’était du pur Corneille.

J’avais saisi l’occasion d’une réunion de l’exécutif de wilaya pour m’expliquer avec ceux qui ont osé commettre cet immense crime de lèse-majesté.

Alors, avec toute la diplomatie qui doit seoir en pareille circonstance (il ne fallait pas que ces collègues-directeurs se fâchent), je leur ai affirmé qu’ils étaient tous sympas, que tout ce qu’ils faisaient était bon, puis ai sollicité de leur part une aide encore plus accrue.

Seulement, avais-je ajouté, il fallait que nous en discutions d’abord autour d’un thé car,  en ma qualité de Maire de la ville, je me devais d’être préalablement informé de leurs lumineuses, nécessaires et combien utiles idées, interventions et décisions.

Tout le monde avait  compris la frustration et le complexe que je nourrissais, car une franche rigolade avait suivi mes propos.

Non seulement je redevins le Maire de la ville en reprenant toutes mes attributions, mais mes amis-directeurs se bousculaient pour m’épauler et rendre service à la commune.

Depuis ce jour, mon trône ne vacillait plus.

Je pouvais régner en toute quiétude.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=4470

Posté par le Mai 22 2011. inséré dans ACTUALITE, MAIRIE, DES ACTEURS TEMOIGNENT. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

10 Commentaires pour “Bencheikh Zouaoui témoigne : Mais qui est le Maire?”

  1. BD

    Pauvre de nous! Cela s’est vraiment passé de la sorte? Je suis scotché! Je ne sais franchement que penser de ce déballage. J’ai le sensation qu’ après avoir lu ce que je viens de lire, il n’y a plus rien à dire; ce fut comme cela, point-barre! Je suis sincèrement partagé entre un sentiment de sympathie envers ce monsieur qui déballe sans complexe sur son parcours de maire désigné par défaut et un sentiment de honte devant la phraséologie utilisée par ce cadre de l’administration que le destin a désigné pour « régner » sur un « trône »et envers qui « un crime de lèse-majesté , a été commis. Et, question de nif, ce » roi sans royaume,ce « tsar sans empire », ce « monarque sans sujets »a décidé d’affronter stratégiquement les seigneurs qui l’empêchaient d’asseoir son pouvoir et depuis, son « trône n’a plus vacillé »et  » il pouvait régner en toute quiétude »……pendant que les gueux se faisaient égorger et décapiter, leurs têtes exhibées sur pics, par des hordes qui voulaient elles aussi « régner en toute quiétude ».
    L’histoire ne nous dit pas comment fût le règne de ce monarque ( est-ce qu’il a continué à seulement signer et parapher, ou bien a-t-il joué son rôle de maire, c.a.d, porter des projets, les finaliser, répondre aux préoccupations des administrés…), comment les sujets de ce royaume ont vécu ces années de règne( c’est aux bel-abbésiens témoins de cette période d’adouber ou de déchoir le monarque).
    Sur ce, je vous souhaite et me souhaite une bonne nuit.

  2. abbassia de sba

    personnellement je ne cesse d’apprécier la qualité de certains intervenants qui avec leur intervention donne un charme aux articles proposés ou publiés c’est mieux ainsi et parmi ces commentaires le votre monsieur BD surtout vous avez demandé un témoignage eh bien sachez qu’en cette période appelé décennie noirs des hommes ont été priés pour venir diriger la mairie ils ont refusé alors ceux qui ont acceptés sont des républicains qui n’ont pas cédé au menaces des terroristes qui ont fait du mal endeuille des milliers de familles rappelons nous les bombes de sidi amar graba petit vichy crèmerie les enseignantes de ain adane les patriotes de telagh de rass el ma et même les centaines de familles poussés a l’exile voila pourquoi ce monsieur et ses amis sont a honorer . j’espère vous lire monsieur autour d’autres sujets qui sont publiés par la voix de sidi bel abbés .

  3. lalimi t le rocher s

    le commentaire de monsieur bencheikh est remarquable fort utile .monsieur bd a sa belle touche on aime bien ses commentaires on l a ttend

  4. BD

    Mr Bencheikh,
    Mr lalimi le rocher,
    En préambule je voudrais vous remercier pour l’attention que vous portez à mes commentaires. J’essaie d’apporter ma modeste contribution pour essayer de comprendre comme vous, des faits sociétaux , politiques ou culturels qui animent notre société c’est comme celà que je conçois l’implcation citoyenne , tout au moins, du point de vue de mes possibilités.
    Celà étant dit , je ne vais pas revenir sur les attribution et les modalités de mise en place des CCP , vous l’avez fait Mr Bencheikh et je vous remercie de m’avoir instruit sur ce que je ne connaissais pas précisément . Mais ce n’est pas cela qui me chagrinait lorsque j’ai pris connaissance de l’écrit où vous relatiez votre prise de fonction, et ce n’est pas vous plus particulièrement que je mettais en question.Mon interrogation concernait le fait suivant: Comment un cadre de l’administration générale pourrait vouloir la totalité des attributions d’un élu du peuple et se revendiquer presque commme tel? En écrivant » qu’il fallait recouvrer ces attibutions avec une stricte application des textes de loi qui définissent le rôle de chacun ».De quels textes de loi s’agit-il? Ont-ils été présentés, examinés, débattus et votés au parlement? Non! il s’agissait à l’époque ( corrigez-moi si je trompe Mr Bencheikh) d’une ordonnance et non pas d’une loi; état d’urgence oblige.Le CCP avait je crois pour mission d’assurer le bon fonctionnement de la municipalité mais toutes les décisions se prenaient au niveau de l’adminitration de l’état ( Daïra, Wilaya) , et c’était la directive centrale de l’ordonnance! Alors comment ce fait-il qu’un CCP dont les attributions étaient claires pouvait revendiquer plus, c’est à dire jusqu’aux prérogatives d’un MAIRE. C’est pour cela que j’ai volontairent parlé de maire par défaut ‘ parcequ’il ne pouvait avoir ni les attributions ni la légitimité issue des urnes.
    Par ailleurs, je vous avoue que je n’ai pas su accéder à votre humour , peut-être n’en ai-je pas tout simplement, veuillez m’en excuser.
    J’ai beaucoup apprécié votre contribution même si on n’est pas d’accord sur tout, cela nous a permis au minimum d’échanger de manière intelligente sur période de notre histoire commune!
    Je vous remercie.

  5. Algerien

    Bonjour Mrs Bencheikh et BD. C’est avec intérêt que j’ai lu votre corespondance. J’ai vécu cette période noire de notre histoire dans mon pays. Il est vrai que peu de gens ont accepté d’être DEC. Nous qui travaillons pour ll’Etat algérien étions visés par la horde des disciples du Khan Koulagou. Malgré cela les cadres algériens ont tenu bon et sauvé la république. Personnelement j’ai travaillé dans une institution publique civile qui avait pour mission de renforcer les capacités de défense de notre peuple face aux visées étrangères. Notre équipe a été ataquée trois fois par les descendants du vieux de la montagne Alamout (Afghanistan), mais nous sommes restés toujours debout et irons jusqu’au bout pour que personne ne puisse nuire à notre peuple ni de l’intérieur ni de l’extérieur. Notre seul but c’est notre patrie.Nous n’avons jamais prétendu à un bien matériel quelconque il nous suffit que notre pays soit capable de se défendre et de porter des coups décisifs à tout agrésseur.
    Je tiens à remercier tous les patriotes qui ont notre patrie dans le coeur et qui l’ont défendu quand certains »militants Taiwan » se faisaient tout petits.
    Gloire aux martyres, gloire au peuple algérien sans distinction, car tout le reste  »ce n’est que des légumes sur le couscous »

  6. Le lecteur

    Je découvre ce témoignage de vie et de combat ordinaire de Monsieur le Maire par défaut.
    Je suis heureux de ne pas m’être mépris sur le ton ironique de son propos.
    J’y voyais au contraire,une distanciation amusée entre la réalité du pouvoir et les apparences de ce dernier.
    Seuls les vrais puissants n’ont pas à s’expliquer!
    Au-delà, BD a eu raison de soulever la question du déficit démocratique de notre société qui se gargarise ‘du peuple souverain’ et le traite en mineur civique.
    Cette contradiction est inhérente à une culture du dirigisme, héritée de plus loin que la guerre de libération, et confortée après.
    Cela a produit des séquelles sérieuses et un mépris » souverain » du peuple dont la participation a toujours été encadrée et manipulée..
    La faute incombe à une culture toujours en attente de Zorro l’intrépide et du Zaim qui allait sauver le pays à son corps défendant.
    Il faut également insister sur le courage physique et moral de ces cadres qui ont tenu la boutique. Il faut également rendre justice à l’héroisme ordinaire des mères de famille qui ont emmené leurs enfants à l’école quand les enseignants se faisaient égorger et que le GIA et sa version soft le FIS faisaient tout brûler.
    Je rêve d’un monument édifié à la mémoire du docteur en économie Faredheb (sacrifié tel le mouton de l’Aid) par la lâchté criminelle de ceux qui ont appelé à l’état théocratique et à la rapine entre IKHWAN.
    Ils sont aussi complices de crimes économiques par l’organisation du marché noir et de la structuration de l’économie informelle.
    Il n’y a aucune piété à priver son pays de recettes fiscales et d’accroître ainsi sa dépendence envers le FMI et tous les créditeurs malveillants.
    MM BD et Bencheikh, reprenez langue et continuez à nous informer avec la mesure et l’intelligence qui est la votre.
    Trés amicalement!

  7. Le lecteur

    Pardon le lecteur est Smiley!
    J’ai oublié de signer mon commentaire.

  8. kebdani

    monsieur smiley honore ce journal pâr le niveau de ses commentaires rabi yesatrah hada taleb fi had el id c un voeu encet aid fete

  9. khaiko

    ,je n aime pas le fis ni le pouvoir les deux se valent .mais si ont reflechient un petit peu on va constater que le terorisme a ete cree par le pouvoir comment….le FIS a ete legaliser entant que partie ,il a gagnè les elections alors les generaux les priveleges de l epoque ont annules les elections ,emprisones tous les militants du fils,persècutes tous les jeunes qui avait de la sympatie pour ce partie ils ont ouvert des camps de concentration ect……comment voulez vous messieurs que ces gens la restent passifs….si ils etaient democrates ils auraient du les laisser gouverner leur mandat puis c est aux peuple de decider s ils restent ou le contraire ont aurai epargner le pays de ces dizaines de milliers de morts ,du FLN et consorts .et puis ces generaux qui ont fait le coup d etat est ce que c est pour le bien du pays non c est pour leur privileges pour leur biens personels…ce que j ai compris les arabes ne seront jamais des Democrates

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